Indemnité de licenciement Syntec : calcul, conditions et plafond

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19 May 2026
-
9 min de lecture
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Indemnité de licenciement Syntec : calcul, conditions et plafond
Points clés de l'article
  1. La convention collective Syntec (IDCC 1486) prévoit des barèmes d'indemnité de licenciement distincts pour les ETAM et les cadres.
  2. L'indemnité Syntec s'applique dès 8 mois d'ancienneté, conformément au minimum légal, mais ses barèmes conventionnels ne se déclenchent qu'à partir de 2 ans.
  3. Pour les ETAM, le calcul repose sur 1/4 de mois par année d'ancienneté, puis 1/3 au-delà de 10 ans.
  4. Pour les cadres, le barème conventionnel est plus favorable : 1/3 de mois par année d'ancienneté dès la première année.
  5. Un plafond de 12 mois de salaire brut s'applique à l'indemnité conventionnelle Syntec.
  6. L'employeur doit systématiquement comparer le résultat conventionnel au résultat légal et retenir le montant le plus favorable au salarié.

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Sommaire

Convention Syntec : qui est concerné ?

Conditions ouvrant droit à l'indemnité de licenciement Syntec

Différence entre ETAM et cadres : barèmes distincts

Calcul de l'indemnité Syntec pour les ETAM

Calcul de l'indemnité Syntec pour les cadres

Plafond de 12 mois et formule la plus favorable

Cas particuliers : économique, ancienneté partielle, départ retraite

Erreurs fréquentes et bonnes pratiques pour les DRH

FAQ

Pour aller plus loin

Convention Syntec : qui est concerné ?

L'indemnité de licenciement Syntec concerne toutes les entreprises relevant de la convention collective nationale des bureaux d'études techniques, cabinets d'ingénieurs-conseils et sociétés de conseils, identifiée sous le code IDCC 1486. Cette convention couvre environ 910 000 salariés en France, répartis dans plus de 80 000 entreprises selon les données de la branche publiées en 2023.

Les secteurs concernés sont variés : ingénierie, conseil en management, ESN (entreprises de services du numérique), cabinets d'audit, sociétés d'études de marché ou encore bureaux d'architecture. Pour vérifier l'application de cette convention, il suffit de consulter le code IDCC figurant sur le bulletin de paie du salarié ou l'avis de situation URSSAF de l'entreprise.

La convention distingue 2 catégories de salariés, chacune soumise à un barème d'indemnité propre :
- Les ETAM (employés, techniciens et agents de maîtrise)
- Les cadres (ingénieurs et cadres au sens de la classification Syntec)

Cette distinction est déterminante : une erreur de catégorie entraîne un calcul erroné, et potentiellement un rappel d'indemnité devant le conseil de prud'hommes.

Conditions ouvrant droit à l'indemnité de licenciement Syntec

Le droit à l'indemnité de licenciement sous convention Syntec repose sur 2 conditions cumulatives.

Première condition : le motif de rupture. L'indemnité est due en cas de licenciement pour motif personnel (hors faute grave ou lourde) ou pour motif économique. Elle n'est pas due en cas de démission, de rupture de période d'essai ou de mise à la retraite à l'initiative du salarié.

Seconde condition : l'ancienneté. Depuis les ordonnances Macron de septembre 2017, le seuil légal d'ancienneté est fixé à 8 mois de présence ininterrompue. Toutefois, les barèmes conventionnels Syntec ne s'appliquent qu'à compter de 2 ans d'ancienneté. Entre 8 mois et 2 ans, c'est donc le barème légal qui s'applique par défaut : 1/4 de mois de salaire brut par année d'ancienneté.

L'ancienneté se calcule à la date d'envoi de la lettre de licenciement, en tenant compte des périodes de suspension du contrat assimilées à du travail effectif (congé maternité, accident du travail, par exemple).

