
Jullian Hoareau

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Rôle et statut juridique du président
Nomination du président : statuts ou acte séparé ?
Étendue et limites de ses pouvoirs
Rémunération et régime social du président
Responsabilités civile et pénale du dirigeant
Différences entre président de SAS et SASU
Le président de SAS (société par actions simplifiée) est le seul organe de direction que le Code de commerce impose. L'article L. 227-6 dispose qu'il représente la société à l'égard des tiers. Personne physique ou personne morale, française ou étrangère, il engage la société par sa signature sur les contrats, les baux, les emprunts ou les actes administratifs.
Son statut est celui de mandataire social. Il n'est pas salarié au sens du droit du travail, sauf s'il cumule un contrat de travail distinct portant sur des fonctions techniques séparées. Ce mandat social lui confère une autonomie de gestion étendue, mais aussi une exposition personnelle en cas de faute.
Dans une SASU (SAS à associé unique), le président est souvent l'associé unique lui-même. Cette concentration des rôles accélère la prise de décision, car il n'y a ni assemblée générale à convoquer ni consensus à rechercher. En contrepartie, aucun contre-pouvoir interne ne vient corriger une erreur de gestion.
Deux mécanismes coexistent. Le premier consiste à désigner le président directement dans les statuts, dès la constitution de la société. Le second passe par un acte séparé, une décision collective des associés ou, en SASU, une décision de l'associé unique.
La nomination dans un acte séparé présente un avantage pratique : changer de président ne nécessite pas de modifier les statuts, ce qui réduit les formalités et les coûts (publication légale, greffe). En revanche, la nomination statutaire offre une visibilité immédiate à tout lecteur des statuts.
| Critère | Nomination statutaire | Acte séparé |
|---|---|---|
| Modification en cas de changement | Modification des statuts obligatoire | Simple décision collective |
| Coût de changement | Plus élevé (greffe + publication) | Réduit |
| Visibilité | Directe dans les statuts | Document annexe |
| Recommandation courante | Première nomination | Nominations ultérieures |
La durée du mandat est libre. Les statuts peuvent prévoir un mandat de 3 ans renouvelable, un mandat à durée indéterminée ou un terme fixe. En l'absence de précision, le président reste en fonction jusqu'à sa révocation ou sa démission.
Rédiger des statuts précis sur la nomination et la durée du mandat du président évite les blocages de gouvernance.
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À l'égard des tiers, le président dispose de pouvoirs illimités pour engager la société. Toute clause statutaire restreignant ses pouvoirs est inopposable aux tiers (article L. 227-6 du Code de commerce). Un fournisseur ou un bailleur n'a donc pas à vérifier si le président avait le droit de signer un contrat donné.
En interne, les statuts peuvent toutefois fixer des plafonds. Par exemple :
Le non-respect de ces limites internes n'annule pas l'acte vis-à-vis du tiers, mais engage la responsabilité du président envers la société et ses associés. Des statuts imprécis sur ces seuils exposent le dirigeant à des contestations internes sans base juridique claire.
Les associés peuvent aussi créer un directeur général ou un comité de direction pour partager les pouvoirs exécutifs. Cette faculté, prévue par l'article L. 227-6 alinéa 3, permet de répartir les responsabilités opérationnelles tout en conservant un président représentant légal unique.
Le président de SAS ou SASU relève du régime général de la Sécurité sociale en tant qu'assimilé salarié. Il bénéficie de la même couverture maladie, retraite de base et complémentaire qu'un salarié classique, à une exception notable : il ne cotise pas à l'assurance chômage et n'y a donc pas droit.
Sa rémunération est fixée librement par les associés (ou par l'associé unique en SASU), dans les statuts ou par décision collective. Elle peut prendre plusieurs formes :
| Composante | Charges sociales | Fiscalité |
|---|---|---|
| Rémunération (fixe/variable) | ~75 % du net (part patronale + salariale) | Impôt sur le revenu (traitements et salaires) |
| Dividendes | Pas de cotisations sociales (hors CSG/CRDS) | Flat tax 30 % ou barème progressif |
Un président non rémunéré ne paie aucune cotisation et ne bénéficie d'aucune protection sociale au titre de son mandat. Cette situation, fréquente en phase de lancement, crée un vide de couverture à anticiper.
