
Indemnité de rupture conventionnelle : calcul, montant et obligations 2026
Indemnité obligatoire : principe et cadre légal
Montant minimum légal applicable en 2026
Formule de calcul étape par étape
Quel salaire de référence retenir ?
Convention collective et indemnité majorée
Fiscalité et cotisations sociales 2026
Versement : procédure, délais et recours
Lorsqu'un employeur et un salarié conviennent de mettre fin à un CDI par rupture conventionnelle, le versement d'une indemnité de rupture conventionnelle obligatoire conditionne la validité de l'accord. La DIRECCTE (désormais DDETS) refuse l'homologation si le montant proposé est inférieur au plancher légal. Pour un DRH, maîtriser ce plancher, la formule de calcul et le régime fiscal applicable en 2026 évite à la fois un refus d'homologation et un contentieux prud'homal ultérieur. Ce guide détaille chaque étape du calcul, les cas de majoration conventionnelle et les règles de versement.
L'article L. 1237-13 du Code du travail pose un principe clair : la rupture conventionnelle ne peut être homologuée que si elle prévoit une indemnité spécifique de rupture conventionnelle dont le montant est au moins égal à l'indemnité légale de licenciement prévue à l'article L. 1234-9. Ce plancher est d'ordre public. Aucune clause de l'accord, aucune négociation entre les parties ne peut y déroger à la baisse.
En pratique, cela signifie que l'indemnité n'est pas une option ou un geste de bonne volonté. C'est une condition de validité juridique de la convention. Si le formulaire Cerfa mentionne un montant inférieur au minimum, la DDETS rejette la demande d'homologation. Le salarié conserve alors son contrat de travail en l'état.
Le caractère obligatoire s'applique quel que soit le motif à l'origine de la démarche, que l'initiative vienne du salarié ou de l'employeur. Il s'applique également indépendamment de l'ancienneté, dès lors que le salarié dispose d'au moins 8 mois d'ancienneté ininterrompue (seuil applicable depuis le 27 septembre 2017, issu des ordonnances Macron).
| Élément | Règle applicable |
|---|---|
| Base légale | Art. L. 1237-13 du Code du travail |
| Plancher | Indemnité légale de licenciement (art. L. 1234-9) |
| Ancienneté minimale requise | 8 mois ininterrompus |
| Conséquence si montant insuffisant | Refus d'homologation par la DDETS |
| Dérogation à la baisse | Interdite (ordre public) |
Le respect du plancher légal conditionne l'homologation. Un calcul erroné expose l'entreprise à un blocage administratif ou à une requalification contentieuse.
Faites vérifier votre convention par un avocat en droit du travail
Le montant minimum de l'indemnité de rupture conventionnelle en 2026 reste indexé sur l'indemnité légale de licenciement, dont la formule n'a pas été modifiée depuis le décret n° 2017-1398 du 25 septembre 2017. Le barème est le suivant :
Les années incomplètes sont prises en compte au prorata, en mois. Un salarié ayant 7 ans et 4 mois d'ancienneté verra son indemnité calculée sur 7 ans et 4/12e.
Un salarié perçoit un salaire de référence de 3 500 € brut. Il dispose de 14 ans d'ancienneté.
Ce montant constitue un plancher. L'employeur et le salarié peuvent librement négocier un montant supérieur, souvent appelé indemnité « supra-légale ». En revanche, descendre en dessous entraîne le refus d'homologation.
Le calcul de l'indemnité suit une séquence précise en 4 étapes :
Déterminer l'ancienneté exacte du salarié à la date envisagée de rupture du contrat (et non à la date de signature de la convention). Compter les années complètes et les mois restants.
Calculer le salaire de référence selon la méthode la plus favorable au salarié (voir section suivante).
Appliquer le barème légal :
Comparer avec l'indemnité conventionnelle de licenciement. Si celle-ci est plus élevée, c'est elle qui devient le plancher.
| Étape | Action | Source |
|---|---|---|
| 1 | Calcul de l'ancienneté à la date de rupture | Contrat de travail, bulletins de paie |
| 2 | Détermination du salaire de référence | Moyenne 12 mois ou 3 mois (la plus favorable) |
| 3 | Application du barème légal | Art. R. 1234-2 du Code du travail |
| 4 | Comparaison avec la convention collective | Convention collective applicable |
Un écart de quelques mois d'ancienneté ou un mauvais choix de période de référence salariale peut modifier le montant de plusieurs centaines d'euros. La rigueur du calcul protège l'entreprise autant que le salarié.
Consultez un avocat spécialisé en droit du travail pour sécuriser votre calcul
Le Code du travail (article R. 1234-4) impose de retenir la formule la plus avantageuse pour le salarié entre deux modes de calcul :
Un DRH qui intègre par erreur des remboursements de frais dans l'assiette surestime le plancher. À l'inverse, omettre une prime récurrente expose l'entreprise à une contestation du salarié devant le conseil de prud'hommes.
