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Finalité de la lettre et situations d'arrêt maladie concernées
Cadre juridique : validité de la rupture conventionnelle en arrêt maladie
Structure de la lettre : sections et articulation
Mentions obligatoires et éléments facultatifs à intégrer
Mode d'emploi : rédaction, envoi en LRAR et tenue de l'entretien
Vérification du consentement libre et éclairé
Erreurs fréquentes et usages incorrects à éviter
Limites du modèle : cas nécessitant un conseil juridique
La lettre de rupture conventionnelle pendant un arrêt maladie formalise la volonté de l'une des parties — employeur ou salarié — d'engager une négociation en vue de mettre fin au contrat de travail d'un commun accord. Elle ne constitue pas la convention elle-même, mais l'acte qui déclenche le processus prévu aux articles L. 1237-11 à L. 1237-16 du Code du travail.
Trois situations d'arrêt coexistent en pratique, chacune avec ses spécificités :
| Situation d'arrêt | Origine | Particularité pour la rupture conventionnelle |
|---|---|---|
| Maladie non professionnelle | Pathologie sans lien avec le travail | Aucune restriction légale spécifique |
| Accident du travail | Accident survenu par le fait ou à l'occasion du travail | Protection renforcée (art. L. 1226-9 C. trav.) : la rupture conventionnelle reste possible (Cass. soc., 30 sept. 2014, n° 13-16.297) |
| Maladie professionnelle | Pathologie inscrite aux tableaux ou reconnue par le CRRMP | Même régime de protection que l'accident du travail |
La lettre doit donc être rédigée en tenant compte du type d'arrêt, car celui-ci conditionne le niveau de vigilance requis sur le consentement et les indemnités dues.
La Cour de cassation a confirmé à plusieurs reprises qu'un arrêt maladie ne fait pas obstacle à la conclusion d'une rupture conventionnelle. L'arrêt du 30 septembre 2014 (n° 13-16.297) a posé le principe pour les salariés victimes d'un accident du travail. L'arrêt du 16 décembre 2015 (n° 13-27.212) a précisé que la suspension du contrat pendant un arrêt maladie ordinaire n'interdit pas non plus la démarche.
En revanche, la validité repose sur une condition centrale : l'absence de vice du consentement. L'article 1130 du Code civil s'applique pleinement. Un salarié sous traitement médicamenteux altérant sa lucidité, ou soumis à des pressions pendant sa convalescence, peut obtenir l'annulation de la convention devant le conseil de prud'hommes. La charge de la preuve du vice incombe à celui qui l'invoque, mais le contexte d'arrêt maladie constitue un indice que les juges examinent avec attention.
Par ailleurs, la rupture conventionnelle ne doit pas être utilisée pour contourner les règles protectrices du licenciement pour inaptitude. Si une procédure d'inaptitude est en cours ou si le médecin du travail a été saisi, la DREETS (ex-Direccte) peut refuser l'homologation.
Sécuriser le consentement et la procédure d'une rupture conventionnelle en période d'arrêt maladie suppose une analyse précise de chaque situation.
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La lettre suit une architecture en 5 blocs distincts, chacun remplissant une fonction précise :
« Je vous informe de mon souhait d'engager une procédure de rupture conventionnelle de mon contrat de travail à durée indéterminée conclu le [date]. Actuellement en arrêt de travail depuis le [date], je reste disponible pour un entretien aux dates suivantes : [date 1], [date 2]. Conformément à l'article L. 1237-12 du Code du travail, je vous rappelle que chacune des parties peut se faire assister lors de cet entretien. »
| Catégorie | Mention | Obligatoire / Facultatif |
|---|---|---|
| Identification | Nom, prénom, adresse, poste occupé | Obligatoire |
| Contrat | Date d'embauche, nature du contrat (CDI) | Obligatoire |
| Objet | Référence à l'article L. 1237-11 C. trav. | Obligatoire |
| Arrêt maladie | Date de début, nature (si le salarié le souhaite) | Obligatoire (date) / Facultatif (nature) |
| Entretien | Proposition de dates, lieu, droit à l'assistance | Obligatoire |
| Motif de la demande | Raisons personnelles ou professionnelles | Facultatif |
| Indemnité souhaitée | Montant ou base de calcul envisagé | Facultatif |
La mention de la nature de l'arrêt (professionnelle ou non) n'est pas exigée par la loi. Toutefois, l'indiquer permet à l'employeur d'évaluer immédiatement le régime de protection applicable et d'adapter le calcul de l'indemnité spécifique de rupture conventionnelle, dont le plancher varie selon l'origine de l'arrêt.
