
Jullian Hoareau

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Ce qu'est l'autoliquidation de la TVA
Sous-traitance de travaux immobiliers : article 283, 2 nonies
Autres cas d'autoliquidation prévus par le CGI
Mentions obligatoires sur la facture du sous-traitant
Déclaration de la TVA autoliquidée sur la CA3
Chaînes de sous-traitance et vérifications à mener
Sanctions applicables en cas d'erreur ou d'omission
En principe, la TVA est due par la personne qui réalise la livraison de biens ou la prestation de services. C'est la règle posée par l'article 283, 1 du CGI : le fournisseur collecte la taxe, la facture à son client, puis la reverse au Trésor public.
L'autoliquidation de la TVA constitue une exception à ce schéma. Le mécanisme transfère l'obligation de paiement de la taxe du fournisseur vers le preneur ou l'acquéreur, à condition que celui-ci soit lui-même assujetti. Concrètement, le fournisseur émet une facture hors taxe. Le client calcule la TVA due, la déclare sur sa propre déclaration, puis la déduit dans le même formulaire. L'opération est donc neutre en trésorerie pour le preneur : la taxe collectée et la taxe déductible s'annulent sur la même ligne de déclaration.
Ce transfert de redevabilité poursuit un objectif de lutte contre la fraude. En supprimant le décalage entre la collecte par le fournisseur et la déduction par le client, l'administration fiscale réduit le risque de TVA collectée non reversée.
Pour la direction financière, l'enjeu est double : identifier avec certitude les opérations concernées et sécuriser la chaîne documentaire, de la facture à la déclaration CA3.
Depuis le 1er janvier 2014, l'article 283, 2 nonies du CGI impose l'autoliquidation pour les travaux de construction réalisés en sous-traitance en relation avec un bien immobilier. Le texte vise les travaux de construction, de réparation, de nettoyage, d'entretien, de transformation et de démolition effectués par une entreprise sous-traitante, au sens de l'article 1er de la loi n° 75-1334 du 31 décembre 1975, pour le compte d'un preneur assujetti.
Le dispositif couvre toute relation de sous-traitance au sens strict : l'entreprise principale confie à un sous-traitant l'exécution de tout ou partie du contrat conclu avec le maître d'ouvrage. En revanche, la relation directe entre le maître d'ouvrage et l'entreprise principale reste soumise au régime de droit commun. L'entreprise principale facture donc la TVA au maître d'ouvrage de manière classique.
La location de matériel sans opérateur est également exclue du mécanisme. Seuls les travaux immobiliers réalisés avec de la main-d'œuvre qualifient la sous-traitance visée par le texte.
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Le CGI prévoit plusieurs autres situations dans lesquelles la TVA est autoliquidée par le preneur ou l'acquéreur. Le tableau ci-dessous synthétise les cas les plus fréquents pour une direction financière.
| Opération | Base légale (CGI) | Redevable |
|---|---|---|
| Acquisition intracommunautaire de biens | Art. 283, 2 | Acquéreur assujetti français |
| Prestation de services d'un prestataire établi hors de France | Art. 283, 2 | Preneur assujetti français |
| Livraison de déchets neufs d'industrie et matières de récupération | Art. 283, 2 sexies | Acquéreur assujetti |
| Livraison de gaz naturel et d'électricité par un fournisseur étranger | Art. 283, 2 quinquies | Acquéreur assujetti |
| TVA à l'importation (depuis le 1er janvier 2022) | Art. 1695, II | Importateur assujetti |
Lorsqu'une entreprise française achète des biens à un fournisseur établi dans un autre État membre de l'UE, elle autoliquide la TVA française sur la valeur d'acquisition. Le fournisseur étranger facture hors taxe.
Le même principe s'applique aux prestations de services fournies par un prestataire établi hors de France à un preneur assujetti français. Le preneur déclare et déduit la TVA sur sa CA3.
Depuis le 1er janvier 2022, la TVA à l'importation est obligatoirement autoliquidée sur la déclaration de TVA de l'importateur assujetti. Ce transfert, auparavant optionnel, supprime l'avance de trésorerie que représentait le paiement de la TVA en douane.
