
Jullian Hoareau

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Jour de repos payé : de quoi parle-t-on
Repos hebdomadaire : principe et rémunération
Travailler un jour de repos : quelle contrepartie
Jour de repos acquis, RTT et repos compensateur
Obligations de l'employeur et sanctions encourues
Bien gérer les jours de repos en entreprise
Un jour de repos payé désigne toute journée non travaillée pour laquelle le salarié perçoit une rémunération. Cette notion recouvre plusieurs réalités distinctes en droit du travail français : le repos hebdomadaire, les jours fériés chômés, les jours de réduction du temps de travail (RTT) et les repos compensateurs liés aux heures supplémentaires.
La confusion est fréquente chez les dirigeants de TPE-PME. Le repos hebdomadaire du dimanche, par exemple, n'est pas « payé » au sens strict. C'est la mensualisation du salaire, imposée par la loi depuis 1978, qui répartit la rémunération sur l'ensemble du mois, jours travaillés et non travaillés confondus. En revanche, un RTT ou un repos compensateur constitue un droit acquis dont la rémunération est explicitement prévue par le Code du travail ou la convention collective applicable.
Distinguer ces catégories est indispensable pour établir un bulletin de paie conforme et éviter tout litige.
L'article L. 3132-1 du Code du travail impose un repos hebdomadaire d'au moins 24 heures consécutives, auxquelles s'ajoutent les 11 heures de repos quotidien, soit 35 heures d'affilée au minimum. Ce repos est en principe fixé le dimanche (article L. 3132-3).
Le salarié mensualisé perçoit chaque mois un salaire calculé sur une base de 151,67 heures (35 heures × 52 semaines / 12 mois). Le dimanche chômé n'entraîne aucune retenue, car il est intégré dans ce calcul forfaitaire. Le repos hebdomadaire n'est donc pas « payé en plus » : il est absorbé par la mensualisation.
Certains secteurs (hôtellerie-restauration, commerce de détail en zone touristique) bénéficient de dérogations légales ou préfectorales. Le salarié privé de son dimanche doit alors recevoir un repos compensateur et, selon la convention collective, une majoration de salaire pouvant atteindre 100 %.
| Situation | Repos dû | Majoration salariale |
|---|---|---|
| Repos dominical respecté | Aucun complément | Aucune |
| Dérogation permanente (secteur) | 1 jour de repos décalé | Selon convention collective |
| Dérogation préfectorale (dimanche du maire) | 1 jour de repos compensateur | 100 % minimum (loi Macron, art. L. 3132-27-1) |
Lorsqu'un salarié travaille un jour de repos, l'employeur doit lui accorder une contrepartie. La nature de cette contrepartie dépend du cadre juridique applicable.
Les heures effectuées au-delà de 35 heures par semaine ouvrent droit à une majoration de 25 % pour les 8 premières heures, puis de 50 % au-delà (article L. 3121-36). Un accord d'entreprise peut remplacer tout ou partie de cette majoration par un repos compensateur de remplacement (RCR) équivalent. Concrètement, 1 heure supplémentaire majorée à 25 % donne droit à 1 heure 15 minutes de repos.
Le 1er mai est le seul jour férié dont le chômage est obligatoire et la majoration légale fixée à 100 % (article L. 3133-6). Pour les 10 autres jours fériés, la convention collective détermine si le jour est chômé et payé, ou travaillé avec majoration.
| Type de jour travaillé | Base légale | Contrepartie minimale |
|---|---|---|
| Jour de repos hebdomadaire | Art. L. 3132-1 | Repos compensateur obligatoire |
| 1er mai | Art. L. 3133-6 | Salaire doublé (majoration 100 %) |
| Autre jour férié | Convention collective | Variable (souvent majoration 25 % à 100 %) |
| Jour de RTT non pris (rachat) | Art. L. 3121-59 | Majoration 10 % minimum |
Un doute sur la convention collective applicable ou sur le calcul d'une majoration ? Un avocat spécialisé peut sécuriser vos pratiques de paie.
