
Jullian Hoareau

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La convention HCR ne prévoit rien sur la rupture conventionnelle
Indemnité : comparer le dixième conventionnel et le quart légal
Calculer l'ancienneté avec extras, saisonniers et temps partiel
Entretiens, délai de rétractation et homologation via TéléRC
Salariés protégés et cas particuliers du secteur
Coût employeur : contribution patronale et solde de tout compte
La rupture conventionnelle en restauration soulève une confusion fréquente chez les employeurs du secteur. Beaucoup pensent que la convention collective nationale des hôtels, cafés et restaurants (HCR, IDCC 1979, brochure 3292) encadre cette procédure et fixe le montant de l'indemnité. En réalité, la convention HCR est muette sur le sujet. La procédure relève intégralement des articles L1237-11 à L1237-16 du code du travail. L'indemnité légale, souvent plus favorable que l'indemnité conventionnelle de licenciement HCR, constitue le plancher à respecter. Ce guide détaille chaque étape pour les DRH du secteur, avec les particularités liées aux extras, aux saisonniers et au coût employeur en vigueur en 2026.
La convention collective HCR régit les conditions de travail de la branche : grilles de salaires, classification, durée du travail, indemnités de licenciement. En revanche, elle ne comporte aucune clause spécifique sur la rupture conventionnelle individuelle. Ni procédure particulière, ni montant d'indemnité dédié, ni délai dérogatoire.
Par conséquent, l'ensemble du dispositif applicable provient du code du travail. Les articles L1237-11 à L1237-16 définissent les conditions de fond et de forme. L'article L1237-13 renvoie à l'indemnité légale de licenciement prévue à l'article L1234-9 comme plancher incompressible.
Un point de vigilance propre au secteur : la convention applicable dépend de l'activité principale réellement exercée par l'établissement, et non du code APE attribué par l'INSEE. Un restaurant d'entreprise ou une cantine scolaire relève de la convention de la restauration collective, distincte de la HCR. Or les règles d'indemnité conventionnelle de licenciement diffèrent d'une branche à l'autre. Vérifier la convention applicable est un préalable indispensable avant tout calcul.
L'article L1237-13 du code du travail pose une règle claire : l'indemnité spécifique de rupture conventionnelle ne peut être inférieure à l'indemnité légale de licenciement. L'article R1234-2 fixe cette indemnité légale à :
La convention HCR prévoit, quant à elle, une indemnité conventionnelle de licenciement dont le barème est généralement moins favorable que le barème légal. Dans cette hypothèse, c'est le montant légal qui s'applique, car il constitue le plancher.
| Critère | Indemnité légale (code du travail) | Indemnité conventionnelle HCR |
|---|---|---|
| Base de calcul | 1/4 mois par an (≤ 10 ans), 1/3 au-delà | Barème conventionnel propre à la branche |
| Plancher rupture conventionnelle | Oui (L1237-13) | Seulement si plus favorable |
| Résultat fréquent en HCR | S'applique | Écarté car moins favorable |
En pratique, le DRH doit effectuer les 2 calculs, comparer les résultats et retenir le plus élevé. Toute indemnité inférieure au plancher légal expose l'employeur à un refus d'homologation ou à une contestation ultérieure devant le conseil de prud'hommes.
Structurer une rupture conventionnelle conforme suppose de sécuriser le calcul d'indemnité et la rédaction de la convention.
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Le secteur de la restauration recourt massivement aux CDD d'usage (extras) et aux contrats saisonniers. Ces formes d'emploi compliquent le calcul de l'ancienneté, qui conditionne directement le montant de l'indemnité.
Lorsqu'un salarié a enchaîné plusieurs CDD d'usage ou contrats saisonniers chez le même employeur avant d'obtenir un CDI, les périodes travaillées antérieures s'ajoutent à l'ancienneté acquise en CDI. L'article L1243-11 du code du travail prévoit cette reprise d'ancienneté lorsque le CDI fait suite à un CDD. En pratique, le DRH doit reconstituer l'historique complet des contrats successifs pour éviter de sous-évaluer l'ancienneté.
Le salaire de référence retenu est le plus favorable entre :
En restauration, plusieurs éléments viennent compliquer ce calcul :
| Élément de rémunération | Inclus dans le salaire de référence ? |
|---|---|
| Salaire de base | Oui |
| Heures supplémentaires habituelles | Oui |
| Avantage en nature nourriture | Oui (valeur forfaitaire) |
| Pourboires déclarés | Oui |
| Primes exceptionnelles | Proratisées sur 12 mois |
La procédure de rupture conventionnelle suit un formalisme strict, identique quel que soit le secteur. Toute irrégularité peut entraîner un refus d'homologation ou la nullité de la rupture.
