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Qu'est-ce qu'un commissaire aux comptes ? Rôle et mission
Commissaire aux comptes ou expert-comptable : quelles différences ?
Les seuils de nomination obligatoire en 2026
Nomination volontaire et cas particuliers des groupes
Procédure de nomination et durée du mandat
Sanctions en cas de défaut de nomination
Le commissaire aux comptes (CAC) est un professionnel inscrit auprès de la Compagnie nationale des commissaires aux comptes (CNCC). Sa fonction première : certifier que les comptes annuels d'une entreprise sont réguliers, sincères et donnent une image fidèle de sa situation financière. Il s'agit d'un audit légal, encadré par le Code de commerce (articles L. 821-1 et suivants).
Concrètement, le CAC vérifie les états financiers — bilan, compte de résultat, annexe — en les confrontant aux pièces justificatives, aux procédures internes et aux normes comptables applicables. À l'issue de ses travaux, il émet un rapport de certification adressé à l'assemblée générale des associés ou actionnaires. Ce rapport peut être sans réserve, avec réserve ou assorti d'un refus de certifier.
Au-delà de la certification, le commissaire aux comptes exerce une mission permanente de contrôle. Il signale au dirigeant les irrégularités qu'il constate et, en cas de faits délictueux, il est tenu de les révéler au procureur de la République. Il dispose également d'une procédure d'alerte lorsqu'il identifie des faits de nature à compromettre la continuité d'exploitation de la société.
Le CAC agit en toute indépendance. Il ne peut ni détenir de parts dans la société qu'il contrôle, ni lui fournir de prestations de conseil. Cette séparation garantit l'objectivité de son jugement.
La confusion entre ces deux professionnels est fréquente. Leurs missions sont pourtant distinctes et complémentaires.
L'expert-comptable accompagne l'entreprise au quotidien. Il tient ou supervise la comptabilité, établit les comptes annuels, conseille le dirigeant sur la gestion financière et fiscale. Il est le partenaire de l'entreprise. Le commissaire aux comptes, lui, intervient comme contrôleur externe. Il ne produit pas les comptes : il les audite.
| Critère | Expert-comptable | Commissaire aux comptes |
|---|---|---|
| Mission | Tenue et établissement des comptes | Certification et contrôle des comptes |
| Relation | Contractuelle, au service de l'entreprise | Légale, au service de l'intérêt général |
| Indépendance | Conseil autorisé | Conseil interdit auprès du client audité |
| Nomination | Libre, par le dirigeant | Obligatoire au-delà de certains seuils |
| Durée | Contrat renouvelable librement | Mandat de 6 exercices (ou 3 en cas de nomination volontaire) |
| Destinataire | Le dirigeant | L'assemblée générale et les tiers |
En résumé, l'expert-comptable construit les comptes, le CAC les vérifie. Une entreprise peut avoir les deux simultanément, et c'est d'ailleurs le cas dès que la nomination d'un CAC devient obligatoire.
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Depuis la loi PACTE de 2019, les seuils de nomination d'un commissaire aux comptes ont été relevés pour les SAS, SARL et SNC. En 2026, l'obligation s'applique lorsqu'une société dépasse, à la clôture d'un exercice, au moins 2 des 3 critères suivants :
| Forme juridique | Total de bilan | Chiffre d'affaires HT | Nombre de salariés |
|---|---|---|---|
| SAS, SARL, SNC | 5 000 000 € | 10 000 000 € | 50 |
| SA, SCA | 1 000 000 € | 2 000 000 € | 20 |
Pour les SA et SCA (sociétés en commandite par actions), la nomination reste obligatoire à des seuils plus bas, en raison de l'appel public à l'épargne et de la structure de gouvernance propre à ces formes sociales.
Le dépassement doit être constaté sur 2 exercices consécutifs pour déclencher l'obligation. Inversement, lorsqu'une société repasse sous les seuils pendant 2 exercices consécutifs, elle peut ne pas renouveler le mandat du CAC à son terme.
Ces seuils s'apprécient sur les comptes sociaux de chaque entité. Pour les groupes, des règles complémentaires s'appliquent (voir section suivante).
