
Jullian Hoareau

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Ce que permet réellement l'intégration fiscale
Conditions du régime : détention à 95 % minimum
Périmètre du groupe et sociétés intégrables
Option, notification et engagement de cinq exercices
Obligations déclaratives annuelles de la société mère
Sortie du groupe : conséquences fiscales à anticiper
L'intégration fiscale est un régime prévu aux articles 223 A à 223 U du Code général des impôts (CGI). Il autorise un groupe de sociétés à consolider ses résultats fiscaux : les bénéfices des unes absorbent les déficits des autres, de sorte qu'un seul résultat d'ensemble est soumis à l'impôt sur les sociétés (IS).
En pratique, ce mécanisme réduit la charge d'IS du groupe tant que certaines entités sont déficitaires. Une holding qui détient 3 filiales — 2 bénéficiaires et 1 en phase de lancement — paie l'IS sur le solde net, et non sur la somme des bénéfices des 2 premières. Le déficit de la troisième vient directement diminuer la base imposable consolidée.
Le régime neutralise aussi certaines opérations intragroupe : abandons de créances, cessions d'immobilisations entre sociétés intégrées ou distributions de dividendes internes. Ces retraitements évitent une double imposition au sein du périmètre.
| Situation | Sans intégration fiscale | Avec intégration fiscale |
|---|---|---|
| Filiale A : bénéfice 500 k€ | IS calculé sur 500 k€ | Résultat consolidé |
| Filiale B : déficit –200 k€ | Déficit reporté chez B | Compensé immédiatement |
| Base imposable groupe | 500 k€ (seule A paie) | 300 k€ (résultat d'ensemble) |
Les conditions de l'intégration fiscale sont cumulatives et strictes. La société mère doit détenir, directement ou indirectement, au moins 95 % du capital de chaque filiale intégrée. Ce seuil s'apprécie en droits de vote et en droits à dividendes, de manière continue sur l'ensemble de l'exercice.
Toutes les sociétés du périmètre doivent remplir 3 critères simultanés :
La société mère ne doit pas elle-même être détenue à 95 % ou plus par une autre société soumise à l'IS en France. Si cette condition est rompue, c'est la société située au sommet de la chaîne de détention qui a vocation à se constituer tête de groupe.
Le BOFiP (Bulletin officiel des finances publiques) précise que le non-respect d'une seule de ces conditions, même temporaire, entraîne la sortie automatique de la filiale concernée du périmètre.
Vérifier la conformité de votre structure aux seuils de détention et aux conditions d'éligibilité évite des redressements coûteux.
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Le périmètre d'intégration fiscale comprend la société mère et l'ensemble des filiales qui remplissent les conditions décrites ci-dessus. Chaque filiale entre dans le périmètre dès que le seuil de 95 % est atteint et que l'option est exercée à son égard.
L'intégration fiscale horizontale vise un cas particulier : des sociétés sœurs françaises détenues à 95 % par une entité mère établie dans un État membre de l'Union européenne ou de l'Espace économique européen, mais non soumise à l'IS en France. L'une des sociétés sœurs est alors désignée comme société mère « pivot » du groupe intégré français.
| Type d'intégration | Société mère | Filiales |
|---|---|---|
| Verticale (classique) | Société française soumise à l'IS | Filiales françaises détenues à ≥ 95 % |
| Horizontale | Entité UE/EEE non résidente fiscale en France | Sociétés sœurs françaises, pivot désigné |
Les sociétés exonérées d'IS, celles bénéficiant d'un régime d'imposition forfaitaire ou celles dont l'exercice ne coïncide pas avec celui de la mère ne peuvent pas intégrer le périmètre.
L'option pour le régime d'intégration fiscale est exercée par la société mère. Elle doit notifier son choix au service des impôts des entreprises dont elle dépend, avant la date limite de dépôt de la déclaration de résultats du premier exercice concerné.
