
Qu'est-ce que la DREETS en droit du travail ?
Rôle de la DREETS dans la rupture conventionnelle
Procédure d'homologation via TéléRC
Délais légaux : rétractation et instruction
Motifs de refus d'homologation par la DREETS
Cas particulier des salariés protégés
Recours après un refus d'homologation
La rupture conventionnelle est le seul mode de rupture amiable du CDI encadré par une procédure administrative obligatoire. Chaque année, environ 500 000 conventions sont signées en France selon la DARES. Pour le DRH, la maîtrise du circuit d'homologation par la DREETS conditionne la validité juridique de la séparation. Un dossier incomplet, un délai mal calculé ou une indemnité sous-évaluée suffisent à provoquer un rejet qui bloque l'ensemble du processus.
Cet article détaille chaque étape de la procédure, les délais à respecter et les erreurs qui entraînent un refus.
La DREETS — Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités — est l'administration déconcentrée de l'État qui a remplacé la DIRECCTE depuis le 1er avril 2021. Elle dépend du ministère du Travail et opère à l'échelle régionale, avec des unités départementales.
En droit du travail, la DREETS exerce plusieurs missions : contrôle de l'application du Code du travail, accompagnement des entreprises en difficulté, suivi des plans de sauvegarde de l'emploi (PSE) et, précisément, homologation des ruptures conventionnelles individuelles.
Concrètement, c'est l'unité départementale de la DREETS du lieu de l'établissement employeur qui reçoit et instruit le dossier. Le contrôle porte sur la régularité formelle de la convention et sur le respect des droits du salarié. La DREETS ne se prononce pas sur l'opportunité de la rupture : elle vérifie que les conditions légales sont remplies.
| Élément | Détail |
|---|---|
| Nom complet | Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités |
| Date de création | 1er avril 2021 |
| Remplace | DIRECCTE |
| Échelon territorial | Régional, avec unités départementales |
| Mission en rupture conventionnelle | Homologation ou refus de la convention |
L'homologation par la DREETS est une condition de validité de la rupture conventionnelle (article L. 1237-14 du Code du travail). Sans elle, la convention n'a aucun effet juridique : le contrat de travail n'est pas rompu.
Le rôle de l'administration se concentre sur 3 vérifications :
La DREETS ne juge pas les raisons de la rupture. Elle ne vérifie pas non plus si le salarié a retrouvé un emploi ou s'il bénéficiera de l'allocation chômage. Son contrôle est strictement formel et protecteur.
Un dossier de rupture conventionnelle mal structuré expose l'entreprise à un rejet administratif et à un contentieux prud'homal. Un avocat spécialisé permet de sécuriser chaque étape.
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TéléRC est la plateforme en ligne du ministère du Travail dédiée au dépôt des demandes d'homologation de rupture conventionnelle. Depuis 2024, la saisie en ligne est devenue le mode de transmission de droit. Le formulaire papier (Cerfa n° 14598) reste théoriquement utilisable, mais la quasi-totalité des dossiers transite désormais par TéléRC.
La procédure de rupture conventionnelle repose sur 2 délais distincts, tous deux impératifs. Leur non-respect entraîne automatiquement le rejet du dossier.
| Délai | Durée | Point de départ | Nature |
|---|---|---|---|
| Rétractation | 15 jours calendaires | Lendemain de la date de signature de la convention | Droit de rétractation unilatéral (employeur ou salarié) |
| Instruction DREETS | 15 jours ouvrables | Lendemain de la réception de la demande par la DREETS | Délai d'examen administratif |
Chaque partie dispose de 15 jours calendaires pour revenir sur sa décision, sans avoir à motiver sa rétractation (article L. 1237-13 du Code du travail). Le décompte commence le lendemain de la signature. Si le dernier jour tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié, le délai est prorogé au premier jour ouvrable suivant.
La rétractation s'exerce par lettre recommandée avec accusé de réception ou par remise en main propre contre décharge. Aucune autre forme n'est prévue par le Code du travail.
À compter de la réception du dossier complet, la DREETS dispose de 15 jours ouvrables pour notifier sa décision. Trois issues sont possibles :
Le DRH doit donc compter un minimum de 30 jours entre la signature de la convention et la date effective de rupture du contrat : 15 jours calendaires de rétractation + 15 jours ouvrables d'instruction.
