
Jullian Hoareau

Accédez en -24h à un avocat d'affaires sélectionné parmi les meilleurs, à des honoraires maîtrisés.
Management package : instruments concernés et gains imposables
Article 163 bis H : le principe d'imposition en salaire
Le plafond de performance financière et la fraction en plus-value
Ce que la loi de finances 2026 modifie
Coût réel pour l'entreprise : cotisations et retenue à la source
Sécuriser le montage contre une requalification fiscale
Un management package désigne l'ensemble des titres ou droits attribués à un dirigeant ou un salarié en lien avec ses fonctions. L'objectif est d'aligner ses intérêts sur la création de valeur de l'entreprise, en lui permettant de capter une partie de la plus-value lors d'une cession ou d'un événement de liquidité.
Le champ d'application couvre un spectre large d'instruments : actions gratuites (AGA), stock-options, BSPCE (bons de souscription de parts de créateur d'entreprise) et actions de préférence. Sont visés les titres souscrits, acquis ou attribués par des salariés ou dirigeants dans la société émettrice ou dans des sociétés liées.
Le gain imposable correspond au gain net réalisé lors de la cession, de l'exercice ou de la conversion de ces instruments. Ce gain est calculé comme la différence entre le prix de cession et la valeur d'acquisition ou de souscription. Pour les instruments attribués gratuitement, le gain se mesure par rapport à leur valeur à la date d'attribution.
| Instrument | Mode d'acquisition | Base du gain imposable |
|---|---|---|
| Actions gratuites (AGA) | Attribution gratuite | Valeur à la date d'acquisition |
| Stock-options | Exercice d'une option | Différence entre prix de cession et prix d'exercice |
| BSPCE | Souscription à prix préférentiel | Différence entre prix de cession et prix de souscription |
| Actions de préférence | Souscription ou acquisition | Différence entre prix de cession et prix payé |
L'article 163 bis H du CGI, créé par l'article 93 de la loi n° 2025-127 du 14 février 2025, pose un principe clair : le gain net issu d'un management package est imposé selon les règles des traitements et salaires. Cette qualification s'applique aux gains réalisés à compter du 15 février 2025.
Le raisonnement du législateur repose sur la nature du gain. Dès lors que les titres ont été attribués en contrepartie des fonctions exercées, le gain qui en résulte constitue un complément de rémunération. Il est donc soumis au barème progressif de l'impôt sur le revenu, dans la catégorie des salaires.
Ce principe d'imposition en salaire s'applique par défaut. Il ne laisse subsister qu'une exception encadrée : la fraction du gain correspondant à la performance financière de la société, qui peut relever du régime des plus-values mobilières. En dehors de cette exception, la totalité du gain est traitée comme du salaire.
La fiscalité des management packages conditionne directement le coût net d'un plan d'intéressement pour l'entreprise et le bénéficiaire. Anticiper ce coût suppose un cadrage juridique et fiscal précis.
Échangez avec un avocat fiscaliste spécialisé
Par exception au principe d'imposition en salaire, une fraction plafonnée du gain net peut relever du régime des plus-values de cession de valeurs mobilières. Cette fraction est déterminée par une formule fondée sur la performance financière de la société.
En pratique, la fraction éligible au régime des plus-values est bornée à 3 fois la performance financière de la société. L'excédent reste imposé comme salaire. Ce mécanisme vise à distinguer la part du gain liée à la valorisation objective de l'entreprise de celle liée à l'effet de levier propre au package.
Le calcul fonctionne ainsi :
Pour les instruments attribués gratuitement (AGA) ou spécifiques (BSPCE, stock-options), le risque de perte s'apprécie par rapport à la valeur des titres à la date d'acquisition ou de souscription, et non par rapport à un prix payé nul.
La loi de finances pour 2026 apporte 3 ajustements techniques au dispositif de l'article 163 bis H :
| Ajustement | Contenu | Impact pratique |
|---|---|---|
| Calcul du plafond | Référence à la valeur des titres à la date d'acquisition ou de souscription (et non au prix payé) | Fiabilise le calcul pour les AGA et BSPCE attribués sans contrepartie financière |
| Opérations intercalaires | Neutralité fiscale des échanges, apports et fusions | Évite un fait générateur d'imposition lors de restructurations internes |
| Report d'imposition | Mécanisme de report en cas de réinvestissement du produit de cession | Permet de différer l'imposition sous condition de réemploi |
La neutralité des opérations intercalaires répond à un besoin concret : lors d'une fusion ou d'un apport de titres, le bénéficiaire ne réalise pas de gain en trésorerie. Sans ce correctif, l'opération aurait déclenché une imposition immédiate sur un gain latent.
