Entreprise individuelle ou SASU : comparatif complet pour choisir en 2026

Actualités & Marché
02 May 2026
-
13
min
Points clés de l'article
  1. L'entreprise individuelle (EI) permet de démarrer sans capital ni statuts, avec des cotisations sociales TNS d'environ 45 % mais une couverture sociale limitée.
  2. La SASU crée une personne morale distincte, offre le statut d'assimilé-salarié (cotisations d'environ 65 % sur la rémunération) et permet de distribuer des dividendes soumis à la flat tax de 30 %.
  3. L'écart de charges sociales entre les deux statuts peut atteindre 20 points, mais la SASU permet d'optimiser le mix rémunération/dividendes dès 50 000 € de bénéfice annuel.
  4. L'EI ne permet ni d'intégrer d'associés ni de lever des fonds ; la SASU offre une flexibilité capitalistique complète.
  5. La bascule de l'EI vers la SASU se justifie généralement lorsque le bénéfice dépasse 40 000 à 50 000 € par an, ou lorsqu'un projet de croissance nécessite des investisseurs.

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Sommaire

Entreprise individuelle et SASU : deux logiques juridiques fondamentalement distinctes

Critères de comparaison EI vs SASU : fiscalité, social, protection, formalités, image

Fiscalité comparée : IR de l'EI (option IS possible) vs IS de la SASU (taux 2026)

Charges sociales : TNS de l'entrepreneur individuel vs assimilé-salarié du président de SASU

Protection du patrimoine, dividendes et flexibilité capitalistique

Scénarios chiffrés selon niveau de revenu et profil d'activité (freelance, profession libérale, entrepreneur en croissance)

Quand basculer de l'entreprise individuelle vers la SASU : critères de déclenchement

Sécuriser le choix et la transition juridique avec un avocat d'affaires

FAQ

Pour aller plus loin

Entreprise individuelle et SASU : deux logiques juridiques fondamentalement distinctes

Choisir entre entreprise individuelle ou SASU revient à trancher entre deux architectures juridiques qui ne répondent pas aux mêmes contraintes. L'une fonctionne sans personnalité morale. L'autre crée une entité juridique autonome. Ce choix initial conditionne la fiscalité applicable, le niveau de charges sociales, la protection du patrimoine personnel et la capacité à faire évoluer l'activité.

L'entreprise individuelle : exercer en nom propre

L'entreprise individuelle (EI) est le statut le plus direct pour exercer une activité indépendante. L'entrepreneur agit en son nom propre, sans créer de structure juridique distincte. Depuis la loi du 14 février 2022, le patrimoine personnel de l'entrepreneur individuel est automatiquement séparé de son patrimoine professionnel, ce qui constitue une avancée par rapport au régime antérieur. Aucun capital social n'est requis. Aucun statut à rédiger. L'immatriculation se fait en quelques jours auprès du guichet unique de l'INPI.

Le régime fiscal par défaut est l'impôt sur le revenu (IR), dans la catégorie BIC ou BNC selon l'activité. Depuis 2022, l'EI peut toutefois opter pour l'impôt sur les sociétés (IS), ce qui modifie sensiblement l'équation fiscale.

La SASU : une société unipersonnelle à part entière

La SASU (société par actions simplifiée unipersonnelle) est une société commerciale dotée de la personnalité morale. Elle dispose de son propre patrimoine, de ses propres comptes bancaires et de sa propre fiscalité. Le dirigeant — appelé président — est un mandataire social assimilé salarié au regard de la protection sociale.

La création d'une SASU suppose la rédaction de statuts, le dépôt d'un capital social (1 € minimum en théorie, mais souvent entre 500 € et 5 000 € en pratique), la publication d'une annonce légale et l'immatriculation au registre du commerce. Le coût de création se situe généralement entre 300 € et 1 500 € selon que l'entrepreneur rédige lui-même les statuts ou fait appel à un professionnel.

