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Principe d'imposition de l'indemnité de rupture conventionnelle
Part exonérée d'impôt sur le revenu
Plafonds d'exonération et seuils applicables
Cotisations sociales et CSG CRDS
Contribution patronale de 30 % pour l'employeur
Cas des parachutes dorés et dépassements
Déclaration fiscale et points de vigilance
La fiscalisation de l'indemnité de rupture conventionnelle obéit à un mécanisme en deux temps. D'abord, une fraction de l'indemnité est exonérée d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales. Ensuite, tout ce qui dépasse les plafonds légaux est réintégré dans l'assiette fiscale et sociale du salarié.
Ce régime est fixé par l'article 80 duodecies du Code général des impôts (CGI) et par l'article L. 242-1 du Code de la Sécurité sociale. Il s'applique de manière identique que le salarié soit ou non en droit de liquider sa pension de retraite, depuis la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2023 entrée en vigueur le 1er septembre 2023.
Concrètement, le DRH doit calculer la part exonérée avant de signer la convention homologuée. Ce calcul conditionne le coût réel du départ pour l'entreprise — charges patronales incluses — et le net perçu par le salarié après impôt.
L'indemnité de rupture conventionnelle bénéficie d'une exonération d'impôt sur le revenu dans la limite du montant le plus élevé parmi 3 références :
Le salarié retient le plafond qui lui est le plus favorable. La fraction qui reste en dessous de ce seuil n'apparaît pas dans le revenu imposable déclaré à l'administration fiscale.
| Critère d'exonération | Base de calcul | Exemple (salaire brut annuel 60 000 €, 10 ans d'ancienneté, indemnité versée 40 000 €) |
|---|---|---|
| Indemnité légale de licenciement | 1/4 mois par année (≤ 10 ans) + 1/3 mois par année (> 10 ans) | 15 000 € |
| Double de la rémunération annuelle brute | 2 × 60 000 € | 120 000 € |
| 50 % de l'indemnité versée | 50 % × 40 000 € | 20 000 € |
Dans cet exemple, le plafond retenu est 120 000 €. L'indemnité de 40 000 € est donc intégralement exonérée d'impôt sur le revenu.
L'exonération est plafonnée à 2 fois le montant du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS). En 2024, le PASS s'élève à 46 368 €, soit un plafond d'exonération de 92 736 €.
Si le montant le plus favorable parmi les 3 critères dépasse 2 PASS, l'exonération est ramenée à 92 736 €. La différence est soumise à l'impôt sur le revenu.
Un second seuil déclenche un régime encore plus contraignant : lorsque l'indemnité totale dépasse 10 PASS (463 680 € en 2024), l'intégralité de la somme — et non la seule fraction excédentaire — est soumise à cotisations sociales et à impôt sur le revenu. Ce seuil concerne les cadres dirigeants et les indemnités dites parachutes dorés.
| Seuil | Montant 2024 | Conséquence |
|---|---|---|
| 2 PASS | 92 736 € | Plafond d'exonération fiscale |
| 10 PASS | 463 680 € | Assujettissement total dès le 1er euro |
Anticiper le coût fiscal d'une rupture conventionnelle suppose de maîtriser ces seuils avant la négociation.
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Le traitement social de l'indemnité suit une logique parallèle au traitement fiscal, avec des nuances.
La fraction exonérée d'impôt sur le revenu est également exonérée de cotisations de Sécurité sociale, dans la limite de 2 PASS (92 736 € en 2024). Au-delà, les cotisations patronales et salariales s'appliquent sur la totalité de la fraction excédentaire.
La CSG (9,2 %) et la CRDS (0,5 %) obéissent à un régime distinct :
En pratique, un salarié dont l'indemnité dépasse l'indemnité légale mais reste sous 2 PASS paie de la CSG-CRDS sur la différence, sans payer de cotisations ni d'impôt sur le revenu. Ce décalage entre assiettes fiscale et sociale est une source fréquente d'erreurs sur les bulletins de paie.
Depuis le 1er septembre 2023, l'employeur verse une contribution patronale spécifique de 30 % sur la part de l'indemnité exonérée de cotisations sociales. Cette contribution remplace l'ancien forfait social de 20 % qui s'appliquait avant cette date.