La gestion des délais de rupture conventionnelle nécessite une rigueur calendaire stricte. Un accompagnement juridique adapté réduit le risque de rejet.
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Selon les données publiées par la DARES, environ 6 % à 8 % des demandes d'homologation sont refusées chaque année. Les motifs de refus les plus courants sont identifiables et évitables.
La procédure diffère lorsque le salarié bénéficie d'un mandat de représentation du personnel (délégué syndical, membre du CSE, conseiller prud'homal, etc.). Pour ces salariés protégés, la rupture conventionnelle ne fait pas l'objet d'une homologation par la DREETS mais d'une autorisation de l'inspection du travail (article L. 1237-15 du Code du travail).
| Critère | Salarié non protégé | Salarié protégé |
|---|---|---|
| Autorité compétente | DREETS (homologation) | Inspection du travail (autorisation) |
| Plateforme de dépôt | TéléRC | Demande adressée directement à l'inspecteur du travail |
| Délai d'instruction | 15 jours ouvrables | 2 mois maximum |
| Consultation du CSE | Non requise | Obligatoire avant la signature de la convention |
| Silence de l'administration | Vaut homologation | Vaut rejet |
Le DRH doit identifier le statut protégé du salarié dès le début des discussions. Une erreur de procédure — par exemple, déposer le dossier sur TéléRC au lieu de saisir l'inspection du travail — rend la rupture nulle.
Pour les salariés protégés, la procédure de rupture conventionnelle implique des étapes supplémentaires et un délai d'instruction plus long. Un avocat en droit du travail peut sécuriser le dossier en amont.
Être accompagné par un avocat en droit du travail
Un refus de la DREETS ne met pas fin définitivement au projet de rupture conventionnelle. Deux options s'offrent aux parties.
C'est la voie la plus courante. L'employeur et le salarié corrigent le ou les motifs de refus identifiés dans la notification de la DREETS, signent une nouvelle convention et relancent l'intégralité de la procédure : nouvel entretien si nécessaire, nouveau délai de rétractation de 15 jours calendaires, nouveau dépôt sur TéléRC, nouveau délai d'instruction de 15 jours ouvrables.
L'article L. 1237-14 du Code du travail prévoit que tout litige relatif à la convention de rupture conventionnelle relève de la compétence du conseil de prud'hommes. Le recours doit être formé dans un délai de 12 mois à compter de la date d'homologation — ou, en cas de refus, à compter de la notification du refus.
En pratique, cette voie contentieuse est rarement utilisée pour contester un simple refus administratif. Elle concerne davantage les situations où l'une des parties conteste la validité du consentement ou le montant de l'indemnité après homologation.
Le DRH a intérêt à privilégier le nouveau dépôt lorsque le motif de refus est purement formel (erreur de calcul, délai non respecté). Le recours judiciaire se justifie uniquement lorsque le refus repose sur une appréciation contestable de l'administration.
Le délai minimum est de 30 jours : 15 jours calendaires de rétractation suivis de 15 jours ouvrables d'instruction par la DREETS. La date de rupture du contrat ne peut être fixée avant l'obtention de l'homologation, expresse ou tacite.
Le silence de la DREETS à l'expiration du délai de 15 jours ouvrables vaut homologation tacite. Le contrat est alors rompu à la date prévue dans la convention. Cette règle ne s'applique pas aux salariés protégés, pour lesquels le silence vaut refus.
Le formulaire papier Cerfa n° 14598 reste théoriquement recevable, mais TéléRC est devenu le canal de droit. Le dépôt en ligne accélère le traitement et réduit les risques d'erreur grâce aux contrôles automatiques intégrés à la plateforme.
Oui. Le droit de rétractation de 15 jours calendaires s'applique aux deux parties, employeur comme salarié. La rétractation n'a pas à être motivée. Elle doit être notifiée par lettre recommandée avec accusé de réception ou par remise en main propre contre décharge.
L'indemnité spécifique ne peut être inférieure à l'indemnité légale de licenciement : 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté pour les 10 premières années, puis 1/3 de mois au-delà. Si la convention collective prévoit un montant supérieur, c'est ce dernier qui s'applique. Le simulateur du ministère du Travail permet de vérifier le calcul.
Articles L1237-11 à L1237-16 du Code du travail - Légifrance
La rupture conventionnelle du CDI - Ministère du Travail
Les ruptures conventionnelles - Données trimestrielles DARES
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