Impôt sur SCI : IR ou IS, les règles fiscales à connaître

Guides & Ressources pratiques
20 Mar 2026
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7
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Points clés de l'article
  1. Par défaut, la SCI relève de l'impôt sur le revenu (IR) : chaque associé est imposé directement sur sa quote-part de résultat, selon son taux marginal personnel.
  2. L'option pour l'impôt sur les sociétés (IS) permet de bénéficier d'un taux réduit de 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, puis de 25 % au-delà.
  3. L'option IS devient irrévocable après un délai de 5 exercices ; elle engage donc la stratégie fiscale de la SCI sur le long terme.
  4. Le régime des plus-values diffère radicalement : abattement pour durée de détention à l'IR, taxation sur la valeur nette comptable à l'IS.
  5. L'IS autorise l'amortissement du bien immobilier et la déduction d'un éventail de charges plus large, ce qui réduit le résultat imposable annuel.
  6. Le choix entre IR et IS dépend du projet patrimonial : durée de détention, objectif de revente, niveau de revenus des associés et besoin de trésorerie dans la société.

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Sommaire

SCI : définition et régime fiscal par défaut (IR)

Option pour l'IS : délais, formalisme et caractère irrévocable

Imposition des bénéfices à l'IR : règles de transparence fiscale

Imposition des bénéfices à l'IS : taux 15 % et 25 %

Fiscalité des plus-values de cession : IR vs IS

Déductibilité des charges et amortissements selon le régime

Critères de choix entre IR et IS selon le projet patrimonial

FAQ

Pour aller plus loin

SCI : définition et régime fiscal par défaut (IR)

L'impôt sur SCI constitue un sujet de décision structurant pour tout dirigeant ou DAF qui détient de l'immobilier via une société civile immobilière. La SCI est une personne morale constituée par au moins 2 associés dans le but de détenir et gérer un patrimoine immobilier. Elle ne confère pas de personnalité commerciale : son objet reste civil.

Par défaut, la SCI relève de l'impôt sur le revenu (IR). Ce régime, qualifié de « transparence fiscale », signifie que la société elle-même ne paie pas d'impôt. Ce sont les associés qui déclarent individuellement leur quote-part de résultat, proportionnellement à leurs droits dans la société. Chaque associé intègre cette quote-part dans sa propre déclaration de revenus, dans la catégorie des revenus fonciers.

En pratique, un associé détenant 40 % d'une SCI à l'IR qui dégage 50 000 € de bénéfice annuel déclare 20 000 € de revenus fonciers. Ce montant est soumis à son taux marginal d'imposition (TMI), qui peut atteindre 45 %, auquel s'ajoutent les prélèvements sociaux de 17,2 %. Le poids fiscal dépend donc directement de la situation personnelle de chaque associé.

Option pour l'IS : délais, formalisme et caractère irrévocable

La SCI peut opter pour l'impôt sur les sociétés (IS). Cette option transforme le régime fiscal de la structure : la société devient « opaque » et paie elle-même l'impôt sur son résultat.

Le formalisme est encadré. L'option doit être notifiée au service des impôts des entreprises (SIE) dont dépend la SCI, avant la fin du 3e mois de l'exercice au titre duquel elle prend effet. Pour un exercice calé sur l'année civile, la date limite est donc le 31 mars.

Point de vigilance : depuis la loi de finances pour 2019, la SCI peut renoncer à l'option IS dans un délai de 5 exercices suivant celui au titre duquel elle a été exercée. Passé ce délai, l'option devient irrévocable. Ce mécanisme impose d'anticiper les conséquences fiscales à long terme avant toute décision.

Choisir entre IR et IS pour une SCI engage la fiscalité de la structure sur plusieurs années. Un accompagnement spécialisé permet de sécuriser cet arbitrage.
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Imposition des bénéfices à l'IR : règles de transparence fiscale

Sous le régime IR, la SCI est dite « transparente » : elle n'est pas elle-même redevable de l'impôt. Le résultat fiscal est déterminé au niveau de la société, puis réparti entre les associés au prorata de leurs parts.

