
Jullian Hoareau

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Ce que le bulletin de paie doit vraiment mentionner
Compteurs N-1 et N : deux périodes de référence distinctes
Calculer les droits acquis : 2,5 jours ouvrables par mois
Absences et arrêts maladie : impact sur le compteur
Preuve des soldes : la charge pèse sur l'employeur
Erreurs de compteur : risques et régularisation
Un salarié conteste son solde de congés devant les prud'hommes. Le DRH cherche le détail dans les bulletins de paie. Rien n'y figure, hormis l'indemnité versée lors du dernier congé. Le juge demande la preuve des droits acquis et des jours pris. L'employeur ne peut pas la produire. Ce scénario, fréquent, illustre un décalage entre ce que la loi exige sur le bulletin et ce que la gestion du risque commande réellement. Ce guide détaille, pour chaque compteur de congés payés, les règles applicables en 2026, les pièges courants et les leviers de régularisation.
L'article R.3243-1 du code du travail est précis : le bulletin de paie doit indiquer les dates de congé et le montant de l'indemnité de congés payés lorsqu'une période de congé annuel est comprise dans la période de paie concernée. En dehors de cette hypothèse, aucune mention de congé n'est requise par la loi.
Le compteur détaillé — droits acquis, jours pris, solde restant — n'est donc pas une obligation légale en soi. Il s'agit d'une pratique de place, généralisée par les éditeurs de paie. Toutefois, cette pratique peut devenir contraignante dans 3 cas :
| Source de l'obligation | Exemple concret |
|---|---|
| Convention collective | La CCN des bureaux d'études (Syntec) impose l'affichage du solde de congés sur le bulletin |
| Accord d'entreprise | Un accord QVT prévoit la mention du compteur N-1 et N |
| Usage d'entreprise | Le compteur figure sur tous les bulletins depuis plus de 10 ans, de façon constante et générale |
En pratique, supprimer un compteur devenu usage suppose de respecter la procédure de dénonciation d'usage : information des représentants du personnel, notification individuelle aux salariés et respect d'un délai de prévenance suffisant.
Point de vigilance : même sans obligation légale de compteur, l'employeur doit être en mesure de justifier les droits acquis et les jours pris. L'absence de compteur ne dispense pas de la preuve.
La période de référence légale court du 1er juin au 31 mai de l'année suivante (articles L.3141-3 et suivants du code du travail). Un accord de branche ou d'entreprise peut toutefois retenir l'année civile (1er janvier – 31 décembre).
Le compteur se dédouble en deux lignes :
Le compteur N-1 diminue au fil des congés pris. Le compteur N augmente chaque mois travaillé. En fin de période, le solde N-1 non consommé pose la question du report ou de la perte des droits. Le principe reste la perte des jours non pris au 31 mai, sauf impossibilité de prise imputable à l'employeur — auquel cas le report est de droit.
Articuler correctement les compteurs N-1 et N suppose un paramétrage rigoureux du logiciel de paie et une vérification périodique des soldes.
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Le salarié acquiert 2,5 jours ouvrables de congés payés par mois de travail effectif, soit 30 jours ouvrables pour une année complète (article L.3141-3). Un mois de travail effectif correspond à 4 semaines ou 24 jours ouvrables de travail.
| Décompte | Définition | Droit annuel |
|---|---|---|
| Jours ouvrables (régime légal) | Tous les jours de la semaine sauf le dimanche et les jours fériés | 30 jours |
| Jours ouvrés (pratique courante) | Lundi au vendredi | 25 jours |
Les deux systèmes sont admis, à condition que le décompte en jours ouvrés ne soit pas moins favorable au salarié. En cas de doute, le calcul en jours ouvrables prévaut.
Lorsqu'un salarié n'a pas travaillé un mois complet, le nombre de jours acquis est arrondi à l'entier supérieur (article L.3141-7). Un salarié ayant travaillé 11 mois acquiert donc 27,5 jours, arrondis à 28 jours ouvrables.
