Loi copropriété : définition, statut et obligations clés

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26 May 2026
-
9 min de lecture
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Points clés de l'article
  1. La loi copropriété du 10 juillet 1965 fixe le cadre juridique applicable à tout immeuble divisé en lots entre plusieurs propriétaires.
  2. Chaque lot comprend une partie privative et une quote-part de parties communes, exprimées en tantièmes.
  3. Trois organes structurent la gouvernance : le syndicat des copropriétaires, le syndic et le conseil syndical.
  4. Les décisions en assemblée générale obéissent à des règles de majorité graduées selon leur portée (articles 24, 25, 26).
  5. Les lois ALUR (2014) et ELAN (2018) ont renforcé la transparence financière, le fonds travaux obligatoire et la lutte contre les copropriétés dégradées.
  6. Pour un dirigeant détenant des actifs en copropriété ou occupant des locaux via un bail, la maîtrise de ce statut de la copropriété conditionne la sécurité de ses décisions patrimoniales.

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Sommaire

Loi copropriété : objet et cadre juridique de 1965

Définition des parties communes et privatives

Organisation : syndicat, syndic et conseil syndical

Assemblées générales et règles de majorité

Évolutions législatives : lois ALUR et ELAN

Statut de la copropriété : obligations et points de vigilance

FAQ

Pour aller plus loin

Loi copropriété : objet et cadre juridique de 1965

La loi copropriété désigne la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, texte fondateur qui régit l'organisation de tout immeuble bâti dont la propriété est répartie entre plusieurs personnes. Elle s'applique dès lors qu'un bâtiment est divisé en lots attribués à des propriétaires distincts. Son décret d'application du 17 mars 1967 en précise les modalités pratiques.

Le champ d'application est large. Immeubles d'habitation, immeubles de bureaux, centres commerciaux, résidences hôtelières : dès qu'un immeuble comporte au moins 2 lots appartenant à des propriétaires différents, le régime s'impose. Pour un dirigeant de foncière ou un opérateur immobilier, cette loi constitue le socle juridique de toute décision relative à un actif détenu en copropriété.

Le texte organise 3 dimensions : la définition des droits de chaque copropriétaire, la gouvernance collective de l'immeuble et les règles de prise de décision. Il s'articule avec le règlement de copropriété, document contractuel propre à chaque immeuble, qui précise la destination des parties, la répartition des charges et les conditions de jouissance des lots.

Pourquoi ce cadre concerne les dirigeants d'entreprise ?

Un dirigeant qui acquiert un lot commercial, signe un bail dans un immeuble en copropriété ou pilote une rénovation doit composer avec ce cadre. Les travaux sur parties communes, les autorisations d'aménagement ou les changements d'usage passent par l'assemblée générale. Ignorer ces mécanismes expose à des blocages opérationnels ou à des contentieux coûteux.

Définition des parties communes et privatives

La loi copropriété distingue 2 catégories de biens au sein de l'immeuble :

CatégorieDéfinitionExemples
Parties privativesPortions de l'immeuble réservées à l'usage exclusif d'un copropriétaireAppartement, local commercial, cave, place de parking attribuée
Parties communesPortions de l'immeuble affectées à l'usage ou à l'utilité de tous les copropriétairesSol, gros œuvre, toiture, escaliers, halls, canalisations principales

Chaque lot de copropriété se compose d'une partie privative et d'une quote-part de parties communes, exprimée en tantièmes. Ces tantièmes déterminent à la fois le poids du vote en assemblée générale et la répartition des charges.

Le règlement de copropriété peut créer des parties communes spéciales, affectées à certains copropriétaires seulement (un escalier desservant uniquement un bâtiment, par exemple). Cette distinction a des conséquences directes sur la répartition des charges de travaux. Un dirigeant propriétaire de lots commerciaux en rez-de-chaussée peut ainsi être exonéré de charges d'ascenseur si le règlement le prévoit.

