Jour de repos payé : règles et obligations de l'employeur

Guides & Ressources pratiques
03 Jul 2026
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8 min de lecture
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Par

Jullian Hoareau

Points clés de l'article
  1. Le repos hebdomadaire (dimanche) n'est pas rémunéré en tant que tel : seule la mensualisation lisse la paie sur le mois.
  2. Un salarié qui travaille un jour de repos a droit à une contrepartie : repos compensateur, majoration salariale, ou les deux selon la convention collective.
  3. Les RTT et repos compensateurs sont des jours acquis et rémunérés, dont le décompte suit des règles précises.
  4. L'employeur qui omet un repos obligatoire ou une majoration s'expose à un rappel de salaire sur 3 ans et à une amende de 1 500 € par infraction.
  5. Un suivi rigoureux du temps de travail et des compteurs de repos protège l'entreprise contre les litiges prud'homaux.

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Sommaire

Jour de repos payé : de quoi parle-t-on

Repos hebdomadaire : principe et rémunération

Travailler un jour de repos : quelle contrepartie

Jour de repos acquis, RTT et repos compensateur

Obligations de l'employeur et sanctions encourues

Bien gérer les jours de repos en entreprise

FAQ

Pour aller plus loin

Jour de repos payé : de quoi parle-t-on

Un jour de repos payé désigne toute journée non travaillée pour laquelle le salarié perçoit une rémunération. Cette notion recouvre plusieurs réalités distinctes en droit du travail français : le repos hebdomadaire, les jours fériés chômés, les jours de réduction du temps de travail (RTT) et les repos compensateurs liés aux heures supplémentaires.

La confusion est fréquente chez les dirigeants de TPE-PME. Le repos hebdomadaire du dimanche, par exemple, n'est pas « payé » au sens strict. C'est la mensualisation du salaire, imposée par la loi depuis 1978, qui répartit la rémunération sur l'ensemble du mois, jours travaillés et non travaillés confondus. En revanche, un RTT ou un repos compensateur constitue un droit acquis dont la rémunération est explicitement prévue par le Code du travail ou la convention collective applicable.

Distinguer ces catégories est indispensable pour établir un bulletin de paie conforme et éviter tout litige.

Repos hebdomadaire : principe et rémunération

L'article L. 3132-1 du Code du travail impose un repos hebdomadaire d'au moins 24 heures consécutives, auxquelles s'ajoutent les 11 heures de repos quotidien, soit 35 heures d'affilée au minimum. Ce repos est en principe fixé le dimanche (article L. 3132-3).

Comment le repos hebdomadaire apparaît sur la paie

Le salarié mensualisé perçoit chaque mois un salaire calculé sur une base de 151,67 heures (35 heures × 52 semaines / 12 mois). Le dimanche chômé n'entraîne aucune retenue, car il est intégré dans ce calcul forfaitaire. Le repos hebdomadaire n'est donc pas « payé en plus » : il est absorbé par la mensualisation.

Dérogations au repos dominical

Certains secteurs (hôtellerie-restauration, commerce de détail en zone touristique) bénéficient de dérogations légales ou préfectorales. Le salarié privé de son dimanche doit alors recevoir un repos compensateur et, selon la convention collective, une majoration de salaire pouvant atteindre 100 %.

SituationRepos dûMajoration salariale
Repos dominical respectéAucun complémentAucune
Dérogation permanente (secteur)1 jour de repos décaléSelon convention collective
Dérogation préfectorale (dimanche du maire)1 jour de repos compensateur100 % minimum (loi Macron, art. L. 3132-27-1)

Travailler un jour de repos : quelle contrepartie

Lorsqu'un salarié travaille un jour de repos, l'employeur doit lui accorder une contrepartie. La nature de cette contrepartie dépend du cadre juridique applicable.

Heures supplémentaires et repos compensateur de remplacement

Les heures effectuées au-delà de 35 heures par semaine ouvrent droit à une majoration de 25 % pour les 8 premières heures, puis de 50 % au-delà (article L. 3121-36). Un accord d'entreprise peut remplacer tout ou partie de cette majoration par un repos compensateur de remplacement (RCR) équivalent. Concrètement, 1 heure supplémentaire majorée à 25 % donne droit à 1 heure 15 minutes de repos.

Jours fériés travaillés

Le 1er mai est le seul jour férié dont le chômage est obligatoire et la majoration légale fixée à 100 % (article L. 3133-6). Pour les 10 autres jours fériés, la convention collective détermine si le jour est chômé et payé, ou travaillé avec majoration.

Type de jour travailléBase légaleContrepartie minimale
Jour de repos hebdomadaireArt. L. 3132-1Repos compensateur obligatoire
1er maiArt. L. 3133-6Salaire doublé (majoration 100 %)
Autre jour fériéConvention collectiveVariable (souvent majoration 25 % à 100 %)
Jour de RTT non pris (rachat)Art. L. 3121-59Majoration 10 % minimum

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Jour de repos acquis, RTT et repos compensateur

RTT : un mécanisme lié au temps de travail effectif

Les RTT (jours de réduction du temps de travail) concernent les salariés dont la durée de travail dépasse 35 heures dans le cadre d'un accord d'aménagement. Un salarié travaillant 39 heures par semaine acquiert environ 23 jours de RTT par an. Ces jours sont rémunérés au taux normal lors de leur prise.