Les revenus fonciers ainsi déclarés par chaque associé suivent les règles de droit commun :

  • Régime micro-foncier : applicable si les revenus bruts fonciers de l'associé (toutes sources confondues) ne dépassent pas 15 000 € par an. Un abattement forfaitaire de 30 % s'applique.
  • Régime réel : obligatoire au-delà de 15 000 € ou sur option. Les charges réelles (intérêts d'emprunt, travaux d'entretien, taxe foncière, frais de gestion) sont déductibles.

Le résultat net est ensuite soumis au barème progressif de l'IR (tranches de 0 % à 45 %) et aux prélèvements sociaux de 17,2 %. Pour un associé dont le TMI est de 30 %, la pression fiscale globale atteint donc 47,2 % sur les revenus fonciers nets.

En cas de déficit foncier, celui-ci est imputable sur le revenu global de l'associé dans la limite de 10 700 € par an, le solde étant reportable sur les revenus fonciers des 10 années suivantes.

Imposition des bénéfices à l'IS : taux 15 % et 25 %

Lorsque la SCI a opté pour l'IS, c'est la société qui acquitte l'impôt sur son résultat. Les taux applicables en 2024 sont les suivants :

Tranche de bénéficeTaux d'ISConditions du taux réduit
Jusqu'à 42 500 €15 %CA < 10 M€, capital entièrement libéré, détenu à 75 % minimum par des personnes physiques
Au-delà de 42 500 €25 %Taux normal applicable à toutes les SCI à l'IS

Le résultat imposable est calculé selon les règles des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), et non des revenus fonciers. La SCI à l'IS peut donc déduire un éventail de charges plus large et, surtout, amortir le bien immobilier (voir section suivante).

Lorsque la société distribue des dividendes aux associés, ceux-ci supportent une imposition supplémentaire : le prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % (12,8 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux), ou, sur option, le barème progressif après abattement de 40 %.

La double imposition — IS sur le résultat, puis PFU sur les dividendes — constitue le principal inconvénient du régime IS lorsque les associés souhaitent percevoir les revenus.

Fiscalité des plus-values de cession : IR vs IS

Le traitement fiscal de la plus-value de cession du bien immobilier diffère radicalement selon le régime choisi. Ce point est souvent déterminant dans l'arbitrage.

CritèreSCI à l'IRSCI à l'IS
Base de calculPrix de cession – prix d'acquisition (majoré des frais et travaux)Prix de cession – valeur nette comptable (prix d'acquisition – amortissements pratiqués)
Abattement pour durée de détentionOui : exonération totale d'IR après 22 ans, de prélèvements sociaux après 30 ansNon
Taux d'imposition19 % (IR) + 17,2 % (PS), avant abattements15 % ou 25 % (IS), sur une base souvent plus élevée
Exonération possibleOui, par le jeu des abattementsNon

En pratique, une SCI à l'IS qui a amorti un immeuble acquis 500 000 € pendant 20 ans (amortissement linéaire sur 30 ans, soit environ 333 000 € d'amortissements cumulés) présente une valeur nette comptable de 167 000 €. Si le bien est revendu 700 000 €, la plus-value imposable atteint 533 000 €, taxée à 25 %. À l'IR, la même opération après 22 ans de détention aurait été exonérée d'impôt sur le revenu.

La fiscalité des plus-values peut représenter un écart de plusieurs dizaines de milliers d'euros selon le régime retenu. Un avocat spécialisé peut modéliser les scénarios adaptés à votre situation.
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Déductibilité des charges et amortissements selon le régime

Le périmètre des charges déductibles varie sensiblement entre IR et IS.

Charges déductibles à l'IR (revenus fonciers, régime réel)

  • Intérêts d'emprunt et frais accessoires (assurance emprunteur, frais de dossier)
  • Travaux d'entretien et de réparation (pas les travaux de construction ou d'agrandissement)
  • Taxe foncière (hors ordures ménagères)
  • Primes d'assurance
  • Frais de gestion (20 € par local)
  • Honoraires de gestion locative

L'amortissement du bien n'est pas déductible à l'IR. C'est une différence structurelle.

