
Qu'est-ce qu'une SCI soumise à l'IR
Fonctionnement de l'imposition SCI à l'IR
SCI familiale et imposition : cas pratique
Avantages fiscaux de la SCI à l'IR
Limites et inconvénients du régime IR
SCI IS ou IR : critères pour choisir
Optimiser la fiscalité de votre SCI
La SCI à l'IR (société civile immobilière soumise à l'impôt sur le revenu) est le régime fiscal appliqué par défaut à toute SCI. Concrètement, la société ne paie pas elle-même d'impôt sur ses bénéfices. Ce sont ses associés, personnes physiques, qui déclarent chacun leur quote-part de résultat dans leur propre déclaration de revenus.
Ce mécanisme porte un nom précis : la transparence fiscale. La SCI est considérée comme un simple "écran" juridique. L'administration fiscale regarde à travers la société pour imposer directement les associés, proportionnellement à leurs droits dans le capital. Un associé détenant 40 % des parts déclare 40 % du résultat, qu'il ait ou non perçu une distribution effective.
Ce régime s'applique automatiquement, sans formalité particulière, dès lors que la SCI n'a pas opté pour l'impôt sur les sociétés (IS). En pratique, la grande majorité des SCI patrimoniales et familiales restent à l'IR, car ce régime s'adapte bien à la gestion et à la transmission d'un patrimoine immobilier détenu sur le long terme.
À noter : l'option pour l'IS est irrévocable. Une SCI qui choisit l'IS ne peut plus revenir à l'IR, sauf dans un délai de 5 exercices depuis la loi de finances pour 2019. Ce caractère quasi définitif impose une réflexion approfondie avant tout changement.
Les revenus générés par une SCI soumise à l'IR sont classés dans la catégorie des revenus fonciers lorsque la société perçoit des loyers issus de la location nue. Chaque associé intègre sa quote-part dans sa déclaration personnelle (formulaire 2044), puis cette somme est soumise au barème progressif de l'impôt sur le revenu.
En 2024, les tranches du barème s'échelonnent de 0 % à 45 %. Un associé dont le taux marginal d'imposition (TMI) atteint 30 % paiera donc 30 % d'impôt sur sa part de revenus fonciers. À cela s'ajoutent les prélèvements sociaux au taux global de 17,2 %, portant la charge fiscale totale à 47,2 % pour cette tranche.
Le régime réel foncier permet de déduire un certain nombre de charges du revenu brut :
| Charge déductible | Exemple concret | Plafond |
|---|---|---|
| Intérêts d'emprunt | Crédit immobilier pour l'achat du bien | Aucun plafond |
| Travaux d'entretien | Réfection de toiture, ravalement | Aucun plafond |
| Travaux d'amélioration | Installation d'un ascenseur | Aucun plafond (logement) |
| Frais de gestion | Honoraires de gestion locative | Forfait de 20 €/lot ou frais réels |
| Taxe foncière | Taxe annuelle sur le bien | Montant réel |
Lorsque les charges excèdent les loyers, la SCI génère un déficit foncier. Ce déficit est imputable sur le revenu global de chaque associé, dans la limite de 10 700 € par an (hors intérêts d'emprunt). Le surplus se reporte sur les revenus fonciers des 10 années suivantes.
Structurer la fiscalité d'une SCI nécessite une analyse précise de la situation patrimoniale de chaque associé.
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La SCI familiale regroupe des associés liés par un lien de parenté ou d'alliance. Elle constitue l'outil juridique le plus utilisé en France pour organiser la détention et la transmission d'un patrimoine immobilier entre membres d'une même famille. Le régime de l'IR s'y prête naturellement, car il permet de combiner transparence fiscale et stratégie de transmission.
Prenons une SCI familiale détenant un appartement locatif à Lyon, générant 24 000 € de loyers annuels. Les charges déductibles (intérêts, travaux, taxe foncière) s'élèvent à 8 000 €. Le revenu foncier net est donc de 16 000 €.
