
Jullian Hoareau

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La SASU n'est soumise à aucun plafond de chiffre d'affaires
D'où vient la confusion avec la micro-entreprise
Seuils de TVA applicables à la SASU
Régimes d'imposition selon le chiffre d'affaires
Seuils déclenchant la nomination d'un commissaire aux comptes
Obligations comptables renforcées selon la taille
Anticiper le franchissement des seuils
Un fondateur qui crée une SASU peut facturer 10 000 €, 500 000 € ou 10 millions d'euros par an sans enfreindre aucune règle. Aucun article du Code de commerce ni du Code général des impôts ne fixe de plafond de chiffre d'affaires à la SASU. La forme sociale n'impose aucune limite d'activité.
La SASU est une société par actions simplifiée à associé unique. Elle relève du droit des sociétés commerciales, pas d'un régime fiscal conditionné à un niveau de recettes. Son chiffre d'affaires peut croître sans que la structure juridique devienne inadaptée ou illégale.
En revanche, plusieurs seuils légaux déclenchent des obligations nouvelles lorsque l'activité progresse : TVA, régime d'imposition, audit légal, présentation comptable. Ces seuils ne plafonnent rien. Ils modifient les règles du jeu administratif et fiscal.
La confusion naît d'un amalgame entre forme juridique et régime fiscal. La micro-entreprise n'est pas une forme sociale. C'est un régime d'imposition simplifié, réservé aux entrepreneurs individuels, qui cesse de s'appliquer au-delà de certains seuils de recettes annuelles :
| Type d'activité | Plafond micro-entreprise |
|---|---|
| Vente de marchandises, fourniture de logement | 203 100 € |
| Prestations de services, professions libérales | 83 600 € |
Ces montants conditionnent le maintien du régime micro-fiscal. Ils ne concernent pas la SASU, qui ne peut pas opter pour ce régime. Une SASU est soumise de plein droit à l'impôt sur les sociétés (avec option possible pour l'IR sous conditions strictes et temporaires).
Confondre les deux revient à appliquer à une société commerciale les contraintes d'un régime fiscal individuel. Le créateur qui compare les statuts doit retenir cette distinction : la micro-entreprise plafonne un régime d'imposition, la SASU n'est soumise à aucun plafond d'activité.
Une évolution récente accentue encore la distinction. Les seuils du régime micro-fiscal sont désormais déconnectés de ceux de la franchise en base de TVA : un entrepreneur individuel peut dépasser le seuil de franchise, donc facturer la TVA à ses clients, tout en conservant le régime micro pour l'imposition de son bénéfice. Les deux dispositifs obéissent à des logiques distinctes et à des seuils différents, ce qui alimente la confusion chez les créateurs qui comparent les statuts avant de choisir leur structure.
Pour une SASU, cette mécanique se simplifie nettement. Le régime micro-fiscal lui est fermé par nature, puisqu'il suppose une entreprise individuelle et non une société. Seuls les seuils de TVA la concernent, et uniquement pour déterminer si elle facture ou non la taxe à ses clients. Aucun de ces montants ne conditionne son droit d'exercer, ne limite son volume d'affaires, ni ne l'oblige à changer de forme juridique en cours de route. Un créateur qui hésite entre micro-entreprise et SASU compare donc deux régimes fiscaux et deux statuts sociaux, pas deux plafonds d'activité.
La franchise en base de TVA dispense les entreprises dont le CA reste sous certains seuils de facturer et de déclarer la TVA. Ces seuils s'appliquent à la SASU comme à toute entreprise :
| Activité | Seuil de franchise | Seuil majoré de tolérance |
|---|---|---|
| Livraisons de biens | 85 000 € | 93 500 € |
| Prestations de services | 37 500 € | 41 250 € |
Tant que le CA annuel reste sous le seuil de franchise, la SASU ne facture pas de TVA. Si le CA dépasse le seuil de franchise sans excéder le seuil majoré, la franchise est maintenue l'année du dépassement mais perdue l'année suivante. En cas de dépassement du seuil majoré en cours d'année, la TVA s'applique dès la première opération excédentaire.
Au-delà, la SASU collecte la TVA sur ses ventes, la déclare et la reverse à l'administration fiscale. Elle peut en contrepartie déduire la TVA sur ses achats. Pour une activité B2B, cette bascule est souvent neutre, car les clients professionnels récupèrent eux-mêmes la TVA facturée.
