Fusion SAS : procédure, étapes et obligations légales

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03 Jul 2026
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Fusion SAS : procédure, étapes et obligations légales
Points clés de l'article
  1. La fusion d'une SAS obéit à une procédure encadrée par le Code de commerce : traité de fusion, évaluation des apports, décision en assemblée et publicité légale.
  2. Une SAS peut fusionner avec une SARL, une SCI ou une SASU, mais chaque combinaison impose des règles spécifiques de majorité et de transformation.
  3. Le commissaire à la fusion, désigné par le tribunal, vérifie l'équité du rapport d'échange et protège les associés minoritaires.
  4. Les créanciers disposent d'un délai de 30 jours pour former opposition après la publication du projet de fusion.
  5. Toute négligence sur les délais, les formalités de dépôt ou la rédaction du traité expose l'opération à un blocage ou à une annulation judiciaire.

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Sommaire

Quand une SAS recourt à la fusion

Fusion d'une SAS avec SARL, SCI ou SASU

Documents et prérequis avant la fusion

Étapes de la procédure de fusion

Rôle du commissaire à la fusion

Assemblées, majorité et formalités de dépôt

Erreurs fréquentes et points de vigilance

FAQ

Pour aller plus loin

Quand une SAS recourt à la fusion

La fusion SAS intervient lorsqu'un dirigeant cherche à regrouper plusieurs entités pour rationaliser un groupe, absorber un concurrent ou simplifier une structure devenue trop fragmentée. En pratique, 2 schémas coexistent : la fusion-absorption, où la SAS absorbe une société qui disparaît, et la fusion par création d'une société nouvelle, plus rare car elle implique la dissolution de toutes les entités participantes.

Le choix de la fusion plutôt qu'une cession de titres ou un apport partiel d'actif répond à des critères précis. La transmission universelle de patrimoine (TUP) attachée à la fusion transfère l'ensemble des actifs, passifs, contrats et salariés de la société absorbée vers l'absorbante, sans qu'il soit nécessaire de renégocier chaque contrat individuellement. Ce mécanisme, prévu aux articles L. 236-1 et suivants du Code de commerce, offre une continuité juridique que la cession d'actifs isolés ne permet pas.

En contrepartie, la procédure est encadrée par des délais incompressibles et des formalités strictes. Un dirigeant de SAS qui engage une fusion doit anticiper un calendrier de 3 à 6 mois entre la rédaction du projet et l'immatriculation définitive, selon la complexité de l'opération et la présence ou non de créanciers opposants.

Fusion d'une SAS avec SARL, SCI ou SASU

Une SAS peut fusionner avec des sociétés de formes différentes. Le Code de commerce ne l'interdit pas, mais chaque combinaison soulève des contraintes propres.

Société absorbéeContrainte principalePoint d'attention
SARLApprobation en AGE à la majorité des 2/3 des partsLes associés de la SARL reçoivent des actions de SAS : vérifier les clauses d'agrément
SCIObjet civil incompatible avec un objet commercialTransformation préalable ou modification d'objet de la SAS absorbante parfois nécessaire
SASUAssocié unique : décision unilatéraleDispense possible de commissaire à la fusion si la SAS détient 100 % des titres

Lorsqu'une SAS absorbe une SARL, les associés de la SARL deviennent actionnaires de la SAS. Or, les droits attachés aux actions de SAS (droit de vote, clauses d'inaliénabilité, drag-along) diffèrent de ceux des parts sociales de SARL. Le traité de fusion doit préciser les conditions d'entrée de ces nouveaux actionnaires et articuler les stipulations des statuts de la SAS absorbante.

La fusion entre une SAS et une SCI pose la question de la compatibilité d'objet social. Une SCI a un objet civil (gestion immobilière), tandis qu'une SAS a un objet commercial. Si la SAS absorbe la SCI, l'opération est possible à condition que l'objet de la SAS couvre l'activité immobilière. Dans le cas inverse, une transformation préalable de la SCI peut s'imposer.

Documents et prérequis avant la fusion

Avant toute fusion, plusieurs documents doivent être réunis et validés. Leur absence ou leur incomplétude constitue un motif de blocage fréquent.