Elle est due quel que soit l'âge du salarié. Avant la réforme, les salariés en droit de liquider leur retraite étaient soumis à un régime différent (cotisations de droit commun au premier euro). Désormais, le régime est unifié.
Pour un DRH ou un DAF, cette contribution alourdit le coût réel de la rupture conventionnelle. Sur une indemnité de 40 000 € intégralement exonérée de cotisations, la contribution patronale représente 12 000 € supplémentaires.
| Indemnité versée | Part exonérée de cotisations | Contribution patronale (30 %) | Coût total employeur |
|---|---|---|---|
| 40 000 € | 40 000 € | 12 000 € | 52 000 € |
| 80 000 € | 80 000 € | 24 000 € | 104 000 € |
| 100 000 € | 92 736 € (plafond 2 PASS) | 27 821 € | 127 821 € + cotisations sur 7 264 € |
Ce coût doit être intégré dès la phase de négociation pour éviter un dépassement budgétaire.
La structuration juridique de l'indemnité conditionne le coût social et fiscal du départ.
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Lorsque l'indemnité de rupture conventionnelle dépasse 10 PASS (463 680 € en 2024), le régime d'exonération disparaît. L'intégralité de l'indemnité est alors soumise à l'impôt sur le revenu, aux cotisations sociales et à la CSG-CRDS dès le premier euro.
Ce mécanisme vise les indemnités versées aux cadres dirigeants, souvent qualifiées de golden parachutes. Il s'applique indépendamment de l'ancienneté ou de la convention collective.
Le salarié concerné peut toutefois demander l'application du système du quotient (article 163-0 A du CGI) pour lisser l'imposition sur plusieurs années, ou opter pour l'étalement sur 4 ans si l'indemnité est qualifiée de revenu exceptionnel. Ces options doivent être mentionnées lors de la déclaration de revenus.
Pour l'employeur, le dépassement de 10 PASS entraîne un surcoût : la contribution patronale de 30 % ne s'applique plus, mais les cotisations de droit commun (environ 45 % de charges patronales) prennent le relais sur la totalité de la somme.
L'employeur doit reporter l'indemnité de rupture conventionnelle dans la Déclaration Sociale Nominative (DSN) en distinguant la part exonérée et la part soumise à cotisations. Toute erreur dans ce découpage expose l'entreprise à un redressement URSSAF avec application de pénalités de retard (5 % de majoration initiale, puis 0,2 % par mois).
Le montant imposable doit également figurer sur le certificat de travail et le solde de tout compte remis au salarié.
Sécuriser le traitement fiscal et social d'une rupture conventionnelle nécessite un cadrage juridique précis en amont.
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Non. L'exonération s'applique uniquement dans la limite du plus élevé des 3 plafonds légaux (indemnité légale de licenciement, double de la rémunération annuelle brute, 50 % de l'indemnité versée), sans dépasser 2 PASS (92 736 € en 2024). Au-delà, la fraction excédentaire est imposable.
L'intégralité de l'indemnité devient imposable et soumise à cotisations sociales dès le premier euro. Ce seuil est fixé à 463 680 € en 2024. Le salarié peut demander le système du quotient pour atténuer l'impact fiscal.
Oui, depuis le 1er septembre 2023. Elle porte sur la fraction de l'indemnité exonérée de cotisations sociales, quel que soit l'âge du salarié ou son droit à la retraite.
La CSG-CRDS est exonérée uniquement sur la fraction correspondant à l'indemnité légale ou conventionnelle de licenciement. Au-delà, elle s'applique même si l'indemnité reste exonérée d'impôt sur le revenu.
Une déclaration inexacte de la part exonérée expose l'employeur à un redressement URSSAF. Les pénalités incluent une majoration de 5 % du montant des cotisations dues, augmentée de 0,2 % par mois de retard.
Article 80 duodecies du Code général des impôts - Légifrance
Calculer l'indemnité spécifique de rupture conventionnelle - Service-Public.fr
Les indemnités de rupture conventionnelle - URSSAF
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