
Jullian Hoareau

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1. Pourquoi l'auto-entrepreneur ne facture pas de TVA
2. Les seuils qui font basculer hors franchise
3. Ce qui change le jour du dépassement
4. Déclarer la TVA : régime et calendrier
5. Payer la TVA : acomptes et régularisation annuelle
6. Erreurs courantes et points de vigilance
La TVA auto-entrepreneur ne s'applique pas tant que l'activité reste sous les seuils de la franchise en base de TVA. Ce régime dispense de facturer la taxe aux clients, donc de la déclarer et de la reverser. En contrepartie, la TVA payée sur les achats professionnels, matériel, logiciels ou sous-traitance, n'est pas récupérable.
Les factures émises sous ce régime portent une mention légale indiquant que la TVA n'est pas applicable. Le prix affiché correspond alors au montant réellement encaissé.
Pour un client professionnel, en revanche, l'absence de TVA n'apporte aucun gain : il aurait déduit la taxe de toute façon. La franchise est donc un allègement administratif, pas un avantage commercial.
Arbitrer entre franchise et assujettissement suppose de mesurer l'effet sur les marges et sur la trésorerie.
Voir la pratique fiscalité des entreprises
Deux séries de seuils encadrent la franchise, selon la nature de l'activité. Les montants ci-dessous sont ceux applicables en 2026.
| Activité | Seuil limite | Seuil majoré |
|---|---|---|
| Ventes de marchandises | 85 000 € | 93 500 € |
| Prestations de services | 37 500 € | 41 250 € |
Le seuil limite produit un effet différé : dépassé sans que le seuil majoré le soit, il laisse la franchise en place jusqu'à la fin de l'année civile, la TVA s'appliquant à compter du 1er janvier suivant. Le seuil majoré agit sans délai : dès son franchissement, la taxe devient exigible.
Point souvent ignoré : les seuils du régime micro-entreprise sont désormais déconnectés de ceux de la franchise en base. Dépasser les seuils de franchise ne remet donc pas nécessairement en cause le statut de micro-entrepreneur. Deux régimes, deux logiques : l'un porte sur l'imposition des bénéfices et les cotisations, l'autre sur la TVA seule.
Le franchissement du seuil majoré produit ses effets sans formalité préalable ni tolérance. À compter de cette date, chaque facture doit mentionner le taux applicable, le montant de taxe et le numéro de TVA intracommunautaire, attribué par le service des impôts des entreprises.
Les factures déjà émises dans le mois du dépassement doivent être rectifiées. Des factures rectificatives font apparaître la taxe, que le professionnel devra reverser même si le client ne la règle pas. C'est la source principale des régularisations tardives.
En contrepartie, le droit à déduction s'ouvre : la TVA supportée sur les achats professionnels devient récupérable. Cette déduction compense une partie du surcoût, surtout pour les activités à forte consommation d'achats ou de sous-traitance.
Les prix affichés doivent être revus. Face à une clientèle de particuliers, absorber la taxe réduit la marge, la répercuter augmente le prix payé.
Une bascule de régime mal datée se traduit par des factures à reprendre et des encaissements à corriger.
Sécuriser vos obligations fiscales
Par défaut, l'entreprise qui sort de la franchise relève du régime réel simplifié. Ce régime repose sur une déclaration unique par an, complétée par deux acomptes en cours d'année.
La déclaration annuelle de régularisation est le formulaire n° 3517-S (CA12). Lorsque l'exercice coïncide avec l'année civile, elle doit être télétransmise au plus tard le 2e jour ouvré suivant le 1er mai de l'année suivante, depuis l'espace professionnel en ligne.
Une option pour le régime réel normal reste possible. Elle remplace la déclaration annuelle par une déclaration mensuelle, plus lourde mais plus lisible en trésorerie, car la taxe est calculée sur les opérations réelles du mois. Ce choix se justifie lorsque l'activité varie fortement, ou lorsqu'elle est structurellement créditrice, par exemple en cas d'investissements lourds.
Sous le régime réel simplifié, le paiement est fractionné en deux acomptes calculés sur l'exercice précédent, puis ajusté lors de la déclaration annuelle.
| Échéance | Nature | Base de calcul |
|---|---|---|
| Juillet | Acompte | 55 % de la TVA due au titre de l'exercice précédent |
| Décembre | Acompte | 40 % de la TVA due au titre de l'exercice précédent |
| 2e jour ouvré suivant le 1er mai | Déclaration n° 3517-S (CA12) | TVA réellement due, acomptes déduits |
Le premier exercice suit une autre logique : sans année de référence, les acomptes reposent sur une estimation de la taxe due. Une estimation trop basse expose à des intérêts de retard, une estimation trop haute immobilise de la trésorerie.
La déclaration annuelle solde le compte. Si les acomptes excèdent la taxe réellement due, l'excédent est remboursé ou imputé. S'ils sont insuffisants, le complément est réglé à cette échéance.
La TVA collectée n'appartient pas à l'entreprise : la provisionner sur un compte distinct évite les tensions de trésorerie.
Faire le point avec un avocat fiscaliste
Un dépassement identifié tard se répare, mais le coût est double : reprise des factures passées et pénalités éventuelles. Un contrôle trimestriel du chiffre d'affaires encaissé suffit à écarter ce risque.
Non. Tant que le chiffre d'affaires reste sous les seuils de la franchise en base, aucune TVA n'est facturée ni déclarée. La contrepartie est l'absence de déduction sur les achats professionnels.
La TVA devient exigible immédiatement, sans période de tolérance. Les factures émises dans le mois du dépassement doivent être rectifiées pour faire apparaître la taxe.
Oui, une option pour le paiement de la TVA est possible. Elle ouvre le droit à déduction sur les achats, ce qui peut être pertinent pour une activité travaillant avec des clients professionnels ou réalisant des investissements.
La déclaration annuelle n° 3517-S (CA12), télétransmise au plus tard le 2e jour ouvré suivant le 1er mai de l'année suivante lorsque l'exercice coïncide avec l'année civile. Deux acomptes interviennent en juillet et en décembre.
Non. Les seuils du régime micro-entreprise sont déconnectés de ceux de la franchise en base. Le dépassement des seuils de TVA ne remet pas nécessairement en cause le statut.
Les régimes d'imposition à la TVA - impots.gouv.fr
Entreprises : pouvez-vous bénéficier de la franchise de TVA ? - economie.gouv.fr
TVA - Franchise en base de droit commun - Conséquences de la franchise - BOFiP
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