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Rupture conventionnelle et retraite : ce que dit la loi
Peut-on signer après 62 ans ou l'âge légal ?
Contribution patronale de 30 % depuis 2023
Calcul de l'indemnité de rupture conventionnelle
Régime social et fiscal de l'indemnité
Articulation avec le chômage avant la retraite
Procédure et entretien préalable à respecter
Erreurs à éviter pour l'employeur
La rupture conventionnelle est le seul mode de rupture amiable du CDI encadré par le Code du travail (articles L. 1237-11 à L. 1237-16). Elle repose sur un accord libre entre l'employeur et le salarié, formalisé par une convention homologuée par la DREETS (ex-Direccte).
Aucune disposition légale n'exclut les salariés proches de la retraite du dispositif. La Cour de cassation l'a confirmé à plusieurs reprises : un salarié peut signer une rupture conventionnelle même s'il remplit les conditions pour liquider sa pension (Cass. soc., 18 janvier 2023, n° 21-19.349). En revanche, le contexte de proximité avec la retraite modifie le traitement social et fiscal de l'indemnité versée, ce qui impose au DRH un chiffrage précis en amont.
Le cadre légal distingue deux situations selon que le salarié peut ou non prétendre à une pension de retraite à taux plein au moment de la rupture. Cette distinction conditionne l'exonération de cotisations sociales et d'impôt sur le revenu applicable à l'indemnité.
Depuis la réforme des retraites de 2023, l'âge légal de départ est progressivement relevé de 62 à 64 ans (loi n° 2023-270 du 14 avril 2023). Pour les générations nées à partir de 1968, l'âge légal sera fixé à 64 ans.
Un salarié de 63 ans né en 1965 (âge légal : 63 ans et 6 mois) peut tout à fait conclure une rupture conventionnelle. Le droit ne pose aucune limite d'âge. Toutefois, la qualification juridique de la sortie change si le salarié est en droit de liquider sa retraite à taux plein :
| Situation du salarié | Rupture conventionnelle possible ? | Impact sur l'indemnité |
|---|---|---|
| Avant l'âge légal, sans droit au taux plein | Oui | Exonérations sociales et fiscales applicables (dans les limites légales) |
| Âge légal atteint, sans taux plein | Oui | Exonérations maintenues sous conditions |
| Droit au taux plein acquis | Oui | Indemnité soumise à cotisations et impôt dès le 1er euro |
Ce dernier cas est le plus coûteux pour l'employeur. L'indemnité perd toute exonération et supporte en plus la contribution patronale de 30 %.
Avant le 1er septembre 2023, l'employeur acquittait un forfait social de 20 % sur la part exonérée de l'indemnité de rupture conventionnelle. En parallèle, la mise à la retraite supportait une contribution de 50 %.
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2023 a unifié ces deux régimes. Depuis le 1er septembre 2023, une contribution patronale unique de 30 % s'applique à la fraction de l'indemnité exonérée de cotisations sociales, que le salarié soit éligible ou non à la retraite (article L. 137-12 du Code de la sécurité sociale modifié).
Conséquences concrètes pour le DRH :
Pour une indemnité de 40 000 € versée à un salarié sans droit au taux plein, le surcoût employeur lié à cette contribution atteint 12 000 €. Ce montant s'ajoute à l'indemnité elle-même.
Chiffrer le coût global d'une rupture conventionnelle avant toute négociation évite les dépassements budgétaires. Un avocat spécialisé en droit social peut sécuriser ce calcul.
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L'indemnité de rupture conventionnelle ne peut pas être inférieure à l'indemnité légale de licenciement (article L. 1237-13 du Code du travail). Le plancher légal se calcule ainsi :
| Ancienneté | Montant minimum |
|---|---|
| Jusqu'à 10 ans | 1/4 de mois de salaire brut par année |
| Au-delà de 10 ans | 1/3 de mois de salaire brut par année |
Le salaire de référence retenu est le plus favorable entre la moyenne des 12 derniers mois et celle des 3 derniers mois (avec proratisation des primes annuelles).
Exemple : un salarié de 60 ans, 25 ans d'ancienneté, salaire de référence de 4 500 € brut.