Toutes les absences ne sont pas traitées de la même façon par le compteur de congés payés.
Certaines absences n'amputent pas les droits : congé maternité, congé paternité, accident du travail (dans la limite d'un an d'arrêt), formation pendant le temps de travail, heures de délégation. Le compteur continue de tourner à 2,5 jours ouvrables par mois.
Depuis la loi du 22 avril 2024, codifiée à l'article L.3141-5 du code du travail, l'arrêt maladie ouvre droit à congés payés selon l'origine de l'arrêt :
| Origine de l'arrêt | Acquisition par mois d'absence | Plafond annuel |
|---|---|---|
| Maladie non professionnelle | 2 jours ouvrables | 24 jours ouvrables |
| Maladie ou accident professionnel | 2,5 jours ouvrables | 30 jours ouvrables |
Le texte prévoit aussi une obligation d'information : dans le mois suivant le retour du salarié, l'employeur doit l'informer du nombre de jours de congés disponibles et de la date limite pour les prendre. Un délai de report de 15 mois s'applique lorsque le salarié n'a pas pu prendre ses congés du fait de l'arrêt.
La gestion des compteurs après un arrêt maladie prolongé nécessite un paramétrage spécifique et une vérification juridique des droits acquis.
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C'est le point de risque le plus sous-estimé. La Cour de cassation juge de façon constante que la charge de la preuve des congés effectivement pris et des droits acquis repose sur l'employeur, et non sur le salarié.
En pratique, cela signifie que l'employeur doit conserver et produire :
Si l'employeur ne peut pas démontrer que les congés ont été pris ou que le salarié a été informé de ses droits, le juge considère que les congés n'ont pas été accordés. L'employeur est alors condamné à verser une indemnité compensatrice correspondant aux jours non pris, majorée le cas échéant de dommages et intérêts.
Cette règle probatoire rend le compteur détaillé, bien que non obligatoire sur le bulletin, indispensable en tant qu'outil de gestion interne.
Les erreurs de compteur proviennent de 3 sources récurrentes :
La régularisation suit un processus en 3 étapes :
En cas de trop-versé (jours pris en excès par rapport aux droits acquis), l'employeur peut opérer une retenue sur salaire dans la limite de la fraction saisissable, sauf accord amiable pour un remboursement intégral.
Un audit régulier des compteurs de congés payés réduit le risque de contentieux et de régularisations coûteuses.
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Non. L'article R.3243-1 du code du travail impose uniquement de mentionner les dates de congé et l'indemnité correspondante lorsqu'un congé est pris sur la période de paie. Le compteur détaillé (acquis/pris/solde) devient obligatoire seulement si une convention collective, un accord d'entreprise ou un usage le prévoit.
La période légale court du 1er juin au 31 mai. Un accord de branche ou d'entreprise peut substituer l'année civile (1er janvier – 31 décembre). Le choix de la période conditionne le basculement entre compteur N et compteur N-1.
Depuis la loi du 22 avril 2024, un arrêt maladie non professionnel ouvre droit à 2 jours ouvrables par mois, plafonné à 24 jours ouvrables par période de référence. Un arrêt d'origine professionnelle donne droit à 2,5 jours ouvrables par mois, plafonné à 30 jours.
La charge de la preuve repose sur l'employeur. Il doit démontrer que le salarié a pris ses congés ou qu'il a été mis en mesure de les prendre. À défaut, le juge considère que les congés n'ont pas été accordés et condamne l'employeur au versement d'une indemnité compensatrice.
La régularisation passe par un audit des droits acquis mois par mois, une correction rétroactive sur les bulletins suivants avec mention explicite, et une notification écrite au salarié du nouveau solde. En cas de jours pris en excès, une retenue sur salaire est possible dans la limite de la fraction saisissable.
Chapitre III : Bulletin de paie (Articles R3243-1 à R3243-9) - Légifrance
Les congés payés - Ministère du Travail et des Solidarités
Chapitre Ier : Congés payés (Articles L3141-1 à L3141-33) - Légifrance
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