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Qu'est-ce que le statut LMNP ?
Conditions d'éligibilité au statut LMNP en 2026
Micro-BIC ou régime réel : quel choix ?
Amortissement du bien en LMNP : fonctionnement
Fiscalité à la revente et réintégration des amortissements
LMNP, LMP et SCI : quelles différences ?
Le LMNP (loueur en meublé non professionnel) est un statut fiscal qui s'applique aux personnes physiques percevant des revenus issus de la location de biens meublés, sans que cette activité constitue leur activité principale. Contrairement à la location nue, dont les revenus relèvent des revenus fonciers, les loyers perçus en meublé sont imposés dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Cette qualification ouvre l'accès à des mécanismes de déduction spécifiques, notamment l'amortissement comptable du bien.
En pratique, le statut LMNP concerne aussi bien un investisseur détenant un studio meublé qu'un asset manager gérant un portefeuille de résidences services. Le bien doit répondre à la liste des équipements obligatoires fixée par le décret n° 2015-981 du 31 juillet 2015 : literie, plaques de cuisson, réfrigérateur, vaisselle, luminaires, entre autres. L'absence d'un seul élément peut requalifier le bail en location nue et faire basculer la fiscalité vers le régime des revenus fonciers.
Le maintien du statut LMNP dépend du respect simultané de 2 conditions cumulatives, appréciées chaque année au niveau du foyer fiscal :
| Condition | Seuil |
|---|---|
| Recettes locatives meublées annuelles | Inférieures à 23 000 € TTC |
| Part relative dans les revenus du foyer | Recettes meublées inférieures aux autres revenus d'activité professionnelle |
Dès qu'un seul de ces seuils est dépassé, le contribuable bascule automatiquement vers le statut de loueur en meublé professionnel (LMP), avec des conséquences fiscales et sociales distinctes (cotisations SSI, régime des plus-values professionnelles).
L'inscription au greffe du tribunal de commerce via le formulaire P0i reste obligatoire dans les 15 jours suivant le début de l'activité. Depuis 2023, cette formalité s'effectue sur le guichet unique de l'INPI. Le numéro SIRET obtenu est indispensable pour déclarer les revenus BIC.
Structurer la fiscalité d'un portefeuille meublé suppose de vérifier chaque année le respect des seuils LMNP et d'anticiper un éventuel basculement en LMP.
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Le loueur en meublé non professionnel dispose de 2 régimes d'imposition. Le choix entre les deux détermine le montant d'impôt effectivement dû.
Le micro-BIC s'applique de plein droit lorsque les recettes annuelles ne dépassent pas 77 700 € pour une location meublée classique (ou 15 000 € pour les meublés de tourisme non classés depuis la loi de finances 2024). L'administration applique un abattement forfaitaire de 50 % sur les recettes, censé couvrir l'ensemble des charges. Le contribuable est imposé sur les 50 % restants, au barème progressif de l'impôt sur le revenu, majorés des prélèvements sociaux à 17,2 %.
Le régime réel permet de déduire les charges réelles : intérêts d'emprunt, travaux, assurance, frais de gestion, taxe foncière, honoraires comptables. Il autorise surtout l'amortissement du bien et du mobilier, mécanisme qui réduit, voire annule, le résultat imposable pendant plusieurs années.
| Critère | Micro-BIC | Régime réel |
|---|---|---|
| Abattement / déduction | 50 % forfaitaire | Charges réelles + amortissements |
| Seuil de recettes | ≤ 77 700 € | Pas de plafond |
| Obligation comptable | Aucune | Liasse fiscale (bilan + compte de résultat) |
| Intérêt principal | Simplicité | Optimisation fiscale sur biens à forte valeur |
Pour un bien acquis à crédit avec des charges élevées, le régime réel génère en général une économie d'impôt supérieure. L'option se formule auprès du service des impôts avant la date limite de déclaration et engage le contribuable pour une durée minimale de 2 ans.
L'amortissement consiste à répartir comptablement le coût d'acquisition du bien sur sa durée d'utilisation estimée. En LMNP au régime réel, le bien est décomposé en plusieurs composants, chacun amorti sur une durée propre :
Le terrain, par nature non dépréciable, n'est jamais amorti. Sa quote-part est généralement estimée entre 10 % et 20 % du prix d'acquisition selon la localisation.
L'amortissement ne peut pas créer de déficit fiscal : il est plafonné au montant du résultat avant amortissement, après déduction des autres charges. L'excédent non imputé est reportable sans limitation de durée, ce qui constitue un stock d'amortissements différés mobilisable les années suivantes.
