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CFE auto-entrepreneur : définition et base légale
Qui doit payer la CFE en micro-entreprise ?
Exonérations applicables : 1ère année, seuil de 5 000 € de CA, cas particuliers
Calcul de la CFE : base d'imposition et cotisation minimum 2026
Comment accéder à son avis de CFE sur impots.gouv.fr et payer dans les délais ?
La cotisation foncière des entreprises (CFE) est un impôt local dû par toute personne physique ou morale qui exerce une activité professionnelle non salariée au 1er janvier de l'année d'imposition. Elle a remplacé, avec la CVAE (cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises), l'ancienne taxe professionnelle supprimée en 2010. Le fondement juridique de la CFE figure aux articles 1447 à 1478 du Code général des impôts (CGI).
Contrairement à une idée répandue, le statut de micro-entrepreneur (anciennement auto-entrepreneur) ne dispense pas du paiement de la CFE. Le régime micro-fiscal simplifie le calcul de l'impôt sur le revenu et des cotisations sociales, mais il ne crée aucune dérogation en matière de fiscalité locale. Concrètement, un graphiste freelance, un consultant indépendant ou un artisan en micro-entreprise est redevable de la CFE au même titre qu'une SARL ou une SAS, dès lors qu'il remplit les conditions d'assujettissement.
La CFE est perçue au profit de la commune (ou de l'EPCI) où le professionnel dispose de locaux ou, à défaut de local identifié, au lieu de son domicile déclaré. Son montant dépend de la valeur locative cadastrale du bien utilisé pour l'activité et du taux voté par la collectivité. Pour les auto-entrepreneurs qui travaillent depuis leur domicile sans local dédié, c'est la cotisation minimum qui s'applique — un barème fixé par délibération municipale.
Tout auto-entrepreneur en activité au 1er janvier de l'année d'imposition est en principe redevable de la CFE. Le critère déterminant n'est ni le chiffre d'affaires réalisé au cours de l'année, ni le bénéfice dégagé : c'est l'existence d'une activité professionnelle exercée à titre habituel. Peu importe que cette activité soit principale ou complémentaire.
En pratique, trois situations se présentent :
| Situation | CFE due ? | Base de calcul |
|---|---|---|
| Auto-entrepreneur avec local commercial | Oui | Valeur locative cadastrale |
| Auto-entrepreneur à domicile | Oui | Cotisation minimum communale |
| Auto-entrepreneur itinérant sans local | Oui | Cotisation minimum au lieu du domicile |
| Auto-entrepreneur en 1ère année d'activité | Non | Exonération totale |
| CA annuel ≤ 5 000 € (N-2) | Non | Exonération totale |
Un point de vigilance : la CFE est établie sur la base de la situation au 1er janvier. Si un auto-entrepreneur cesse son activité en cours d'année, il reste redevable de la CFE pour l'année entière. En revanche, s'il crée son activité en cours d'année, il ne sera imposé qu'à partir de l'année suivante.
Certaines obligations fiscales locales, comme la CFE, peuvent justifier un accompagnement pour structurer sa situation sociale et administrative dès le lancement de l'activité.
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Le législateur a prévu plusieurs cas d'exonération de CFE qui concernent directement les auto-entrepreneurs. Les connaître permet d'éviter de payer un impôt non dû — ou de contester un avis erroné.
L'article 1478-II du CGI prévoit une exonération totale de CFE l'année de création de l'entreprise. Un auto-entrepreneur qui s'immatricule en mars 2025 ne paiera donc aucune CFE au titre de 2025. La première imposition interviendra en décembre 2026, sur la base d'une assiette réduite de moitié (article 1478-III du CGI).
Depuis la loi de finances pour 2018 (applicable à compter de 2019), les redevables dont le chiffre d'affaires ou les recettes de l'avant-dernière année (N-2) ne dépassent pas 5 000 € sont exonérés de CFE. Pour la CFE due en 2026, c'est donc le CA de 2024 qui sert de référence.
Cette exonération est automatique : aucune démarche n'est nécessaire. Toutefois, si l'auto-entrepreneur reçoit malgré tout un avis d'imposition, il doit formuler une réclamation auprès du service des impôts des entreprises (SIE) compétent.
Certaines activités bénéficient d'exonérations permanentes ou temporaires, indépendamment du chiffre d'affaires :
| Motif d'exonération | Durée | Condition principale |
|---|---|---|
| 1ère année de création | 1 an | Création en cours d'année |
| CA N-2 ≤ 5 000 € | Permanente (tant que le seuil est respecté) | CA ou recettes de N-2 ≤ 5 000 € |
| Artisan seul ou avec apprentis | Permanente | Travail manuel, pas de spéculation sur matière première |
| Artiste auteur (création originale) | Permanente | Activité de création au sens de l'article 1460 CGI |
| Implantation en ZFU / ZRR | 5 à 8 ans | Délibération locale + conditions d'éligibilité |
Le montant de la CFE résulte d'une formule simple : base d'imposition × taux voté par la commune. En pratique, pour la grande majorité des auto-entrepreneurs, c'est la cotisation minimum qui s'applique, car ils n'utilisent pas de local professionnel distinct de leur domicile.
