
Jullian Hoareau

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Ce qu'implique la dissolution d'une SCI
Étape 1 : décider la dissolution en assemblée
Étape 2 : nommer un liquidateur et liquider
Fiscalité : plus-value et boni selon IR ou IS
Que devient le bien immobilier de la SCI ?
Radiation, coûts et erreurs à éviter
La dissolution d'une SCI met fin à l'activité de la société civile immobilière sans faire disparaître immédiatement sa personnalité morale. Concrètement, la société entre dans une phase de liquidation pendant laquelle son patrimoine est réalisé, ses dettes sont réglées et le solde est réparti entre les associés. Ce n'est qu'après la clôture de la liquidation et la radiation au registre du commerce et des sociétés (RCS) que la SCI cesse d'exister juridiquement.
Trois causes principales déclenchent cette procédure. La première est la décision volontaire des associés, de loin la plus fréquente. La deuxième est l'arrivée du terme prévu dans les statuts, souvent fixé à 99 ans. La troisième est la dissolution judiciaire, prononcée par le tribunal lorsqu'un associé démontre un dysfonctionnement grave — mésentente paralysant la gestion ou absence de pluralité d'associés depuis plus d'un an (article 1844-5 du Code civil).
L'enchaînement est strict : dissolution, puis liquidation, puis radiation. Sauter une étape ou inverser l'ordre expose les associés à une remise en cause fiscale ou à un refus de radiation par le greffe.
La dissolution est votée en assemblée générale extraordinaire (AGE). Les statuts fixent la majorité requise ; à défaut de clause spécifique, l'unanimité s'applique (article 1836 du Code civil). En pratique, de nombreuses SCI familiales prévoient une majorité des 2/3 ou des 3/4 pour éviter un blocage.
L'ordre du jour de l'AGE doit mentionner explicitement la dissolution, la nomination du liquidateur et l'adresse du siège de liquidation. Le procès-verbal est ensuite enregistré auprès du service des impôts des entreprises (SIE), puis publié dans un journal d'annonces légales (JAL) du département du siège social. Le coût de cette publication varie entre 150 € et 250 € selon le JAL choisi.
Un dossier de modification est déposé au greffe du tribunal de commerce via le guichet unique de l'INPI. Il comprend le procès-verbal, l'attestation de parution et le formulaire M2. Le greffe inscrit alors la mention « société en liquidation » au RCS.
| Formalité | Délai indicatif | Coût estimé |
|---|---|---|
| AGE et PV de dissolution | 1 jour | Gratuit (hors conseil) |
| Publication JAL | 3 à 5 jours | 150 – 250 € |
| Dépôt au greffe (M2) | 5 à 10 jours | 70 – 100 € |
Structurer la procédure de dissolution dès le départ limite les risques de contestation entre associés.
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Le liquidateur est désigné dans le procès-verbal de dissolution. Il peut s'agir du gérant, d'un associé ou d'un tiers. Son rôle est de réaliser l'actif, régler le passif et établir les comptes de liquidation.
Concrètement, le liquidateur :
Les associés approuvent les comptes de liquidation en AGE. Si un solde positif subsiste après remboursement du passif et restitution des apports, il constitue un boni de liquidation. À l'inverse, un solde négatif (mali) signifie que les associés supportent les pertes à proportion de leurs parts.
La durée de la liquidation dépend de la complexité du patrimoine. Pour une SCI détenant un seul bien, elle s'étend en général de 3 à 6 mois. Si un emprunt est en cours, la banque doit donner son accord au remboursement anticipé, ce qui peut allonger le calendrier.
La fiscalité de la dissolution varie selon que la SCI est soumise à l'impôt sur le revenu (IR) ou à l'impôt sur les sociétés (IS).
La plus-value de cession du bien immobilier est calculée selon le régime des plus-values immobilières des particuliers. L'abattement pour durée de détention s'applique : exonération totale d'impôt sur le revenu après 22 ans de détention et de prélèvements sociaux après 30 ans. Le taux d'imposition est de 19 % (impôt) + 17,2 % (prélèvements sociaux), soit 36,2 % avant abattement.