La date limite pour notifier l'option coïncide donc avec la date de dépôt de la liasse fiscale. Pour un exercice clos au 31 décembre, cette échéance tombe en principe le deuxième jour ouvré suivant le 1er mai.
L'option vaut pour une durée de 5 exercices. Elle est renouvelable par tacite reconduction pour des périodes identiques, sauf dénonciation expresse. Au titre du premier exercice d'intégration fiscale, chaque filiale doit donner son accord formel à son intégration dans le périmètre.
Structurer l'option et le calendrier de notification avec un avocat fiscaliste limite le risque de forclusion.
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Chaque année, la société mère assume la charge déclarative du groupe intégré. Elle dépose auprès de l'administration fiscale :
Chaque filiale continue de déposer sa propre liasse fiscale individuelle, mais l'IS est acquitté par la seule société mère sur le résultat d'ensemble. En cas d'erreur ou d'omission dans ces déclarations, c'est la mère qui supporte le redressement.
La sortie d'une filiale du périmètre — par cession, dilution sous le seuil de 95 %, changement de régime fiscal ou cessation d'activité — produit des effets fiscaux immédiats.
Les neutralisations opérées pendant la période d'intégration sont réintégrées dans le résultat d'ensemble l'année de la sortie. Concrètement, les plus-values internes différées, les provisions intragroupe neutralisées et les abandons de créances redeviennent imposables.
Si la société mère elle-même cesse de remplir les conditions — par exemple, si elle est absorbée ou si elle passe sous un régime d'exonération — le groupe intégré disparaît. L'ensemble des réintégrations est alors exigible en une seule fois, ce qui peut générer un rappel d'IS conséquent.
| Événement déclencheur | Conséquence fiscale |
|---|---|
| Cession d'une filiale (passage sous 95 %) | Sortie de la filiale, réintégrations liées à cette filiale |
| Absorption de la société mère | Cessation du groupe, réintégrations globales |
| Changement de date de clôture d'une filiale | Sortie automatique de la filiale |
| Non-renouvellement de l'option à 5 ans | Fin du groupe, réintégrations globales |
Le sort des déficits d'ensemble non encore imputés dépend de l'origine du déficit : s'il provient d'une filiale sortante, il reste acquis au groupe ; s'il provient de la mère, il lui revient. Les conventions d'intégration entre la mère et ses filiales déterminent la répartition de la charge d'IS et doivent anticiper ces scénarios.
Anticiper les conséquences d'une sortie de périmètre permet de sécuriser la charge fiscale du groupe.
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La société mère doit détenir au moins 95 % du capital de chaque filiale intégrée, directement ou indirectement. Ce seuil doit être respecté de manière continue pendant toute la durée de l'exercice. Un passage même temporaire sous ce seuil entraîne la sortie de la filiale du périmètre.
L'option engage le groupe pour une durée de 5 exercices. Elle est renouvelable par tacite reconduction. Une dénonciation expresse est nécessaire pour y mettre fin à l'échéance de chaque période quinquennale.
L'intégration fiscale horizontale permet à des sociétés sœurs françaises, détenues à 95 % par une entité mère établie dans l'UE ou l'EEE mais non soumise à l'IS en France, de former un groupe intégré. L'une des sociétés sœurs est désignée comme pivot pour porter le résultat d'ensemble.
Les neutralisations fiscales réalisées au profit de cette filiale pendant la période d'intégration sont réintégrées dans le résultat d'ensemble. Les plus-values internes différées et les provisions intragroupe neutralisées redeviennent imposables l'année de la sortie.
La notification doit parvenir au service des impôts avant la date limite de dépôt de la déclaration de résultats du premier exercice d'intégration. Pour un exercice clos au 31 décembre, cette échéance correspond en principe au deuxième jour ouvré suivant le 1er mai.
Intégration fiscale d'un groupe de sociétés - Bpifrance Création
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