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Quand une SAS recourt à la fusion
Fusion d'une SAS avec SARL, SCI ou SASU
Documents et prérequis avant la fusion
Étapes de la procédure de fusion
Rôle du commissaire à la fusion
Assemblées, majorité et formalités de dépôt
Erreurs fréquentes et points de vigilance
La fusion SAS intervient lorsqu'un dirigeant cherche à regrouper plusieurs entités pour rationaliser un groupe, absorber un concurrent ou simplifier une structure devenue trop fragmentée. En pratique, 2 schémas coexistent : la fusion-absorption, où la SAS absorbe une société qui disparaît, et la fusion par création d'une société nouvelle, plus rare car elle implique la dissolution de toutes les entités participantes.
Le choix de la fusion plutôt qu'une cession de titres ou un apport partiel d'actif répond à des critères précis. La transmission universelle de patrimoine (TUP) attachée à la fusion transfère l'ensemble des actifs, passifs, contrats et salariés de la société absorbée vers l'absorbante, sans qu'il soit nécessaire de renégocier chaque contrat individuellement. Ce mécanisme, prévu aux articles L. 236-1 et suivants du Code de commerce, offre une continuité juridique que la cession d'actifs isolés ne permet pas.
En contrepartie, la procédure est encadrée par des délais incompressibles et des formalités strictes. Un dirigeant de SAS qui engage une fusion doit anticiper un calendrier de 3 à 6 mois entre la rédaction du projet et l'immatriculation définitive, selon la complexité de l'opération et la présence ou non de créanciers opposants.
Une SAS peut fusionner avec des sociétés de formes différentes. Le Code de commerce ne l'interdit pas, mais chaque combinaison soulève des contraintes propres.
| Société absorbée | Contrainte principale | Point d'attention |
|---|---|---|
| SARL | Approbation en AGE à la majorité des 2/3 des parts | Les associés de la SARL reçoivent des actions de SAS : vérifier les clauses d'agrément |
| SCI | Objet civil incompatible avec un objet commercial | Transformation préalable ou modification d'objet de la SAS absorbante parfois nécessaire |
| SASU | Associé unique : décision unilatérale | Dispense possible de commissaire à la fusion si la SAS détient 100 % des titres |
Lorsqu'une SAS absorbe une SARL, les associés de la SARL deviennent actionnaires de la SAS. Or, les droits attachés aux actions de SAS (droit de vote, clauses d'inaliénabilité, drag-along) diffèrent de ceux des parts sociales de SARL. Le traité de fusion doit préciser les conditions d'entrée de ces nouveaux actionnaires et articuler les stipulations des statuts de la SAS absorbante.
La fusion entre une SAS et une SCI pose la question de la compatibilité d'objet social. Une SCI a un objet civil (gestion immobilière), tandis qu'une SAS a un objet commercial. Si la SAS absorbe la SCI, l'opération est possible à condition que l'objet de la SAS couvre l'activité immobilière. Dans le cas inverse, une transformation préalable de la SCI peut s'imposer.
Avant toute fusion, plusieurs documents doivent être réunis et validés. Leur absence ou leur incomplétude constitue un motif de blocage fréquent.
Le traité de fusion (ou projet de fusion) est la pièce centrale. Il fixe :
En complément, les sociétés doivent préparer :
Structurer une opération de rapprochement exige une préparation juridique rigoureuse pour éviter tout blocage en cours de procédure.
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La procédure de fusion d'une SAS suit un enchaînement chronologique précis, dont chaque étape conditionne la suivante.
Les dirigeants des sociétés participantes rédigent le projet de fusion. Ce document est signé par les représentants légaux de chaque entité.
Le projet doit être déposé au greffe du tribunal de commerce au moins 30 jours avant la date de la première assemblée appelée à statuer. Une publication dans un journal d'annonces légales (JAL) est simultanément requise pour chaque société.
À compter de la publication, les créanciers de chaque société disposent de 30 jours pour former opposition devant le tribunal de commerce. Le juge peut alors ordonner le remboursement de la créance, la constitution de garanties ou rejeter l'opposition. Ce délai est incompressible : aucune assemblée ne peut valablement statuer avant son expiration.