Le traité de fusion (ou projet de fusion) est la pièce centrale. Il fixe :

  • Les motifs de l'opération et ses objectifs économiques
  • La désignation des sociétés participantes, leur forme, leur siège
  • La date d'effet comptable et juridique retenue
  • Le rapport d'échange des titres (combien d'actions de l'absorbante pour une part de l'absorbée)
  • Les conditions suspensives éventuelles (autorisation réglementaire, levée d'un nantissement)

En complément, les sociétés doivent préparer :

  • Les comptes annuels approuvés ou, à défaut, une situation comptable intermédiaire de moins de 6 mois
  • L'état des sûretés et engagements hors bilan
  • La liste des contrats comportant une clause de change of control susceptible d'être activée par la fusion

Structurer une opération de rapprochement exige une préparation juridique rigoureuse pour éviter tout blocage en cours de procédure.
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Étapes de la procédure de fusion

La procédure de fusion d'une SAS suit un enchaînement chronologique précis, dont chaque étape conditionne la suivante.

1. Rédaction et signature du projet de fusion

Les dirigeants des sociétés participantes rédigent le projet de fusion. Ce document est signé par les représentants légaux de chaque entité.

2. Dépôt au greffe et publication

Le projet doit être déposé au greffe du tribunal de commerce au moins 30 jours avant la date de la première assemblée appelée à statuer. Une publication dans un journal d'annonces légales (JAL) est simultanément requise pour chaque société.

3. Délai d'opposition des créanciers

À compter de la publication, les créanciers de chaque société disposent de 30 jours pour former opposition devant le tribunal de commerce. Le juge peut alors ordonner le remboursement de la créance, la constitution de garanties ou rejeter l'opposition. Ce délai est incompressible : aucune assemblée ne peut valablement statuer avant son expiration.

4. Rapport du commissaire à la fusion

Le commissaire désigné remet son rapport au moins 1 mois avant l'assemblée. Ce rapport évalue la pertinence du rapport d'échange et la valeur des apports.

5. Décision des assemblées

Chaque société tient une assemblée pour approuver la fusion. Les modalités de vote dépendent de la forme sociale (voir section suivante).

6. Formalités post-fusion

Après approbation, les formalités comprennent : enregistrement fiscal, radiation de la société absorbée au RCS, modification des statuts de l'absorbante, publication d'un avis de fusion au JAL.

ÉtapeDélai indicatifInterlocuteur
Rédaction du projet2 à 4 semainesDirigeants, avocats
Dépôt au greffeJ0Greffe du tribunal de commerce
Opposition des créanciers30 jours à compter de la publicationCréanciers, tribunal
Rapport du commissaireRemis 1 mois avant l'AGCommissaire à la fusion
AssembléesAprès expiration du délai d'oppositionAssociés / actionnaires
Formalités de radiation et modification1 à 3 semaines post-AGGreffe, JAL, impôts

Rôle du commissaire à la fusion

Le commissaire à la fusion est un professionnel indépendant (commissaire aux comptes ou expert inscrit) désigné par ordonnance du président du tribunal de commerce. Sa mission est définie par l'article L. 236-10 du Code de commerce.

Il intervient sur 2 volets distincts :

  • Vérification du rapport d'échange : il s'assure que la parité retenue entre les titres des sociétés participantes est équitable. Il analyse les méthodes de valorisation utilisées (actif net réévalué, discounted cash flow, multiples de résultat) et signale toute surévaluation ou sous-évaluation.
  • Appréciation de la valeur des apports : lorsque la fusion entraîne une augmentation de capital de l'absorbante, le commissaire évalue les apports en nature transmis par la société absorbée.

La dispense de commissaire à la fusion est possible dans un cas précis : lorsque la société absorbante détient 100 % du capital de l'absorbée (fusion simplifiée, article L. 236-11 du Code de commerce). Cette hypothèse concerne les fusions intra-groupe entre une SAS mère et sa filiale à 100 %, notamment une SASU.

Un commissaire à la fusion protège les associés minoritaires en garantissant l'équité du rapport d'échange. Anticiper sa désignation évite de décaler le calendrier de l'opération.
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Assemblées, majorité et formalités de dépôt

Règles de majorité applicables

Dans une SAS, les statuts fixent librement les conditions de majorité pour approuver une fusion. En l'absence de clause spécifique, la décision relève de l'assemblée des actionnaires statuant selon les règles prévues pour les décisions collectives extraordinaires. Il est courant que les statuts exigent l'unanimité ou une majorité qualifiée (2/3 ou 3/4 des voix).

