
Jullian Hoareau

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1. Mutuelle d'entreprise : ce que la loi impose
2. Président de SASU rémunéré : quelle couverture possible
3. Président non rémunéré : les options disponibles
4. Salariés de la SAS : obligation et dispenses
5. Déductibilité des cotisations et limites fiscales
6. Risques de redressement URSSAF à anticiper
La mutuelle SASU et SAS soulève deux questions distinctes que les dirigeants confondent souvent. D'une part, l'obligation de l'employeur envers ses salariés. D'autre part, la situation personnelle du président. Le président de SASU ou de SAS est un dirigeant assimilé salarié sur le plan social, mais ce statut ne le fait pas entrer automatiquement dans le régime collectif de complémentaire santé de sa société.
Tout employeur de droit privé doit proposer une complémentaire santé collective à ses salariés. Une SAS ou une SASU entre dans ce périmètre dès qu'elle emploie une personne sous contrat de travail. L'obligation porte sur la mise en place d'un régime, son financement partiel par l'entreprise et son caractère collectif : il s'applique à une catégorie objective de personnel, jamais à un salarié désigné.
Le régime naît d'un acte juridique : décision unilatérale du président, accord collectif ou référendum. Cet acte fixe le périmètre des bénéficiaires, les garanties et la répartition du financement. C'est la pièce que l'entreprise produira en cas de contrôle. Lorsqu'il reste imprécis, elle ne peut plus démontrer que le régime est collectif et obligatoire. Le caractère obligatoire du régime pour les personnes visées complète cette exigence : un régime facultatif ne produit pas les mêmes effets sociaux.
La rédaction de l'acte de mise en place conditionne la validité du régime et le traitement social des cotisations.
Cadrer la mise en place avec un avocat en conseil social et paie
Le président de SASU rémunéré relève du régime général de la sécurité sociale au titre de son mandat, sans contrat de travail. Cette assimilation ouvre la possibilité d'un rattachement au régime collectif, elle ne le produit pas.
Deux conditions se cumulent. D'une part, une rémunération versée au titre du mandat social : la cotisation patronale de complémentaire santé suit un revenu d'activité soumis à cotisations. D'autre part, une désignation expresse des mandataires sociaux parmi les bénéficiaires, dans l'acte de mise en place. Sans cette mention, la prise en charge de la cotisation du président par la société reste sans fondement, même si l'assureur l'accepte au contrat. Le contrat d'assurance ne remplace jamais l'acte fondateur. En pratique, le président vérifie trois points : sa rémunération effective, la mention des mandataires sociaux dans l'acte, et la cohérence du contrat souscrit auprès de l'assureur.
Le président non rémunéré ne peut pas faire financer sa complémentaire santé par la société. Sans revenu d'activité au titre du mandat, aucune cotisation patronale ne peut être rattachée : la prise en charge serait requalifiée en avantage sans support. Sa couverture relève alors d'un contrat individuel, souscrit et payé à titre personnel.
Deux situations se rencontrent en pratique. Le président couvert par ailleurs, comme ayant droit du régime collectif de son conjoint ou au titre d'une autre activité salariée. Le président sans couverture, qui souscrit lui-même son contrat.
| Situation du président | Rattachement au régime collectif | Financement par la société |
|---|---|---|
| Rémunéré et désigné dans l'acte de mise en place | Possible | Possible |
| Rémunéré mais absent de l'acte | Exclu | Sans fondement |
| Non rémunéré | Exclu | Interdit |
Le choix entre régime collectif et contrat individuel se décide avant la mise en place, pas après le contrôle.
Sécuriser le statut social du dirigeant
L'obligation de l'employeur vise ses salariés, y compris en contrat court ou à temps partiel, selon les catégories définies par l'acte de mise en place. Le salarié qui souhaite y échapper doit demander une dispense d'adhésion par écrit, en indiquant le cas de dispense invoqué et en joignant les justificatifs correspondants.
Les délais structurent la procédure. La demande intervient dans les 30 jours suivant la mise en place du régime pour les salariés déjà présents, et dans les 15 jours suivant l'embauche pour les nouveaux entrants. L'employeur informe le salarié des conséquences de sa demande et conserve les demandes reçues, qu'il doit pouvoir produire. Les cas de dispense sont limités et tiennent à la situation du salarié, par exemple une couverture obligatoire déjà détenue par ailleurs. Un accord verbal entre le président et le salarié n'a aucune valeur devant un inspecteur.
| Étape | Salarié déjà présent | Nouvel embauché |
|---|---|---|
| Délai de demande de dispense | 30 jours après la mise en place | 15 jours après l'embauche |
| Forme | Écrit motivé du salarié | Écrit motivé du salarié |
| Pièce à conserver par l'employeur | Demande et justificatifs | Demande et justificatifs |
La part patronale des cotisations constitue une charge déductible du résultat de la société lorsque le régime est collectif et obligatoire. Elle échappe aux cotisations sociales dans une limite fixée par la réglementation, exprimée en fonction de la rémunération et du plafond de la sécurité sociale. Cette exonération n'est pas acquise par nature : elle dépend du respect des conditions de forme et de périmètre.
Trois conditions se vérifient ensemble : un acte de mise en place valide, une catégorie de bénéficiaires objective, un caractère obligatoire pour les personnes visées. Si l'une manque, la part patronale est réintégrée dans l'assiette des cotisations et le traitement fiscal suit. Pour le président rémunéré, la déductibilité repose sur la même chaîne de conditions.
Un régime mal calibré transforme une charge déductible en rappel de cotisations.
Faire auditer le régime de complémentaire santé
Le contrôle porte sur les pièces, pas sur les intentions. L'inspecteur vérifie l'existence de l'acte de mise en place, la cohérence entre son périmètre et les personnes effectivement couvertes, puis la traçabilité des dispenses.
Quatre situations reviennent dans les redressements URSSAF :
La conséquence est la même dans les quatre cas : la part patronale perd son régime social de faveur et se trouve réintégrée. Une relecture de l'acte de mise en place avant tout changement d'effectif ou de rémunération limite cette exposition.
Non. L'obligation pèse sur l'employeur envers ses salariés, pas sur le dirigeant pour lui-même. Le président assimilé salarié ne devient pas bénéficiaire du régime collectif du seul fait de son statut.
Non. Sans salarié sous contrat de travail, aucune obligation de régime collectif ne s'applique. Le président couvre alors ses besoins par un contrat individuel souscrit à titre personnel.
Non. Sans rémunération au titre du mandat, la société ne peut pas financer sa complémentaire santé. La cotisation reste à sa charge personnelle et n'ouvre aucun avantage social pour l'entreprise.
Par une demande écrite adressée à l'employeur, précisant le cas de dispense invoqué et accompagnée des justificatifs. Le délai est de 30 jours après la mise en place du régime, ou de 15 jours après l'embauche.
L'acte de mise en place, la définition de la catégorie de bénéficiaires, la liste des personnes réellement couvertes et les demandes de dispense conservées. Une incohérence entre ces éléments entraîne la réintégration de la part patronale.
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