CritèreEntreprise individuelleSASU
Personnalité moraleNonOui
Capital social requisAucun1 € minimum
Formalités de créationDéclaration d'activitéStatuts + immatriculation RCS
Coût de création estimé0 à 70 €300 à 1 500 €
Régime fiscal par défautIRIS
Statut social du dirigeantTNSAssimilé-salarié

Critères de comparaison EI vs SASU : fiscalité, social, protection, formalités, image

La comparaison entre EI et SASU ne se résume pas à la simplicité administrative. 5 critères structurent réellement le choix : la fiscalité, les charges sociales, la protection sociale et patrimoniale, les obligations de gestion, et l'image perçue par les partenaires commerciaux.

Fiscalité et charges : le cœur de l'arbitrage

En EI, le bénéfice est imposé à l'IR au barème progressif (de 0 % à 45 % selon les tranches). Les cotisations sociales TNS s'appliquent sur l'intégralité du bénéfice. En SASU, l'IS s'applique au bénéfice de la société (15 % jusqu'à 42 500 € puis 25 % au-delà en 2026), et les cotisations sociales ne portent que sur la rémunération effectivement versée au président.

Formalités et obligations comptables

L'EI au régime micro bénéficie d'obligations comptables allégées : un livre de recettes et un registre des achats suffisent. Au régime réel, la comptabilité se rapproche de celle d'une société. La SASU impose dans tous les cas une comptabilité complète, un dépôt annuel des comptes au greffe et, dans certains cas, la nomination d'un commissaire aux comptes lorsque 2 des 3 seuils suivants sont franchis : 4 millions d'euros de total bilan, 8 millions d'euros de chiffre d'affaires, ou 50 salariés.

Image et crédibilité commerciale

La forme sociétaire confère une image de structure plus établie auprès des clients grands comptes, des banques et des investisseurs. Certains donneurs d'ordre exigent contractuellement de travailler avec une société plutôt qu'avec un entrepreneur individuel. Ce critère, bien que subjectif, pèse dans les secteurs du conseil, de la technologie et des prestations B2B à forte valeur ajoutée.

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Fiscalité comparée : IR de l'EI (option IS possible) vs IS de la SASU (taux 2026)

Le mécanisme de l'IR en entreprise individuelle

En EI classique, le bénéfice net est intégré au revenu global du foyer fiscal et soumis au barème progressif de l'IR. Pour un célibataire sans enfant déclarant 60 000 € de bénéfice en 2026, l'imposition atteint environ 12 500 € (après application des tranches à 11 %, 30 % et 41 %). Les cotisations sociales TNS, calculées sur ce même bénéfice, s'ajoutent à cette charge fiscale.

L'option pour le régime micro-entrepreneur plafonne le chiffre d'affaires à 77 700 € pour les prestations de services (BNC) et 188 700 € pour les activités commerciales (BIC) en 2026. Un abattement forfaitaire de 34 % (BNC) ou 50 % (BIC services) remplace la déduction des charges réelles.

Le mécanisme de l'IS en SASU

La SASU est soumise par défaut à l'IS. En 2026, le taux réduit de 15 % s'applique sur les 42 500 premiers euros de bénéfice, puis le taux normal de 25 % au-delà. Le président peut choisir de se verser une rémunération (déductible du résultat imposable) et/ou de distribuer des dividendes après paiement de l'IS.

Les dividendes versés au président de SASU sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (flat tax) de 30 % (12,8 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux), sans cotisations sociales supplémentaires. C'est une différence structurelle avec l'EURL soumise à l'IS, où les dividendes dépassant 10 % du capital social supportent des cotisations TNS.

L'option IS de l'EI : un entre-deux à connaître

Depuis 2022, l'EI peut opter pour l'IS. Cette option crée un régime hybride : l'entrepreneur reste en nom propre mais son bénéfice est imposé comme celui d'une société. Les dividendes qu'il se verse sont alors soumis aux cotisations sociales TNS pour la fraction excédant 10 % du bénéfice net. Cette option est irrévocable après 5 exercices.

Paramètre fiscalEI à l'IREI à l'ISSASU à l'IS
Taux d'imposition du bénéficeBarème IR (0 à 45 %)15 % puis 25 %15 % puis 25 %
Dividendes : fiscalitéNon applicableFlat tax 30 %Flat tax 30 %
Dividendes : cotisations socialesNon applicableTNS au-delà de 10 % du bénéficeAucune cotisation sociale
Déductibilité de la rémunérationNonOuiOui

Charges sociales : TNS de l'entrepreneur individuel vs assimilé-salarié du président de SASU

Le régime TNS : cotisations modérées, couverture réduite

L'entrepreneur individuel relève du statut de travailleur non salarié (TNS), affilié à la Sécurité sociale des indépendants. Le taux global de cotisations sociales se situe autour de 45 % du bénéfice net (maladie, retraite de base, retraite complémentaire, invalidité-décès, allocations familiales, CSG-CRDS).