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Les RTT (jours de réduction du temps de travail) concernent les salariés dont la durée de travail dépasse 35 heures dans le cadre d'un accord d'aménagement. Un salarié travaillant 39 heures par semaine acquiert environ 23 jours de RTT par an. Ces jours sont rémunérés au taux normal lors de leur prise.
Depuis la loi du 16 août 2022, un salarié peut demander le rachat de ses RTT non pris. L'employeur verse alors une majoration d'au moins 10 %, avec une exonération de cotisations sociales dans la limite de 7 500 € par an.
Au-delà du contingent annuel d'heures supplémentaires (220 heures par défaut, sauf accord), chaque heure supplémentaire génère un droit à repos compensateur obligatoire : 50 % dans les entreprises de 20 salariés ou moins, 100 % au-delà. Ce repos est rémunéré comme du temps de travail effectif.
L'employeur doit tenir un décompte individuel des droits à repos acquis et pris. L'absence de compteur fiable constitue, devant les prud'hommes, un indice de manquement qui renverse la charge de la preuve au détriment de l'employeur (Cass. soc., 18 mars 2020, n° 18-10.919).
Le non-respect du repos hebdomadaire est une contravention de 5e classe : 1 500 € d'amende par salarié concerné, portée à 3 000 € en cas de récidive (article R. 3135-2). Le salarié peut en outre réclamer un rappel de salaire sur 3 ans (prescription de l'article L. 3245-1) et des dommages-intérêts pour le préjudice subi.
En 2023, les conseils de prud'hommes ont traité plus de 100 000 affaires, dont une part significative portait sur des rappels d'heures supplémentaires et de repos non accordés. Un litige de ce type coûte en moyenne entre 5 000 et 15 000 € à l'employeur, hors frais d'avocat.
La gestion du temps de travail et des repos est un sujet de conformité qui mérite un cadrage juridique adapté à votre structure.
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Lors des pics d'activité, le recours aux heures supplémentaires génère mécaniquement des droits à repos. Planifier ces repos en amont évite l'accumulation de compteurs qui, en fin d'année, pèsent sur la trésorerie ou provoquent des absences simultanées.
Un audit annuel du temps de travail, réalisé avec un conseil juridique, permet d'identifier les écarts entre la pratique et le cadre légal avant qu'un salarié ne les soulève.
Le repos hebdomadaire n'est pas rémunéré en tant que tel. C'est la mensualisation du salaire qui intègre les jours non travaillés dans le calcul mensuel. Le salarié perçoit donc le même montant chaque mois, que le mois compte 4 ou 5 dimanches.
L'employeur fixe une partie des jours de RTT (en général la moitié). Il peut refuser la date choisie par le salarié pour des raisons de service, à condition de proposer une date alternative. Le refus systématique sans motif légitime expose l'employeur à un contentieux.
La loi impose une majoration de 100 % : le salarié perçoit son salaire habituel plus une indemnité égale à ce salaire. C'est le seul jour férié pour lequel la majoration est fixée par le Code du travail.
L'employeur doit informer le salarié de ses droits à repos dans les 2 mois suivant leur acquisition. Si le repos n'est pas pris du fait de l'employeur, le salarié peut demander une indemnité compensatrice devant les prud'hommes, équivalente à la rémunération qu'il aurait perçue.
Oui. L'article L. 3171-4 du Code du travail impose à tout employeur, quelle que soit la taille de l'entreprise, de décompter le temps de travail de chaque salarié. En l'absence de décompte, le juge considère que la charge de la preuve pèse sur l'employeur.
Repos et jours fériés (articles L3131-1 à L3134-16) du Code du travail - Légifrance
Le repos hebdomadaire : principe et dérogations - Ministère du Travail
Repos hebdomadaire du salarié - Service-Public
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