Identifier le bon barème applicable suppose de croiser la catégorie du salarié, son ancienneté et le motif de rupture.
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Différence entre ETAM et cadres : barèmes distincts

La convention Syntec prévoit 2 grilles de calcul séparées. Le tableau ci-dessous résume les écarts entre les barèmes ETAM et cadres :

CritèreETAMCadres
Ancienneté minimale (barème conventionnel)2 ans2 ans
Indemnité de 1 à 10 ans1/4 de mois par année1/3 de mois par année
Indemnité au-delà de 10 ans1/3 de mois par année1/3 de mois par année
Plafond conventionnel12 mois de salaire brut12 mois de salaire brut

En pratique, le barème cadres est plus favorable dès la première année d'ancienneté. Pour un salarié cadre avec 6 ans d'ancienneté, l'indemnité conventionnelle atteint 2 mois de salaire brut, contre 1,5 mois pour un ETAM dans la même situation.

Cette différence impose au DRH de vérifier la classification exacte du salarié dans la grille Syntec avant tout calcul.

Calcul de l'indemnité Syntec pour les ETAM

Le barème conventionnel ETAM s'articule en 2 tranches :

  • De 2 à 10 ans d'ancienneté : 0,25 mois de salaire brut par année complète
  • Au-delà de 10 ans : 0,33 mois de salaire brut par année complète

Exemple concret : un ETAM avec 14 ans d'ancienneté et un salaire de référence de 3 200 € brut.

TrancheCalculMontant
10 premières années10 × 0,25 × 3 200 €8 000 €
4 années suivantes4 × 0,33 × 3 200 €4 224 €
Total conventionnel12 224 €

Le salaire de référence retenu est le plus favorable entre :
- La moyenne mensuelle des 12 derniers mois de salaire brut précédant le licenciement
- La moyenne mensuelle des 3 derniers mois (les primes annuelles étant proratisées sur cette période)

Ce double calcul est une obligation. Omettre la comparaison constitue une erreur fréquente qui peut fonder une demande de rappel.

Calcul de l'indemnité Syntec pour les cadres

Le barème cadres est uniforme : 1/3 de mois de salaire brut par année d'ancienneté, sans distinction de tranche.

Exemple concret : un cadre avec 14 ans d'ancienneté et un salaire de référence de 5 500 € brut.

CalculMontant
14 × 0,33 × 5 500 €25 410 €

Ce montant est ensuite comparé au résultat du barème légal. Pour 14 ans d'ancienneté, le barème légal donne :

  • 10 premières années : 10 × 0,25 × 5 500 € = 13 750 €
  • 4 années suivantes : 4 × 0,33 × 5 500 € = 7 260 €
  • Total légal : 21 010 €

Dans cet exemple, le barème conventionnel Syntec (25 410 €) est plus favorable. C'est donc celui qui s'applique.

Le calcul de l'indemnité cadre Syntec nécessite une vérification systématique du barème le plus favorable.
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Plafond de 12 mois et formule la plus favorable

La convention Syntec fixe un plafond de 12 mois de salaire brut pour l'indemnité conventionnelle de licenciement. Ce plafond s'applique aussi bien aux ETAM qu'aux cadres. En pratique, il est atteint par un cadre à partir de 36 ans d'ancienneté environ (12 ÷ 0,33 = 36,36).

Ce plafond ne concerne que le barème conventionnel. Or, le Code du travail impose à l'employeur de retenir la formule la plus favorable au salarié entre :

  1. Le barème légal (articles L.1234-9 et R.1234-2 du Code du travail)
  2. Le barème conventionnel Syntec

Si le barème légal dépasse le plafond conventionnel de 12 mois, c'est le barème légal qui s'applique. Cette situation reste rare, car le barème Syntec est généralement plus avantageux, mais elle peut survenir pour des salariés ayant une très longue ancienneté combinée à un salaire modéré.

Règle de comparaison : le calcul doit être effectué globalement, et non tranche par tranche. La Cour de cassation a confirmé ce principe à plusieurs reprises : on compare les 2 résultats finaux, puis on retient le plus élevé.

Cas particuliers : économique, ancienneté partielle, départ retraite

Licenciement économique

En cas de licenciement pour motif économique, le salarié bénéficie du même barème conventionnel Syntec. Aucune majoration spécifique n'est prévue par la convention. Toutefois, si un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) est mis en place, les indemnités supra-conventionnelles négociées s'ajoutent à l'indemnité légale ou conventionnelle.

Ancienneté partielle

Lorsque l'ancienneté du salarié comporte des années incomplètes, le calcul se fait au prorata des mois travaillés. Par exemple, pour un cadre avec 7 ans et 4 mois d'ancienneté, le calcul intègre 7,33 années (4/12 = 0,33).

