
Jullian Hoareau

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SARL de famille et SCI : deux régimes
Différences clés entre SARL et SCI
Fiscalité : IR, IS et amortissement comparés
Location meublée : quel statut privilégier ?
Transmission et cession de parts
SARL ou SCI : critères pour trancher
Lorsqu'un dirigeant de PME souhaite loger un patrimoine immobilier dans une société, deux structures reviennent systématiquement : la SARL (souvent dite « de famille ») et la SCI. Derrière ces acronymes, deux logiques juridiques distinctes coexistent.
La SCI (société civile immobilière) est une société civile. Son objet se limite à la détention et à la gestion d'immeubles. Elle ne peut pas exercer d'activité commerciale de manière habituelle sans risquer une requalification fiscale. Par défaut, ses résultats sont imposés à l'IR entre les mains des associés, proportionnellement à leurs parts.
La SARL de famille est une SARL classique dont tous les associés appartiennent à la même famille (parents en ligne directe, frères et sœurs, conjoints ou partenaires de PACS). Elle relève normalement de l'impôt sur les sociétés (IS), mais l'article 239 bis AA du Code général des impôts lui ouvre une option pour l'IR, à condition que l'activité soit industrielle, commerciale, artisanale ou agricole. Cette option est révocable, mais la révocation est définitive.
En pratique, le choix entre ces deux formes détermine le régime fiscal applicable, la capacité à amortir le bien, les modalités de transmission et la latitude opérationnelle du gérant.
L'expression « SARL SCI » n'est pas un statut juridique. Elle traduit l'hésitation fréquente des dirigeants entre ces deux véhicules. Il n'existe pas de forme hybride : il faut choisir l'un ou l'autre, en fonction du projet immobilier.
| Critère | SCI | SARL de famille |
|---|---|---|
| Nature juridique | Société civile | Société commerciale |
| Objet social | Gestion immobilière uniquement | Activité commerciale autorisée |
| Régime fiscal par défaut | IR (transparence) | IS |
| Option IR | Non (régime natif) | Oui, sous conditions familiales |
| Nombre d'associés | 2 minimum, pas de maximum | 2 à 100 |
| Responsabilité des associés | Illimitée, proportionnelle aux parts | Limitée aux apports |
| Comptabilité obligatoire | Non (sauf option IS) | Oui, comptabilité commerciale |
La responsabilité illimitée des associés de SCI signifie qu'en cas de dette sociale, les créanciers peuvent poursuivre chaque associé sur son patrimoine personnel, à hauteur de sa quote-part. En SARL, la responsabilité est plafonnée au montant des apports, ce qui protège le patrimoine personnel du dirigeant.
Le choix fiscal constitue le pivot de la décision. Trois scénarios se distinguent.
SCI à l'IR : les revenus fonciers remontent directement dans la déclaration de chaque associé. Le taux marginal d'imposition peut atteindre 45 %, auxquels s'ajoutent 17,2 % de prélèvements sociaux. Aucun amortissement du bien n'est déductible ; seuls les intérêts d'emprunt et les charges réelles le sont.
SARL (ou SCI) à l'IS : le résultat est taxé au taux réduit de 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, puis 25 % au-delà. L'amortissement comptable du bâti (hors terrain) est déductible, généralement sur 20 à 30 ans. Sur un immeuble acquis 500 000 € (dont 400 000 € de bâti), cela représente environ 13 000 à 20 000 € de charges déductibles par an.
SARL de famille à l'IR : les bénéfices sont imposés entre les mains des associés dans la catégorie BIC (bénéfices industriels et commerciaux). L'amortissement reste déductible, ce qui constitue un avantage décisif par rapport à la SCI à l'IR.
| Régime | Amortissement déductible | Imposition des loyers | Plus-value à la cession |
|---|---|---|---|
| SCI à l'IR | Non | IR + prélèvements sociaux (jusqu'à 62,2 %) | Plus-value des particuliers (abattements pour durée) |
| SARL / SCI à l'IS | Oui | IS (15 % puis 25 %) | Plus-value professionnelle (base = prix – valeur nette comptable) |
| SARL de famille à l'IR | Oui (BIC) | IR catégorie BIC | Plus-value des particuliers |
La SARL de famille à l'IR cumule donc l'amortissement en phase de détention et le régime des plus-values des particuliers à la revente, avec exonération totale au bout de 22 ans (IR) et 30 ans (prélèvements sociaux).
