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Entreprise individuelle et SASU : deux logiques juridiques fondamentalement distinctes
Critères de comparaison EI vs SASU : fiscalité, social, protection, formalités, image
Fiscalité comparée : IR de l'EI (option IS possible) vs IS de la SASU (taux 2026)
Charges sociales : TNS de l'entrepreneur individuel vs assimilé-salarié du président de SASU
Protection du patrimoine, dividendes et flexibilité capitalistique
Quand basculer de l'entreprise individuelle vers la SASU : critères de déclenchement
Sécuriser le choix et la transition juridique avec un avocat d'affaires
Choisir entre entreprise individuelle ou SASU revient à trancher entre deux architectures juridiques qui ne répondent pas aux mêmes contraintes. L'une fonctionne sans personnalité morale. L'autre crée une entité juridique autonome. Ce choix initial conditionne la fiscalité applicable, le niveau de charges sociales, la protection du patrimoine personnel et la capacité à faire évoluer l'activité.
L'entreprise individuelle (EI) est le statut le plus direct pour exercer une activité indépendante. L'entrepreneur agit en son nom propre, sans créer de structure juridique distincte. Depuis la loi du 14 février 2022, le patrimoine personnel de l'entrepreneur individuel est automatiquement séparé de son patrimoine professionnel, ce qui constitue une avancée par rapport au régime antérieur. Aucun capital social n'est requis. Aucun statut à rédiger. L'immatriculation se fait en quelques jours auprès du guichet unique de l'INPI.
Le régime fiscal par défaut est l'impôt sur le revenu (IR), dans la catégorie BIC ou BNC selon l'activité. Depuis 2022, l'EI peut toutefois opter pour l'impôt sur les sociétés (IS), ce qui modifie sensiblement l'équation fiscale.
La SASU (société par actions simplifiée unipersonnelle) est une société commerciale dotée de la personnalité morale. Elle dispose de son propre patrimoine, de ses propres comptes bancaires et de sa propre fiscalité. Le dirigeant — appelé président — est un mandataire social assimilé salarié au regard de la protection sociale.
La création d'une SASU suppose la rédaction de statuts, le dépôt d'un capital social (1 € minimum en théorie, mais souvent entre 500 € et 5 000 € en pratique), la publication d'une annonce légale et l'immatriculation au registre du commerce. Le coût de création se situe généralement entre 300 € et 1 500 € selon que l'entrepreneur rédige lui-même les statuts ou fait appel à un professionnel.
| Critère | Entreprise individuelle | SASU |
|---|---|---|
| Personnalité morale | Non | Oui |
| Capital social requis | Aucun | 1 € minimum |
| Formalités de création | Déclaration d'activité | Statuts + immatriculation RCS |
| Coût de création estimé | 0 à 70 € | 300 à 1 500 € |
| Régime fiscal par défaut | IR | IS |
| Statut social du dirigeant | TNS | Assimilé-salarié |
La comparaison entre EI et SASU ne se résume pas à la simplicité administrative. 5 critères structurent réellement le choix : la fiscalité, les charges sociales, la protection sociale et patrimoniale, les obligations de gestion, et l'image perçue par les partenaires commerciaux.
En EI, le bénéfice est imposé à l'IR au barème progressif (de 0 % à 45 % selon les tranches). Les cotisations sociales TNS s'appliquent sur l'intégralité du bénéfice. En SASU, l'IS s'applique au bénéfice de la société (15 % jusqu'à 42 500 € puis 25 % au-delà en 2026), et les cotisations sociales ne portent que sur la rémunération effectivement versée au président.
L'EI au régime micro bénéficie d'obligations comptables allégées : un livre de recettes et un registre des achats suffisent. Au régime réel, la comptabilité se rapproche de celle d'une société. La SASU impose dans tous les cas une comptabilité complète, un dépôt annuel des comptes au greffe et, dans certains cas, la nomination d'un commissaire aux comptes lorsque 2 des 3 seuils suivants sont franchis : 4 millions d'euros de total bilan, 8 millions d'euros de chiffre d'affaires, ou 50 salariés.