Un actif immobilier détenu en copropriété implique des obligations spécifiques, notamment lorsqu'il est exploité via un bail commercial.
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Organisation : syndicat, syndic et conseil syndical

La gouvernance d'une copropriété repose sur 3 organes aux rôles distincts :

Le syndicat des copropriétaires se constitue automatiquement, sans formalité, dès la mise en copropriété de l'immeuble. Il regroupe l'ensemble des copropriétaires et dispose de la personnalité juridique. C'est lui qui agit en justice, contracte des emprunts et prend les décisions collectives en assemblée générale.

Le syndic est le mandataire du syndicat. Professionnel (soumis à la loi Hoguet) ou bénévole, il exécute les décisions de l'assemblée, gère les finances, assure l'entretien courant et représente le syndicat dans les actes civils. Son contrat, encadré depuis la loi ALUR, est conclu pour une durée maximale de 3 ans.

Le conseil syndical est composé de copropriétaires élus en assemblée. Il assiste le syndic, contrôle sa gestion et émet des avis. Depuis l'ordonnance du 30 octobre 2019, ses pouvoirs ont été élargis : l'assemblée peut lui déléguer certaines décisions relevant de la majorité simple (article 24).

OrganeCompositionRôle principal
Syndicat des copropriétairesTous les copropriétairesDécision collective, personnalité juridique
SyndicProfessionnel ou bénévole, désigné en AGExécution, gestion courante, représentation
Conseil syndicalCopropriétaires élus en AGContrôle du syndic, assistance, délégation

Pour un dirigeant, siéger au conseil syndical ou y faire représenter sa société permet de peser sur les décisions d'entretien, de travaux et de gestion financière de l'immeuble.

Assemblées générales et règles de majorité

L'assemblée générale (AG) est l'organe décisionnel de la copropriété. Elle se réunit au moins 1 fois par an. Chaque copropriétaire y dispose d'un nombre de voix proportionnel à ses tantièmes.

Les décisions obéissent à des paliers de majorité croissants selon leur portée :

  • Article 24 (majorité simple) : majorité des voix des copropriétaires présents ou représentés. Concerne l'approbation des comptes, l'entretien courant, les travaux d'accessibilité.
  • Article 25 (majorité absolue) : majorité des voix de tous les copropriétaires (présents, représentés et absents). Concerne la désignation du syndic, les travaux d'amélioration, l'autorisation de travaux affectant les parties communes.
  • Article 26 (double majorité) : majorité des copropriétaires représentant au moins 2/3 des voix. Concerne la modification du règlement de copropriété (jouissance, usage), les actes de disposition sur les parties communes.
  • Unanimité : requise pour les décisions les plus lourdes, comme la suppression d'un poste de gardien ou l'aliénation de parties communes indispensables.

Un mécanisme de passerelle (article 25-1) permet, lorsqu'un vote à la majorité absolue échoue mais recueille au moins 1/3 des voix, de procéder immédiatement à un second vote à la majorité simple. Ce dispositif facilite la prise de décision dans les copropriétés où l'absentéisme est élevé.

La gestion d'un local commercial en copropriété nécessite une coordination entre les obligations du bail et les décisions d'assemblée générale.
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Évolutions législatives : lois ALUR et ELAN

Le cadre initial de 1965 a été profondément remanié par 2 réformes structurantes.

Loi ALUR (24 mars 2014)

La loi pour l'Accès au Logement et un Urbanisme Rénové a introduit plusieurs obligations :

  • Fonds de travaux obligatoire : chaque copropriété de plus de 10 lots doit constituer un fonds alimenté par une cotisation annuelle d'au moins 5 % du budget prévisionnel. Ce fonds finance les travaux votés en AG.
  • Immatriculation au registre national : toute copropriété doit être immatriculée auprès du registre national des copropriétés, tenu par l'Anah. Ce registre recense les données financières et techniques de chaque copropriété.
  • Encadrement du contrat de syndic : contrat-type obligatoire, liste limitative des prestations facturables en sus du forfait.
  • Diagnostic technique global (DTG) : obligatoire pour les immeubles de plus de 10 ans faisant l'objet d'une mise en copropriété.

