
Jullian Hoareau

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1. Le statut fiscal du dirigeant de SAS
2. La rémunération : traitements et salaires, case 1AJ
3. Les dividendes : revenus de capitaux mobiliers, case 2DC
4. PFU ou barème progressif : l'arbitrage de la case 2OP
5. Ce qui change pour les revenus perçus en 2026
6. Erreurs fréquentes et conséquences d'une déclaration inexacte
Le président de SAS ou de SASU relève du régime des assimilés salariés. Ce statut ne dépend pas d'un contrat de travail : il découle du mandat social. Conséquence directe pour la déclaration de revenus du dirigeant de SAS : sa rémunération de mandataire social est imposée dans la catégorie des traitements et salaires.
Cette qualification ne couvre toutefois qu'une partie de ses revenus. Lorsque le dirigeant est aussi actionnaire, il peut percevoir des dividendes, qui rémunèrent le capital et non le travail. Ces sommes relèvent d'une autre catégorie fiscale, avec ses propres cases et ses propres règles de calcul.
C'est de cette distinction que naissent la plupart des erreurs de déclaration : le dirigeant raisonne en revenus perçus, l'administration en catégories d'imposition.
La rémunération versée au titre du mandat social se déclare sur le formulaire 2042, rubrique « Traitements, salaires, pensions et rentes ». Le montant revient en case 1AJ pour le déclarant 1. La déclaration de revenus du président de SAS suit donc le même circuit que celle d'un salarié.
Cette case est pré-remplie par l'administration à partir des données transmises par la société. Le pré-remplissage n'est pas une garantie d'exactitude : lorsque le montant affiché ne correspond pas au montant versé, le contribuable peut le corriger. Un rappel de rémunération ou un changement de dirigeant en cours d'année suffit à créer un écart.
La vérification consiste à comparer la case 1AJ aux montants comptabilisés au titre de la rémunération du président, et à rectifier si l'écart est confirmé.
Un écart entre la rémunération versée et le montant déclaré se traite plus simplement avant le dépôt qu'après une demande de l'administration.
Comprendre la fiscalité du dirigeant
Les dividendes ne se déclarent jamais dans la rubrique des traitements et salaires. Ils appartiennent aux revenus de capitaux mobiliers, une rubrique distincte de la déclaration 2042. Confondre les deux fausse l'assiette et le calcul de l'impôt.
Deux cases structurent cette déclaration des dividendes de SAS. Le montant brut perçu se porte en case 2DC. L'acompte d'impôt sur le revenu de 12,8 % déjà prélevé à la source par la société se porte en case 2CK. Cet acompte n'est pas un impôt définitif : il s'impute sur l'impôt finalement dû, et l'excédent éventuel est restitué au contribuable.
| Nature du revenu | Rubrique de la déclaration 2042 | Case |
|---|---|---|
| Rémunération de mandataire social | Traitements et salaires | 1AJ |
| Dividendes, montant brut | Revenus de capitaux mobiliers | 2DC |
| Acompte de 12,8 % déjà prélevé | Revenus de capitaux mobiliers | 2CK |
Oublier la case 2CK revient à payer deux fois.
Par défaut, les dividendes sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU), couramment appelé flat tax. Aucune démarche n'est nécessaire : c'est le régime de droit commun.
La case 2OP sert uniquement à y renoncer. La cocher signifie opter pour l'imposition au barème progressif de l'impôt sur le revenu. Cette option produit deux effets favorables : les dividendes bénéficient d'un abattement de 40 % appliqué automatiquement par l'administration sur le montant brut, et une fraction de la CSG devient déductible du revenu global. Les prélèvements sociaux, eux, restent dus sur le montant brut, sans abattement.
L'option est globale : elle s'applique à l'ensemble des revenus de capitaux mobiliers et des plus-values mobilières du foyer fiscal pour l'année concernée. L'option reste révocable d'une année sur l'autre : le choix se rejoue à chaque déclaration de revenus.
L'option de la case 2OP engage l'ensemble des revenus mobiliers du foyer pour l'année : elle se chiffre avant d'être cochée.
Voir la page fiscalité du dirigeant
Pour les revenus de capitaux mobiliers perçus jusqu'au 31 décembre 2025, le taux global du PFU s'établit à 30 %, soit 12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. C'est ce taux qui s'applique aux dividendes déclarés au printemps 2026 au titre de 2025.
Pour les revenus de capitaux mobiliers perçus à compter du 1er janvier 2026, le taux global passe à 31,4 %. La part d'impôt sur le revenu reste à 12,8 %. Ce sont les prélèvements sociaux qui augmentent, à 18,6 %, du fait d'une hausse de la CSG de 1,4 point.
| Revenus perçus | Impôt sur le revenu | Prélèvements sociaux | Taux global |
|---|---|---|---|
| Jusqu'au 31 décembre 2025 | 12,8 % | 17,2 % | 30 % |
| À compter du 1er janvier 2026 | 12,8 % | 18,6 % | 31,4 % |
L'écart de 1,4 point ne modifie pas les cases à servir. Il déplace en revanche le point d'équilibre entre PFU et barème progressif : un arbitrage rendu au titre de 2025 ne se transpose pas mécaniquement aux dividendes versés en 2026.
Quatre erreurs reviennent régulièrement dans la déclaration de revenus d'un président de SAS :
Une déclaration inexacte se corrige. Lorsque l'administration la rectifie elle-même, le rappel d'impôt s'accompagne des intérêts de retard et, selon les cas, des majorations prévues par les textes. La régularisation spontanée avant tout contrôle place le dirigeant dans une position plus favorable.
Le partage entre rémunération et dividendes se décide au niveau de la société avant de se traduire dans une case de déclaration.
Fiscalité du dirigeant de société
Oui. Le président de SAS relève des assimilés salariés : sa rémunération de mandataire social entre dans la catégorie des traitements et salaires et se porte en case 1AJ de la déclaration 2042.
Le montant brut des dividendes se porte en case 2DC, dans la rubrique des revenus de capitaux mobiliers. L'acompte d'impôt sur le revenu de 12,8 % déjà prélevé par la société se reporte en case 2CK.
La case 2OP n'a d'intérêt que pour renoncer au PFU et opter pour le barème progressif. Elle ouvre l'abattement de 40 % sur les dividendes bruts, mais engage tous les revenus de capitaux mobiliers et plus-values mobilières du foyer.
Non. Elle vaut pour l'année concernée et se révoque d'une année sur l'autre. Le calcul se refait donc à chaque déclaration, en fonction des revenus mobiliers effectivement perçus par le foyer.
Oui. Les montants pré-remplis peuvent être corrigés par le contribuable lorsqu'ils sont inexacts. La vérification porte sur la rémunération déclarée en case 1AJ et sur les dividendes portés en cases 2DC et 2CK.
J'ai des valeurs mobilières, comment sont-elles imposées ? - impots.gouv.fr
Évolution du taux du Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) - Entreprendre.Service-Public.fr
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