La forme sociétaire confère une image de structure plus établie auprès des clients grands comptes, des banques et des investisseurs. Certains donneurs d'ordre exigent contractuellement de travailler avec une société plutôt qu'avec un entrepreneur individuel. Ce critère, bien que subjectif, pèse dans les secteurs du conseil, de la technologie et des prestations B2B à forte valeur ajoutée.
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En EI classique, le bénéfice net est intégré au revenu global du foyer fiscal et soumis au barème progressif de l'IR. Pour un célibataire sans enfant déclarant 60 000 € de bénéfice en 2026, l'imposition atteint environ 12 500 € (après application des tranches à 11 %, 30 % et 41 %). Les cotisations sociales TNS, calculées sur ce même bénéfice, s'ajoutent à cette charge fiscale.
L'option pour le régime micro-entrepreneur plafonne le chiffre d'affaires à 77 700 € pour les prestations de services (BNC) et 188 700 € pour les activités commerciales (BIC) en 2026. Un abattement forfaitaire de 34 % (BNC) ou 50 % (BIC services) remplace la déduction des charges réelles.
La SASU est soumise par défaut à l'IS. En 2026, le taux réduit de 15 % s'applique sur les 42 500 premiers euros de bénéfice, puis le taux normal de 25 % au-delà. Le président peut choisir de se verser une rémunération (déductible du résultat imposable) et/ou de distribuer des dividendes après paiement de l'IS.
Les dividendes versés au président de SASU sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (flat tax) de 30 % (12,8 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux), sans cotisations sociales supplémentaires. C'est une différence structurelle avec l'EURL soumise à l'IS, où les dividendes dépassant 10 % du capital social supportent des cotisations TNS.
Depuis 2022, l'EI peut opter pour l'IS. Cette option crée un régime hybride : l'entrepreneur reste en nom propre mais son bénéfice est imposé comme celui d'une société. Les dividendes qu'il se verse sont alors soumis aux cotisations sociales TNS pour la fraction excédant 10 % du bénéfice net. Cette option est irrévocable après 5 exercices.
| Paramètre fiscal | EI à l'IR | EI à l'IS | SASU à l'IS |
|---|---|---|---|
| Taux d'imposition du bénéfice | Barème IR (0 à 45 %) | 15 % puis 25 % | 15 % puis 25 % |
| Dividendes : fiscalité | Non applicable | Flat tax 30 % | Flat tax 30 % |
| Dividendes : cotisations sociales | Non applicable | TNS au-delà de 10 % du bénéfice | Aucune cotisation sociale |
| Déductibilité de la rémunération | Non | Oui | Oui |
L'entrepreneur individuel relève du statut de travailleur non salarié (TNS), affilié à la Sécurité sociale des indépendants. Le taux global de cotisations sociales se situe autour de 45 % du bénéfice net (maladie, retraite de base, retraite complémentaire, invalidité-décès, allocations familiales, CSG-CRDS).
En contrepartie, la couverture sociale est moins étendue que celle d'un salarié : pas d'assurance chômage, des indemnités journalières plus faibles (environ 56 € par jour maximum en 2025 pour un artisan ou commerçant), et des droits à la retraite complémentaire inférieurs.
Le président de SASU est affilié au régime général de la Sécurité sociale. Les cotisations patronales et salariales cumulées représentent environ 65 % de la rémunération nette versée (soit environ 82 % du net en charges patronales + salariales rapportées au brut). Ce taux inclut la retraite complémentaire AGIRC-ARRCO, la prévoyance et l'assurance maladie au même niveau qu'un cadre salarié.
En revanche, le président de SASU qui ne se verse aucune rémunération ne cotise à aucun régime et ne bénéficie d'aucune couverture sociale. C'est un point de vigilance fréquemment sous-estimé.
Pour un bénéfice de 60 000 € :
L'optimisation du mix rémunération/dividendes en SASU permet de réduire l'écart avec le régime TNS, tout en conservant une protection sociale sur la part versée en salaire.
Le calibrage entre rémunération et dividendes en SASU nécessite une analyse fiscale et sociale adaptée à chaque situation.