L'article L. 1237-13 du Code du travail précise que le plancher de l'indemnité de rupture conventionnelle ne peut être inférieur à l'indemnité légale ni à l'indemnité conventionnelle de licenciement si celle-ci est plus favorable. En pratique, de nombreuses conventions collectives prévoient des barèmes supérieurs au barème légal.
| Convention collective | Barème conventionnel (exemple) |
|---|---|
| Syntec (bureaux d'études) | 1/3 de mois par année d'ancienneté dès la 1re année |
| Métallurgie (nouvelle convention 2024) | Barème progressif selon tranches d'ancienneté, souvent supérieur au légal au-delà de 5 ans |
| Commerce de gros | 1/5 de mois + 2/15 au-delà de 10 ans (proche du légal, à vérifier selon avenants) |
La vérification de la convention collective applicable est une étape que le DRH ne peut pas négliger. Le formulaire Cerfa d'homologation exige d'ailleurs de préciser la convention collective et le montant retenu. La DDETS effectue un contrôle de cohérence entre ces deux informations.
Si l'entreprise applique plusieurs conventions (cas des entreprises multi-activités), c'est la convention rattachée au contrat du salarié concerné qui s'applique.
La convention collective peut modifier sensiblement le montant plancher. Identifier la bonne convention et le bon barème évite un refus d'homologation ou un contentieux post-rupture.
Sécurisez votre rupture conventionnelle avec un avocat en droit du travail
Le régime fiscal et social de l'indemnité de rupture conventionnelle dépend de la situation du salarié (en âge de bénéficier d'une pension de retraite ou non) et du montant versé.
L'indemnité est exonérée d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales dans la limite du plus élevé des 3 montants suivants :
Cette exonération est plafonnée à 2 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS). En 2025, le PASS s'élève à 47 100 €, soit un plafond d'exonération de 94 200 €. Le PASS 2026 sera publié par arrêté fin 2025 ; il convient de le vérifier au moment du calcul.
Au-delà de ce plafond, l'indemnité est soumise à l'impôt sur le revenu et aux cotisations sociales de droit commun.
L'intégralité de l'indemnité est soumise à l'impôt sur le revenu et aux cotisations sociales dès le 1er euro. Aucune exonération ne s'applique.
L'employeur est redevable d'un forfait social de 30 % sur la fraction de l'indemnité exonérée de cotisations sociales. Ce taux, en vigueur depuis le 1er janvier 2013, n'a pas été modifié pour 2026. Il s'applique en lieu et place des cotisations patronales de Sécurité sociale.
| Situation | Impôt sur le revenu | Cotisations salariales | Forfait social employeur |
|---|---|---|---|
| Salarié non retraitable (dans les limites) | Exonéré | Exonéré | 30 % |
| Salarié non retraitable (au-delà des limites) | Imposable | Soumis | Non applicable (cotisations de droit commun) |
| Salarié en âge de retraite | Imposable dès le 1er € | Soumis dès le 1er € | Non applicable |
Le versement de l'indemnité intervient à la date de rupture effective du contrat, telle que mentionnée dans la convention homologuée. Cette date ne peut être antérieure au lendemain du jour de l'homologation par la DDETS.
Le salarié ou l'employeur peut contester la convention devant le conseil de prud'hommes dans un délai de 12 mois à compter de la date d'homologation (article L. 1237-14 du Code du travail). Les motifs de contestation les plus fréquents portent sur le vice du consentement (pression, harcèlement) ou sur une erreur dans le calcul de l'indemnité.
Le respect des délais et la complétude du dossier conditionnent la validité de la rupture. Un oubli documentaire peut retarder l'homologation de plusieurs semaines.
Faites accompagner votre procédure par un avocat en droit du travail
Oui. Dès lors que le salarié justifie de 8 mois d'ancienneté ininterrompue, l'indemnité est due. Le montant est calculé au prorata des mois travaillés, selon le barème légal de 1/4 de mois par année d'ancienneté.
Oui. Le plancher légal ou conventionnel est un minimum. Les parties sont libres de convenir d'une indemnité supra-légale. La fraction excédant le minimum peut toutefois être soumise à un régime fiscal et social différent.
Le contrat de travail se poursuit normalement. Les parties peuvent corriger le montant et soumettre une nouvelle demande d'homologation. Aucune sanction n'est prononcée, mais la procédure repart à zéro (nouveau délai de rétractation de 15 jours, puis nouveau délai d'instruction de 15 jours ouvrables).
Le forfait social est exclusivement à la charge de l'employeur. Il est calculé sur la fraction de l'indemnité exonérée de cotisations sociales. Le salarié ne supporte aucun prélèvement au titre du forfait social.
Oui. Le salarié dispose d'un délai de 12 mois à compter de la date d'homologation pour saisir le conseil de prud'hommes. Si le juge constate que le montant versé est inférieur au plancher légal ou conventionnel, il peut annuler la convention et requalifier la rupture, avec les conséquences indemnitaires qui en découlent.
Article L1237-13 - Code du travail - Légifrance
Rupture conventionnelle d'un salarié du secteur privé - Service-Public.fr
Les ruptures conventionnelles homologuées - DARES
SWIM LEGAL est une alternative au cabinet d’avocats traditionnel pour les besoins juridiques des entreprises. Incubé par le Barreau de Paris, SWIM a reçu le Prix de l’Innovation pour sa solution permettant à toute entreprise, quelle que soit sa taille ou sa localisation, d’accéder rapidement via la plateforme à des avocats d’affaires expérimentés. Les entreprises peuvent déposer leur besoin — qu’il s’agisse d’un dossier, d’une consultation ou d’un renfort temporaire — de manière confidentielle et recevoir des propositions d’avocats pour répondre rapidement à leur demande.