La SCI est détenue à parts égales par les 2 parents (25 % chacun) et leurs 2 enfants majeurs (25 % chacun). Chaque associé déclare 4 000 € de revenus fonciers.
| Associé | Quote-part (%) | Revenu foncier déclaré | TMI estimé | Impôt + prélèvements sociaux |
|---|---|---|---|---|
| Parent 1 | 25 % | 4 000 € | 30 % | 1 888 € |
| Parent 2 | 25 % | 4 000 € | 30 % | 1 888 € |
| Enfant 1 | 25 % | 4 000 € | 11 % | 1 128 € |
| Enfant 2 | 25 % | 4 000 € | 11 % | 1 128 € |
| Total | 100 % | 16 000 € | — | 6 032 € |
En répartissant les parts entre des associés dont les TMI diffèrent, la charge fiscale globale diminue par rapport à une détention concentrée sur les seuls parents. Si les 2 parents détenaient 50 % chacun, l'impôt total atteindrait environ 7 552 € (au TMI de 30 %), soit 1 520 € de plus.
Le démembrement de parts sociales constitue un levier complémentaire. Les parents conservent l'usufruit (droit de percevoir les revenus) et transmettent la nue-propriété aux enfants. La valeur de la nue-propriété est calculée selon un barème fiscal (article 669 du CGI) : à 55 ans, elle représente 50 % de la valeur en pleine propriété. Les droits de donation sont donc calculés sur cette base réduite, ce qui allège la facture fiscale de la transmission.
L'un des atouts déterminants de la SCI à l'IR réside dans le régime des plus-values immobilières des particuliers. Lors de la revente d'un bien, la plus-value bénéficie d'abattements progressifs pour durée de détention :
Pour une SCI à l'IS, la plus-value est calculée sur la différence entre le prix de cession et la valeur nette comptable (après amortissements), ce qui génère mécaniquement une plus-value imposable bien plus élevée, sans abattement pour durée de détention.
Comme détaillé plus haut, le déficit foncier constitue un avantage propre au régime IR. Il permet de réduire le revenu global imposable de chaque associé, dans la limite de 10 700 € par an. Ce mécanisme est particulièrement efficace les premières années, lorsque les travaux de rénovation sont conséquents.
La SCI à l'IR n'est pas tenue de produire une comptabilité commerciale complète. Elle doit simplement établir une déclaration de résultats (formulaire 2072) et tenir une comptabilité de trésorerie. Cette simplicité réduit les coûts de gestion par rapport à une SCI à l'IS, soumise aux obligations comptables des sociétés commerciales (bilan, compte de résultat, liasse fiscale).
Le choix du régime fiscal d'une SCI a des conséquences directes sur la transmission du patrimoine et la fiscalité personnelle des associés.
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Le principal inconvénient de la transparence fiscale : chaque associé est imposé sur sa quote-part de résultat, même si la SCI ne lui verse aucun revenu. Si la société conserve les loyers pour rembourser un emprunt ou constituer une trésorerie, les associés paient malgré tout l'impôt correspondant. Ce décalage entre imposition et trésorerie disponible peut créer des tensions, notamment dans les SCI familiales.
Les revenus fonciers s'ajoutent aux autres revenus du foyer fiscal. Pour un associé dont les revenus salariaux le placent déjà dans la tranche à 41 % ou 45 %, la fiscalité sur les loyers atteint respectivement 58,2 % ou 62,2 % (impôt + prélèvements sociaux). Ce niveau de taxation peut rendre le régime IR moins attractif que l'IS pour les contribuables à hauts revenus.
Contrairement à la SCI à l'IS, la SCI à l'IR ne permet pas d'amortir le bien immobilier. L'amortissement comptable, qui réduit le résultat imposable en IS, n'existe pas en régime foncier. Cette différence pèse sur la rentabilité nette, surtout pour des biens acquis à prix élevé.
Si la SCI exerce une activité de location meublée ou de marchand de biens, elle peut être requalifiée en société commerciale et basculer d'office à l'IS. La location meublée, même occasionnelle, constitue le cas de requalification le plus fréquent. L'administration fiscale considère en effet que la location meublée relève des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), incompatibles avec le régime des revenus fonciers.
