Capital social d'une SASU : quel montant choisir et pourquoi

Guides & Ressources pratiques
02 Sep 2026
-
7 min de lecture
-
Par

Jullian Hoareau

Points clés de l'article
  1. Aucun montant minimum n'est imposé : une SASU peut se constituer avec 1 euro de capital social.
  2. Un capital symbolique laisse la société sans trésorerie propre et déclenche vite l'alerte sur les capitaux propres.
  3. Le montant se fixe à partir du besoin de financement des premiers mois, pas à partir d'un usage.
  4. Le capital plafonne le risque financier de l'associé unique, sauf caution personnelle ou faute de gestion.
  5. Le capital variable évite la modification des statuts à chaque mouvement, au prix d'une lisibilité réduite.
  6. Augmenter ou réduire le capital suppose une décision de l'associé unique, une annonce légale et un dépôt au greffe.

Besoin d'un juriste freelance ou d'un avocat ?

Accédez en -24h à un avocat d'affaires sélectionné parmi les meilleurs, à des honoraires maîtrisés.

✓ 250+ spécialistes✓ 500+ clients satisfaits✓ -30 à -50% moins cher qu'un cabinet
Incubateur du Barreau de Paris
Réseau Entreprendre
Prix Innovation Barreau de Paris

Sommaire

1. Le capital social d'une SASU : ce qu'il représente

2. Capital à 1 euro : ce que cela change vraiment

3. Critères pour fixer le montant : activité, trésorerie, financement

4. Capital social et responsabilité de l'associé unique

5. Capital fixe ou capital variable : comment arbitrer

6. Ce que regardent banques, investisseurs et partenaires commerciaux

7. Augmenter ou réduire le capital : procédure et coûts

8. Erreurs fréquentes lors de la fixation du capital

FAQ

Pour aller plus loin

1. Le capital social d'une SASU : ce qu'il représente

Le capital social d'une SASU correspond à la somme des apports que l'associé unique met à disposition de la société à sa création. En contrepartie, il reçoit la totalité des actions. Ces fonds appartiennent à la société et financent ses premières dépenses.

Trois types d'apports existent. L'apport en numéraire est une somme d'argent. L'apport en nature est un bien, véhicule ou fonds de commerce. L'apport en industrie est une compétence ou un travail : il donne droit à des actions mais n'entre pas dans le capital.

Pour les apports en numéraire, la moitié au moins doit être versée à la constitution, le solde dans les 5 ans. Pour les apports en nature, un commissaire aux apports intervient sauf si aucun bien apporté ne dépasse 30 000 € et si l'ensemble des apports en nature reste inférieur à la moitié du capital.

Le montant retenu au dépôt des statuts structure le financement de la société dès le premier exercice.
Se faire accompagner sur la création de sociétés

2. Capital à 1 euro : ce que cela change vraiment

Sur le plan juridique, un capital social de 1 euro ne pose aucune difficulté : la société est valablement immatriculée.

D'abord sur la trésorerie. La société démarre sans ressources propres. Toute dépense est financée par un apport en compte courant du dirigeant, par un découvert ou une dette. Ce compte courant est une avance remboursable, pas du capital : il n'améliore pas la solidité du bilan.

Ensuite sur les capitaux propres. Lorsqu'ils deviennent inférieurs à la moitié du capital, le code de commerce impose à l'associé unique de se prononcer sur la poursuite de l'activité, de publier cette décision et de régulariser dans le délai légal. Avec un capital de 1 euro, la première perte comptable déclenche cette procédure.

Enfin sur l'image. Le capital figure sur le Kbis, document public.

3. Critères pour fixer le montant : activité, trésorerie, financement

Le montant se déduit d'un calcul, non d'un usage. Trois questions le déterminent : quelles dépenses couvrir avant les premiers encaissements, quel délai sépare une facture de son règlement, quels financements externes seront sollicités.

Une activité de conseil mobilise peu de fonds. Le négoce, la production ou les travaux immobilisent des achats et supportent des délais de paiement de 30 à 60 jours.

Profil d'activitéBesoin couvert par le capitalOrdre de grandeur usuel
Conseil, prestation intellectuelleFrais fixes de démarrage1 000 € à 5 000 €
Négoce, e-commerceStock initial et délais clients5 000 € à 20 000 €
Production, travaux, artisanatMatériel et besoin en fonds de roulement10 000 € à 50 000 €
Projet destiné à une levée de fondsCrédibilité et marge de dilutionSelon le plan de financement

4. Capital social et responsabilité de l'associé unique

La SASU est une société à responsabilité limitée aux apports. En cas de liquidation, l'associé unique perd au maximum ce qu'il a apporté. Un capital élevé augmente donc le montant exposé.

Deux réserves limitent ce raisonnement.

D'une part, la caution personnelle. Les banques exigent fréquemment que le dirigeant se porte garant d'un prêt professionnel. La limitation de responsabilité disparaît alors à hauteur de l'engagement signé.

D'autre part, la faute de gestion. Lorsque la liquidation révèle une insuffisance d'actif, le dirigeant peut être condamné à en supporter tout ou partie, la simple négligence étant exclue. Sous-capitaliser une société qui contracte des engagements hors de proportion avec ses moyens est un motif régulièrement retenu.