En contrepartie, la couverture sociale est moins étendue que celle d'un salarié : pas d'assurance chômage, des indemnités journalières plus faibles (environ 56 € par jour maximum en 2025 pour un artisan ou commerçant), et des droits à la retraite complémentaire inférieurs.

Le régime assimilé-salarié : cotisations élevées, protection renforcée

Le président de SASU est affilié au régime général de la Sécurité sociale. Les cotisations patronales et salariales cumulées représentent environ 65 % de la rémunération nette versée (soit environ 82 % du net en charges patronales + salariales rapportées au brut). Ce taux inclut la retraite complémentaire AGIRC-ARRCO, la prévoyance et l'assurance maladie au même niveau qu'un cadre salarié.

En revanche, le président de SASU qui ne se verse aucune rémunération ne cotise à aucun régime et ne bénéficie d'aucune couverture sociale. C'est un point de vigilance fréquemment sous-estimé.

L'écart chiffré sur un même revenu

Pour un bénéfice de 60 000 € :

  • EI (TNS) : cotisations d'environ 27 000 €, revenu net avant IR d'environ 33 000 €
  • SASU (rémunération intégrale) : cotisations d'environ 39 000 €, revenu net avant IR d'environ 21 000 €
  • SASU (mix rémunération 30 000 € + dividendes) : cotisations d'environ 19 500 € + flat tax d'environ 4 500 € sur les dividendes, revenu net disponible d'environ 30 000 €

L'optimisation du mix rémunération/dividendes en SASU permet de réduire l'écart avec le régime TNS, tout en conservant une protection sociale sur la part versée en salaire.

Le calibrage entre rémunération et dividendes en SASU nécessite une analyse fiscale et sociale adaptée à chaque situation.
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Protection du patrimoine, dividendes et flexibilité capitalistique

Séparation des patrimoines

Depuis la réforme de 2022, l'EI bénéficie d'une séparation automatique entre patrimoine personnel et professionnel. Les créanciers professionnels ne peuvent saisir que les biens utiles à l'activité, sauf en cas de fraude ou de manquement grave. Cette protection est toutefois moins étanche que celle offerte par une société : en SASU, la responsabilité de l'associé unique est strictement limitée au montant de son apport en capital.

En cas de faute de gestion caractérisée, le président de SASU peut voir sa responsabilité personnelle engagée via une action en comblement de passif. Mais ce mécanisme reste encadré par des conditions précises, là où l'entrepreneur individuel reste exposé sur l'ensemble de son patrimoine professionnel sans filtre judiciaire préalable.

Dividendes : un levier propre à la société

L'EI à l'IR ne permet pas de distribuer de dividendes : le bénéfice est directement imposé entre les mains de l'entrepreneur. L'EI à l'IS le permet, mais avec des cotisations sociales sur la fraction excédant 10 % du bénéfice net.

La SASU offre un avantage net sur ce point : les dividendes ne supportent aucune cotisation sociale, uniquement la flat tax de 30 %. Ce mécanisme permet de capitaliser les bénéfices dans la société, de lisser la rémunération dans le temps et de réduire la pression fiscale globale lorsque le bénéfice dépasse 40 000 à 50 000 € par an.

Capacité à accueillir des associés et lever des fonds

L'EI est par nature unipersonnelle et ne peut pas accueillir d'associés. Pour intégrer un partenaire ou un investisseur, il faut créer une société, ce qui implique une cessation d'activité de l'EI et une transformation juridique complète.

La SASU se transforme en SAS par simple cession ou émission d'actions, sans dissolution ni création d'une nouvelle entité. Cette flexibilité capitalistique est déterminante pour les entrepreneurs qui envisagent une levée de fonds, l'entrée d'un associé opérationnel ou la mise en place de stock-options (options d'achat d'actions réservées aux collaborateurs) et de BSPCE (bons de souscription de parts de créateur d'entreprise, un mécanisme d'intéressement au capital réservé aux sociétés de moins de 15 ans).

