
Jullian Hoareau

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1. Arrêt de travail : les 3 volets et leurs destinataires
2. Formulaire Cerfa sécurisé : ce qui a changé
3. Ce que remplit le médecin, ce que vérifie l'employeur
4. Délais de transmission : CPAM, employeur, prolongation
5. Attestation de salaire : le document que remplit l'employeur
6. Signalement DSN et subrogation : quel circuit choisir
7. Erreurs fréquentes et sanctions à éviter
Remplir un arrêt de travail n'est pas une formalité unique : le document circule entre 3 acteurs, et chacun renseigne une partie distincte. Le médecin établit l'avis, le salarié transmet les volets, l'employeur produit une attestation de salaire qui ne figure pas sur le formulaire d'arrêt. Confondre ces étapes retarde les indemnités journalières versées par la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) et fragilise la subrogation. Ce guide suit le circuit document par document.
L'avis d'arrêt de travail papier comporte 3 volets, chacun avec un destinataire précis. Les volets 1 et 2 reviennent à la CPAM, qui contrôle le droit à indemnisation. Le volet 3 revient à l'employeur.
La distinction n'est pas seulement administrative. Le volet employeur ne comporte pas le motif médical de l'arrêt : l'employeur n'a pas à connaître le diagnostic de son salarié. Un salarié qui remet par erreur le volet 1 lui transmet une information couverte par le secret médical.
| Volet | Destinataire | Contient le motif médical |
|---|---|---|
| Volet 1 | CPAM | Oui |
| Volet 2 | CPAM | Non |
| Volet 3 | Employeur | Non |
L'employeur qui reçoit un volet portant un diagnostic a intérêt à ne pas le classer dans le dossier du salarié.
Un nouveau formulaire papier Cerfa sécurisé d'avis d'arrêt de travail est entré en vigueur le 1er juillet 2025. Son usage est obligatoire depuis le 1er septembre 2025. Il intègre 7 points d'authentification, dont une étiquette holographique et une encre magnétique, destinés à limiter les falsifications.
Pour l'employeur, la conséquence est concrète : les éléments de sécurité ne sont pas visibles sur le volet 3 papier qu'il reçoit : il ne peut donc pas les contrôler lui-même avant la paie.
Cette évolution ne modifie pas le circuit. Elle change le support et le niveau de contrôle attendu de chaque intervenant. Lorsque l'arrêt est prescrit par voie dématérialisée, la question du formulaire papier ne se pose pas : la transmission vers la caisse est directe.
Un circuit d'arrêt de travail mal documenté se traduit en erreurs de paie et en réclamations de la caisse.
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L'avis d'arrêt est établi par le professionnel de santé, sur un formulaire mis à sa disposition par la caisse. L'employeur ne remplit donc rien sur ce document : il le reçoit, le contrôle, et en tire les conséquences en paie.
Le contrôle attendu porte sur des éléments objectifs :
Ces vérifications commandent la suite. Une date mal lue décale l'attestation de salaire, donc le versement des indemnités journalières. En revanche, l'employeur n'apprécie pas le bien-fondé médical de l'arrêt : il ne peut ni le contester à réception, ni conditionner la paie à une explication du salarié.
Le délai le plus encadré concerne le salarié et sa caisse. Lorsque l'arrêt n'est pas prescrit ou prolongé par voie dématérialisée, l'assuré envoie l'avis d'arrêt ou de prolongation à sa caisse primaire dans les 2 jours suivant la date d'interruption de travail, sous peine des sanctions prévues à l'article L321-2 du code de la sécurité sociale. Cette règle figure à l'article R321-2 du même code et s'applique aux arrêts prescrits ou renouvelés à compter du 1er juillet 2025, en application du décret n° 2025-587 du 28 juin 2025.
Pour la remise du volet employeur, l'article L1226-1 du code du travail exige de justifier l'absence dans les 48 heures pour percevoir l'indemnité complémentaire. La convention collective, un accord d'entreprise ou le règlement intérieur peuvent préciser les modalités de cette justification, sans être moins favorables au salarié que ce délai légal.
