
Jullian Hoareau

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Ce que comprend la cession d'une exploitation agricole
Formes juridiques de cession et conséquences
Plus-values professionnelles et exonérations applicables
TVA : universalité de biens et article 257 bis
Droits de mutation et coût fiscal de l'opération
Étapes de préparation et pièges à éviter
Céder une exploitation agricole, c'est transmettre l'ensemble des moyens qui permettent de produire : matériel, cheptel, stocks de récolte, bâtiments d'exploitation, baux ruraux et droits à paiement de base (DPB). L'opération déclenche une cessation d'activité au sens fiscal. L'administration considère que l'exploitant met fin à son entreprise, ce qui oblige à liquider les conséquences en matière de plus-values, de TVA et de droits de mutation.
Le périmètre exact de la cession conditionne le régime applicable. Vendre un tracteur isolé n'a pas les mêmes effets que transmettre la totalité d'une branche d'activité. C'est pourquoi la qualification juridique du lot cédé constitue la première étape de toute opération.
Les actifs corporels regroupent le matériel agricole, les animaux reproducteurs et les stocks. Les actifs incorporels comprennent les DPB, les contrats de fermage cessibles et, le cas échéant, le droit au bail. Chaque catégorie suit un traitement fiscal distinct, détaillé dans les sections suivantes.
La cession d'exploitation agricole prend deux formes principales : la vente du fonds agricole (exploitation individuelle) ou la cession de parts sociales (EARL, SCEA, GAEC). Le choix entre ces deux voies modifie la base d'imposition, le redevable de la taxe et le régime de mutation applicable.
| Critère | Vente du fonds agricole | Cession de parts sociales |
|---|---|---|
| Objet | Actifs de l'exploitation | Titres de la société |
| Plus-value | Professionnelle (BIC/BA) | Privée ou professionnelle selon le statut |
| Droits de mutation | Sur le fonds (barème progressif) | Sur les parts (taux fixe ou réduit) |
| TVA | Dispense possible (art. 257 bis) | Hors champ TVA |
Dans une EARL ou un GAEC, la cession de parts permet de transférer l'activité sans modifier la structure juridique. En revanche, la vente du fonds impose de liquider l'exploitation, ce qui génère une cessation d'activité immédiate.
Structurer la cession sous la bonne forme juridique réduit l'imposition et sécurise la continuité de l'exploitation.
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La cession d'actifs professionnels génère une plus-value égale à la différence entre le prix de vente et la valeur nette comptable. Cette plus-value est imposable au barème de l'impôt sur le revenu (court terme) ou à un taux forfaitaire (long terme). Trois régimes d'exonération permettent de la réduire ou de la supprimer.
Ce régime exonère les plus-values des exploitants dont les recettes ne dépassent pas certains seuils, à condition que l'activité ait été exercée pendant au moins 5 ans. L'exonération est totale sous le premier seuil, partielle entre les deux seuils.
L'exploitant qui cède son exploitation à l'occasion de son départ à la retraite peut bénéficier d'une exonération de plus-values. Depuis la loi n° 2025-127 du 14 février 2025 (loi de finances pour 2025), ce dispositif autorise des cessions échelonnées de parts d'une société agricole sur un délai de 72 mois, lorsque le cessionnaire est un jeune agriculteur bénéficiaire d'aides à l'installation.
Ce régime vise la transmission d'une entreprise individuelle ou d'une branche complète d'activité. L'activité agricole doit avoir été exercée depuis au moins 5 ans. L'exonération dépend de la valeur des éléments transmis.
| Régime | Condition d'ancienneté | Cumulable avec 151 septies ? |
|---|---|---|
| Art. 151 septies | 5 ans d'activité | — |
| Art. 151 septies A | Départ à la retraite | Oui |
| Art. 238 quindecies | 5 ans + branche complète | Non |
Les régimes des articles 151 septies et 238 quindecies ne sont pas cumulables entre eux. L'exploitant doit choisir le plus avantageux selon sa situation.
L'article 257 bis du CGI dispense de TVA les livraisons de biens réalisées entre redevables à l'occasion de la transmission d'une universalité totale ou partielle de biens. Cette dispense est obligatoire : elle s'applique de plein droit, sans formalité particulière. Le cessionnaire est réputé continuer la personne du cédant pour les obligations de TVA.
En pratique, cela signifie que le repreneur reprend les régularisations de TVA en cours sur les immobilisations. Si la cession ne porte pas sur une universalité (vente d'un seul actif), la TVA s'applique selon le régime de droit commun.
L'exploitant agricole peut relever du remboursement forfaitaire agricole ou du régime simplifié de l'agriculture selon le montant de ses recettes. Le régime de TVA du cédant et du cessionnaire doit être vérifié avant la cession pour éviter une régularisation imprévue.
Vérifier la compatibilité des régimes de TVA entre cédant et repreneur évite des régularisations coûteuses après la cession.
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Les droits de mutation varient selon la nature de la cession. La vente d'un fonds agricole est soumise à un barème progressif de droits d'enregistrement. La cession de parts sociales de sociétés agricoles (EARL, GAEC, SCEA) relève d'un taux spécifique, généralement plus favorable.
Les donations et successions bénéficient d'abattements propres aux transmissions à titre gratuit, notamment lorsque le repreneur s'engage à poursuivre l'exploitation pendant une durée minimale. Ces abattements se combinent avec les exonérations de plus-values, mais chaque dispositif obéit à ses propres conditions.
Le coût fiscal global d'une cession comprend donc :
La préparation d'une cession d'exploitation agricole suit un calendrier précis. Un démarrage au moins 18 mois avant la date visée permet de sécuriser chaque étape.
Anticiper la cession 18 mois à l'avance et structurer l'opération avec un avocat réduit les risques fiscaux et juridiques.
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Non. Ces deux régimes d'exonération de plus-values ne sont pas cumulables entre eux. L'exploitant doit analyser sa situation pour déterminer lequel offre l'avantage fiscal le plus élevé. En revanche, l'article 151 septies A (départ à la retraite) peut se combiner avec l'un ou l'autre.
Oui. La dispense s'applique de plein droit lorsque la cession porte sur une universalité totale ou partielle de biens entre redevables de la TVA. Aucun engagement formel n'est requis. Le cessionnaire reprend les obligations de TVA du cédant, y compris les régularisations en cours.
La vente du fonds génère une plus-value professionnelle et des droits de mutation sur les actifs. La cession de parts sociales est soumise à un taux de droits d'enregistrement distinct, souvent plus favorable. Le choix dépend de la structure juridique et du profil fiscal du cédant et du repreneur.
Un délai de 18 mois minimum est recommandé. Ce temps permet de réaliser le diagnostic fiscal, vérifier l'éligibilité aux exonérations, choisir la forme juridique de la cession et rédiger les actes. Un démarrage tardif expose à des erreurs coûteuses, notamment la perte d'exonérations liées à l'ancienneté.
L'article 70 de la loi n° 2025-127 du 14 février 2025 aménage les dispositifs d'exonération de plus-values pour encourager les transmissions au profit de jeunes agriculteurs. Il autorise notamment des cessions échelonnées de parts sur 72 mois lorsque le cessionnaire bénéficie d'aides à l'installation.
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