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Qu'est-ce que la procédure simplifiée de recouvrement
Créances éligibles : montant, nature et exclusions
Conditions et documents préalables à réunir
Déroulé étape par étape avec le commissaire de justice
Du titre exécutoire à l'exécution forcée
Erreurs fréquentes et points de vigilance
Quand privilégier une autre voie de recouvrement
Lorsqu'une facture de 2 500 € reste impayée après plusieurs relances, le directeur juridique se trouve face à un arbitrage classique : abandonner la créance ou engager un contentieux dont le coût absorbe une part significative du montant réclamé. La procédure simplifiée de recouvrement des petites créances, créée par la loi Macron du 6 août 2015 (article L. 125-1 du Code des procédures civiles d'exécution) et précisée par le décret du 10 février 2016, a été conçue pour résoudre ce dilemme.
Son principe est direct : un commissaire de justice (anciennement huissier de justice) contacte le débiteur et lui propose un accord de paiement. Si les deux parties s'entendent, le commissaire de justice délivre un titre exécutoire sans intervention du juge. Ce titre a la même force qu'un jugement : il permet de procéder à une saisie si le débiteur ne respecte pas l'accord.
Le dispositif se distingue de l'injonction de payer sur 2 points : il n'implique aucune requête devant un tribunal et repose sur le consentement du débiteur. Il se distingue aussi du recouvrement amiable classique car il débouche sur un titre exécutoire, et non sur un simple engagement moral.
Le périmètre de la procédure est encadré par des critères cumulatifs. Toute créance ne peut pas y être soumise.
| Critère | Exigence |
|---|---|
| Montant | Inférieur ou égal à 5 000 € (intérêts inclus) |
| Origine | Contractuelle (facture, prestation, vente) |
| Caractère | Certaine, liquide et exigible |
| Débiteur | Personne physique ou morale, y compris professionnel |
La créance doit être certaine (son existence n'est pas contestée), liquide (son montant est déterminé) et exigible (le terme de paiement est dépassé). En pratique, une facture échue et non contestée remplit ces 3 conditions.
Certaines créances sont expressément exclues :
Un directeur juridique qui gère un portefeuille de petites créances clients (retards de paiement sur des prestations de services, par exemple) trouvera dans ce dispositif un levier adapté, à condition de vérifier que chaque créance entre dans le cadre légal.
Avant de saisir un commissaire de justice, le créancier doit constituer un dossier solide. L'absence d'un document peut bloquer la procédure ou fragiliser la position du créancier en cas de contestation ultérieure.
La loi n'impose pas formellement une mise en demeure avant de lancer la procédure simplifiée. Toutefois, en pratique, disposer d'une lettre de mise en demeure envoyée en recommandé avec accusé de réception renforce la crédibilité du dossier et démontre la bonne foi du créancier. Elle constitue aussi un point de départ pour le calcul des intérêts de retard.
Structurer un dossier de recouvrement solide suppose souvent de vérifier la conformité des clauses contractuelles en amont.
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La procédure suit un enchaînement précis, régi par les articles R. 125-1 à R. 125-7 du Code des procédures civiles d'exécution.
Le créancier mandate un commissaire de justice de son choix. Depuis 2020, la demande peut être effectuée en ligne via la plateforme Credicys de la Chambre nationale des commissaires de justice. Le créancier transmet les pièces justificatives et le montant réclamé.
Le commissaire de justice adresse au débiteur une lettre recommandée avec accusé de réception (ou la remet en main propre). Cette lettre contient :
Trois scénarios se présentent :
| Réponse du débiteur | Conséquence |
|---|---|
| Acceptation | Négociation d'un accord sur les modalités de paiement |
| Refus explicite | Fin de la procédure ; le créancier peut saisir le tribunal |
| Absence de réponse sous 1 mois | Vaut refus implicite ; le créancier retrouve ses options judiciaires |
Si le débiteur accepte, le commissaire de justice formalise un accord de paiement (montant, échéancier éventuel). Cet accord, signé par les deux parties, est revêtu de la formule exécutoire par le commissaire de justice. Il devient un titre exécutoire au sens de l'article L. 111-3 du Code des procédures civiles d'exécution.