Le commissaire désigné remet son rapport au moins 1 mois avant l'assemblée. Ce rapport évalue la pertinence du rapport d'échange et la valeur des apports.
Chaque société tient une assemblée pour approuver la fusion. Les modalités de vote dépendent de la forme sociale (voir section suivante).
Après approbation, les formalités comprennent : enregistrement fiscal, radiation de la société absorbée au RCS, modification des statuts de l'absorbante, publication d'un avis de fusion au JAL.
| Étape | Délai indicatif | Interlocuteur |
|---|---|---|
| Rédaction du projet | 2 à 4 semaines | Dirigeants, avocats |
| Dépôt au greffe | J0 | Greffe du tribunal de commerce |
| Opposition des créanciers | 30 jours à compter de la publication | Créanciers, tribunal |
| Rapport du commissaire | Remis 1 mois avant l'AG | Commissaire à la fusion |
| Assemblées | Après expiration du délai d'opposition | Associés / actionnaires |
| Formalités de radiation et modification | 1 à 3 semaines post-AG | Greffe, JAL, impôts |
Le commissaire à la fusion est un professionnel indépendant (commissaire aux comptes ou expert inscrit) désigné par ordonnance du président du tribunal de commerce. Sa mission est définie par l'article L. 236-10 du Code de commerce.
Il intervient sur 2 volets distincts :
La dispense de commissaire à la fusion est possible dans un cas précis : lorsque la société absorbante détient 100 % du capital de l'absorbée (fusion simplifiée, article L. 236-11 du Code de commerce). Cette hypothèse concerne les fusions intra-groupe entre une SAS mère et sa filiale à 100 %, notamment une SASU.
Un commissaire à la fusion protège les associés minoritaires en garantissant l'équité du rapport d'échange. Anticiper sa désignation évite de décaler le calendrier de l'opération.
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Dans une SAS, les statuts fixent librement les conditions de majorité pour approuver une fusion. En l'absence de clause spécifique, la décision relève de l'assemblée des actionnaires statuant selon les règles prévues pour les décisions collectives extraordinaires. Il est courant que les statuts exigent l'unanimité ou une majorité qualifiée (2/3 ou 3/4 des voix).
Si la société absorbée est une SARL, la décision requiert une majorité des 2/3 des parts sociales représentées en AGE (article L. 236-2 du Code de commerce).
Une fois la fusion approuvée, les formalités suivantes doivent être accomplies dans un délai de 30 jours :
Le non-respect de ces formalités n'annule pas la fusion, mais expose la société à des sanctions (amende, inopposabilité aux tiers).
Plusieurs erreurs récurrentes retardent ou fragilisent les opérations de fusion SAS :
Sécuriser chaque étape d'une fusion suppose une coordination juridique, comptable et fiscale rigoureuse.
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Oui, sauf dans le cas d'une fusion simplifiée où la SAS absorbante détient 100 % du capital de l'absorbée (article L. 236-11 du Code de commerce). Dans tous les autres cas, le commissaire est désigné par ordonnance du président du tribunal de commerce.
Le calendrier s'étend généralement sur 3 à 6 mois. Ce délai inclut la rédaction du projet, le dépôt au greffe, le délai d'opposition des créanciers (30 jours), le rapport du commissaire et les formalités post-assemblée.
Oui. L'article L. 1224-1 du Code du travail impose le transfert automatique des contrats de travail à la société absorbante. Les salariés conservent leur ancienneté, leur rémunération et leurs avantages acquis.
L'annulation est possible par voie judiciaire si une irrégularité de procédure est démontrée (défaut de publication, non-respect du délai d'opposition, vice du consentement). Toutefois, l'article L. 236-14 du Code de commerce limite les cas de nullité pour protéger la sécurité juridique des tiers.
En régime de faveur (article 210 A du CGI), la fusion bénéficie d'une exonération d'impôt sur les plus-values, sous réserve d'engagements de conservation. Le droit d'enregistrement est fixé à 500 €. Hors régime de faveur, les plus-values latentes sont immédiatement imposables.
Article L236-1 du Code de commerce - Légifrance
Fusions de sociétés par actions et SARL, articles L236-8 à L236-17 - Légifrance
Procédure d'une fusion - Bpifrance Création
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