Charges déductibles à l'IS

L'ensemble des charges engagées dans l'intérêt de la société sont déductibles, auxquelles s'ajoute l'amortissement comptable de l'immeuble. En général, la durée d'amortissement retenue se situe entre 25 et 40 ans pour le gros œuvre, et entre 10 et 15 ans pour les composants (toiture, installations techniques).

Sur un immeuble acquis 600 000 € (hors terrain, non amortissable), un amortissement linéaire sur 30 ans génère une charge annuelle de 20 000 €. Cette charge réduit le résultat imposable sans sortie de trésorerie, ce qui constitue un levier fiscal puissant à l'IS.

Critères de choix entre IR et IS selon le projet patrimonial

L'arbitrage entre IR et IS ne se résume pas à une comparaison de taux. Il dépend de plusieurs paramètres liés au projet patrimonial et à la situation des associés.

Favoriser l'IR lorsque :

  • Les associés ont un TMI modéré (11 % ou 30 %)
  • La revente du bien est envisagée à moyen ou long terme (bénéfice des abattements pour durée de détention)
  • Les associés souhaitent percevoir directement les revenus sans double imposition
  • Le déficit foncier peut être imputé sur le revenu global

Favoriser l'IS lorsque :

  • Les associés ont un TMI élevé (41 % ou 45 %) et ne souhaitent pas distribuer les revenus
  • La SCI réinvestit ses bénéfices (travaux, acquisition de nouveaux biens)
  • L'amortissement du bien permet de réduire significativement le résultat imposable
  • La revente n'est pas envisagée à court ou moyen terme
CritèreIRIS
TMI des associés élevéDéfavorableFavorable
Projet de revente < 15 ansMoins favorable (abattements partiels)Défavorable (pas d'abattement)
Projet de revente > 22 ansTrès favorable (exonération)Défavorable
Capitalisation des revenusNeutreFavorable (taux IS réduit)
Amortissement du bienImpossiblePossible
Distribution des revenusSimple (pas de double imposition)Double imposition (IS + PFU)

Le caractère irrévocable de l'option IS après 5 ans impose de modéliser les flux fiscaux sur la durée de détention prévisionnelle avant toute décision.

FAQ

Une SCI peut-elle revenir à l'IR après avoir opté pour l'IS ?

Oui, mais uniquement pendant les 5 premiers exercices suivant l'option. La renonciation doit être notifiée au service des impôts avant la fin du mois précédant la date limite de paiement du premier acompte d'IS de l'exercice concerné. Passé ce délai de 5 ans, le choix de l'IS est définitif.

Les prélèvements sociaux s'appliquent-ils dans les deux régimes ?

À l'IR, les revenus fonciers supportent les prélèvements sociaux de 17,2 % en plus du barème de l'IR. À l'IS, les prélèvements sociaux de 17,2 % s'appliquent uniquement lors de la distribution de dividendes aux associés, dans le cadre du PFU de 30 % ou du barème progressif.

L'amortissement à l'IS réduit-il la plus-value lors de la revente ?

Oui. L'amortissement diminue la valeur nette comptable du bien. Lors de la cession, la plus-value est calculée sur la différence entre le prix de vente et cette valeur nette comptable. Plus l'amortissement cumulé est élevé, plus la base taxable de la plus-value augmente.

Une SCI familiale a-t-elle intérêt à opter pour l'IS ?

Cela dépend de l'objectif. Si la SCI familiale vise la transmission patrimoniale avec une revente à long terme, l'IR reste souvent préférable grâce à l'exonération progressive des plus-values. Si l'objectif est de capitaliser les revenus locatifs dans la société sans distribution, l'IS peut réduire la charge fiscale annuelle.

Le déficit foncier est-il possible à l'IS ?

Non, le mécanisme du déficit foncier imputable sur le revenu global n'existe qu'à l'IR. À l'IS, un déficit d'exploitation est reportable sur les bénéfices futurs de la société, sans limitation de durée, mais il ne bénéficie pas aux associés personnellement.

Pour aller plus loin

IS - Option pour l'impôt sur les sociétés - BOFIP

Société civile immobilière (SCI) - Service-Public Entreprendre

IS - Sociétés civiles et champ d'application - BOFIP

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