Le choix entre IR et IS ne se résume pas à un calcul d'impôt immédiat. Il engage une stratégie patrimoniale sur plusieurs décennies. Voici les critères déterminants :
| Critère | SCI à l'IR | SCI à l'IS |
|---|---|---|
| Imposition des loyers | Barème progressif (0 à 45 %) + 17,2 % PS | Taux IS : 15 % jusqu'à 42 500 € puis 25 % |
| Amortissement du bien | Non | Oui |
| Plus-value à la revente | Abattement pour durée de détention, exonération après 22/30 ans | Calculée sur valeur nette comptable, pas d'abattement |
| Déficit foncier | Imputable sur le revenu global (10 700 €/an) | Report sur bénéfices futurs uniquement |
| Distribution des bénéfices | Pas de double imposition | Flat tax de 30 % sur les dividendes distribués |
| Comptabilité | Simplifiée (trésorerie) | Complète (bilan, liasse fiscale) |
| Transmission | Favorable (démembrement, abattements) | Moins favorable (valeur des parts intègre les réserves) |
Profil IR : associés avec TMI modéré, objectif de détention longue (plus de 15 ans), stratégie de transmission familiale, location nue.
Profil IS : associés fortement imposés, objectif de capitalisation et de réinvestissement, besoin d'amortir le bien, pas de projet de revente à court terme.
En pratique, un associé au TMI de 30 % qui prévoit de conserver le bien plus de 22 ans a généralement intérêt à rester à l'IR. À l'inverse, un investisseur au TMI de 45 % qui souhaite réinvestir les loyers dans de nouveaux biens trouvera dans l'IS un levier de capitalisation plus efficace, grâce à l'amortissement et au taux d'IS réduit.
Le passage de l'IR à l'IS est quasi irréversible. Cette décision mérite un accompagnement juridique et fiscal adapté à votre situation.
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Programmer des travaux de rénovation sur les premières années de détention permet de générer un déficit foncier imputable sur le revenu global. Cette stratégie réduit l'impôt sur le revenu pendant la phase de remboursement du crédit, période où la trésorerie est la plus contrainte.
Dans une SCI familiale, répartir les parts entre associés à TMI différents permet de réduire la charge fiscale globale. L'intégration d'enfants majeurs faiblement imposés comme associés diminue le coût fiscal de la détention, comme illustré dans le cas pratique ci-dessus.
Le démembrement de parts sociales, couplé aux abattements de droit commun sur les donations (100 000 € par parent et par enfant, renouvelables tous les 15 ans selon l'article 779 du Code général des impôts), permet de transmettre un patrimoine immobilier en limitant les droits de mutation.
Si une revente est envisagée à moyen terme (moins de 15 ans), le calcul comparatif entre IR et IS doit intégrer la fiscalité de la plus-value. Le site impots.gouv.fr détaille le barème des abattements pour durée de détention applicable aux SCI à l'IR.
Toute activité de location meublée, même partielle, expose la SCI à une requalification en IS. Le Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP) précise les critères retenus par l'administration. Une vigilance constante sur la nature des baux est indispensable.
Non. Dans une SCI à l'IR, la société ne paie aucun impôt. Ce sont les associés qui déclarent leur quote-part de résultat dans leur déclaration personnelle de revenus, au titre des revenus fonciers. La SCI établit uniquement une déclaration de résultats (formulaire 2072) transmise à l'administration fiscale.
Depuis la loi de finances pour 2019, une SCI ayant opté pour l'IS peut revenir à l'IR dans un délai de 5 exercices suivant l'option. Passé ce délai, le choix devient définitif. Ce retour entraîne des conséquences fiscales, notamment sur les amortissements déjà pratiqués, qui doivent être analysées au cas par cas.
La plus-value relève du régime des plus-values immobilières des particuliers. Elle bénéficie d'abattements pour durée de détention : exonération totale d'impôt sur le revenu après 22 ans et de prélèvements sociaux après 30 ans. Le calcul se fait sur la différence entre le prix de cession et le prix d'acquisition majoré des frais et travaux.
Non. La location meublée constitue une activité commerciale au sens fiscal. Si une SCI à l'IR pratique la location meublée, elle risque une requalification d'office à l'IS par l'administration fiscale. Pour de la location meublée, il est préférable d'utiliser une structure adaptée (SARL de famille avec option IR, ou LMNP en nom propre).
La SCI dépose chaque année une déclaration 2072 (déclaration des sociétés immobilières non soumises à l'IS). Chaque associé reporte ensuite sa quote-part sur le formulaire 2044 (déclaration des revenus fonciers) annexé à sa déclaration de revenus personnelle (formulaire 2042).
Article 8 - Code général des impôts - Légifrance
Fiscalité locative : les conclusions du rapport Le Meur sur la fiscalité locative - Actu-Juridique
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