Depuis la loi du 16 août 2022, un salarié peut demander le rachat de ses RTT non pris. L'employeur verse alors une majoration d'au moins 10 %, avec une exonération de cotisations sociales dans la limite de 7 500 € par an.

Repos compensateur obligatoire (RCO)

Au-delà du contingent annuel d'heures supplémentaires (220 heures par défaut, sauf accord), chaque heure supplémentaire génère un droit à repos compensateur obligatoire : 50 % dans les entreprises de 20 salariés ou moins, 100 % au-delà. Ce repos est rémunéré comme du temps de travail effectif.

Compteur de repos : un outil de gestion indispensable

L'employeur doit tenir un décompte individuel des droits à repos acquis et pris. L'absence de compteur fiable constitue, devant les prud'hommes, un indice de manquement qui renverse la charge de la preuve au détriment de l'employeur (Cass. soc., 18 mars 2020, n° 18-10.919).

Obligations de l'employeur et sanctions encourues

Ce que l'employeur doit garantir

  • Accorder 35 heures de repos consécutives chaque semaine.
  • Informer le salarié de ses droits à repos compensateur dans un délai de 2 mois après l'ouverture du droit.
  • Mentionner les heures supplémentaires et les repos acquis sur le bulletin de paie.
  • Respecter les majorations prévues par la loi et la convention collective.

Risques en cas de manquement

Le non-respect du repos hebdomadaire est une contravention de 5e classe : 1 500 € d'amende par salarié concerné, portée à 3 000 € en cas de récidive (article R. 3135-2). Le salarié peut en outre réclamer un rappel de salaire sur 3 ans (prescription de l'article L. 3245-1) et des dommages-intérêts pour le préjudice subi.

En 2023, les conseils de prud'hommes ont traité plus de 100 000 affaires, dont une part significative portait sur des rappels d'heures supplémentaires et de repos non accordés. Un litige de ce type coûte en moyenne entre 5 000 et 15 000 € à l'employeur, hors frais d'avocat.

La gestion du temps de travail et des repos est un sujet de conformité qui mérite un cadrage juridique adapté à votre structure.
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Bien gérer les jours de repos en entreprise

3 pratiques à mettre en place

  1. Automatiser le suivi : utiliser un logiciel de paie ou un outil RH qui calcule en temps réel les compteurs de RTT, RCR et RCO. Le tableur Excel reste une source d'erreurs fréquente dans les TPE.
  2. Formaliser les règles : préciser dans une note de service ou un accord d'entreprise les modalités de prise des repos (délai de prévenance, période de prise, report éventuel).
  3. Vérifier la convention collective : les majorations et les conditions de repos varient selon les branches. La convention collective de la métallurgie, par exemple, prévoit des dispositions spécifiques sur le repos compensateur qui diffèrent du régime légal supplétif.

Anticiper les périodes de forte activité

Lors des pics d'activité, le recours aux heures supplémentaires génère mécaniquement des droits à repos. Planifier ces repos en amont évite l'accumulation de compteurs qui, en fin d'année, pèsent sur la trésorerie ou provoquent des absences simultanées.

Un audit annuel du temps de travail, réalisé avec un conseil juridique, permet d'identifier les écarts entre la pratique et le cadre légal avant qu'un salarié ne les soulève.

FAQ

Le repos hebdomadaire est-il payé ?

Le repos hebdomadaire n'est pas rémunéré en tant que tel. C'est la mensualisation du salaire qui intègre les jours non travaillés dans le calcul mensuel. Le salarié perçoit donc le même montant chaque mois, que le mois compte 4 ou 5 dimanches.

Un employeur peut-il refuser un jour de RTT ?

L'employeur fixe une partie des jours de RTT (en général la moitié). Il peut refuser la date choisie par le salarié pour des raisons de service, à condition de proposer une date alternative. Le refus systématique sans motif légitime expose l'employeur à un contentieux.

Quelle est la majoration pour un salarié qui travaille le 1er mai ?

La loi impose une majoration de 100 % : le salarié perçoit son salaire habituel plus une indemnité égale à ce salaire. C'est le seul jour férié pour lequel la majoration est fixée par le Code du travail.

Que se passe-t-il si le repos compensateur n'est pas pris ?

L'employeur doit informer le salarié de ses droits à repos dans les 2 mois suivant leur acquisition. Si le repos n'est pas pris du fait de l'employeur, le salarié peut demander une indemnité compensatrice devant les prud'hommes, équivalente à la rémunération qu'il aurait perçue.

Un dirigeant de TPE doit-il tenir un décompte des heures supplémentaires ?

Oui. L'article L. 3171-4 du Code du travail impose à tout employeur, quelle que soit la taille de l'entreprise, de décompter le temps de travail de chaque salarié. En l'absence de décompte, le juge considère que la charge de la preuve pèse sur l'employeur.

Pour aller plus loin

Repos et jours fériés (articles L3131-1 à L3134-16) du Code du travail - Légifrance

Le repos hebdomadaire : principe et dérogations - Ministère du Travail

Repos hebdomadaire du salarié - Service-Public

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