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Qu'est-ce que le refus de congés payés après un arrêt maladie ?
Le cadre légal : loi DDADUE et acquisition de congés pendant l'arrêt maladie
L'employeur peut-il refuser des congés payés après un arrêt maladie ?
Combien de fois un employeur peut-il refuser des congés payés ?
Peut-on imposer des congés payés après un arrêt maladie ?
Les délais de report et de réclamation des congés acquis
Que faire en cas de refus : recours et jurisprudence récente
Bonnes pratiques RH pour gérer les congés post-arrêt maladie
Le refus de congés payés après un arrêt maladie désigne la situation dans laquelle un employeur rejette la demande de congés formulée par un salarié qui reprend son poste après une période d'incapacité de travail. Ce refus porte sur des jours de congés que le salarié a acquis pendant ou avant son arrêt, et qu'il souhaite utiliser dès son retour.
En pratique, la question se pose fréquemment lorsque le salarié revient après un arrêt long — plusieurs mois, parfois plus d'un an — et découvre un solde de congés accumulés qu'il entend poser rapidement. L'employeur, confronté à des contraintes d'effectifs ou de continuité de service, peut être tenté de différer cette prise de congés.
Le sujet a pris une dimension nouvelle depuis 2024. La réforme législative a élargi les droits à congés des salariés en arrêt maladie, ce qui augmente mécaniquement le volume de jours à gérer au retour. Pour les DRH, la difficulté consiste à articuler le droit du salarié à ses congés acquis avec le pouvoir de direction de l'employeur, sans basculer dans le refus abusif.
La loi n° 2024-364 du 22 avril 2024, dite loi DDADUE (Diverses Dispositions d'Adaptation au Droit de l'Union Européenne), a transposé en droit français la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE, arrêt Schultz-Hoff, 2009). Cette transposition met fin à une divergence ancienne entre le droit français et le droit européen.
Avant cette réforme, seuls les arrêts pour maladie professionnelle ou accident du travail ouvraient droit à l'acquisition de congés payés. Les arrêts pour maladie non professionnelle suspendaient ce droit : le salarié n'accumulait aucun jour de congé pendant son absence.
Depuis le 24 avril 2024, le régime est le suivant :
| Type d'arrêt | Acquisition de congés payés | Plafond |
|---|---|---|
| Maladie professionnelle / accident du travail | 2,5 jours ouvrables par mois | 30 jours ouvrables par an |
| Maladie non professionnelle | 2 jours ouvrables par mois | 24 jours ouvrables par an |
La loi a également un effet rétroactif : les salariés peuvent réclamer des congés non acquis au titre de périodes d'arrêt maladie remontant jusqu'au 1er décembre 2009. Cette rétroactivité est toutefois encadrée par un délai de forclusion de 2 ans à compter de l'entrée en vigueur de la loi, soit jusqu'au 23 avril 2026.
L'employeur doit informer le salarié, dans le mois suivant sa reprise, du nombre de jours de congés dont il dispose et de la date limite pour les poser. Cette notification déclenche le délai de report de 15 mois. À défaut d'information, le délai de report ne commence pas à courir — ce qui expose l'entreprise à un cumul indéfini de droits à congés.
Acquisition de congés pendant un arrêt maladie, rétroactivité, obligation d'information : le cadre légal impose une gestion rigoureuse des droits à congés au retour du salarié.
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Oui. L'employeur conserve son pouvoir de direction en matière d'organisation des congés, y compris après un arrêt maladie. L'article L. 3141-16 du Code du travail lui permet de fixer l'ordre des départs en congés et de refuser une demande, à condition de justifier d'un motif légitime.
La jurisprudence admet plusieurs motifs :
En revanche, l'employeur ne peut pas :
Un refus dépourvu de motif réel constitue une atteinte au droit à congé garanti par l'article 7 de la directive européenne 2003/88/CE. La Cour de cassation qualifie ce type de refus de manquement suffisamment grave pour justifier une prise d'acte de la rupture aux torts de l'employeur (Cass. soc., 13 juin 2012, n° 11-10.929).
Aucun texte légal ne fixe de nombre maximal de refus. L'employeur peut théoriquement refuser plusieurs demandes successives du même salarié, dès lors que chaque refus repose sur un motif distinct et vérifiable.
En pratique, la répétition des refus crée un faisceau d'indices que les conseils de prud'hommes examinent avec attention. Un salarié qui se voit opposer 3 ou 4 refus consécutifs sans proposition de dates alternatives dispose d'un dossier solide pour démontrer le caractère abusif du comportement de l'employeur.
| Situation | Risque pour l'employeur |
|---|---|
| 1 refus motivé avec proposition de report | Faible |
| 2 refus motivés sur des périodes différentes | Modéré — documenter chaque motif |
| 3 refus ou plus sans alternative proposée | Élevé — présomption d'abus |
| Refus systématique sans motif écrit | Très élevé — contentieux quasi certain |
La bonne pratique consiste à formaliser chaque refus par écrit, en précisant le motif et en proposant une ou plusieurs dates alternatives compatibles avec l'organisation du service.