La gestion de la TVA fait partie des choix structurants dès la création d'une société. Un cadre juridique bien posé évite les rattrapages.
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Le régime d'imposition des bénéfices de la SASU dépend du niveau de CA HT. Deux régimes coexistent :
| Régime | CA HT ventes de marchandises | CA HT prestations de services |
|---|---|---|
| Réel simplifié | Jusqu'à 840 000 € | Jusqu'à 254 000 € |
| Réel normal | Au-delà de 840 000 € | Au-delà de 254 000 € |
Le réel simplifié allège les obligations déclaratives : bilan et compte de résultat simplifiés, déclarations de TVA semestrielles (régime simplifié d'imposition). Le réel normal impose une comptabilité complète et des déclarations mensuelles ou trimestrielles de TVA.
Ces régimes ne plafonnent pas l'activité. Ils déterminent le niveau de détail comptable et la fréquence des déclarations fiscales. Le passage au réel normal augmente la charge administrative sans modifier la capacité de la SASU à générer du chiffre d'affaires.
La nomination d'un commissaire aux comptes (CAC) devient obligatoire lorsque la SASU dépasse, à la clôture d'un exercice, 2 des 3 seuils suivants :
| Critère | Seuil |
|---|---|
| Total du bilan | 4 000 000 € |
| Chiffre d'affaires HT | 8 000 000 € |
| Nombre moyen de salariés | 50 |
Le mandat du CAC dure 6 exercices. Son coût annuel varie selon la taille de l'entreprise, mais représente un poste budgétaire à anticiper.
La nomination est également obligatoire lorsque la SASU contrôle une autre société ou est contrôlée par une autre entité, indépendamment du franchissement des seuils ci-dessus. Cette règle vise à garantir la fiabilité des comptes au sein d'un groupe.
Anticiper la structuration juridique d'une SASU en croissance permet de préparer sereinement les obligations liées aux seuils.
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En dessous de certains seuils, la SASU peut présenter des comptes annuels simplifiés (bilan et compte de résultat abrégés). Cette faculté disparaît lorsque l'entreprise dépasse les critères de la petite entreprise définis par le Code de commerce.
Les obligations qui se renforcent avec la taille concernent plusieurs domaines :
Chaque palier ajoute des contraintes administratives et financières. Aucun ne limite le droit de la SASU à poursuivre sa croissance.
Un seuil franchi sans préparation génère des coûts et des risques évitables. Trois leviers d'anticipation se distinguent :
La logique est constante : un franchissement de seuil se prépare au moins un exercice avant qu'il ne se produise. Le dirigeant qui suit son CA prévisionnel trimestre par trimestre dispose du temps nécessaire pour adapter son organisation.
Un avocat spécialisé en droit des sociétés aide à structurer chaque étape de croissance de la SASU, de la création aux premières obligations renforcées.
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Non. Aucun texte légal ne fixe de plafond de CA à la SASU. Les plafonds souvent cités concernent le régime micro-fiscal, réservé aux entreprises individuelles. La SASU peut réaliser un chiffre d'affaires illimité.
Non. Le régime micro-fiscal est réservé aux entrepreneurs individuels. La SASU relève de l'impôt sur les sociétés (ou de l'IR sur option temporaire) et ne peut pas appliquer l'abattement forfaitaire du régime micro.
La franchise en base de TVA cesse au-delà de 85 000 € de CA pour les ventes de biens et 37 500 € pour les prestations de services. Au-delà de ces seuils, la SASU collecte, déclare et reverse la TVA.
La nomination est obligatoire lorsque la SASU dépasse 2 des 3 seuils suivants : 4 M€ de total de bilan, 8 M€ de CA HT, 50 salariés. Elle l'est aussi lorsque la SASU contrôle ou est contrôlée par une autre société.
Suivez votre CA prévisionnel chaque trimestre. Identifiez le seuil que vous risquez de franchir un exercice à l'avance. Préparez l'option TVA, le choix du commissaire aux comptes ou le renforcement de votre outil comptable avant le franchissement effectif.
Entreprises : pouvez-vous bénéficier de la franchise de TVA ? - economie.gouv.fr
Quand dois-je recourir aux services d'un commissaire aux comptes ? - impots.gouv.fr
Les régimes d'imposition à la TVA - impots.gouv.fr
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