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Depuis la réforme de 2022, l'EI bénéficie d'une séparation automatique entre patrimoine personnel et professionnel. Les créanciers professionnels ne peuvent saisir que les biens utiles à l'activité, sauf en cas de fraude ou de manquement grave. Cette protection est toutefois moins étanche que celle offerte par une société : en SASU, la responsabilité de l'associé unique est strictement limitée au montant de son apport en capital.
En cas de faute de gestion caractérisée, le président de SASU peut voir sa responsabilité personnelle engagée via une action en comblement de passif. Mais ce mécanisme reste encadré par des conditions précises, là où l'entrepreneur individuel reste exposé sur l'ensemble de son patrimoine professionnel sans filtre judiciaire préalable.
L'EI à l'IR ne permet pas de distribuer de dividendes : le bénéfice est directement imposé entre les mains de l'entrepreneur. L'EI à l'IS le permet, mais avec des cotisations sociales sur la fraction excédant 10 % du bénéfice net.
La SASU offre un avantage net sur ce point : les dividendes ne supportent aucune cotisation sociale, uniquement la flat tax de 30 %. Ce mécanisme permet de capitaliser les bénéfices dans la société, de lisser la rémunération dans le temps et de réduire la pression fiscale globale lorsque le bénéfice dépasse 40 000 à 50 000 € par an.
L'EI est par nature unipersonnelle et ne peut pas accueillir d'associés. Pour intégrer un partenaire ou un investisseur, il faut créer une société, ce qui implique une cessation d'activité de l'EI et une transformation juridique complète.
La SASU se transforme en SAS par simple cession ou émission d'actions, sans dissolution ni création d'une nouvelle entité. Cette flexibilité capitalistique est déterminante pour les entrepreneurs qui envisagent une levée de fonds, l'entrée d'un associé opérationnel ou la mise en place de stock-options (options d'achat d'actions réservées aux collaborateurs) et de BSPCE (bons de souscription de parts de créateur d'entreprise, un mécanisme d'intéressement au capital réservé aux sociétés de moins de 15 ans).
À ce niveau de revenu, l'EI au régime micro-BNC (abattement de 34 %) génère un revenu imposable de 23 100 €. Les cotisations sociales en micro s'élèvent à environ 22 % du chiffre d'affaires, soit 7 700 €. L'IR sur le revenu restant est faible (tranche à 11 %).
En SASU, l'IS sur 35 000 € de bénéfice s'élève à 5 250 € (taux de 15 %). Si le président se verse 20 000 € de rémunération nette, les cotisations atteignent environ 13 000 €. Le solde distribuable en dividendes est limité. Le coût global est supérieur à celui de l'EI.
Verdict : l'EI (micro ou réel) est plus avantageuse pour un freelance dont le bénéfice reste sous 40 000 €.
En EI au réel, les cotisations TNS atteignent environ 31 500 €. Le bénéfice net avant IR est de 38 500 €, imposé au barème progressif (environ 6 500 € d'IR pour un célibataire).
En SASU, avec un mix rémunération de 35 000 € net et dividendes sur le solde : l'IS s'élève à environ 5 250 € (sur les 42 500 premiers euros) + 25 % sur le surplus. Les cotisations sur la rémunération atteignent environ 22 750 €. Les dividendes restants (environ 10 000 €) supportent 3 000 € de flat tax. Le revenu net disponible est comparable, mais la couverture retraite est meilleure.
Verdict : la SASU devient compétitive à partir de 50 000 à 60 000 € de bénéfice, surtout si l'entrepreneur souhaite capitaliser dans la société.
En EI à l'IR, les cotisations TNS atteignent environ 54 000 €. L'IR sur les 66 000 € restants dépasse 15 000 € (tranches à 30 % et 41 %). La charge globale avoisine 69 000 €.
En SASU, avec une rémunération de 45 000 € net et le reste en dividendes : l'IS s'élève à environ 25 750 €. Les cotisations sur la rémunération sont d'environ 29 250 €. Les dividendes (environ 20 000 €) supportent 6 000 € de flat tax. La charge globale est d'environ 61 000 €, soit un gain d'environ 8 000 € par an.