Scénarios chiffrés selon niveau de revenu et profil d'activité (freelance, profession libérale, entrepreneur en croissance)

Scénario 1 : freelance consultant, bénéfice annuel de 35 000 €

À ce niveau de revenu, l'EI au régime micro-BNC (abattement de 34 %) génère un revenu imposable de 23 100 €. Les cotisations sociales en micro s'élèvent à environ 22 % du chiffre d'affaires, soit 7 700 €. L'IR sur le revenu restant est faible (tranche à 11 %).

En SASU, l'IS sur 35 000 € de bénéfice s'élève à 5 250 € (taux de 15 %). Si le président se verse 20 000 € de rémunération nette, les cotisations atteignent environ 13 000 €. Le solde distribuable en dividendes est limité. Le coût global est supérieur à celui de l'EI.

Verdict : l'EI (micro ou réel) est plus avantageuse pour un freelance dont le bénéfice reste sous 40 000 €.

Scénario 2 : profession libérale, bénéfice annuel de 70 000 €

En EI au réel, les cotisations TNS atteignent environ 31 500 €. Le bénéfice net avant IR est de 38 500 €, imposé au barème progressif (environ 6 500 € d'IR pour un célibataire).

En SASU, avec un mix rémunération de 35 000 € net et dividendes sur le solde : l'IS s'élève à environ 5 250 € (sur les 42 500 premiers euros) + 25 % sur le surplus. Les cotisations sur la rémunération atteignent environ 22 750 €. Les dividendes restants (environ 10 000 €) supportent 3 000 € de flat tax. Le revenu net disponible est comparable, mais la couverture retraite est meilleure.

Verdict : la SASU devient compétitive à partir de 50 000 à 60 000 € de bénéfice, surtout si l'entrepreneur souhaite capitaliser dans la société.

Scénario 3 : entrepreneur en croissance, bénéfice de 120 000 €

En EI à l'IR, les cotisations TNS atteignent environ 54 000 €. L'IR sur les 66 000 € restants dépasse 15 000 € (tranches à 30 % et 41 %). La charge globale avoisine 69 000 €.

En SASU, avec une rémunération de 45 000 € net et le reste en dividendes : l'IS s'élève à environ 25 750 €. Les cotisations sur la rémunération sont d'environ 29 250 €. Les dividendes (environ 20 000 €) supportent 6 000 € de flat tax. La charge globale est d'environ 61 000 €, soit un gain d'environ 8 000 € par an.

Verdict : au-delà de 80 000 € de bénéfice, la SASU avec optimisation rémunération/dividendes génère un avantage fiscal et social net.

ProfilBénéfice annuelStatut recommandéGain estimé
Freelance débutant< 40 000 €EI (micro ou réel)Simplicité + coût moindre
Profession libérale établie50 000 – 80 000 €SASU ou EI à l'ISComparable, avantage SASU sur dividendes
Entrepreneur en croissance> 80 000 €SASU5 000 à 10 000 €/an
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Quand basculer de l'entreprise individuelle vers la SASU : critères de déclenchement

Le passage de l'EI à la SASU n'est pas un simple changement administratif. Il implique la cessation de l'activité individuelle, la création d'une société, le transfert éventuel de la clientèle et des contrats, et parfois des conséquences fiscales (imposition des plus-values latentes sur les actifs professionnels).

Les 5 signaux qui justifient la bascule

  • Le bénéfice annuel dépasse durablement 40 000 à 50 000 € : l'optimisation rémunération/dividendes en SASU devient financièrement pertinente.
  • Un projet d'association ou de levée de fonds se concrétise : l'EI ne permet pas d'accueillir d'associés ni d'émettre des titres.
  • Les clients exigent une forme sociétaire : certains grands comptes ou marchés publics imposent de contracter avec une société.
  • Le besoin de capitaliser dans la structure augmente : en EI à l'IR, le bénéfice est imposé même s'il n'est pas prélevé. En SASU, les bénéfices réinvestis ne supportent que l'IS.
  • La couverture sociale devient insuffisante : le régime TNS ne couvre pas le chômage et offre des prestations retraite inférieures au régime général.