Le sous-traitant qui applique l'autoliquidation émet une facture hors taxe. Aucun montant de TVA ne doit figurer sur le document. La facture doit porter la mention « Autoliquidation », exigée par l'article 242 nonies A de l'annexe II au CGI lorsque l'acquéreur ou le preneur est redevable de la taxe.
| Élément | Exigence |
|---|---|
| Montant HT | Obligatoire, détaillé par nature de prestation |
| Taux de TVA | Ne doit pas figurer |
| Montant de TVA | Ne doit pas figurer |
| Mention « Autoliquidation » | Obligatoire |
| Identité et numéro de TVA intracommunautaire du preneur | Obligatoire |
| Référence au contrat de sous-traitance | Recommandée pour traçabilité |
Une facturation erronée, avec TVA apparente alors que l'autoliquidation s'applique, expose le preneur à un refus de déduction par l'administration. La TVA facturée à tort par le sous-traitant reste due au Trésor, mais le preneur ne peut pas la déduire. Le risque financier pèse donc sur les deux parties.
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Le preneur assujetti déclare l'opération sur le formulaire CA3 (déclaration mensuelle ou trimestrielle de TVA) en 2 étapes symétriques.
Le solde net est nul lorsque le droit à déduction est intégral. En cas de coefficient de déduction inférieur à 1, un différentiel subsiste.
Le sous-traitant déclare le montant hors taxe de l'opération en « Autres opérations non imposables » sur sa propre CA3. Il ne collecte aucune TVA et n'a donc rien à reverser au titre de cette opération.
| Acteur | Ligne CA3 | Montant déclaré |
|---|---|---|
| Preneur | Autres opérations imposables | Base HT |
| Preneur | TVA déductible | TVA calculée sur la base HT |
| Sous-traitant | Autres opérations non imposables | Base HT |
L'autoliquidation s'applique à chaque rang de la chaîne de sous-traitance. Lorsqu'un sous-traitant de rang 1 confie une partie des travaux à un sous-traitant de rang 2, ce dernier facture hors taxe et le sous-traitant de rang 1 autoliquide la TVA. Le mécanisme se répète à chaque niveau.
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Le non-respect des règles d'autoliquidation expose l'entreprise à des sanctions financières prévues par le CGI.
Lorsque le preneur omet d'autoliquider la TVA alors qu'il y est tenu, il s'expose à une amende égale à 5 % de la somme déductible. Cette amende s'applique même si la TVA aurait été intégralement déductible, car l'administration sanctionne le manquement déclaratif indépendamment de l'impact financier réel.
Les omissions ou inexactitudes portant sur les mentions obligatoires de la facture donnent lieu à une amende de 15 € par mention manquante ou erronée. Cette amende est plafonnée au quart du montant facturé par facture concernée.
Si le sous-traitant facture la TVA alors que l'autoliquidation s'applique, la taxe facturée reste due au Trésor par le sous-traitant. Le preneur, de son côté, ne peut pas déduire cette TVA. Le coût de l'erreur est donc supporté par l'une ou l'autre des parties, selon les accords contractuels.
| Type d'infraction | Sanction | Base de calcul |
|---|---|---|
| Défaut d'autoliquidation par le preneur | 5 % de la somme déductible | Montant de TVA non déclaré |
| Mention obligatoire manquante sur facture | 15 € par mention | Plafond : 25 % du montant facturé |
| TVA facturée à tort par le sous-traitant | TVA due mais non déductible par le preneur | Montant de TVA figurant sur la facture |
La direction financière a donc intérêt à mettre en place un contrôle systématique des factures de sous-traitance, tant à l'émission qu'à la réception, pour prévenir ces risques.
Non. L'autoliquidation prévue par l'article 283, 2 nonies du CGI ne concerne que les relations de sous-traitance. L'entreprise principale facture la TVA au maître d'ouvrage selon le régime de droit commun.
La TVA facturée reste due au Trésor par le sous-traitant. En revanche, le preneur ne peut pas la déduire. L'erreur génère un surcoût pour l'une des parties et doit être corrigée par une facture rectificative.
Trois conditions cumulatives doivent être réunies : les travaux portent sur un bien immobilier, ils sont réalisés dans le cadre d'un contrat de sous-traitance au sens de la loi de 1975, et le preneur est assujetti à la TVA.
Oui. Depuis le 1er janvier 2022, tout importateur assujetti autoliquide la TVA à l'importation directement sur sa déclaration CA3. Le paiement en douane n'est plus requis.
Le preneur qui omet d'autoliquider la TVA s'expose à une amende de 5 % de la somme déductible. Cette sanction s'applique même si la TVA aurait été intégralement déductible.
TVA - Redevable de la taxe - Détermination du redevable (BOI-TVA-DECLA-10-10-20) - BOFiP
Autoliquidation des travaux de construction - modalités de facturation - BOFiP
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