Calcul indemnité rupture conventionnelle Syntec : barème ETAM et cadres

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04 Jun 2026
-
7 min de lecture
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Points clés de l'article
  1. L'indemnité de rupture conventionnelle Syntec ne peut pas être inférieure à l'indemnité conventionnelle de licenciement, qui est souvent plus favorable que le minimum légal.
  2. Le salaire de référence retenu est le plus avantageux entre la moyenne des 3 derniers mois et celle des 12 derniers mois.
  3. Pour les ETAM, le barème prévoit 1/4 de mois par année jusqu'à 10 ans, puis 1/3 au-delà.
  4. Pour les cadres et ingénieurs, le barème atteint 1/3 de mois par année dès la première année d'ancienneté.
  5. Une erreur de barème expose l'entreprise à un rappel d'indemnité devant le conseil de prud'hommes, majoré d'intérêts et de dommages-intérêts.

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Sommaire

Calcul indemnité rupture conventionnelle Syntec : barème ETAM et cadres

Cadre juridique de la rupture conventionnelle Syntec

Conditions d'éligibilité et ancienneté minimale

Salaire de référence : moyenne 3 ou 12 mois

Barème indemnité catégorie ETAM : 1/4 puis 1/3

Barème indemnité catégorie cadre et ingénieur

Erreurs de calcul et risques prud'homaux

FAQ

Pour aller plus loin

Calcul indemnité rupture conventionnelle Syntec : barème ETAM et cadres

Le calcul de l'indemnité de rupture conventionnelle Syntec obéit à des règles distinctes selon que le salarié relève de la catégorie ETAM ou cadre/ingénieur. La convention collective nationale des bureaux d'études techniques, cabinets d'ingénieurs-conseils et sociétés de conseils (IDCC 1486), dite Syntec, fixe des barèmes d'indemnité de licenciement conventionnelle qui s'imposent comme plancher lors d'une rupture conventionnelle. Toute sous-estimation expose l'entreprise à un contentieux prud'homal. Cet article détaille les mécanismes de calcul, catégorie par catégorie, pour permettre à un dirigeant ou un DRH d'estimer rapidement le montant dû.

Cadre juridique de la rupture conventionnelle Syntec

La rupture conventionnelle individuelle, régie par les articles L. 1237-11 à L. 1237-16 du Code du travail, permet à l'employeur et au salarié de mettre fin au contrat de travail d'un commun accord. L'indemnité spécifique versée à cette occasion ne peut pas être inférieure à l'indemnité légale de licenciement (article L. 1237-13).

Or, lorsqu'une convention collective prévoit une indemnité de licenciement plus favorable que le minimum légal, c'est cette indemnité conventionnelle qui constitue le plancher. Sous la CCN Syntec, les barèmes conventionnels dépassent le seuil légal dans la plupart des cas, en particulier pour les cadres. Le dirigeant doit donc systématiquement comparer les 2 montants — légal et conventionnel — et retenir le plus élevé.

La DIRECCTE (aujourd'hui DREETS) vérifie la conformité de l'indemnité lors de l'homologation. Un montant inférieur au plancher conventionnel entraîne un refus d'homologation ou, s'il passe inaperçu, un risque de contestation ultérieure devant le conseil de prud'hommes dans un délai de 12 mois.

Conditions d'éligibilité et ancienneté minimale

Depuis le 27 septembre 2017, le droit à l'indemnité légale de licenciement est ouvert dès 8 mois d'ancienneté ininterrompue (article L. 1234-9 du Code du travail). Ce seuil s'applique aussi à la rupture conventionnelle.

La CCN Syntec ne fixe pas de condition d'ancienneté différente pour l'indemnité conventionnelle de licenciement. En pratique, l'ancienneté se calcule de la date d'entrée dans l'entreprise jusqu'à la date de rupture effective du contrat, en intégrant les périodes assimilées (congé maternité, arrêt pour accident du travail, etc.). Les années incomplètes sont prises en compte au prorata des mois entiers travaillés.

Structurer une rupture conventionnelle sous Syntec suppose de vérifier le barème applicable et le salaire de référence avant toute négociation.
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Salaire de référence : moyenne 3 ou 12 mois

Le salaire de référence détermine la base de calcul de l'indemnité. Le Code du travail impose de retenir la formule la plus avantageuse pour le salarié entre :

MéthodeCalculÉléments inclus
Moyenne des 3 derniers moisSalaire brut des 3 mois précédant la notification, primes annuelles proratisées au 1/12Salaire fixe, variable, primes contractuelles, avantages en nature
Moyenne des 12 derniers moisSalaire brut total des 12 mois précédant la rupture, divisé par 12Idem, y compris primes exceptionnelles versées sur la période

Sous Syntec, les rémunérations comportent fréquemment une part variable (primes sur objectifs, bonus annuels). Lorsqu'un bonus représente plus de 10 % de la rémunération annuelle, la moyenne sur 12 mois est généralement plus favorable. L'erreur courante consiste à omettre le prorata des primes dans le calcul sur 3 mois, ce qui minore artificiellement le salaire de référence.