L'amortissement en LMNP requiert une comptabilité rigoureuse et une ventilation précise des composants, sous peine de redressement.
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Jusqu'en 2024, la revente d'un bien en LMNP relevait du régime des plus-values des particuliers. La plus-value était calculée sur la différence entre le prix de cession et le prix d'acquisition, sans réintégration des amortissements pratiqués. Ce mécanisme permettait de déduire l'amortissement pendant la détention tout en bénéficiant d'une base de plus-value non majorée à la sortie.
La loi de finances pour 2025 (article 84) a modifié cette règle. Désormais, les amortissements déduits au titre de l'activité LMNP sont réintégrés dans le calcul de la plus-value imposable lors de la cession. Concrètement, le prix d'acquisition retenu pour le calcul est diminué du montant total des amortissements pratiqués, ce qui augmente mécaniquement la plus-value taxable.
Les abattements pour durée de détention continuent de s'appliquer : exonération totale d'impôt sur le revenu après 22 ans de détention, et de prélèvements sociaux après 30 ans. La réintégration des amortissements modifie toutefois le calcul de rentabilité nette sur la durée totale de l'investissement, en particulier pour les biens détenus moins de 15 ans.
Cette réforme impose de recalculer la stratégie de détention de chaque actif meublé en intégrant le coût fiscal de sortie.
Le choix du véhicule juridique et fiscal conditionne le traitement des revenus, des charges et des plus-values. Trois structures coexistent dans la gestion d'actifs meublés.
| Critère | LMNP | LMP | SCI à l'IS |
|---|---|---|---|
| Régime fiscal des revenus | BIC (IR) | BIC (IR) | IS (taux réduit 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice) |
| Amortissement | Oui (régime réel) | Oui | Oui |
| Cotisations sociales | Prélèvements sociaux 17,2 % | SSI (environ 35-45 % du bénéfice) | Pas de cotisations sur le résultat |
| Plus-value à la cession | Particuliers (avec réintégration depuis 2025) | Professionnelles (exonération possible après 5 ans sous conditions) | IS sur la plus-value nette |
| Imputation du déficit | Sur les BIC meublés uniquement | Sur le revenu global | Report sur bénéfices futurs |
Le statut LMP offre la possibilité d'imputer les déficits sur le revenu global et d'accéder à une exonération de plus-value après 5 ans d'activité, sous réserve que les recettes restent inférieures à 90 000 € en moyenne sur 2 ans. En contrepartie, il génère des cotisations sociales sur le bénéfice.
La SCI soumise à l'IS permet l'amortissement du bien et une imposition à taux réduit, mais la distribution des bénéfices aux associés subit une double imposition (IS + flat tax à 30 %). La cession des parts ou du bien est taxée sur la plus-value nette comptable, sans abattement pour durée de détention.
Le choix entre LMNP, LMP et SCI dépend du volume de recettes, de l'horizon de détention et de la stratégie patrimoniale globale.
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Oui. Le statut LMNP est précisément conçu pour les contribuables dont l'activité de location meublée n'est pas l'activité principale. Un salarié, un dirigeant ou un cadre peut détenir un ou plusieurs biens en LMNP, à condition que les recettes locatives restent inférieures à 23 000 € par an et aux autres revenus professionnels du foyer.
Le dépassement du seuil de 23 000 € entraîne le basculement automatique vers le statut LMP dès l'année concernée, à condition que les recettes meublées excèdent également les autres revenus d'activité du foyer. Ce changement implique l'affiliation au régime SSI et modifie le régime des plus-values applicable.
L'amortissement reste un levier de réduction de l'impôt pendant la phase de détention. Toutefois, la réintégration des amortissements dans la plus-value à la revente réduit l'avantage global. L'intérêt dépend de la durée de détention : au-delà de 22 ans, l'exonération de la plus-value au titre de l'IR neutralise en partie l'impact de la réintégration.
Oui. Les biens situés en résidences étudiantes, seniors ou de tourisme classées sont éligibles au LMNP, à condition de respecter les critères de meublé et les seuils de recettes. Le bail commercial signé avec l'exploitant de la résidence n'empêche pas l'application du régime BIC.
La loi n'impose pas le recours à un expert-comptable. En pratique, la production de la liasse fiscale (formulaires 2031 et 2033) et la gestion du tableau d'amortissement par composants rendent l'accompagnement comptable quasi indispensable pour éviter les erreurs de déclaration.
Impôt sur le revenu - Revenus d'une location meublée - Service-Public.fr
Les locations meublées - impots.gouv.fr
Location meublée longue durée : quels revenus déclarer ? - economie.gouv.fr
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