Même en dessous des seuils légaux, un dirigeant peut décider de nommer un commissaire aux comptes de manière volontaire. Cette démarche répond à plusieurs objectifs : rassurer des investisseurs, préparer une levée de fonds, renforcer la crédibilité des comptes auprès de partenaires bancaires ou anticiper une croissance rapide.
Dans ce cas, le mandat est réduit à 3 exercices au lieu de 6, conformément à l'article L. 823-3-2 du Code de commerce. La mission reste identique : certification des comptes annuels.
Pour les groupes de sociétés, la nomination obéit à des règles spécifiques. Une société mère qui contrôle un ensemble dépassant les seuils consolidés (total de bilan 25 M€, CA HT 50 M€, 250 salariés — 2 critères sur 3) doit nommer un CAC pour certifier ses comptes consolidés. Par ailleurs, toute filiale dite « significative » au sein du groupe peut être soumise à une obligation propre, indépendamment de sa taille individuelle.
Un associé minoritaire détenant au moins 10 % du capital peut également demander en justice la désignation d'un CAC, même si les seuils ne sont pas atteints. Ce droit protège les minoritaires contre l'opacité comptable.
La structuration juridique d'un groupe implique des obligations de contrôle comptable qu'il convient d'anticiper.
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La nomination du commissaire aux comptes relève de l'assemblée générale ordinaire des associés ou actionnaires. Le dirigeant propose un ou plusieurs candidats inscrits sur la liste officielle de la CNCC. L'assemblée vote à la majorité simple.
Les étapes concrètes sont les suivantes :
Le mandat dure 6 exercices en cas de nomination obligatoire. Il est renouvelable. En cas de nomination volontaire, la durée est de 3 exercices. Le CAC ne peut pas être révoqué en cours de mandat, sauf par décision de justice pour motif légitime.
Un CAC suppléant devait autrefois être nommé systématiquement. Depuis 2016, cette obligation a été supprimée pour les sociétés qui désignent un CAC personne morale (un cabinet d'audit).
Ne pas nommer un commissaire aux comptes alors que l'obligation légale s'applique expose le dirigeant à des sanctions pénales et civiles.
Sur le plan pénal, l'article L. 820-4 du Code de commerce prévoit une peine de 2 ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende pour le dirigeant qui n'a pas provoqué la désignation d'un CAC. La même sanction s'applique en cas d'entrave aux fonctions du commissaire nommé.
Sur le plan civil, les conséquences sont tout aussi lourdes :
En pratique, le risque de nullité des assemblées générales constitue la conséquence la plus fréquente. Un concurrent, un associé mécontent ou un créancier peut s'en prévaloir pour contester des décisions stratégiques de la société.
La conformité aux obligations de nomination protège la validité de vos décisions sociales.
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Non, une SAS qui ne dépasse pas 2 des 3 seuils (5 M€ de bilan, 10 M€ de CA HT, 50 salariés) sur 2 exercices consécutifs n'a pas d'obligation légale. Elle peut toutefois procéder à une nomination volontaire, avec un mandat réduit à 3 exercices.
La révocation n'est possible que par décision de justice, sur requête motivée du dirigeant ou d'un associé. Un simple désaccord sur les conclusions du CAC ne constitue pas un motif légitime de révocation.
Non. Le CAC est soumis à une stricte interdiction de fournir des prestations de conseil à la société dont il certifie les comptes. Cette règle garantit son indépendance et figure aux articles L. 822-11 et suivants du Code de commerce.
Lorsqu'une société repasse sous les seuils pendant 2 exercices consécutifs, elle n'est plus tenue de renouveler le mandat du CAC à son expiration. Le mandat en cours va néanmoins jusqu'à son terme.
Oui. Un ou plusieurs associés représentant au moins 10 % du capital peuvent saisir le tribunal de commerce pour demander la désignation d'un commissaire aux comptes, même si les seuils légaux ne sont pas atteints.
Nouveaux seuils de nomination d’un commissaire aux comptes - Bpifrance Création
La désignation d’un commissaire aux comptes est-elle obligatoire ? - Service-Public (Entreprendre)
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