Barème indemnité catégorie ETAM : 1/4 puis 1/3

Pour les salariés relevant de la catégorie ETAM (employés, techniciens et agents de maîtrise), la CCN Syntec prévoit le barème suivant :

Tranche d'anciennetéIndemnité par année
De 0 à 10 ans1/4 de mois de salaire de référence par année
Au-delà de 10 ans1/3 de mois de salaire de référence par année

Exemple concret : un technicien ETAM avec 14 ans d'ancienneté et un salaire de référence de 3 200 € brut perçoit : (10 × 3 200 × 1/4) + (4 × 3 200 × 1/3) = 8 000 + 4 267 = 12 267 € brut.

À titre de comparaison, l'indemnité légale pour la même ancienneté s'élèverait à : (10 × 3 200 × 1/4) + (4 × 3 200 × 1/3) = 12 267 €. Dans ce cas, les 2 montants coïncident. Mais pour des anciennetés inférieures à 10 ans, le barème légal (1/4 de mois) et le barème ETAM sont identiques. L'écart se creuse surtout pour les cadres.

Barème indemnité catégorie cadre et ingénieur

Le barème conventionnel applicable aux cadres et ingénieurs Syntec est nettement plus favorable que le minimum légal :

Tranche d'anciennetéIndemnité par année
De 0 à 7 ans1/3 de mois de salaire de référence par année
Au-delà de 7 ans1/3 de mois par année, plafonné à 12 mois de salaire

Le plafond de 12 mois de salaire de référence constitue une spécificité Syntec. Il ne s'applique qu'aux cadres dont l'ancienneté dépasse 36 ans (12 mois ÷ 1/3 = 36 ans), ce qui reste rare en pratique.

Exemple concret : un ingénieur cadre avec 9 ans d'ancienneté et un salaire de référence de 5 500 € brut perçoit : 9 × 5 500 × 1/3 = 16 500 € brut. L'indemnité légale pour la même situation s'élèverait à : (8 × 5 500 × 1/4) + (1 × 5 500 × 1/3) = 11 000 + 1 833 = 12 833 €. L'écart atteint 3 667 € en faveur du barème conventionnel.

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Erreurs de calcul et risques prud'homaux

Les erreurs les plus fréquentes lors du calcul de l'indemnité de rupture conventionnelle Syntec sont :

  • Appliquer le barème légal au lieu du barème conventionnel : pour un cadre à 9 ans d'ancienneté, l'écart peut dépasser 3 500 €.
  • Omettre les primes dans le salaire de référence : un bonus annuel de 8 000 € non proratisé minore le salaire de référence de 667 € par mois.
  • Confondre les catégories ETAM et cadre : un salarié reclassé cadre en cours de carrière relève du barème cadre pour l'intégralité de son ancienneté.
  • Négliger les années incomplètes : 7 ans et 9 mois d'ancienneté comptent pour 7,75 années, pas 7.

Le salarié dispose de 12 mois après l'homologation pour contester le montant devant le conseil de prud'hommes (article L. 1237-14 du Code du travail). En cas de sous-évaluation avérée, le juge condamne l'employeur au versement du différentiel, majoré des intérêts légaux et, le cas échéant, de dommages-intérêts pour préjudice distinct. Le coût total d'un contentieux dépasse alors le simple rappel d'indemnité, en raison des frais de procédure et du temps de gestion mobilisé.

FAQ

L'indemnité de rupture conventionnelle Syntec est-elle soumise à cotisations sociales ?

L'indemnité est exonérée de cotisations sociales et d'impôt sur le revenu dans la limite de 2 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale (92 736 € en 2024), à condition de ne pas dépasser le montant de l'indemnité légale ou conventionnelle de licenciement. Au-delà, la fraction excédentaire est soumise à charges et à CSG-CRDS.

Le salarié peut-il négocier une indemnité supérieure au barème Syntec ?

Oui. Le barème conventionnel constitue un plancher, pas un plafond. L'indemnité négociée peut être supérieure. En pratique, les cadres Syntec obtiennent fréquemment une indemnité supra-conventionnelle, notamment lorsque l'initiative de la rupture vient de l'employeur.

Comment traiter l'ancienneté d'un salarié passé d'ETAM à cadre ?

L'ancienneté totale dans l'entreprise est prise en compte. Le barème applicable est celui correspondant à la catégorie du salarié au moment de la rupture. Un salarié devenu cadre après 5 ans en ETAM voit l'intégralité de ses années calculées selon le barème cadre.

La DREETS peut-elle refuser l'homologation pour indemnité insuffisante ?

Oui. La DREETS vérifie que l'indemnité respecte le plancher légal ou conventionnel. Si le montant est inférieur, l'homologation est refusée. L'employeur doit alors corriger le formulaire CERFA et relancer la procédure, ce qui allonge le délai de rupture d'au moins 15 jours ouvrables.

Le forfait social de 20 % s'applique-t-il à l'indemnité de rupture conventionnelle ?

Depuis le 1er janvier 2013, un forfait social de 20 % est dû par l'employeur sur la fraction d'indemnité exonérée de cotisations sociales. Ce coût supplémentaire doit être intégré dans le budget prévisionnel de la rupture conventionnelle.

Pour aller plus loin

Section 3 : Rupture conventionnelle (Articles L1237-11 à L1237-16) - Légifrance

Comment calculer l'indemnité spécifique de rupture conventionnelle - Service-Public Entreprendre

Simulateur Calcul de l'indemnité de licenciement - Code du travail numérique

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