Le choix entre rémunération et dividendes a un impact direct sur la protection sociale et la fiscalité du dirigeant.
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Le président de SAS engage sa responsabilité sur deux terrains distincts.
Il répond des fautes de gestion commises dans l'exercice de ses fonctions. L'article L. 225-251 du Code de commerce, applicable par renvoi, vise les violations de la loi, des statuts ou les fautes de gestion ayant causé un préjudice à la société. Exemples concrets : conclusion d'un contrat désavantageux sans mandat, omission de déclaration de cessation des paiements dans le délai de 45 jours, ou distribution de dividendes fictifs.
En cas de procédure collective (redressement ou liquidation judiciaire), le tribunal peut prononcer une action en comblement de passif si une faute de gestion a contribué à l'insuffisance d'actif. Le dirigeant supporte alors sur son patrimoine personnel tout ou partie des dettes sociales.
Le président peut être poursuivi pour abus de biens sociaux (article L. 242-6 du Code de commerce), présentation de comptes infidèles ou distribution de dividendes fictifs. Les peines encourues vont jusqu'à 5 ans d'emprisonnement et 375 000 € d'amende pour l'abus de biens sociaux.
La responsabilité pénale est personnelle : elle ne peut être transférée ni couverte par une assurance.
Le statut juridique du président est identique dans les 2 structures. Les différences tiennent à l'environnement décisionnel.
| Critère | SAS (pluripersonnelle) | SASU |
|---|---|---|
| Organe de décision | Collectivité des associés | Associé unique |
| Contrôle du président | Contre-pouvoirs statutaires possibles | Auto-contrôle si président = associé unique |
| Formalisme des décisions | PV d'assemblée | Décisions unilatérales consignées dans un registre |
| Commissaire aux comptes | Obligatoire si 2 des 3 seuils dépassés | Mêmes seuils |
| Risque de gouvernance | Conflits entre associés | Concentration des risques sur une personne |
En SASU, le président-associé unique prend seul les décisions relevant normalement de l'assemblée. Cette souplesse accélère la gestion courante, mais supprime tout mécanisme de validation croisée. Un accompagnement juridique ponctuel compense l'absence de contre-pouvoir interne.
Des statuts bien rédigés protègent le président et structurent la prise de décision, que la société compte 1 ou 50 associés.
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Oui. L'article L. 227-6 du Code de commerce autorise la désignation d'une personne morale comme président. Dans ce cas, ses dirigeants exercent les fonctions de présidence au nom de cette entité et encourent les mêmes responsabilités.
Non. En l'absence de rémunération, aucune cotisation n'est versée et le président ne bénéficie d'aucune protection au titre du régime général. Il doit souscrire une couverture individuelle (mutuelle, prévoyance) pour pallier ce vide.
Les conditions de révocation sont fixées par les statuts. Ils peuvent prévoir une révocation ad nutum (sans motif) ou pour juste motif uniquement. En l'absence de clause, la jurisprudence considère que la révocation sans juste motif peut ouvrir droit à des dommages-intérêts.
Oui, à condition que le contrat porte sur des fonctions techniques distinctes du mandat social, qu'il existe un lien de subordination effectif et qu'une rémunération séparée soit versée. En SASU, ce cumul est difficile à établir lorsque le président est aussi l'associé unique.
Les statuts peuvent fixer des seuils d'engagement (montant maximal des contrats, interdiction de certaines opérations sans accord préalable). Ces clauses sont inopposables aux tiers mais permettent d'engager la responsabilité interne du président en cas de dépassement.
Code de commerce - Article L227-6 - Légifrance
Prise de décisions dans une SASU - Service-Public
Fiscalité de la SAS - Service-Public
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