Le titre exécutoire obtenu par cette procédure a la même valeur juridique qu'un jugement. Si le débiteur ne respecte pas l'accord (défaut de paiement d'une échéance, par exemple), le créancier peut engager des mesures d'exécution forcée sans repasser devant un juge.
Les mesures possibles incluent :
Le coût de l'exécution forcée est à la charge du débiteur, conformément à l'article L. 111-8 du Code des procédures civiles d'exécution. Le créancier n'avance que les frais du commissaire de justice, dont les émoluments sont réglementés par le décret du 26 février 2016 (arrêté tarifaire).
Lorsqu'un débiteur conteste la créance après l'émission du titre, la situation peut basculer vers un contentieux classique.
Consultez un avocat en contentieux pour anticiper ce risque
Plusieurs écueils reviennent régulièrement dans la mise en oeuvre de cette procédure.
Si le débiteur a formulé une contestation écrite sur la qualité de la prestation ou le montant facturé, la créance n'est plus certaine. Le commissaire de justice ne pourra pas émettre de titre exécutoire. Il faut alors passer par la voie judiciaire.
Le plafond de 5 000 € inclut le principal, les intérêts de retard et les pénalités contractuelles. Une facture de 4 800 € assortie de 300 € d'intérêts dépasse le seuil et rend la procédure inapplicable.
La procédure simplifiée n'est pas une médiation. Le commissaire de justice ne tranche pas le litige et ne propose pas de solution. Il transmet une offre de paiement et constate l'accord ou le désaccord.
La créance doit être réclamée avant l'expiration du délai de prescription. Entre professionnels, ce délai est de 5 ans (article L. 110-4 du Code de commerce). Passé ce délai, la créance est éteinte et la procédure ne peut pas être engagée.
La procédure simplifiée n'est pas toujours la meilleure option. Plusieurs situations justifient de choisir une autre voie.
| Situation | Procédure recommandée |
|---|---|
| Facture < 5 000 €, non contestée | Procédure simplifiée |
| Facture > 5 000 €, non contestée | Injonction de payer |
| Créance contestée (tout montant) | Assignation au fond |
| Client stratégique, impayé ponctuel | Négociation amiable ou médiation |
| Débiteur en difficulté financière | Déclaration de créance (procédure collective) |
Le choix entre procédure simplifiée, injonction de payer et assignation dépend de chaque situation. Un avocat en contentieux peut vous aider à identifier la voie la plus efficace.
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Oui. La procédure s'applique aux créances contractuelles entre professionnels (B2B) comme entre un professionnel et un particulier (B2C), dès lors que le montant ne dépasse pas 5 000 € et que la créance est certaine, liquide et exigible.
Les émoluments du commissaire de justice sont réglementés. Pour une créance recouvrée, ils s'élèvent à un pourcentage du montant recouvré, plafonné par l'arrêté tarifaire. En cas d'échec (refus ou absence de réponse du débiteur), seuls des frais fixes limités restent à la charge du créancier.
L'absence de réponse vaut refus implicite. La procédure prend fin et le créancier peut alors saisir le tribunal compétent par voie d'injonction de payer ou d'assignation, sans avoir perdu de droit.
Le débiteur qui a signé l'accord ne peut pas le contester devant un juge, sauf en cas de vice du consentement (erreur, dol, violence). En revanche, s'il estime que la procédure n'a pas respecté les formes légales, il peut saisir le juge de l'exécution.
Non. Chaque créance est appréciée individuellement. Si une entreprise détient 3 factures impayées de 2 000 € chacune contre le même débiteur, elle peut lancer 3 procédures simplifiées distinctes, mais ne peut pas les regrouper en une seule demande de 6 000 €.
La procédure simplifiée de recouvrement des petites créances (Article L125-1) - Légifrance
Procédure simplifiée de recouvrement de petites créances - Service-Public (Entreprendre)
Recouvrement de dettes : injonction de payer et procédure simplifiée - Service-Public.fr
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