Verdict : au-delà de 80 000 € de bénéfice, la SASU avec optimisation rémunération/dividendes génère un avantage fiscal et social net.
| Profil | Bénéfice annuel | Statut recommandé | Gain estimé |
|---|---|---|---|
| Freelance débutant | < 40 000 € | EI (micro ou réel) | Simplicité + coût moindre |
| Profession libérale établie | 50 000 – 80 000 € | SASU ou EI à l'IS | Comparable, avantage SASU sur dividendes |
| Entrepreneur en croissance | > 80 000 € | SASU | 5 000 à 10 000 €/an |
Chaque situation combine des paramètres fiscaux, sociaux et patrimoniaux qui nécessitent un chiffrage personnalisé.
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Le passage de l'EI à la SASU n'est pas un simple changement administratif. Il implique la cessation de l'activité individuelle, la création d'une société, le transfert éventuel de la clientèle et des contrats, et parfois des conséquences fiscales (imposition des plus-values latentes sur les actifs professionnels).
La transformation suppose de valoriser le fonds de commerce ou la clientèle transférée. Cette valorisation peut générer une plus-value imposable. Le dispositif d'apport en société prévu à l'article 151 octies du Code général des impôts permet un report d'imposition sous conditions. Un accompagnement juridique et fiscal est indispensable pour sécuriser l'opération et éviter une double imposition.
Le choix entre entreprise individuelle ou SASU engage l'entrepreneur sur plusieurs années. Modifier ce choix en cours de route génère des coûts de transformation (frais juridiques, fiscalité de la cessation, formalités de création) qui peuvent atteindre 3 000 à 8 000 € selon la complexité du dossier.
Un avocat d'affaires intervient sur 3 niveaux :
Le coût d'un accompagnement juridique au démarrage (entre 1 000 et 3 000 € pour une création de SASU avec statuts sur mesure) se rentabilise dès la première année lorsque l'optimisation fiscale et sociale génère plusieurs milliers d'euros d'économies.
Anticiper la structuration juridique de son activité permet de sécuriser chaque étape de développement.
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Non. Le passage de l'EI à la SASU implique juridiquement la cessation de l'activité individuelle et la création d'une société distincte. Les contrats, la clientèle et les actifs professionnels doivent être transférés à la nouvelle structure, ce qui peut générer des conséquences fiscales (plus-values). Le dispositif de l'article 151 octies du CGI permet toutefois un report d'imposition sous conditions.
Non. En dessous de 40 000 € de bénéfice annuel, l'EI (notamment au régime micro) reste généralement moins coûteuse en charges globales. La SASU devient compétitive lorsque le bénéfice permet d'optimiser le mix rémunération/dividendes, c'est-à-dire à partir de 50 000 € environ.
En principe, non. Le président de SASU, en tant que mandataire social, ne cotise pas à l'assurance chômage et n'y a pas droit. Il peut souscrire une assurance perte d'emploi privée (contrat GSC ou April par exemple), dont le coût annuel varie entre 1 500 et 4 000 € selon le niveau de couverture choisi.
Une EI au régime micro ne nécessite pas de comptabilité formelle (coût quasi nul). Une SASU impose une comptabilité complète, un dépôt des comptes annuels et souvent le recours à un expert-comptable. Le coût annuel de gestion d'une SASU se situe entre 1 500 et 4 000 € (honoraires comptables + frais de greffe + éventuels frais juridiques).
L'EI à l'IS offre un compromis intéressant : fiscalité à l'IS sans créer de société. Toutefois, les dividendes versés au-delà de 10 % du bénéfice net supportent des cotisations sociales TNS, ce qui réduit l'avantage par rapport à la SASU où les dividendes ne supportent que la flat tax. L'option est pertinente pour les entrepreneurs qui souhaitent rester en nom propre tout en bénéficiant de l'IS, mais elle devient moins optimale au-delà de 60 000 à 70 000 € de bénéfice.
Fiscalité de la société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) - Service-Public Entreprendre
Section 3 : Du statut de l'entrepreneur individuel (L526-22 à L526-26) - Légifrance
Choisir la forme juridique et créer une société - URSSAF
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