Au moins 1 entretien est obligatoire. Le salarié peut se faire assister par un salarié de l'entreprise ou, en l'absence de représentant du personnel, par un conseiller extérieur inscrit sur la liste préfectorale. L'employeur peut également se faire assister, à condition d'en informer le salarié au préalable.
Après la signature de la convention, chaque partie dispose d'un délai de rétractation de 15 jours calendaires. Ce délai court à compter du lendemain de la date de signature. La rétractation s'exerce par lettre, sans motivation obligatoire. Le décompte inclut les samedis, dimanches et jours fériés ; toutefois, si le dernier jour tombe un samedi, dimanche ou jour férié, il est reporté au premier jour ouvrable suivant.
À l'expiration du délai de rétractation, l'employeur adresse la demande d'homologation à la DDETS (Direction départementale de l'emploi, du travail et des solidarités) via le téléservice TéléRC. L'administration dispose de 15 jours ouvrables pour instruire la demande. Le silence gardé à l'issue de ce délai vaut homologation. La date de rupture du contrat ne peut intervenir au plus tôt que le lendemain de l'homologation.
Respecter chaque étape du calendrier évite les refus d'homologation et sécurise la rupture pour l'employeur comme pour le salarié.
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Lorsque la rupture conventionnelle concerne un salarié protégé (délégué syndical, membre du CSE, etc.), la procédure diffère sur un point essentiel : l'homologation par la DDETS est remplacée par une autorisation de l'inspection du travail (article L1237-15). Le refus de l'inspecteur du travail peut être contesté par recours hiérarchique ou devant le tribunal administratif.
Depuis le 1er janvier 2026, l'employeur doit acquitter une contribution patronale spécifique de 40 % assise sur la fraction de l'indemnité de rupture conventionnelle exonérée de cotisations sociales. Cette contribution remplace l'ancien forfait social. Elle est déclarée et versée via la DSN.
| Poste de coût | Taux / base |
|---|---|
| Indemnité de rupture conventionnelle | Plancher légal (1/4 mois par an ≤ 10 ans, 1/3 au-delà) |
| Contribution patronale spécifique | 40 % de la part exonérée de cotisations |
| Forfait social | Non dû |
| CSG-CRDS sur la part exonérée | Applicable au-delà du montant exonéré d'impôt |
Le solde de tout compte en restauration intègre plusieurs postes propres au secteur :
Le reçu pour solde de tout compte a un effet libératoire si le salarié ne le dénonce pas dans un délai de 6 mois à compter de sa signature.
Le calcul du coût global d'une rupture conventionnelle en restauration nécessite d'intégrer la contribution patronale de 40 % et les postes spécifiques du solde de tout compte.
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Non. La convention HCR (IDCC 1979) ne contient aucune disposition sur la rupture conventionnelle. L'indemnité est calculée selon le droit commun : le plancher est l'indemnité légale de licenciement (1/4 de mois par année d'ancienneté jusqu'à 10 ans, 1/3 au-delà). Si l'indemnité conventionnelle de licenciement est plus favorable, elle s'applique, mais ce cas est rare dans la branche HCR.
Les périodes travaillées en CDD d'usage (extras) chez le même employeur s'ajoutent à l'ancienneté acquise en CDI. Le DRH doit reconstituer l'historique complet des contrats successifs pour calculer correctement l'indemnité de rupture conventionnelle.
Après la signature, 15 jours calendaires de rétractation s'écoulent. Puis la demande d'homologation est adressée à la DDETS via TéléRC, qui dispose de 15 jours ouvrables pour répondre. La rupture ne peut intervenir au plus tôt que le lendemain de l'homologation. Le délai minimal total est donc d'environ 1 mois.
Oui, mais la procédure diffère. L'homologation par la DDETS est remplacée par une autorisation de l'inspection du travail (article L1237-15 du code du travail). Le refus peut faire l'objet d'un recours hiérarchique ou contentieux.
La contribution patronale spécifique est de 40 % depuis le 1er janvier 2026. Elle porte sur la fraction de l'indemnité exonérée de cotisations sociales. Elle est déclarée via la DSN. Le forfait social n'est pas dû en complément.
Article L1237-13 - Code du travail - Légifrance
Rupture conventionnelle d'un salarié du secteur privé - Service-Public.fr
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