La rédaction des statuts et le montage financier initial déterminent l'étendue réelle du risque personnel.
Échanger avec un avocat sur la création de sociétés

5. Capital fixe ou capital variable : comment arbitrer

Le capital fixe est le régime par défaut : tout changement de montant impose de modifier les statuts. Le capital variable repose sur une clause statutaire fixant un plafond et un plancher, entre lesquels le capital évolue sans formalité. Ce plancher ne peut être inférieur au dixième du capital souscrit.

CritèreCapital fixeCapital variable
Changement de montantModification des statutsLibre entre plancher et plafond
Coût par mouvementAnnonce légale et greffeAucun
Lisibilité pour un tiersMontant stable et affichéMontant fluctuant
Usage courantMajorité des SASUApports échelonnés, entrée et sortie fréquentes

En SASU, l'associé étant seul, l'intérêt du capital variable reste limité. Il se justifie lorsque des apports successifs sont programmés ou lorsqu'une ouverture du capital est envisagée à court terme.

6. Ce que regardent banques, investisseurs et partenaires commerciaux

Une banque n'examine pas le capital isolément. Elle compare les fonds propres au montant demandé : un apport couvrant environ 30 % du projet reste la référence pour un prêt professionnel. Un capital de 1 euro assorti d'un compte courant de 20 000 € est moins bien noté qu'un capital de 20 000 €, l'avance pouvant être retirée.

Un investisseur regarde la structure de détention et la capacité d'absorber des pertes, pas le montant nominal.

Un partenaire commercial, donneur d'ordre ou assureur-crédit, consulte le Kbis et les comptes déposés. Certains appels d'offres et assurances professionnelles fixent un capital minimal pour candidater.

Le niveau de capital conditionne l'accès au crédit et à certains marchés dès la première année.
Structurer la création de la société avec un avocat

7. Augmenter ou réduire le capital : procédure et coûts

L'augmentation de capital se réalise par apport en numéraire, par apport en nature ou par incorporation de réserves. La réduction de capital intervient soit pour apurer des pertes, soit pour restituer des fonds à l'associé.

La procédure suit quatre temps :

  1. Décision de l'associé unique, consignée dans un procès-verbal.
  2. Mise à jour des statuts.
  3. Publication d'une annonce légale dans un support habilité du département du siège.
  4. Dépôt du dossier sur le guichet des formalités des entreprises, avec les frais de greffe.

Le coût cumulé se compte en centaines d'euros par opération, honoraires non compris. Une réduction non motivée par des pertes suppose un délai d'opposition ouvert aux créanciers.

8. Erreurs fréquentes lors de la fixation du capital

  • Retenir 1 euro par défaut, sans chiffrer le besoin de trésorerie des six premiers mois.
  • Confondre capital et compte courant, qui est une dette remboursable envers le dirigeant.
  • Surdimensionner le capital en immobilisant une épargne dont la sortie exigera une réduction formalisée.
  • Oublier la libération du solde des apports en numéraire dans les 5 ans, ce qui bloque toute nouvelle augmentation en numéraire.
  • Négliger l'évaluation des apports en nature, source de responsabilité personnelle si la valeur est surestimée.
  • Ne pas anticiper l'entrée d'un associé, la répartition initiale conditionnant la dilution future.

FAQ

Quel est le capital social minimum d'une SASU ?

Aucun minimum légal n'est fixé : 1 euro suffit pour immatriculer la société. Ce montant reste toutefois insuffisant pour financer une activité et fragilise le dossier bancaire.

Le capital social d'une SASU est-il bloqué ?

Les fonds sont bloqués sur un compte de dépôt entre le versement et l'immatriculation. Une fois le Kbis délivré, la société les utilise librement pour son exploitation.

Peut-on récupérer le capital social de sa SASU ?

Pas librement. La restitution suppose une réduction de capital décidée par l'associé unique, avec modification des statuts, annonce légale et dépôt au greffe, ou une liquidation de la société.

Le capital social de la SASU est-il imposé ?

Non. L'apport lui-même n'est pas imposable. Seuls les bénéfices réalisés par la société et les distributions de dividendes le sont, selon le régime fiscal applicable.

Faut-il préférer un capital fixe ou variable en SASU ?

Le capital fixe convient à la majorité des situations. Le capital variable n'apporte un gain que si des apports successifs ou une ouverture rapide du capital sont déjà programmés.

Pour aller plus loin

SASU - Société par actions simplifiée unipersonnelle - Bpifrance Création

Chapitre VII : Des sociétés par actions simplifiées (Articles L227-1 à L227-20-1) - Légifrance

Prise de décisions dans une société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) - Entreprendre.Service-Public.fr

SWIM LEGAL est une alternative au cabinet d'avocats traditionnel pour les besoins juridiques des entreprises. Incubé par le Barreau de Paris, SWIM a reçu le Prix de l'Innovation pour sa solution permettant à toute entreprise, quelle que soit sa taille ou sa localisation, d'accéder rapidement via la plateforme à des avocats d'affaires expérimentés. Les entreprises peuvent déposer leur besoin — qu'il s'agisse d'un dossier, d'une consultation ou d'un renfort temporaire — de manière confidentielle et recevoir des propositions d'avocats pour répondre rapidement à leur demande.

Télécharger la ressource

Avocat au Barreau de Paris (Toque L086), fondateur de SWIM LEGAL