Structurer un management package conforme au régime 2025-2026 nécessite de croiser droit fiscal, droit des sociétés et droit financier.
Identifiez un avocat fiscaliste adapté à votre opération
La qualification en salaire ne concerne pas seulement le bénéficiaire. Elle génère un coût employeur direct. La fraction du gain imposée comme traitement est soumise aux cotisations et contributions sociales, tant côté salarié que côté employeur.
Pour les résidents fiscaux français, cette fraction entre dans l'assiette du prélèvement à la source (PAS). L'entreprise doit donc intégrer ce flux dans sa déclaration sociale nominative (DSN) et appliquer le taux de PAS du bénéficiaire.
Les postes de coût à anticiper pour la direction financière :
En revanche, la fraction relevant du régime des plus-values mobilières échappe aux cotisations sociales sur salaire. Elle reste soumise aux prélèvements sociaux sur revenus du patrimoine. L'écart de coût entre les 2 fractions peut atteindre plusieurs dizaines de points de pourcentage, ce qui rend le calibrage du plafond déterminant pour le coût global du package.
Le risque principal pour l'entreprise et le bénéficiaire est la requalification intégrale du gain en salaire par l'administration fiscale. Cette requalification intervient lorsque les conditions de l'exception en plus-value ne sont pas remplies ou documentées.
Les points de vigilance identifiés par la doctrine administrative (BOI-RSA-ES-20-60) portent sur plusieurs axes :
Une direction financière prudente fait valider en amont la structuration du package par un avocat fiscaliste, documente chaque étape du calcul du plafond et conserve les pièces justificatives pendant toute la durée de prescription fiscale.
Un contrôle fiscal sur un management package peut remonter jusqu'à 3 ans en arrière. La documentation du montage dès l'origine réduit le risque de redressement.
Consultez un avocat en fiscalité du dirigeant
Oui. L'article 163 bis H du CGI couvre les titres souscrits, acquis ou attribués en contrepartie des fonctions exercées. Les BSPCE entrent dans ce champ. Le gain réalisé lors de leur exercice est imposé en salaire, sauf pour la fraction plafonnée relevant du régime des plus-values.
Le plafond repose sur la performance financière de la société entre la date d'acquisition des titres et la date de cession. La fraction éligible au régime des plus-values est bornée à 3 fois cette performance financière. Tout excédent est imposé comme salaire.
Depuis la loi de finances pour 2026, les opérations intercalaires (échanges, apports, fusions) bénéficient d'une neutralité fiscale. Elles ne déclenchent pas de fait générateur d'imposition, à condition que l'opération soit documentée.
Oui, sur la fraction du gain qualifiée de salaire. L'employeur doit acquitter les cotisations patronales et collecter les cotisations salariales ainsi que le prélèvement à la source. La fraction en plus-value échappe aux cotisations sur salaire.
La loi de finances pour 2026 a introduit un mécanisme de report d'imposition en cas de réinvestissement du produit de cession. Ce report permet de différer l'imposition sous condition de réemploi des fonds dans des conditions définies par la loi.
Article 163 bis H du Code général des impôts - Légifrance
LOI n° 2025-127 du 14 février 2025 de finances pour 2025 - Légifrance
SWIM LEGAL est une alternative au cabinet d'avocats traditionnel pour les besoins juridiques des entreprises. Incubé par le Barreau de Paris, SWIM a reçu le Prix de l'Innovation pour sa solution permettant à toute entreprise, quelle que soit sa taille ou sa localisation, d'accéder rapidement via la plateforme à des avocats d'affaires expérimentés. Les entreprises peuvent déposer leur besoin — qu'il s'agisse d'un dossier, d'une consultation ou d'un renfort temporaire — de manière confidentielle et recevoir des propositions d'avocats pour répondre rapidement à leur demande.
Avocat au Barreau de Paris (Toque L086), fondateur de SWIM LEGAL
Besoin d'un juriste freelance, d'un conseil ou d'aide sur un litige ?