La structuration fiscale d'un patrimoine immobilier conditionne la rentabilité nette sur toute la durée de détention.
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La location meublée est qualifiée d'activité commerciale par le droit fiscal. Cette qualification entraîne des conséquences directes sur le choix de la structure.
Une SCI qui pratique la location meublée de manière habituelle bascule automatiquement à l'IS, perdant le bénéfice de la transparence fiscale. Seule exception : la location meublée saisonnière qui ne dépasse pas 10 % des recettes totales de la SCI est tolérée par l'administration.
La SARL de famille est conçue pour ce cas de figure. Elle peut exercer une activité de location meublée tout en restant à l'IR, grâce à l'option prévue par l'article 239 bis AA du CGI. Le dirigeant bénéficie alors du régime LMNP (loueur en meublé non professionnel) ou LMP (loueur en meublé professionnel), avec amortissement du bien et du mobilier.
Pour un dirigeant qui envisage de la location meublée, la SARL de famille sécurise le montage fiscal là où la SCI l'expose à une requalification.
Les deux structures permettent de transmettre un patrimoine immobilier par donation de parts sociales plutôt que par cession directe du bien. Cette technique offre 3 avantages :
En SCI, le formalisme de cession est allégé : un acte sous seing privé suffit, sauf clause contraire des statuts. En SARL, la cession de parts nécessite un acte enregistré et le respect d'une procédure d'agrément si les statuts le prévoient.
La SCI reste donc plus souple pour organiser une transmission progressive, en particulier dans un cadre familial.
Structurer la transmission de parts sociales nécessite une rédaction statutaire précise dès la création de la société.
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Le choix repose sur 3 variables :
En résumé : la SCI est le véhicule patrimonial par défaut pour la détention passive. La SARL de famille prend le relais dès que l'activité devient commerciale ou que l'amortissement à l'IR constitue un levier fiscal recherché. Dans les deux cas, la rédaction des statuts conditionne la souplesse de gestion et de transmission sur le long terme.
Oui, mais l'opération implique un changement de forme sociale soumis à décision unanime des associés, modification des statuts et formalités au greffe. Elle déclenche en principe les conséquences fiscales d'une cessation d'activité (imposition des plus-values latentes), sauf si la société opte pour l'IS avant la transformation. Un accompagnement juridique est recommandé.
Non. L'option IR de la SARL de famille exige que tous les associés soient liés par un lien de parenté directe, entre frères et sœurs, ou entre conjoints et partenaires de PACS. L'entrée d'un associé extérieur à la famille fait perdre le bénéfice de l'option IR de manière définitive.
Les frais de greffe sont comparables (environ 70 € d'immatriculation). La différence porte sur la rédaction des statuts et les obligations comptables. La SARL impose une comptabilité commerciale annuelle, ce qui génère des honoraires d'expert-comptable de 1 500 à 3 000 € par an. La SCI à l'IR n'a pas cette obligation, sauf option IS.
Uniquement si elle opte pour l'IS. À l'IR, la SCI déduit les charges réelles (travaux, intérêts d'emprunt, assurance) mais pas l'amortissement du bâti. Ce point constitue l'un des écarts fiscaux déterminants avec la SARL de famille à l'IR.
La SARL limite la responsabilité des associés à leurs apports. En SCI, chaque associé est responsable des dettes sociales à proportion de ses parts, sur son patrimoine personnel. Pour un projet comportant un endettement élevé, la SARL offre une meilleure protection patrimoniale.
SARL à caractère familial : option pour le régime des sociétés de personnes - bofip.impots.gouv.fr
Société civile immobilière (SCI) - impots.gouv.fr
Création d'une société : rédaction et enregistrement des statuts - Entreprendre.Service-Public.fr
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