
Accédez en -24h à un avocat d'affaires sélectionné parmi les meilleurs, à des honoraires maîtrisés.
Qu'est-ce que le report de congés payés ?
Date limite pour poser ses congés payés : la règle du 31 mai
Congés payés non pris : sont-ils perdus ou reportables ?
Peut-on cumuler ses congés payés sur plusieurs années ?
Les cas légaux de report : maladie, maternité, accident du travail
Report de congés et arrêt maladie : le délai de 15 mois
Paiement des congés payés non pris : indemnité compensatrice
Obligations de l'employeur et bonnes pratiques RH
Le report de congés payés désigne le mécanisme par lequel un salarié conserve ses jours de congés non pris au-delà de la période légale de prise. En droit français, chaque salarié acquiert 2,5 jours ouvrables de congés par mois travaillé, soit 30 jours ouvrables (5 semaines) par an. Ces jours doivent normalement être utilisés dans un intervalle précis. Lorsqu'ils ne le sont pas, la question du report se pose.
Le principe est simple : sans mécanisme de report, les jours non pris sont perdus. Le report de congés payés constitue donc une exception à cette règle. Il peut résulter de la loi, d'un accord collectif ou d'une décision unilatérale de l'employeur. Depuis la loi du 22 avril 2024, transposant la jurisprudence européenne, les règles ont été profondément remaniées, en particulier pour les absences liées à la maladie.
Pour un DRH, maîtriser ces règles est indispensable. Une erreur de gestion des compteurs de congés peut générer des passifs sociaux non provisionnés, des contentieux prud'homaux ou des redressements URSSAF.
La période de prise des congés payés s'étend du 1er juin de l'année N au 31 mai de l'année N+1. Cette période correspond à l'année de référence précédente (1er juin N-1 au 31 mai N), durant laquelle les droits ont été acquis. Un salarié qui a acquis 30 jours ouvrables entre le 1er juin 2024 et le 31 mai 2025 doit, en principe, les utiliser avant le 31 mai 2026.
L'article L. 3141-12 du Code du travail précise que l'ordre et les dates de départ en congé sont fixés par l'employeur, après consultation du comité social et économique (CSE). L'employeur doit informer chaque salarié de la période de prise au moins 2 mois avant son ouverture.
Un accord d'entreprise ou de branche peut modifier cette période de référence. Certains secteurs, comme le BTP, appliquent un calendrier décalé via les caisses de congés payés. Le DRH doit donc vérifier les dispositions conventionnelles applicables avant de fixer les règles internes.
| Élément | Règle légale par défaut |
|---|---|
| Période d'acquisition | 1er juin N-1 au 31 mai N |
| Période de prise | 1er juin N au 31 mai N+1 |
| Durée totale | 30 jours ouvrables (5 semaines) |
| Congé principal (été) | 24 jours ouvrables max., dont 12 continus minimum entre le 1er mai et le 31 octobre |
| Information du salarié | Au moins 2 mois avant l'ouverture de la période |
En l'absence de circonstance particulière, les congés payés non pris au 31 mai sont perdus. Le salarié ne peut pas exiger leur report ni leur paiement. Cette règle, constante en jurisprudence, repose sur la finalité même du congé : garantir un repos effectif, et non constituer une créance financière.
Toutefois, 3 situations permettent un report :
En pratique, un DRH qui ne relance pas les salariés sur leurs soldes de congés prend un risque juridique. La charge de la preuve pèse sur l'employeur.
Sécuriser la gestion des congés payés suppose de connaître les exceptions légales et conventionnelles applicables à chaque situation.
Consultez un avocat en droit du travail sur Swim Legal
Le cumul de congés payés sur plusieurs années n'est pas un droit automatique. Le Code du travail ne prévoit pas de mécanisme général permettant au salarié de stocker ses jours d'une année sur l'autre. Chaque période de prise est indépendante.
3 dispositifs permettent néanmoins un cumul :
En dehors de ces cas, un salarié qui dispose de 10 jours non pris au 31 mai ne peut pas les ajouter aux 30 jours acquis pour la période suivante. Le DRH doit surveiller les compteurs pour éviter toute accumulation non fondée juridiquement.
La loi du 22 avril 2024 (n° 2024-364) a codifié les cas de report liés aux absences prolongées, en transposant la jurisprudence de la CJUE (arrêt Schultz-Hoff, 20 janvier 2009, C-350/06). Désormais, les articles L. 3141-19-1 et suivants du Code du travail prévoient un report automatique dans 3 situations :
| Motif d'absence | Acquisition pendant l'absence | Report automatique |
|---|---|---|
| Maladie non professionnelle | 2 jours ouvrables/mois | Oui, dans la limite de 15 mois |
| Maladie professionnelle / AT | 2,5 jours ouvrables/mois | Oui, dans la limite de 15 mois |
| Congé maternité / adoption | 2,5 jours ouvrables/mois | Oui, dans la limite de 15 mois |
L'employeur doit informer le salarié, dans le mois suivant son retour, du nombre de jours disponibles et du délai dont il dispose pour les prendre.
