
Jullian Hoareau

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Règle des deux associés minimum en SCI
Fondement légal : article 1832 du Code civil
Cas où la SCI devient unipersonnelle
Conséquences : risque de dissolution de la société
Régularisation et délai de remise en conformité
Alternatives pour investir seul dans l'immobilier
Une SCI à associé unique n'existe pas en droit français. La société civile immobilière repose sur un contrat entre au moins 2 personnes qui décident de mettre en commun un bien ou un apport pour gérer un patrimoine immobilier. Cette exigence n'est pas une simple formalité : elle conditionne l'immatriculation au registre du commerce et des sociétés (RCS).
En pratique, le greffe du tribunal de commerce refuse systématiquement d'immatriculer une SCI dont les statuts ne mentionnent qu'un seul associé. Le dossier est rejeté avant même l'examen des autres pièces. Les 2 associés peuvent être des personnes physiques, des personnes morales ou une combinaison des deux. Aucun capital minimum n'est imposé, mais chaque associé doit détenir au moins 1 part sociale.
Cette règle distingue la SCI des formes commerciales unipersonnelles comme l'EURL ou la SASU, qui permettent à un entrepreneur de créer seul une société dotée de la personnalité morale.
L'exigence de pluralité d'associés repose sur l'article 1832 du Code civil. Ce texte définit la société comme un contrat par lequel « deux ou plusieurs personnes conviennent de mettre en commun des biens ou leur industrie en vue de partager le bénéfice ou de profiter de l'économie qui pourra en résulter ». La notion de contrat implique, par nature, au moins 2 parties.
L'article 1832 alinéa 2 prévoit une exception pour les sociétés unipersonnelles, mais uniquement « dans les cas prévus par la loi ». Or aucun texte n'autorise la SCI unipersonnelle. La société civile reste donc soumise à la règle de droit commun : 2 associés au minimum, sans plafond maximal.
Cette base légale a été confirmée par la jurisprudence. La Cour de cassation considère que la réunion de toutes les parts en une seule main ne transforme pas la SCI en société unipersonnelle valide : elle crée une cause de dissolution.
Structurer la détention d'un bien immobilier via une SCI suppose de maîtriser le cadre fiscal applicable dès la constitution.
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Une SCI peut se retrouver avec un associé unique de manière involontaire. Plusieurs situations courantes provoquent cette concentration des parts :
| Événement déclencheur | Mécanisme | Fréquence en pratique |
|---|---|---|
| Décès d'un co-associé | Transmission successorale non acceptée | Fréquent dans les SCI familiales à 2 associés |
| Rachat de parts | Cession amiable entre associés | Courant lors de séparations ou désaccords |
| Retrait statutaire | Exercice du droit de retrait prévu aux statuts | Moins fréquent |
| Donation intégrale | Transmission anticipée du patrimoine | Fréquent dans les stratégies de transmission |
Dans chacun de ces cas, la SCI ne disparaît pas immédiatement. Elle continue d'exister juridiquement, mais entre dans une période de vulnérabilité encadrée par la loi.
Lorsque toutes les parts d'une SCI sont réunies entre les mains d'un seul associé, l'article 1844-5 du Code civil prévoit la possibilité d'une dissolution judiciaire. Tout intéressé (créancier, administration fiscale, ancien associé) peut saisir le tribunal pour demander cette dissolution.
Les conséquences pratiques sont lourdes :
| Conséquence | Impact concret |
|---|---|
| Dissolution judiciaire | Perte de la structure SCI et de ses avantages |
| Transfert du patrimoine | Droits de mutation à la charge de l'associé unique |
| Fiscalité modifiée | Passage du régime SCI au régime de détention directe |
| Opposition des créanciers | Blocage potentiel de la procédure |
La dissolution n'est toutefois pas automatique. Le tribunal dispose d'un pouvoir d'appréciation et peut accorder un délai pour régulariser la situation.
La dissolution d'une SCI modifie le régime fiscal de l'ensemble du patrimoine immobilier détenu. Anticiper ces effets évite des surcoûts non prévus.
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L'article 1844-5 alinéa 1 du Code civil accorde un délai d'1 an à compter de la réunion de toutes les parts en une seule main pour régulariser la situation. Pendant ce délai, aucun tribunal ne peut prononcer la dissolution.
Trois options permettent de rétablir la pluralité d'associés :
La cession d'une seule part à un proche reste la solution la plus rapide. Elle nécessite un acte de cession, une mise à jour des statuts et un dépôt au greffe. Le coût est limité : droits d'enregistrement de 5 % sur la valeur des parts cédées pour une SCI détenant de l'immobilier.
Si le délai d'1 an expire sans régularisation, tout intéressé peut alors saisir le tribunal. Le juge peut encore accorder un délai supplémentaire de 6 mois maximum avant de prononcer la dissolution.
Un entrepreneur ou investisseur souhaitant détenir un bien immobilier seul dispose de plusieurs structures adaptées, sans contourner la règle des 2 associés :
| Structure | Associé unique | Objet immobilier | Régime fiscal par défaut |
|---|---|---|---|
| SCI | Non | Oui | IR (transparence fiscale) |
| SASU | Oui | Oui | IS |
| EURL | Oui | Oui | IR (option IS) |
| Nom propre | Sans objet | Oui | IR (revenus fonciers) |
Le choix dépend de l'objectif : optimisation fiscale, transmission, protection du patrimoine ou simplicité de gestion. La SASU offre la souplesse d'un associé unique avec la possibilité d'amortir le bien, ce que la SCI à l'IR ne permet pas. En revanche, la SCI reste privilégiée pour la transmission familiale grâce au mécanisme de démembrement des parts.
Chaque structure implique un traitement fiscal distinct sur les revenus locatifs, les plus-values et la transmission.
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Non. L'article 1832 du Code civil impose au moins 2 associés pour constituer une SCI. Le greffe refuse l'immatriculation d'une SCI ne comptant qu'un seul associé dans ses statuts.
La SCI ne disparaît pas immédiatement. L'associé restant dispose d'un délai d'1 an pour régulariser la situation, par exemple en cédant au moins 1 part à un tiers ou en faisant entrer un nouvel associé.
Le délai légal est de 1 an à compter de la réunion de toutes les parts en une seule main (article 1844-5 du Code civil). Au-delà, le tribunal peut accorder un sursis de 6 mois supplémentaires.
La SASU permet de détenir un bien immobilier en tant qu'associé unique, avec la possibilité d'amortir le bien sous le régime de l'IS. L'EURL et la détention en nom propre sont également des options selon l'objectif fiscal et patrimonial.
Non. La dissolution doit être demandée en justice par un intéressé (créancier, associé, administration). Le juge dispose d'un pouvoir d'appréciation et peut accorder un délai avant de la prononcer.
Code civil - Article 1832 - Légifrance
Code civil - Article 1844-5 - Légifrance
Immatriculation d'une société - Service-Public
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