Le boni de liquidation n'est pas imposé une seconde fois à l'IR puisque les résultats de la SCI ont déjà été taxés annuellement entre les mains des associés.
La plus-value est intégrée au résultat imposable de la société au taux de 25 % (taux normal IS 2024). Aucun abattement pour durée de détention ne s'applique : la plus-value est calculée sur la valeur nette comptable, souvent réduite par les amortissements, ce qui augmente mécaniquement la base taxable.
Le boni de liquidation distribué aux associés personnes physiques est soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % ou, sur option, au barème progressif de l'IR après abattement de 40 %.
| Critère | SCI à l'IR | SCI à l'IS |
|---|---|---|
| Plus-value immobilière | Régime des particuliers (abattement durée) | Résultat IS (25 %, pas d'abattement durée) |
| Boni de liquidation | Non imposé (déjà taxé) | PFU 30 % ou barème IR |
| Amortissement du bien | Non pratiqué | Déduit, augmente la plus-value |
L'arbitrage fiscal entre IR et IS conditionne le coût réel de la dissolution. Un accompagnement adapté permet de sécuriser chaque étape.
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Trois options s'offrent aux associés pour le sort du bien immobilier :
Vente à un tiers. Le liquidateur cède le bien sur le marché. Le prix de vente alimente la trésorerie de liquidation. Les droits de mutation (environ 7 à 8 % du prix) sont à la charge de l'acquéreur.
Attribution à un associé. Le bien est transféré à un associé en contrepartie de ses droits dans la SCI. Cette opération génère un droit de partage de 2,5 % sur la valeur nette du bien attribué. Si le bien est attribué à un seul associé alors que d'autres y avaient droit, une soulte peut être due.
Partage en indivision. Les associés deviennent copropriétaires indivis du bien. Cette solution reporte le problème : l'indivision est source de blocage si les associés ne s'accordent pas ensuite sur la gestion ou la revente.
Chaque option nécessite un acte notarié dès lors qu'un bien immobilier est concerné. Les frais de notaire (émoluments, formalités, publication) s'ajoutent aux coûts de la procédure.
Après approbation des comptes de liquidation, le liquidateur publie un avis de clôture dans un JAL, puis dépose un dossier de radiation au greffe. Le greffe radie la SCI du RCS, ce qui met fin à sa personnalité morale. Le coût de la radiation est d'environ 15 € de frais de greffe, auxquels s'ajoutent 150 à 200 € de publication JAL.
Un accompagnement juridique structuré dès la phase de dissolution réduit les risques d'erreur et les surcoûts.
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Oui, à condition que les statuts prévoient une majorité inférieure à l'unanimité pour la dissolution. Si l'unanimité est requise et qu'un associé refuse, il reste possible de saisir le tribunal pour demander une dissolution judiciaire en cas de mésentente paralysant le fonctionnement de la société (article 1844-7, 5° du Code civil).
Pour une SCI détenant un seul bien sans emprunt en cours, la procédure prend en moyenne 3 à 6 mois entre la décision de dissolution et la radiation. Si un prêt bancaire doit être soldé ou si le bien tarde à se vendre, le délai peut atteindre 12 mois ou plus.
Non. Dans une SCI à l'IR, le boni n'est pas imposé une seconde fois car les résultats ont déjà été taxés chaque année au nom des associés. En revanche, dans une SCI à l'IS, le boni est soumis au PFU de 30 % ou au barème progressif de l'IR sur option.
Oui, dès lors que la SCI détient un bien immobilier. L'attribution ou la vente du bien nécessite un acte authentique pour la publication au service de la publicité foncière. Sans bien immobilier, la dissolution peut se faire sans notaire.
Oui, mais le prêt doit être remboursé avant la clôture de la liquidation. Le liquidateur négocie un remboursement anticipé avec la banque, ce qui peut entraîner des indemnités de remboursement anticipé (IRA), plafonnées à 6 mois d'intérêts ou 3 % du capital restant dû.
Article 1844-7 du Code civil (causes de dissolution) - Légifrance
Article 1844-8 du Code civil (liquidation de la société) - Légifrance
Conséquences fiscales de la dissolution d'une société - Service-Public.fr
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