Si la société absorbée est une SARL, la décision requiert une majorité des 2/3 des parts sociales représentées en AGE (article L. 236-2 du Code de commerce).

Formalités de dépôt post-assemblée

Une fois la fusion approuvée, les formalités suivantes doivent être accomplies dans un délai de 30 jours :

  • Enregistrement de l'acte de fusion auprès du service des impôts des entreprises (droit fixe de 500 € en régime de faveur)
  • Dépôt au greffe du tribunal de commerce pour radiation de l'absorbée et modification de l'extrait Kbis de l'absorbante
  • Publication d'un avis de fusion dans un JAL du département du siège de chaque société
  • Déclaration de modification auprès du guichet unique de l'INPI

Le non-respect de ces formalités n'annule pas la fusion, mais expose la société à des sanctions (amende, inopposabilité aux tiers).

Erreurs fréquentes et points de vigilance

Plusieurs erreurs récurrentes retardent ou fragilisent les opérations de fusion SAS :

  • Sous-estimer le délai d'opposition des créanciers. Ce délai de 30 jours est incompressible. Planifier l'assemblée avant son expiration rend la délibération irrégulière.
  • Omettre les clauses de change of control. Certains contrats (baux commerciaux, financements bancaires, licences) prévoient une résiliation automatique ou un droit d'agrément en cas de changement de contrôle. Ne pas les identifier en amont peut entraîner la perte d'un contrat stratégique le jour de la fusion.
  • Négliger l'harmonisation des statuts. Lorsque de nouveaux actionnaires entrent dans la SAS absorbante, les clauses d'agrément, de préemption ou d'exclusion doivent être adaptées. Un pacte d'actionnaires existant peut devenir caduc ou contradictoire avec les droits des entrants.
  • Retarder la désignation du commissaire à la fusion. La requête auprès du tribunal prend 2 à 4 semaines. Le commissaire a ensuite besoin de plusieurs semaines pour remettre son rapport. Ce délai, souvent sous-estimé, décale l'ensemble du calendrier.
  • Confondre date d'effet comptable et date d'effet juridique. La date d'effet comptable (rétroactive au 1er janvier, par exemple) ne coïncide pas nécessairement avec la date d'effet juridique (jour de la dernière AG d'approbation ou date fixée dans le traité). Cette distinction a des conséquences fiscales directes sur l'imputation des résultats.

Sécuriser chaque étape d'une fusion suppose une coordination juridique, comptable et fiscale rigoureuse.
Être accompagné par un avocat en cessions et acquisitions

FAQ

La fusion d'une SAS nécessite-t-elle obligatoirement un commissaire à la fusion ?

Oui, sauf dans le cas d'une fusion simplifiée où la SAS absorbante détient 100 % du capital de l'absorbée (article L. 236-11 du Code de commerce). Dans tous les autres cas, le commissaire est désigné par ordonnance du président du tribunal de commerce.

Quel est le délai moyen pour réaliser une fusion de SAS ?

Le calendrier s'étend généralement sur 3 à 6 mois. Ce délai inclut la rédaction du projet, le dépôt au greffe, le délai d'opposition des créanciers (30 jours), le rapport du commissaire et les formalités post-assemblée.

Les salariés de la société absorbée sont-ils automatiquement transférés ?

Oui. L'article L. 1224-1 du Code du travail impose le transfert automatique des contrats de travail à la société absorbante. Les salariés conservent leur ancienneté, leur rémunération et leurs avantages acquis.

Une fusion peut-elle être annulée après son approbation par les assemblées ?

L'annulation est possible par voie judiciaire si une irrégularité de procédure est démontrée (défaut de publication, non-respect du délai d'opposition, vice du consentement). Toutefois, l'article L. 236-14 du Code de commerce limite les cas de nullité pour protéger la sécurité juridique des tiers.

Quel est le coût fiscal d'une fusion de SAS ?

En régime de faveur (article 210 A du CGI), la fusion bénéficie d'une exonération d'impôt sur les plus-values, sous réserve d'engagements de conservation. Le droit d'enregistrement est fixé à 500 €. Hors régime de faveur, les plus-values latentes sont immédiatement imposables.

Pour aller plus loin

Article L236-1 du Code de commerce - Légifrance

Fusions de sociétés par actions et SARL, articles L236-8 à L236-17 - Légifrance

Procédure d'une fusion - Bpifrance Création

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