La prolongation suit la logique de l'arrêt initial : mêmes volets, mêmes destinataires, même règle d'envoi à la caisse.
Rédiger une clause de délai opposable suppose de vérifier la convention collective applicable et le règlement intérieur.
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C'est le seul document que remplit l'employeur. L'attestation de salaire est obligatoire pour tout arrêt de travail d'un salarié : elle permet à la caisse de calculer les indemnités journalières à partir des rémunérations déclarées. Trois canaux existent, avec des exigences de délai différentes.
| Canal | Support | Délai applicable |
|---|---|---|
| Signalement d'arrêt de travail via la DSN | Déclaration sociale nominative | 5 jours suivant la connaissance de l'arrêt, attestations non subrogées |
| Service en ligne net-entreprises | Saisie en ligne | Aucun délai légal, transmission le plus rapidement possible |
| Formulaire Cerfa 11135*04 | Papier, adressé à la caisse du salarié | Aucun délai légal, transmission le plus rapidement possible |
L'absence de délai légal sur deux de ces canaux n'efface pas la conséquence pratique : tant que l'attestation n'est pas parvenue à la caisse, le dossier reste incomplet et l'indemnisation ne démarre pas.
Le choix du canal engage la charge de travail et le risque de retard. Le signalement d'arrêt via la DSN s'intègre au flux de paie et évite une double saisie, mais impose une transmission dans les 5 jours suivant la connaissance de l'arrêt pour les attestations non subrogées. Les autres canaux n'imposent pas de délai chiffré, au prix d'une saisie distincte du cycle de paie.
La subrogation change le destinataire du paiement. L'employeur maintient le salaire et perçoit directement les indemnités journalières à la place du salarié. Le salarié n'attend plus le versement de la caisse ; l'employeur récupère les sommes correspondant au maintien.
Ce mécanisme suppose une chaîne fiable : coordonnées bancaires exactes, éléments de rémunération justes, arrêt correctement daté. Une attestation erronée transmise en subrogation produit un remboursement mal calculé, donc une régularisation en paie.
Le choix entre subrogation et versement direct engage la trésorerie et les clauses du contrat de travail.
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Les difficultés constatées tiennent rarement au droit, elles tiennent au circuit.
Côté salarié, l'envoi tardif de l'avis à la caisse expose aux sanctions prévues par le code de la sécurité sociale. Côté employeur, le risque est double : retard d'indemnisation du salarié et litige sur le maintien de salaire lorsque la subrogation échoue. Sécuriser le circuit suppose trois décisions simples : écrire la procédure interne, désigner un responsable de la réception des arrêts, tracer les dates de réception et de transmission.
Le professionnel de santé l'établit sur un formulaire fourni par la caisse. Le salarié transmet ensuite les volets, et l'employeur ne renseigne aucune case de ce document. L'employeur remplit un autre document : l'attestation de salaire.
Le volet 3. Les volets 1 et 2 sont destinés à la CPAM. Le volet 3 ne mentionne pas le motif médical de l'arrêt.
Dans les 2 jours suivant la date d'interruption de travail lorsque l'arrêt n'est pas prescrit ou prolongé par voie dématérialisée. Ce délai figure à l'article R321-2 du code de la sécurité sociale, et son non-respect expose aux sanctions de l'article L321-2.
Oui, pour tout arrêt de travail d'un salarié. Elle est transmise par signalement via la DSN, par le service en ligne net-entreprises, ou par le formulaire Cerfa 11135*04 adressé à la caisse du salarié.
L'employeur maintient le salaire du salarié en arrêt et perçoit directement les indemnités journalières à sa place. La fiabilité des données transmises devient centrale, puisque toute erreur se répercute sur le montant remboursé.
Article R321-2 du code de la sécurité sociale - Légifrance
Arrêt de travail : le formulaire Cerfa sécurisé obligatoire - Assurance Maladie (ameli.fr)
L'attestation de salaire à fournir en cas d'arrêt de travail - Assurance Maladie (ameli.fr)
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