Étape 1 — Rédaction. Reprendre la structure décrite ci-dessus. Adapter le vocabulaire au contexte : un salarié en arrêt longue durée depuis 6 mois ne formule pas sa demande comme un salarié arrêté depuis 2 semaines pour une grippe. La précision factuelle renforce la crédibilité de la démarche.
Étape 2 — Envoi. Privilégier la lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR). La date de première présentation fait courir les délais. La remise en main propre contre décharge est une alternative valable, à condition de conserver un double signé et daté.
Étape 3 — Entretien. Au moins un entretien est obligatoire (art. L. 1237-12 C. trav.). Il peut se tenir au domicile du salarié, dans les locaux de l'entreprise ou dans un lieu neutre, selon l'état de santé. Le salarié peut se faire assister par un salarié de l'entreprise ou, en l'absence de représentant du personnel, par un conseiller inscrit sur la liste départementale. L'employeur ne peut se faire assister que si le salarié exerce lui-même ce droit.
Étape 4 — Signature du formulaire Cerfa n° 14598. Après accord sur les termes (date de rupture, montant de l'indemnité), les parties signent le formulaire. Un délai de rétractation de 15 jours calendaires court à compter du lendemain de la signature.
Étape 5 — Homologation. Le formulaire est transmis à la DREETS, qui dispose de 15 jours ouvrables pour statuer. L'absence de réponse vaut homologation.
La rédaction et l'envoi de la lettre conditionnent la régularité de toute la procédure qui suit.
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Le consentement est le pivot de la rupture conventionnelle. En contexte d'arrêt maladie, 3 facteurs de risque doivent être identifiés et neutralisés :
Un modèle de lettre standardisé couvre les situations courantes. Certaines configurations exigent un accompagnement individualisé :
Lorsque la situation dépasse le cadre d'un modèle standard, un avocat spécialisé permet d'identifier les risques spécifiques et de sécuriser chaque étape.
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Oui. La Cour de cassation admet la rupture conventionnelle pendant un arrêt maladie, y compris d'origine professionnelle (Cass. soc., 30 sept. 2014, n° 13-16.297). La seule condition est que le consentement du salarié soit libre, éclairé et exempt de toute pression.
Non. L'arrêt maladie se poursuit jusqu'à la date de rupture effective du contrat fixée dans la convention. Le salarié continue de percevoir ses indemnités journalières de la Sécurité sociale jusqu'à cette date, sous réserve des conditions habituelles de versement.
L'indemnité ne peut pas être inférieure à l'indemnité légale ou conventionnelle de licenciement. La base de calcul retient la rémunération brute des 12 ou 3 derniers mois précédant la rupture, selon la formule la plus favorable. Les périodes de salaire réduit liées à l'arrêt ne doivent pas diminuer artificiellement ce montant.
La DREETS vérifie le respect des conditions de forme, le montant de l'indemnité et la liberté du consentement. L'arrêt maladie en lui-même ne justifie pas un refus. En revanche, si le dossier laisse apparaître un contexte de pression ou un contournement d'une procédure d'inaptitude, l'homologation peut être refusée.
Oui. La rupture conventionnelle homologuée ouvre droit à l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE), dans les conditions de droit commun. Le salarié doit être inscrit à France Travail (ex-Pôle emploi) et remplir les conditions d'affiliation (avoir travaillé au moins 6 mois sur les 24 derniers mois pour les moins de 53 ans).
Rupture conventionnelle d'un salarié du secteur privé - Service-Public.fr
La rupture conventionnelle du contrat de travail à durée indéterminée - Ministère du Travail
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