
Jullian Hoareau

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1. Obligations légales du locataire commercial
2. Payer le loyer et les charges convenues
3. User des locaux selon la destination du bail
4. Entretien et travaux : qui paie quoi
5. Charges non imputables au locataire
6. Inventaire des charges et information annuelle
7. Manquements du locataire et sanctions encourues
Le bail commercial est rédigé par le bailleur, et il transfère souvent au locataire plus de dépenses que le droit ne l'autorise. Connaître les obligations du locataire en bail commercial permet de distinguer trois catégories : ce que la loi impose, ce que le contrat ajoute, et ce qu'aucune clause ne peut mettre à votre charge.
Le socle légal est étroit. L'article 1728 du Code civil énonce que le preneur est tenu de deux obligations principales : user de la chose louée raisonnablement et suivant la destination qui lui a été donnée par le bail, et payer le prix du bail aux termes convenus.
Tout ce que votre bail ajoute relève donc du contrat. Une obligation légale s'impose ; une obligation contractuelle se discute avant signature, sauf lorsqu'un texte d'ordre public, c'est-à-dire un texte auquel aucune clause ne peut déroger, l'interdit.
| Origine de l'obligation | Exemples | Marge de négociation |
|---|---|---|
| Code civil, article 1728 | Usage conforme à la destination, paiement du loyer | Aucune, socle impératif |
| Clauses du bail | Assurance, entretien étendu, refacturation de charges | Ouverte avant signature |
| Ordre public, article L145-40-2 | Inventaire des charges, information annuelle | Aucune clause ne peut y déroger |
L'obligation d'assurance du locataire résulte d'une clause du bail. Vérifiez sa rédaction exacte : risques couverts, attestation à produire, sanction du défaut de justificatif. Certaines clauses imposent une renonciation à recours contre le bailleur, ce qui modifie l'indemnisation en cas de sinistre.
Le paiement du loyer aux termes convenus constitue la seconde obligation de l'article 1728. Le bail fixe la périodicité, la date d'exigibilité et les pénalités de retard. Un impayé sert de fondement à la clause résolutoire.
Le locataire ne peut pas suspendre unilatéralement son loyer pour contester un appel de charges. Il paie, puis il conteste par écrit, en réserve de restitution. L'obligation de quittance de loyer du logement ne s'applique pas au bail commercial ; réclamez néanmoins un justificatif écrit de chaque règlement, utile en cas de litige sur l'arriéré.
Les clauses financières se discutent plus facilement avant la signature qu'après le premier appel de fonds.
Faire relire les clauses financières de votre bail
La clause de destination délimite l'activité autorisée dans les locaux. Une destination étroite interdit d'exercer une activité voisine sans accord du bailleur ou sans procédure de déspécialisation, c'est-à-dire la demande formelle d'élargissement de l'activité autorisée.
Exercer hors destination constitue un manquement contractuel, même en l'absence de préjudice pour le bailleur. Avant toute évolution d'enseigne ou d'offre, vérifiez le libellé exact de la clause et l'existence d'une autorisation écrite. L'obligation d'user raisonnablement des locaux couvre par ailleurs les nuisances, les dépôts de marchandises et la sous-location.
L'obligation d'entretien du locataire porte sur l'usage courant : réparations d'usage, remplacement des éléments consommables, maintenance des équipements qu'il exploite. L'article 606 du Code civil définit les grosses réparations, qui restent à la charge du bailleur : les gros murs, les voûtes et les couvertures.
Depuis le décret du 3 novembre 2014, publié au Journal officiel du 5 novembre 2014, ce partage n'est plus librement renversable. Les clauses qui mettent les gros travaux à la charge du preneur sont privées d'effet dans les baux conclus ou renouvelés à compter de cette publication.
| Nature des travaux | Charge de principe | Transfert par clause |
|---|---|---|
| Entretien courant et réparations d'usage | Locataire | Possible |
| Grosses réparations de l'article 606 | Bailleur | Interdit |
| Mise en conformité avec la réglementation | Bailleur | Interdit |
| Remise en état liée à la vétusté | Bailleur | Interdit |
Une clause travaux mal rédigée fait supporter au locataire des dépenses que le décret exclut.
Vérifier la répartition des travaux de votre bail
Les obligations du locataire en bail commercial s'arrêtent là où l'article R145-35 du Code de commerce pose une interdiction. Ce texte énumère les dépenses non imputables au locataire :
Une exception : la taxe foncière, ses taxes additionnelles, ainsi que les impôts et redevances liés à l'usage du local ou à un service dont le locataire bénéficie, peuvent être refacturés si le bail le prévoit. Le partage tient au lien avec l'usage, non au nom de la taxe.
L'article L145-40-2 du Code de commerce, introduit par la loi Pinel du 5 novembre 2014, est d'ordre public. Il impose que tout bail commercial comporte un inventaire précis et limitatif des catégories de charges, impôts, taxes et redevances liés au bail, avec leur répartition entre bailleur et preneur.
Cet inventaire donne lieu à un état récapitulatif annuel que le bailleur adresse au locataire dans un délai fixé par voie réglementaire. En cours de bail, le bailleur doit également informer le locataire des charges, impôts, taxes et redevances nouveaux. Un poste absent de l'inventaire fragilise donc l'appel de fonds qui le refacture.
Un inventaire incomplet est le point d'appui le plus solide pour discuter des charges refacturées.
Auditer les charges refacturées par votre bailleur
La clause résolutoire permet au bailleur de faire constater la résiliation après un commandement resté sans effet. À défaut de clause, il demande au juge la résiliation judiciaire, qui suppose une faute suffisamment grave.
Deux conséquences sont sous-estimées. D'une part, les manquements documentés peuvent justifier un refus de renouvellement pour motif grave et légitime, sans indemnité d'éviction. D'autre part, le bailleur peut réclamer des dommages et intérêts distincts. Un manquement régularisé rapidement et par écrit n'a pas les mêmes effets qu'un manquement laissé en l'état.
L'article 1728 du Code civil fixe les deux obligations principales du preneur : user des locaux selon la destination du bail et payer le loyer aux termes convenus. Les articles L145-40-2 et R145-35 du Code de commerce encadrent ensuite la répartition des charges et des travaux.
Oui, si le bail le prévoit. L'article R145-35 exclut les impôts dont le bailleur est le redevable légal, mais réserve expressément la taxe foncière et ses taxes additionnelles, qui peuvent être imputées au locataire. Vérifiez la clause avant de contester la refacturation.
Non. L'article R145-35 range les travaux de mise en conformité avec la réglementation, comme ceux liés à la vétusté, parmi les dépenses non imputables au locataire. Une clause contraire est privée d'effet dans les baux conclus ou renouvelés depuis la publication du décret du 3 novembre 2014.
L'inventaire précis et limitatif est exigé par un texte d'ordre public. Son absence affaiblit la position du bailleur sur les postes refacturés. Demandez par écrit l'inventaire et l'état récapitulatif annuel avant d'engager une contestation chiffrée des appels de charges.
Seulement dans les limites de la clause de destination. Une activité non prévue suppose l'accord écrit du bailleur ou une procédure de déspécialisation. Exercer sans autorisation constitue un manquement contractuel, indépendamment du chiffre d'affaires réalisé.
Article 1728 - Code civil - Légifrance
Article R145-35 - Code de commerce - Légifrance
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Avocat au Barreau de Paris (Toque L086), fondateur de SWIM LEGAL