Loi ELAN (23 novembre 2018)

La loi portant Évolution du Logement, de l'Aménagement et du Numérique a poursuivi la modernisation :

  • Ordonnance du 30 octobre 2019 : réforme du droit de la copropriété, entrée en vigueur le 1er juin 2020. Elle simplifie les règles de majorité, élargit les pouvoirs du conseil syndical et crée un régime allégé pour les petites copropriétés (5 lots ou moins).
  • Plan pluriannuel de travaux (PPT) : rendu obligatoire progressivement depuis 2023 pour les copropriétés de plus de 15 ans (d'abord celles de plus de 200 lots, puis 51 à 200 lots en 2024, puis toutes en 2025).
  • Lutte contre les copropriétés dégradées : procédures d'administration provisoire renforcées, possibilité pour l'État d'intervenir en cas de carence.

Statut de la copropriété : obligations et points de vigilance

Le statut de la copropriété impose un ensemble d'obligations permanentes dont le non-respect expose le syndicat ou les copropriétaires individuellement à des sanctions.

Obligations financières et documentaires

  • Tenue d'une comptabilité en partie double pour les copropriétés de plus de 10 lots.
  • Constitution et alimentation du fonds de travaux.
  • Mise à jour annuelle de la fiche synthétique de la copropriété par le syndic.
  • Réalisation du PPT et actualisation tous les 10 ans.

Points de vigilance pour un dirigeant

Travaux et autorisations : tout aménagement d'un local commercial qui affecte l'aspect extérieur de l'immeuble ou les parties communes (percement de mur porteur, pose d'enseigne, modification de façade) nécessite une autorisation préalable de l'AG. Engager des travaux sans cette autorisation expose à une action en remise en état.

Changement de destination : transformer un local d'habitation en local commercial, ou inversement, requiert un vote à la double majorité (article 26) et, dans certaines communes, une autorisation administrative préalable.

Charges et répartition : un copropriétaire qui conteste la répartition des charges dispose d'un délai de 5 ans pour agir en justice (article 42). Au-delà, la prescription est acquise.

Impayés de charges : le syndic dispose d'un privilège immobilier spécial pour recouvrer les charges impayées. En cas de vente d'un lot, l'acquéreur peut être tenu solidairement des charges de l'exercice en cours.

Pour un dirigeant exploitant un local via un bail, la coordination entre les obligations du statut de la copropriété et les clauses du bail est déterminante.
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FAQ

La loi copropriété s'applique-t-elle aux immeubles de bureaux ?

Oui. La loi du 10 juillet 1965 s'applique à tout immeuble bâti dont la propriété est répartie entre au moins 2 propriétaires, quelle que soit la destination (habitation, bureaux, commerce, mixte). Seuls les immeubles appartenant à un propriétaire unique en sont exclus.

Quelle majorité faut-il pour autoriser des travaux dans un local commercial en copropriété ?

Cela dépend de la nature des travaux. Les travaux affectant les parties communes ou l'aspect extérieur de l'immeuble nécessitent au minimum la majorité absolue de l'article 25. Un changement de destination du lot requiert la double majorité de l'article 26.

Le fonds de travaux est-il obligatoire pour toutes les copropriétés ?

Non. Depuis la loi ALUR, le fonds de travaux est obligatoire pour les copropriétés comprenant plus de 10 lots. Les copropriétés de 10 lots ou moins peuvent s'en dispenser par un vote unanime en assemblée générale.

Qu'est-ce que le plan pluriannuel de travaux (PPT) ?

Le PPT est un document obligatoire pour les copropriétés de plus de 15 ans. Il identifie les travaux nécessaires sur 10 ans, estime leur coût et propose un échéancier. Son déploiement est progressif : copropriétés de plus de 200 lots depuis 2023, 51 à 200 lots depuis 2024, toutes les autres à partir de 2025.

Un locataire commercial peut-il voter en assemblée générale de copropriété ?

Non. Seuls les copropriétaires disposent du droit de vote en assemblée générale. Un locataire commercial n'est pas membre du syndicat des copropriétaires. En revanche, le bailleur copropriétaire vote et peut répercuter certaines charges de copropriété sur le locataire selon les stipulations du bail.

Pour aller plus loin

Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis - Légifrance

Loi de 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis - Ministère Transition écologique

Copropriété : règlement de copropriété - Service Public

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