
Jullian Hoareau

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1. Indemnité d'occupation : nature juridique et fondement
2. Pourquoi la remise des clés conditionne la restitution
3. À qui remettre les clés pour que la restitution compte
4. Calcul de l'indemnité d'occupation et durée exigible
5. Preuve de la restitution : constat, recommandé, procès-verbal
6. Réflexes du bailleur et du preneur en fin de bail
Un preneur signe un acte de résiliation, vide ses locaux, puis arrête ses paiements. Le bailleur, lui, continue de compter. Cette divergence tient à une règle précise : l'indemnité d'occupation d'un bail commercial court tant que les clés n'ont pas été remises. Quitter les lieux ne vaut pas restitution.
L'indemnité d'occupation d'un bail commercial n'est pas un loyer. Elle compense la privation de jouissance subie par le bailleur lorsque le contrat a pris fin. Elle est due de plein droit dès lors qu'un occupant se maintient dans les lieux après l'expiration de son titre d'occupation. Le cadre applicable reste celui du statut des baux commerciaux, aux articles L. 145-1 et suivants du code de commerce.
L'indemnité due après résiliation ne se confond pas avec celle que verse le preneur qui se maintient dans les lieux en attendant le paiement de son indemnité d'éviction : cette seconde hypothèse obéit à un régime propre.
À l'expiration du bail, les locaux loués ne sont restitués que par la remise effective des clés au bailleur en personne ou à un mandataire dûment habilité à les recevoir. La Cour de cassation l'a rappelé dans un arrêt du 14 novembre 2024. Quitter matériellement les lieux ne libère pas le preneur de ses obligations, car ce départ ne constitue pas une restitution régulière.
La conséquence est directe : même après la signature d'un acte de résiliation, faute de remise des clés, le preneur reste redevable de l'indemnité d'occupation et des taxes jusqu'à la remise effective.
| Situation | Effet juridique |
|---|---|
| Locaux vidés, clés conservées | Occupation maintenue, indemnité due |
| Acte de résiliation signé, clés non remises | Indemnité et taxes dues jusqu'à la remise |
| Clés remises au bailleur ou à son mandataire | Restitution acquise, obligations arrêtées |
Une fin de bail mal documentée fait courir des sommes bien après le déménagement.
Comprendre la gestion des baux commerciaux
La qualité du destinataire détermine l'effet de la remise. Les clés doivent parvenir au bailleur en personne ou à un mandataire habilité à les recevoir. Une remise faite à un tiers dépourvu de ce pouvoir ne produit pas la restitution attendue.
Le refus du bailleur de recevoir les clés n'a pas à être spécialement justifié et n'est pas abusif dès lors que les lieux ne sont pas libres de toute occupation. Un local encore encombré de mobilier ou occupé par un tiers justifie donc ce refus.
En pratique, l'indemnité est fixée au montant du dernier loyer, majoré des charges et des taxes qui auraient été dues si le bail s'était poursuivi. Les juges retiennent fréquemment une indemnité provisionnelle à ce niveau. La fixation de l'indemnité d'occupation dépend donc des conditions financières du bail expiré.
| Élément | Référence retenue |
|---|---|
| Base | Dernier loyer appliqué |
| Compléments | Charges et taxes du bail |
| Point de départ | Date de résiliation |
| Terme | Remise effective des clés |
La durée exigible court de la date de résiliation jusqu'à la libération effective par remise des clés. Les questions d'indexation et de traitement au regard de la TVA dépendent des stipulations du bail et s'examinent au cas par cas.
Chiffrer une indemnité d'occupation suppose de relire les clauses financières du bail expiré.
Sécuriser vos baux commerciaux
Celui qui prétend s'être libéré doit pouvoir établir la date de la remise. Sans trace, le preneur s'expose à voir l'indemnité courir jusqu'à la première date que le bailleur peut prouver.
Le procès-verbal contradictoire reste le plus simple, tandis que le constat prend le relais en cas de désaccord.
Côté preneur, trois points se traitent avant le départ : identifier la personne habilitée à recevoir les clés, vider intégralement les locaux, puis faire dater la remise. Côté bailleur, la vigilance porte sur la réception, car accepter des clés alors que les locaux restent occupés affaiblit la position ultérieure.
Un avocat qui intervient en droit des baux commerciaux peut arbitrer ces situations. SWIM LEGAL est une plateforme d'avocats d'affaires indépendants spécialisés.
La fin d'un bail se prépare comme sa signature, avec les mêmes exigences de preuve.
Voir la page baux commerciaux
Information juridique générale, arrêtée au 4 septembre 2026 et sous réserve d'évolution.
Oui, tant que les clés n'ont pas été remises au bailleur ou à son mandataire habilité. Le départ matériel ne constitue pas une restitution régulière. L'indemnité d'occupation et les taxes restent dues jusqu'à la remise effective.
Le montant correspond en pratique au dernier loyer, majoré des charges et des taxes qui auraient été dues si le bail s'était poursuivi. Les juges retiennent fréquemment une indemnité provisionnelle à ce niveau, de la date de résiliation jusqu'à la libération effective des locaux.
Ce refus n'a pas à être spécialement justifié. Il n'est pas abusif dès lors que les lieux ne sont pas libres de toute occupation. Un local encore encombré autorise donc le bailleur à ne pas prendre les clés.
Ces deux points ne se règlent pas de façon uniforme. Ils dépendent des stipulations financières et fiscales du bail expiré ainsi que de la situation des parties. Une relecture des clauses s'impose avant tout chiffrage.
L'indemnité due après résiliation vise un maintien dans les lieux sans titre. Celle que verse le preneur qui reste sur place en attendant le paiement de son indemnité d'éviction relève d'un régime propre. Les deux mécanismes ne se confondent pas.
Article L145-1 du Code de commerce - Légifrance
Décision - Pourvoi n 21-17.431 - Cour de cassation
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Avocat au Barreau de Paris (Toque L086), fondateur de SWIM LEGAL





