
Jullian Hoareau

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Rupture conventionnelle collective : définition et cadre
RCC ou rupture conventionnelle individuelle
Négocier l'accord collectif de RCC
Contenu obligatoire de l'accord
Indemnités et droits des salariés
La rupture conventionnelle collective est un dispositif qui permet à une entreprise d'organiser des départs volontaires de salariés sans recourir au licenciement. Introduite par les ordonnances Macron de septembre 2017, elle est régie par les articles L1237-19 à L1237-19-14 du Code du travail. Ce mécanisme repose sur un accord collectif négocié avec les organisations syndicales représentatives. Il offre aux dirigeants de PME et ETI un cadre juridique structuré pour ajuster leurs effectifs, à condition de respecter une procédure précise et l'homologation de la DREETS.
La rupture conventionnelle collective (RCC) est un mode de rupture du contrat de travail fondé sur le volontariat exclusif des salariés. Aucun licenciement ne peut être prononcé dans le cadre de ce dispositif. L'entreprise ne supprime pas de postes de manière contrainte : elle ouvre un appel à candidatures auprès de salariés qui souhaitent quitter l'entreprise.
Le cadre juridique repose sur un accord collectif dit « majoritaire ». Cela signifie que l'accord doit être signé par des syndicats représentant au moins 50 % des suffrages exprimés lors des dernières élections professionnelles. Sans cette majorité, l'accord ne peut pas être conclu.
| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Base légale | Articles L1237-19 à L1237-19-14 du Code du travail |
| Date d'introduction | Ordonnances du 22 septembre 2017 |
| Nature | Accord collectif majoritaire |
| Principe | Départs exclusivement volontaires |
| Validation | Homologation par la DREETS |
La RCC ne nécessite pas de motif économique. L'entreprise n'a pas à démontrer de difficultés financières, de mutations technologiques ou de réorganisation pour y recourir. Ce point la distingue du plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), qui exige un motif économique établi.
La rupture conventionnelle collective ou individuelle répond à des logiques distinctes. La rupture conventionnelle individuelle (articles L1237-11 et suivants du Code du travail) est un accord bilatéral entre un employeur et un salarié. Elle ne nécessite ni négociation syndicale ni consultation du CSE. Chaque rupture fait l'objet d'une convention signée par les deux parties, puis homologuée par la DREETS dans un délai de 15 jours ouvrables.
La RCC, en revanche, s'inscrit dans un cadre collectif. Elle suppose une négociation avec les syndicats, une consultation du CSE et une validation globale de l'accord par la DREETS.
| Critère | Rupture conventionnelle individuelle | Rupture conventionnelle collective |
|---|---|---|
| Parties | Employeur + 1 salarié | Employeur + syndicats représentatifs |
| Négociation | Bilatérale | Collective (accord majoritaire) |
| Consultation CSE | Non requise | Obligatoire |
| Motif économique | Non requis | Non requis |
| Homologation | DREETS (par convention) | DREETS (accord global) |
| Nombre de départs | 1 salarié par convention | Plafonné par l'accord |
Pour un dirigeant qui envisage le départ de quelques salariés identifiés, la rupture individuelle reste plus simple. Lorsque l'objectif porte sur plusieurs dizaines de départs volontaires, la RCC offre un cadre sécurisé et uniforme.
Structurer juridiquement des départs volontaires nécessite un accompagnement adapté à chaque situation.
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La négociation s'engage entre l'employeur et les organisations syndicales représentatives dans l'entreprise. L'employeur doit informer la DREETS dès l'ouverture des négociations, par voie dématérialisée.
Le CSE est consulté pendant la procédure. Il rend un avis sur le projet d'accord, sans disposer d'un droit de veto. Son avis est transmis à la DREETS avec le dossier de validation.
La négociation suit plusieurs étapes :
L'employeur conserve la maîtrise du calendrier de négociation. Toutefois, la DREETS peut refuser la validation si la procédure n'a pas été respectée ou si le contenu de l'accord est incomplet.
L'article L1237-19-1 du Code du travail fixe les mentions obligatoires de l'accord de RCC. L'absence de l'une d'entre elles entraîne le refus de validation par la DREETS.
L'accord doit préciser :
L'accord peut aussi prévoir des clauses de maintien dans l'emploi pour les salariés dont la candidature serait refusée. Ce point sécurise la relation contractuelle avec les salariés non concernés par le dispositif.
Un accord de RCC mal rédigé expose l'entreprise à un refus de la DREETS et à des contentieux.
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Une fois signé, l'accord est transmis à la DREETS (Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités) pour validation. L'administration dispose d'un délai de 15 jours calendaires à compter de la réception du dossier complet.
La DREETS vérifie 3 points :
En l'absence de réponse dans le délai de 15 jours, l'accord est réputé validé. Ce silence vaut acceptation. En cas de refus explicite, l'employeur peut corriger l'accord et le soumettre à nouveau, ou contester la décision devant le tribunal administratif.
Les salariés volontaires ne peuvent quitter l'entreprise qu'après la validation de l'accord. Toute rupture de contrat intervenue avant cette date serait requalifiée en licenciement sans cause réelle et sérieuse.
Les rupture conventionnelle collective indemnités versées aux salariés ne peuvent être inférieures aux indemnités légales de licenciement. Le calcul de l'indemnité légale repose sur l'ancienneté du salarié :
| Ancienneté | Indemnité légale minimale |
|---|---|
| Jusqu'à 10 ans | 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté |
| Au-delà de 10 ans | 1/3 de mois de salaire par année d'ancienneté |
En pratique, les accords de RCC prévoient des indemnités supérieures au minimum légal, souvent appelées indemnités « supra-légales ». Leur montant est négocié avec les syndicats et constitue un levier pour attirer les candidatures volontaires.
Sur le plan fiscal et social, les indemnités de RCC bénéficient du même régime que les indemnités de licenciement. Elles sont exonérées d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales dans la limite de 2 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale (soit 92 736 euros en 2024).
Les salariés qui quittent l'entreprise dans le cadre d'une RCC ont droit aux allocations chômage. Ils perçoivent l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) dans les conditions de droit commun, sans délai de carence spécifique lié au mode de rupture. Ils conservent également la portabilité de leur mutuelle et de leur prévoyance pendant 12 mois maximum.
Sécuriser les droits des salariés et les obligations de l'employeur dans une RCC demande une expertise juridique ciblée.
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Non. Contrairement au plan de sauvegarde de l'emploi, la RCC ne requiert aucun motif économique. L'entreprise peut y recourir pour ajuster ses effectifs sur la base du volontariat, quelle que soit sa situation financière.
L'employeur peut modifier l'accord pour corriger les points de non-conformité identifiés, puis le soumettre à nouveau. Il peut aussi contester le refus devant le tribunal administratif dans un délai de 2 mois.
Non. Le principe de volontariat est absolu. Seuls les salariés qui se portent candidats peuvent quitter l'entreprise. L'employeur ne peut ni imposer un départ ni licencier un salarié dans le cadre du dispositif.
Les indemnités versées dans le cadre d'une RCC sont exonérées d'impôt sur le revenu dans la limite de 2 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale. Au-delà de ce seuil, la fraction excédentaire est soumise à l'impôt.
Oui. Le salarié bénéficie de l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) dans les conditions habituelles. La rupture dans le cadre d'une RCC ouvre les mêmes droits qu'un licenciement.
Rupture conventionnelle collective (Articles L1237-19 à L1237-19-14) - Légifrance
Article L1237-19 - Code du travail (définition de la RCC) - Légifrance
Article L1237-19-1 - Code du travail (contenu obligatoire de l'accord) - Légifrance
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