
Jullian Hoareau

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1. Situations de litige commercial international concernées
2. Enjeux et coût d'un contentieux transfrontalier
3. Clause attributive de juridiction et loi applicable
4. Choisir entre juridiction étatique et arbitrage
5. Déroulement de la procédure et mesures conservatoires
6. Reconnaissance et exécution de la décision à l'étranger
7. Checklist avant d'engager le contentieux
Un contentieux commercial international naît dès qu'un désaccord oppose une entreprise française à un partenaire établi hors de France : facture impayée par un client étranger, marchandises non conformes livrées par un fournisseur, rupture d'un contrat de distribution, désaccord sur une clause de garantie.
Ces dossiers partagent un trait commun, le rattachement multiple. Deux ordres juridiques au moins peuvent revendiquer un titre à trancher, car le contrat a été signé dans un pays, exécuté dans un autre, payé depuis un troisième. Cette pluralité déplace la question initiale : avant de démontrer qui a tort, il faut établir devant qui la démonstration sera faite.
Ces litiges relèvent de la matière civile et commerciale, périmètre du règlement européen dit Bruxelles I bis, qui régit la compétence judiciaire ainsi que la reconnaissance et l'exécution des décisions. Il s'applique aux actions judiciaires engagées depuis le 10 janvier 2015.
L'entreprise qui découvre le sujet au moment du litige subit trois effets en chaîne.
D'une part, l'incertitude sur le juge compétent ouvre un débat préalable : le défendeur conteste la compétence, une décision intervient sur ce point seul, et le fond attend. D'autre part, la loi applicable commande des règles de fond différentes, notamment la durée de la prescription, la sanction de la rupture et l'étendue de la garantie. Une même situation reçoit alors deux réponses opposées selon le droit retenu.
Enfin, une décision favorable ne vaut que si elle s'exécute là où se trouvent les actifs du débiteur. Le coût d'un contentieux commercial international se mesure donc moins en honoraires qu'en temps immobilisé et en trésorerie gelée. Or ces trois effets se règlent en amont, par deux clauses de quelques lignes.
Un litige transfrontalier se prépare au moment de la signature, pas au moment de l'assignation.
Voir les compétences en contentieux et arbitrage
Deux clauses distinctes règlent deux questions distinctes. La clause attributive de juridiction désigne le tribunal qui tranchera. La clause de loi applicable désigne le droit selon lequel il tranchera. Une entreprise peut retenir un juge français appliquant un droit étranger, ou l'inverse.
À défaut de clause attributive de juridiction, la règle de principe donne compétence aux juridictions de l'État membre du domicile du défendeur. L'entreprise française qui poursuit un client établi à l'étranger plaide donc chez lui, avec les frais de traduction et de représentation locale que cela suppose.
Lorsque la clause existe et désigne les juridictions d'un État membre, elle leur confère une compétence exclusive, sauf convention contraire des parties. Sa rédaction devient le point de contrôle principal : un tribunal identifié précisément, un périmètre couvrant tous les différends liés au contrat, une acceptation démontrable du cocontractant.
| Question | Clause concernée | Effet en l'absence de clause |
|---|---|---|
| Quel tribunal ? | Clause attributive de juridiction | Juridictions du domicile du défendeur |
| Quel droit ? | Clause de loi applicable | Détermination par les règles de conflit de lois |
| Quelle langue ? | Clause de procédure ou d'arbitrage | Langue de la juridiction saisie |
Le choix repose sur trois critères : la confidentialité, la circulation de la décision et la nature du litige.
Devant les juridictions françaises, la répartition suit la matière. Le tribunal de commerce tranche les litiges entre commerçants et les litiges relatifs aux actes de commerce. Le tribunal judiciaire est compétent par défaut pour les autres litiges civils et commerciaux.
L'arbitrage international confie le litige à des arbitres choisis par les parties. En droit français, il est régi par les articles 1504 à 1527 du code de procédure civile.
| Critère | Juridiction étatique | Arbitrage international |
|---|---|---|
| Publicité | Audiences publiques | Procédure confidentielle |
| Choix du décideur | Non | Arbitres désignés par les parties |
| Recours | Appel ouvert | Recours limités contre la sentence |
| Frais | Frais de justice encadrés | Frais d'arbitre à la charge des parties |
Pour les créances de faible montant, une procédure européenne de règlement des petits litiges transfrontaliers existe pour les demandes n'excédant pas 5 000 euros.
Le choix entre juge étatique et arbitrage engage la confidentialité du dossier et l'exécution future de la décision.
Échanger avec un avocat en contentieux et arbitrage
Une procédure transfrontalière suit un ordre stable, devant un juge comme devant un tribunal arbitral.
Les mesures conservatoires méritent une attention particulière. Elles permettent de geler un bien, un compte ou une créance avant la décision au fond, afin que le débiteur n'organise pas son insolvabilité pendant l'instance. Elles se demandent tôt, souvent devant le juge du lieu où se situe le bien visé.
Le portail e-Justice de l'Union européenne oriente vers la juridiction compétente pour les litiges transfrontaliers.
Obtenir une décision et l'exécuter sont deux étapes distinctes. Une décision étrangère doit obtenir l'exequatur pour être exécutée en France, c'est-à-dire une décision d'un juge français lui donnant force exécutoire sur le territoire. La règle vaut réciproquement à l'étranger pour un jugement français.
Au sein de l'Union européenne, le règlement Bruxelles I bis a supprimé la procédure d'exequatur pour les décisions rendues dans un État membre. Une décision rendue dans un autre État membre circule donc en France sans cette étape préalable.
Hors de l'Union, l'exécution dépend des conventions liant la France à l'État concerné. Cette variable se vérifie avant d'engager la procédure, car un jugement inexécutable dans le pays du débiteur ne produit aucun recouvrement.
Une décision sans effet là où se trouvent les actifs du débiteur laisse la créance impayée.
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Avant toute action, sept points se contrôlent dans cet ordre.
Ces réponses déterminent si le contentieux est utile et où il doit être porté.
À défaut de clause attributive de juridiction, la compétence revient aux juridictions de l'État membre du domicile du défendeur. Une clause désignant les juridictions d'un État membre écarte cette règle et fonde une compétence exclusive.
Non, mais son absence renvoie à la règle de principe, souvent défavorable au demandeur français. Sa présence évite un débat préalable sur la compétence et fixe le tribunal dès la signature du contrat.
Non. Le règlement Bruxelles I bis a supprimé la procédure d'exequatur pour les décisions rendues dans un État membre. Hors de l'Union européenne, l'exequatur reste nécessaire avant toute mesure d'exécution.
Le tribunal de commerce tranche les litiges entre commerçants et les actes de commerce, en audience publique. L'arbitrage international, régi par les articles 1504 à 1527 du code de procédure civile, offre une procédure confidentielle et des arbitres choisis.
Une procédure européenne de règlement des petits litiges transfrontaliers existe pour les demandes n'excédant pas 5 000 euros. Elle évite d'engager une procédure classique disproportionnée par rapport à la créance.
Titre II, L'arbitrage international, articles 1504 à 1527 du Code de procédure civile - Légifrance
Les juridictions civiles spécialisées - Ministère de la Justice
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