Les précautions à prendre

La transformation suppose de valoriser le fonds de commerce ou la clientèle transférée. Cette valorisation peut générer une plus-value imposable. Le dispositif d'apport en société prévu à l'article 151 octies du Code général des impôts permet un report d'imposition sous conditions. Un accompagnement juridique et fiscal est indispensable pour sécuriser l'opération et éviter une double imposition.

Sécuriser le choix et la transition juridique avec un avocat d'affaires

Le choix entre entreprise individuelle ou SASU engage l'entrepreneur sur plusieurs années. Modifier ce choix en cours de route génère des coûts de transformation (frais juridiques, fiscalité de la cessation, formalités de création) qui peuvent atteindre 3 000 à 8 000 € selon la complexité du dossier.

Un avocat d'affaires intervient sur 3 niveaux :

  1. L'analyse préalable : chiffrage comparatif personnalisé intégrant la situation familiale, le niveau de revenus projeté, le secteur d'activité et les objectifs à 3-5 ans.
  2. La structuration juridique : rédaction des statuts de SASU adaptés (clause d'agrément, modalités de cession, répartition des pouvoirs), ou optimisation du régime de l'EI (option IS, choix du régime fiscal).
  3. L'accompagnement de la transition : sécurisation fiscale du passage EI vers SASU, transfert des contrats, mise en conformité avec les obligations sociales et comptables.

Le coût d'un accompagnement juridique au démarrage (entre 1 000 et 3 000 € pour une création de SASU avec statuts sur mesure) se rentabilise dès la première année lorsque l'optimisation fiscale et sociale génère plusieurs milliers d'euros d'économies.

Anticiper la structuration juridique de son activité permet de sécuriser chaque étape de développement.
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FAQ

Peut-on passer d'une entreprise individuelle à une SASU sans cesser son activité ?

Non. Le passage de l'EI à la SASU implique juridiquement la cessation de l'activité individuelle et la création d'une société distincte. Les contrats, la clientèle et les actifs professionnels doivent être transférés à la nouvelle structure, ce qui peut générer des conséquences fiscales (plus-values). Le dispositif de l'article 151 octies du CGI permet toutefois un report d'imposition sous conditions.

La SASU est-elle toujours plus avantageuse fiscalement que l'EI ?

Non. En dessous de 40 000 € de bénéfice annuel, l'EI (notamment au régime micro) reste généralement moins coûteuse en charges globales. La SASU devient compétitive lorsque le bénéfice permet d'optimiser le mix rémunération/dividendes, c'est-à-dire à partir de 50 000 € environ.

Le président de SASU peut-il bénéficier de l'assurance chômage ?

En principe, non. Le président de SASU, en tant que mandataire social, ne cotise pas à l'assurance chômage et n'y a pas droit. Il peut souscrire une assurance perte d'emploi privée (contrat GSC ou April par exemple), dont le coût annuel varie entre 1 500 et 4 000 € selon le niveau de couverture choisi.

Quel est le coût annuel de gestion d'une SASU par rapport à une EI ?

Une EI au régime micro ne nécessite pas de comptabilité formelle (coût quasi nul). Une SASU impose une comptabilité complète, un dépôt des comptes annuels et souvent le recours à un expert-comptable. Le coût annuel de gestion d'une SASU se situe entre 1 500 et 4 000 € (honoraires comptables + frais de greffe + éventuels frais juridiques).

L'EI à l'IS est-elle une bonne alternative à la SASU ?

L'EI à l'IS offre un compromis intéressant : fiscalité à l'IS sans créer de société. Toutefois, les dividendes versés au-delà de 10 % du bénéfice net supportent des cotisations sociales TNS, ce qui réduit l'avantage par rapport à la SASU où les dividendes ne supportent que la flat tax. L'option est pertinente pour les entrepreneurs qui souhaitent rester en nom propre tout en bénéficiant de l'IS, mais elle devient moins optimale au-delà de 60 000 à 70 000 € de bénéfice.

Pour aller plus loin

Fiscalité de la société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) - Service-Public Entreprendre

Section 3 : Du statut de l'entrepreneur individuel (L526-22 à L526-26) - Légifrance

Choisir la forme juridique et créer une société - URSSAF

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