La base d'imposition correspond à la valeur locative cadastrale des biens immobiliers utilisés pour l'activité au cours de l'année N-2. Pour la CFE 2026, c'est la situation au 1er janvier 2024 qui est retenue. Cette valeur locative est celle qui sert aussi de base à la taxe foncière.
Lorsque l'auto-entrepreneur ne dispose d'aucun local (ou d'un local dont la valeur locative est très faible), la commune applique une cotisation minimum dont le montant dépend du chiffre d'affaires ou des recettes réalisés en N-2.
| CA ou recettes N-2 | Cotisation minimum (fourchette) |
|---|---|
| Jusqu'à 10 000 € | Entre 237 € et 565 € |
| De 10 001 € à 32 600 € | Entre 237 € et 1 130 € |
| De 32 601 € à 100 000 € | Entre 237 € et 2 374 € |
| De 100 001 € à 250 000 € | Entre 237 € et 3 957 € |
| De 250 001 € à 500 000 € | Entre 237 € et 5 652 € |
| Au-delà de 500 000 € | Entre 237 € et 7 349 € |
Le montant exact est fixé par délibération du conseil municipal ou intercommunal. Deux auto-entrepreneurs ayant le même chiffre d'affaires mais domiciliés dans deux communes différentes peuvent donc payer des montants très différents.
Au montant brut de la CFE s'ajoutent des frais de gestion (1 % en cas de paiement non dématérialisé, 0 % en cas de prélèvement) et éventuellement des taxes additionnelles (taxe pour frais de chambre de commerce ou de chambre de métiers). Ces taxes additionnelles sont calculées sur la même base et figurent sur l'avis d'imposition.
La structuration de la rémunération et des charges sociales d'un indépendant gagne à être anticipée, notamment pour intégrer les impôts locaux dans le prévisionnel.
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Depuis 2015, l'avis de CFE n'est plus envoyé par courrier. Il est consultable exclusivement en ligne, sur l'espace professionnel du site impots.gouv.fr. Cette dématérialisation est obligatoire pour tous les professionnels, y compris les auto-entrepreneurs.
Pour accéder à l'avis de CFE, l'auto-entrepreneur doit disposer d'un espace professionnel sur impots.gouv.fr (distinct de l'espace particulier). La création se fait en ligne avec le numéro SIREN de l'entreprise. Un code d'activation est envoyé par courrier sous 15 jours.
L'avis de CFE est mis en ligne chaque année à partir de mi-novembre. Pour y accéder :
La date limite de paiement est fixée au 15 décembre de chaque année. Le paiement s'effectue obligatoirement par voie dématérialisée :
Un retard de paiement entraîne une majoration de 5 % du montant dû, à laquelle s'ajoutent des intérêts de retard de 0,20 % par mois. En cas d'avis jugé erroné (exonération non appliquée, montant incorrect), l'auto-entrepreneur peut déposer une réclamation contentieuse auprès du SIE compétent, par courrier ou via la messagerie sécurisée de l'espace professionnel. Le délai de réclamation court jusqu'au 31 décembre de l'année suivant la mise en recouvrement.
| Étape | Date |
|---|---|
| Mise en ligne de l'avis de CFE | Mi-novembre 2026 |
| Date limite d'adhésion au prélèvement à l'échéance | 30 novembre 2026 |
| Date limite de paiement | 15 décembre 2026 |
| Date limite de réclamation (CFE 2026) | 31 décembre 2027 |
| Date limite d'adhésion au prélèvement mensuel (CFE 2027) | 30 juin 2027 |
Oui, dès lors que l'activité est toujours déclarée au 1er janvier. L'absence de chiffre d'affaires sur l'année en cours ne dispense pas de la CFE. En revanche, si le CA de l'année N-2 est nul ou inférieur à 5 000 €, l'exonération s'applique automatiquement. Si l'activité n'a généré aucun revenu depuis sa création, il peut être pertinent de la radier pour ne plus être redevable.
Le montant exact de la cotisation minimum est fixé par délibération du conseil municipal ou intercommunal. Il figure sur l'avis de CFE disponible dans l'espace professionnel sur impots.gouv.fr. Il est aussi possible de contacter le service des impôts des entreprises (SIE) dont dépend le domicile professionnel pour obtenir cette information avant la mise en ligne de l'avis.
Oui. Le prélèvement mensuel permet d'étaler le paiement sur 10 mensualités (janvier à octobre), avec un éventuel solde en décembre. L'adhésion doit être effectuée avant le 30 juin de l'année en cours via l'espace professionnel sur impots.gouv.fr.
Oui, l'exonération de CFE l'année de création de la micro-entreprise est appliquée automatiquement par l'administration fiscale. Aucune démarche n'est nécessaire. En revanche, l'auto-entrepreneur doit remplir la déclaration initiale 1447-C avant le 31 décembre de l'année de création pour permettre le calcul de la CFE de l'année suivante.
Il faut déposer une réclamation auprès du service des impôts des entreprises compétent. Cette démarche peut être effectuée par courrier ou via la messagerie sécurisée de l'espace professionnel sur impots.gouv.fr. Le délai de réclamation court jusqu'au 31 décembre de l'année suivant celle de la mise en recouvrement. Il est conseillé de joindre les justificatifs (attestation de CA, preuve de cessation, etc.).
Cotisation foncière des entreprises (CFE) - Service-Public.fr
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