- 10 premières années : 10 × (4 500 / 4) = 11 250 €
- 15 années suivantes : 15 × (4 500 / 3) = 22 500 €
- Indemnité minimale : 33 750 €
En pratique, les négociations aboutissent souvent à des montants supérieurs au plancher, surtout pour les salariés seniors dont le pouvoir de négociation est renforcé par leur ancienneté et la difficulté de reclassement.
Si une convention collective prévoit une indemnité de licenciement plus favorable, c'est ce montant qui sert de plancher.
Le traitement de l'indemnité dépend d'un critère déterminant : le salarié est-il en droit de liquider sa pension de retraite à taux plein ?
L'indemnité est exonérée de cotisations sociales et d'impôt sur le revenu dans la limite du plus élevé des 3 plafonds suivants :
- L'indemnité légale ou conventionnelle de licenciement
- 2 fois la rémunération annuelle brute de l'année civile précédente
- 50 % du montant de l'indemnité versée
Cette exonération est plafonnée à 2 PASS (92 736 € en 2024). La CSG-CRDS est due sur la fraction dépassant l'indemnité légale.
L'indemnité est soumise dès le 1er euro :
- À l'impôt sur le revenu
- Aux cotisations sociales
- À la CSG-CRDS
Ce régime rend la rupture conventionnelle d'un salarié éligible à la retraite à taux plein nettement plus onéreuse. Le coût employeur total (indemnité + charges + contribution de 30 %) peut dépasser de 40 à 50 % le montant net versé au salarié.
L'arbitrage entre rupture conventionnelle et mise à la retraite mérite une analyse juridique et financière au cas par cas.
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Un salarié qui signe une rupture conventionnelle avant d'avoir atteint l'âge du taux plein peut s'inscrire à France Travail (ex-Pôle emploi) et percevoir l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE).
Les règles spécifiques pour les seniors sont les suivantes :
Pour le DRH, cette articulation est un levier de négociation. Un salarié de 60 ans peut bénéficier de l'ARE pendant 27 mois, soit jusqu'à 62 ans et 3 mois, puis éventuellement prolonger ses droits jusqu'au taux plein. Ce filet de sécurité facilite l'acceptation d'une rupture conventionnelle.
La procédure de rupture conventionnelle suit un formalisme strict, identique quel que soit l'âge du salarié :
Pour un salarié protégé (délégué syndical, membre du CSE), la procédure passe par une autorisation de l'inspection du travail, et non par une simple homologation.
Sécuriser la procédure de rupture conventionnelle d'un salarié senior protégé nécessite un accompagnement juridique adapté.
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Les contentieux liés aux ruptures conventionnelles de salariés proches de la retraite portent sur des points récurrents :
Le DRH doit documenter chaque étape : convocation écrite à l'entretien, compte rendu, copie du Cerfa signé, accusé de réception de la demande d'homologation. Ce dossier constitue la preuve du respect de la procédure en cas de litige.
Oui. La rupture conventionnelle repose sur un accord mutuel. L'employeur n'est jamais tenu d'accepter la demande d'un salarié, quel que soit son âge. Il n'a pas à motiver son refus.
Non. Lorsque le salarié peut liquider sa retraite à taux plein, l'indemnité est soumise à l'impôt sur le revenu dès le 1er euro. L'exonération ne s'applique qu'aux salariés qui n'ont pas encore atteint les conditions du taux plein.
Oui. Depuis le 1er septembre 2023, le forfait social de 20 % est remplacé par une contribution unique de 30 % sur la part exonérée de l'indemnité. Ce taux s'applique à toutes les ruptures conventionnelles, sans distinction d'âge.
Oui, sous réserve de remplir les conditions d'affiliation à France Travail. La durée d'indemnisation peut atteindre 27 mois pour les demandeurs d'emploi de 55 ans et plus, avec possibilité de maintien jusqu'à l'âge du taux plein.
La rupture conventionnelle est un accord bilatéral, possible à tout âge. La mise à la retraite est une décision unilatérale de l'employeur, autorisée à partir de 67 ans (ou 65 ans avec accord du salarié). Leur régime social, fiscal et procédural diffère.
Rupture conventionnelle d'un salarié du secteur privé - Service-Public.fr
Comment calculer l'indemnité spécifique de rupture conventionnelle ? - Service-Public.fr
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