
Jullian Hoareau

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1. Régime micro : quand le changement de statut s'impose
2. Rester en entreprise individuelle au régime réel
3. Créer une EURL ou une SASU : les étapes
4. Statut social du dirigeant : les différences à connaître
5. Fiscalité : imposition des bénéfices et de la rémunération
6. Continuité de l'activité : contrats, clients et engagements
Le régime micro est un régime fiscal et social simplifié réservé à l'entrepreneur individuel dont le chiffre d'affaires reste sous des seuils fixés par la loi et revalorisés périodiquement. Ces seuils étant revalorisés, seul le barème publié sur service-public.fr fait foi au moment de la décision. Lorsque l'activité franchit durablement ces limites, le changement de régime micro-entrepreneur intervient : l'entreprise bascule au régime réel d'imposition. Or ce basculement est fiscal, et ne dit rien de la forme juridique. La micro-entreprise n'est pas une société, ni même une forme d'entreprise : c'est un régime appliqué à une entreprise individuelle. La question posée au dirigeant est donc double : quel régime d'imposition, et quelle structure ?
Le choix entre régime réel et création de société engage l'organisation juridique de l'activité pour plusieurs exercices. Un cadrage préalable évite les allers-retours.
Comprendre les options de création de sociétés
Sortir du régime micro n'oblige pas à créer une société. L'entrepreneur peut conserver son entreprise individuelle et passer au régime réel d'imposition. Le calcul du bénéfice change : les charges réelles sont déduites, ce qui suppose une comptabilité tenue et des déclarations plus détaillées. Le statut social ne bouge pas, car l'entrepreneur individuel reste travailleur non salarié. La responsabilité non plus : depuis le statut unique de l'entrepreneur individuel, le patrimoine personnel est en principe séparé du patrimoine professionnel. Cette voie évite la rédaction de statuts, le dépôt des comptes annuels et le transfert des contrats. Elle convient tant que l'activité reste portée par une seule personne et n'appelle ni associé, ni levée de fonds, ni transmission organisée.
Aucune procédure ne transforme une micro-entreprise en société. L'opération consiste à créer une structure nouvelle, puis à cesser l'activité individuelle, les formalités passant par le guichet unique des formalités des entreprises tenu par l'INPI.
L'ordre compte : cesser l'activité individuelle avant que la société ne puisse facturer laisse les clients sans interlocuteur contractuel.
Les statuts, l'apport du fonds et la cessation de l'activité individuelle se coordonnent dans un ordre précis. Une erreur de séquence interrompt l'exploitation.
Faire encadrer la création de sa société
Le choix de la structure fixe le statut social du dirigeant, et ce point pèse souvent autant que la fiscalité. Le président de SASU est assimilé salarié : il relève du régime général de la sécurité sociale. Le gérant associé unique d'EURL est un travailleur non salarié, comme l'entrepreneur individuel. La différence porte sur le régime de rattachement, sur l'assiette des cotisations et sur les droits ouverts en contrepartie.
| Structure | Statut du dirigeant | Régime de rattachement |
|---|---|---|
| Entreprise individuelle | Travailleur non salarié | Régime des travailleurs indépendants |
| EURL, gérant associé unique | Travailleur non salarié | Régime des travailleurs indépendants |
| SASU, président | Assimilé salarié | Régime général de la sécurité sociale |
Les taux de cotisation et les droits associés sont révisés régulièrement : ils se vérifient sur le barème officiel publié par service-public.fr et se chiffrent avec un avocat au regard de la rémunération envisagée.
La fiscalité se joue à deux niveaux : l'imposition du résultat, puis celle de ce que le dirigeant se verse. En entreprise individuelle, le bénéfice est imposé entre les mains de l'exploitant, sans séparation entre rémunération et résultat. En société soumise à l'impôt sur les sociétés, le bénéfice est taxé au niveau de la société, et la rémunération comme les dividendes suivent des règles distinctes.
| Structure | Imposition par défaut | Option possible |
|---|---|---|
| Entreprise individuelle | Impôt sur le revenu | Impôt sur les sociétés |
| EURL à associé unique personne physique | Impôt sur le revenu | Impôt sur les sociétés |
| SASU | Impôt sur les sociétés | Impôt sur le revenu, à titre temporaire |
L'option fiscale ne se règle pas d'une année sur l'autre au gré des résultats : elle s'anticipe avant l'immatriculation, en confrontant les taux en vigueur au projet de rémunération et de distribution.
Le statut social et l'option fiscale se figent à la rédaction des statuts et se corrigent difficilement ensuite. Un arbitrage documenté limite les mauvaises surprises.
Arbitrer entre EURL et SASU
La création de la société ne fait pas migrer l'activité. Les moyens d'exploitation doivent lui être transférés par apport ou par cession : fonds, matériel, clientèle. À défaut, la société est immatriculée mais vide, et l'activité se poursuit juridiquement dans l'entreprise individuelle.
Les contrats ne suivent pas davantage. La cession d'un contrat suppose l'accord du cocontractant, sauf clause ou mécanisme légal contraire. Chaque engagement se reprend séparément :
Un contrat oublié reste au nom de l'entrepreneur individuel, ce qui désaligne la facturation et la couverture d'assurance de la réalité de l'exploitation.
Non. Le régime micro est un régime d'imposition, pas une forme juridique. L'entrepreneur peut rester en entreprise individuelle et passer au régime réel. La création d'une société répond à d'autres besoins : responsabilité, association, financement, transmission.
La SASU place le dirigeant sous le régime général de la sécurité sociale en qualité d'assimilé salarié et soumet le bénéfice à l'impôt sur les sociétés par défaut. Elle sépare la rémunération du résultat. Ces effets se comparent au cas par cas avec ceux de l'EURL.
Le dépassement des seuils du régime micro déclenche le passage au régime réel, pas la création d'une société. Le moment se choisit en fonction du niveau de rémunération, du besoin de protection sociale et des projets d'association.
Aucune transformation n'existe. Il faut créer l'EURL, lui transférer les moyens d'exploitation, puis déclarer la cessation de l'activité individuelle. Les formalités passent par le guichet unique de l'INPI.
Non. La cession d'un contrat suppose l'accord du cocontractant, sauf clause ou mécanisme légal contraire. Baux, contrats-cadres, licences, financements et assurances se reprennent un par un, avant la cessation de l'activité individuelle.
Régime fiscal de la micro-entreprise - Entreprendre.Service-Public.fr
Fiscalité de la société par actions simplifiée (SAS) - Entreprendre.Service-Public.fr
Protection sociale du commerçant et de l'artisan - Entreprendre.Service-Public.fr
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