Chaque refus de congés doit être documenté et justifié individuellement pour limiter le risque contentieux.
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La réponse dépend du moment et du contexte.
L'employeur ne peut pas imposer la prise de congés payés à un salarié en arrêt maladie. L'arrêt maladie suspend le contrat de travail ; le salarié ne peut pas être contraint de substituer des jours de congé à des jours d'indemnisation maladie. La Cour de cassation l'a confirmé à plusieurs reprises (Cass. soc., 28 mai 2014, n° 12-28.082).
L'employeur peut fixer les dates de congés dans le cadre de son pouvoir de direction, en respectant les règles habituelles : consultation du CSE, respect du délai de prévenance d'un mois minimum (article L. 3141-16 du Code du travail), prise en compte de la situation personnelle du salarié.
Il peut donc planifier la prise de congés du salarié revenant d'arrêt, mais pas lui imposer de solder immédiatement l'intégralité de ses droits acquis sans respecter ces procédures.
La loi DDADUE a instauré un mécanisme de report spécifique pour les congés acquis pendant un arrêt maladie.
Le salarié dispose de 15 mois à compter de la date à laquelle l'employeur l'a informé de ses droits pour poser ses congés acquis pendant l'arrêt. Passé ce délai, les jours non pris sont perdus.
Ce délai ne court qu'à partir de la notification effective par l'employeur. Si l'employeur omet cette information, le salarié conserve ses droits sans limitation de durée — un risque de cumul que les DRH doivent anticiper.
Pour les congés non acquis au titre d'arrêts maladie antérieurs au 24 avril 2024, le salarié peut formuler une réclamation jusqu'au 23 avril 2026 (délai de forclusion de 2 ans). Cette réclamation peut porter sur des périodes remontant jusqu'au 1er décembre 2009.
La notification écrite des droits à congés au salarié est le point de départ du délai de report. Sans cette notification, les droits restent ouverts indéfiniment.
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Le salarié confronté à un refus de congés payés après un arrêt maladie dispose de plusieurs voies de recours.
Le salarié peut saisir le conseil de prud'hommes en référé pour obtenir l'autorisation de prendre ses congés, ou au fond pour réclamer des dommages-intérêts au titre du préjudice subi. Le juge vérifie si le refus repose sur un motif légitime et si l'employeur a proposé des alternatives.
La Cour de cassation a rappelé en 2024 que l'employeur qui n'a pas mis le salarié en mesure d'exercer son droit à congé supporte la charge de la preuve du refus légitime (Cass. soc., 13 septembre 2023, n° 22-10.529). Cette position renforce l'obligation de traçabilité documentaire pour les services RH.
La gestion des congés après un arrêt maladie repose sur 3 piliers : anticipation, formalisation et dialogue.
Un processus RH structuré — notification, motivation écrite, proposition d'alternatives — réduit le risque contentieux à un niveau résiduel.
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Oui, depuis la loi DDADUE du 22 avril 2024. Le salarié en arrêt pour maladie non professionnelle acquiert 2 jours ouvrables de congés par mois, soit 24 jours ouvrables par an. Ce droit s'applique à tous les arrêts en cours ou postérieurs à l'entrée en vigueur de la loi.
Oui. L'employeur dispose d'un mois après la reprise pour notifier au salarié le nombre de jours acquis et la date limite pour les poser. Cette notification fait courir le délai de report de 15 mois. Sans elle, les droits à congés restent ouverts sans limite de durée.
Le salarié dispose de 15 mois à compter de la notification par l'employeur. Ce délai s'applique aux congés acquis pendant l'arrêt maladie. Passé ce délai, les jours non posés sont perdus, sauf si l'employeur n'a pas respecté son obligation d'information.
Oui, si le refus est abusif et répété. La Cour de cassation admet que la privation durable du droit à congé constitue un manquement suffisamment grave pour justifier une prise d'acte produisant les effets d'un licenciement sans cause réelle et sérieuse.
Le salarié peut formuler une réclamation rétroactive jusqu'au 23 avril 2026, pour des périodes d'arrêt maladie remontant au 1er décembre 2009. Ce délai de forclusion de 2 ans court à compter de l'entrée en vigueur de la loi, le 24 avril 2024.
Acquisition de congés payés pendant un arrêt maladie - Service-Public.fr
Chapitre Ier : Congés payés, Articles L3141-1 à L3141-33 - Légifrance
Congés payés en cas de maladie non professionnelle : les changements - Service-Public.fr
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