La gestion des reports liés aux absences longues nécessite un suivi rigoureux des compteurs et une connaissance précise des obligations d'information.
Faites le point avec un avocat en droit du travail
Le délai de 15 mois constitue l'apport central de la loi du 22 avril 2024. Il fixe la durée maximale pendant laquelle un salarié peut reporter ses congés non pris en raison d'une absence pour maladie, accident du travail ou maternité.
Le point de départ du délai dépend de la situation :
Concrètement, un salarié en arrêt maladie du 1er mars 2025 au 30 septembre 2025, qui a acquis 30 jours sur la période juin 2024 – mai 2025, dispose d'un délai de 15 mois à compter de l'information par l'employeur (au plus tard fin octobre 2025) pour prendre ses congés reportés. Les jours non pris à l'expiration de ce délai sont définitivement perdus.
Ce mécanisme protège l'employeur contre une accumulation illimitée de jours. Mais il impose une obligation d'information stricte : si l'employeur ne notifie pas le salarié, le délai de 15 mois ne commence jamais à courir. Les congés restent alors reportables indéfiniment, ce qui peut créer un passif social considérable.
L'indemnité compensatrice de congés payés n'est due que dans 2 cas :
En revanche, un salarié qui choisit de ne pas prendre ses congés, sans obstacle de la part de l'employeur, ne peut pas exiger leur paiement. Le Code du travail interdit le rachat de congés payés légaux en cours de contrat. Seuls les jours placés sur un CET peuvent, dans certaines conditions, être monétisés.
Pour le DRH, le suivi des compteurs en fin de période est donc un enjeu financier direct. Un solde de congés non pris non provisionné peut peser sur les comptes de l'entreprise lors d'un départ.
L'employeur supporte une triple obligation en matière de congés payés :
En pratique, les bonnes pratiques RH suivantes permettent de limiter les risques :
Un suivi structuré des compteurs de congés et des obligations d'information protège l'entreprise contre les contentieux et les passifs sociaux non anticipés.
Échangez avec un avocat en droit du travail sur Swim Legal
Non, sauf si un accord collectif le prévoit, si l'employeur a empêché la prise des congés ou si l'absence du salarié (maladie, maternité, accident du travail) a rendu cette prise impossible. En dehors de ces cas, les jours non pris sont perdus.
Le délai de 15 mois ne commence pas à courir. Les congés restent reportables sans limite de temps, ce qui peut générer un passif social croissant pour l'entreprise. L'information doit intervenir dans le mois suivant la reprise du travail.
Non. Depuis la loi du 22 avril 2024, un salarié en arrêt maladie non professionnelle acquiert 2 jours ouvrables par mois, contre 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif. Pour un arrêt lié à un accident du travail ou une maladie professionnelle, l'acquisition reste à 2,5 jours.
Non, le rachat de congés payés légaux est interdit pendant l'exécution du contrat. L'indemnité compensatrice n'est due qu'en cas de rupture du contrat ou lorsque l'employeur a rendu la prise de congés impossible. Seuls les jours placés sur un CET peuvent, sous conditions, être monétisés.
Oui. La loi du 22 avril 2024 prévoit une application rétroactive pour les congés acquis depuis le 1er décembre 2009. Les salariés disposent d'un délai de 2 ans à compter de l'entrée en vigueur de la loi (soit jusqu'au 23 avril 2026) pour faire valoir leurs droits sur les congés non pris au titre de périodes antérieures.
Report des jours de congé non pris sur l'année suivante - Service-Public.fr
Chapitre Ier : Congés payés, Articles L3141-1 à L3141-33 - Légifrance
Report des congés payés non pris après le 31 mai - Service-Public.fr
SWIM LEGAL est une alternative au cabinet d’avocats traditionnel pour les besoins juridiques des entreprises. Incubé par le Barreau de Paris, SWIM a reçu le Prix de l’Innovation pour sa solution permettant à toute entreprise, quelle que soit sa taille ou sa localisation, d’accéder rapidement via la plateforme à des avocats d’affaires expérimentés. Les entreprises peuvent déposer leur besoin — qu’il s’agisse d’un dossier, d’une consultation ou d’un renfort temporaire — de manière confidentielle et recevoir des propositions d’avocats pour répondre rapidement à leur demande.