Départ et mise à la retraite

L'indemnité de départ à la retraite Syntec obéit à un barème distinct, prévu par l'article 19 de la convention. Elle ne doit pas être confondue avec l'indemnité de licenciement. Pour un départ volontaire, les montants sont inférieurs. Pour une mise à la retraite à l'initiative de l'employeur, le salarié perçoit au minimum l'indemnité légale de licenciement.

La gestion des cas atypiques (ancienneté fractionnée, cumul PSE, retraite) requiert une analyse juridique au cas par cas.
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Erreurs fréquentes et bonnes pratiques pour les DRH

Les contentieux prud'homaux liés à l'indemnité de licenciement Syntec résultent souvent d'erreurs évitables. Voici les 5 plus fréquentes :

  1. Mauvaise catégorie retenue : appliquer le barème ETAM à un cadre, ou inversement, en raison d'une classification obsolète dans le SIRH.
  2. Omission de la comparaison légal/conventionnel : ne calculer qu'un seul barème au lieu de comparer les 2 résultats.
  3. Salaire de référence erroné : ne pas intégrer les primes récurrentes (13e mois, variable contractuel) ou ne pas effectuer le double calcul 12 mois / 3 mois.
  4. Oubli du prorata : arrondir l'ancienneté à l'année inférieure au lieu de calculer au mois près.
  5. Non-application du plafond : verser un montant supérieur à 12 mois sans vérifier si le barème légal le justifie.

Bonnes pratiques recommandées :

  • Mettre à jour la classification Syntec de chaque salarié dans le SIRH au moins 1 fois par an
  • Systématiser un double calcul (légal + conventionnel) via un tableur vérifié ou un outil de paie paramétré
  • Faire valider le solde de tout compte par un juriste ou un avocat en droit social avant signature
  • Conserver une trace écrite du mode de calcul retenu, en cas de contestation ultérieure
ÉtapeActionResponsable
1Vérifier la classification (ETAM / cadre)DRH / gestionnaire paie
2Calculer le salaire de référence (2 méthodes)Gestionnaire paie
3Appliquer le barème conventionnel SyntecGestionnaire paie
4Appliquer le barème légalGestionnaire paie
5Comparer et retenir le plus favorableDRH / DJ
6Vérifier le plafond de 12 moisDRH / DJ
7Valider le solde de tout compteAvocat / DJ

FAQ

L'indemnité de licenciement Syntec est-elle due en cas de faute grave ?

Non. La faute grave prive le salarié de l'indemnité de licenciement, qu'elle soit légale ou conventionnelle. Seule une requalification par le conseil de prud'hommes peut ouvrir droit au versement rétroactif de cette indemnité.

Comment calculer le salaire de référence pour l'indemnité Syntec ?

Il faut effectuer 2 calculs : la moyenne des 12 derniers mois de salaire brut et la moyenne des 3 derniers mois (avec proratisation des primes annuelles). Le montant le plus élevé est retenu comme base de calcul.

Le plafond de 12 mois s'applique-t-il aussi au barème légal ?

Non. Le plafond de 12 mois est propre à la convention Syntec. Le barème légal du Code du travail ne prévoit pas de plafond. Si le résultat légal dépasse 12 mois, c'est ce montant qui s'applique.

L'indemnité Syntec est-elle soumise à cotisations sociales ?

L'indemnité de licenciement est exonérée de cotisations sociales et d'impôt sur le revenu dans la limite du plus élevé entre 2 fois la rémunération annuelle brute et 50 % du montant total de l'indemnité, avec un plafond de 6 fois le PASS (plafond annuel de la sécurité sociale), soit 278 208 € en 2024.

La rupture conventionnelle ouvre-t-elle droit au barème Syntec ?

Oui. L'indemnité spécifique de rupture conventionnelle ne peut pas être inférieure à l'indemnité légale de licenciement. En pratique, l'employeur doit également vérifier si le barème conventionnel Syntec est plus favorable et, le cas échéant, l'appliquer comme plancher de négociation.

Pour aller plus loin

Convention collective nationale Syntec IDCC 1486 - Légifrance

Indemnité de licenciement d'un salarié - Service-Public.fr

Convention collective Syntec (IDCC 1486) - Code du travail numérique

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