
Jullian Hoareau

Accédez en -24h à un avocat d'affaires sélectionné parmi les meilleurs, à des honoraires maîtrisés.
Constitution société : étapes, statuts et engagements des fondateurs
Ce que recouvre la constitution d'une société
Choisir la forme juridique selon le projet
Statuts : clauses qui engagent durablement les associés
Apports et capital social : règles et pièges
Actes signés avant l'immatriculation : qui paie ?
Immatriculation au guichet unique : étapes et délais
La constitution d'une société fixe les règles du jeu entre associés, détermine le cadre fiscal et engage les fondateurs bien au-delà de la simple obtention d'un numéro SIREN. Pourtant, 70 % des créateurs d'entreprise en France considèrent cette étape comme une formalité purement administrative, selon une enquête BPI France 2023. Les erreurs commises à ce stade — mauvais choix de forme, clauses statutaires inadaptées, apports mal évalués — coûtent en moyenne entre 3 000 et 15 000 € à corriger après coup, sans compter les conflits entre associés.
Ce guide détaille chaque étape de la constitution de société, identifie les points de vigilance et précise les moments où l'intervention d'un avocat d'affaires devient indispensable.
Constituer une société, c'est créer une personne morale distincte de ses fondateurs. Cette opération juridique comprend plusieurs actes successifs : choix de la forme sociale, rédaction et signature des statuts, réalisation des apports, publication d'un avis de constitution et dépôt du dossier d'immatriculation.
Chaque acte produit des effets juridiques propres. Les statuts forment le contrat de société au sens de l'article 1832 du Code civil : ils organisent les droits et obligations de chaque associé. Le dépôt des fonds constitue la libération du capital. L'immatriculation confère la personnalité morale, c'est-à-dire la capacité de contracter, d'ester en justice et de détenir un patrimoine.
En pratique, la constitution se déroule sur 2 à 4 semaines lorsque le dossier est préparé en amont. Les retards proviennent le plus souvent de statuts incomplets ou de justificatifs manquants.
Le choix de la forme juridique conditionne 3 paramètres : la gouvernance, le régime social du dirigeant et la fiscalité applicable.
| Critère | SAS / SASU | SARL / EURL | SA |
|---|---|---|---|
| Nombre d'associés | 1 à illimité | 1 à 100 | 2 minimum (7 si cotée) |
| Capital minimum | 1 € | 1 € | 37 000 € |
| Régime social du dirigeant | Assimilé salarié | TNS (gérant majoritaire) | Assimilé salarié |
| Liberté statutaire | Très élevée | Encadrée par la loi | Encadrée par la loi |
| Accès private equity / levée de fonds | Adapté | Peu adapté | Adapté |
La SAS représente 66 % des créations de sociétés en France en 2023 (données INSEE). Sa souplesse statutaire permet d'organiser librement les organes de direction, les droits de vote et les conditions de cession des actions. La SARL reste privilégiée par les structures familiales ou les activités réglementées, car son cadre légal est plus protecteur pour les associés minoritaires.
Un fondateur qui envisage une levée de fonds dans les 18 mois a intérêt à opter directement pour la SAS : transformer une SARL en SAS coûte entre 1 500 et 4 000 € en frais juridiques et de greffe.
Choisir la bonne forme juridique dès le départ évite des coûts de transformation et des blocages de gouvernance.
Faites-vous accompagner par un avocat spécialisé en création de sociétés
Les statuts ne sont pas un document standard à télécharger. Ils constituent le pacte fondateur de la société. Plusieurs clauses méritent une attention particulière car elles produisent des effets sur toute la durée de vie de la structure.
Elles définissent les pouvoirs du président (SAS) ou du gérant (SARL), les décisions soumises à l'assemblée des associés et les majorités requises. Une majorité mal calibrée peut bloquer toute décision stratégique.
Par défaut, les bénéfices sont répartis au prorata des apports. Les statuts peuvent prévoir une répartition différente, à condition de ne pas attribuer la totalité des profits à un seul associé (interdiction des clauses léonines, article 1844-1 du Code civil).
| Clause | Effet | Risque si absente |
|---|---|---|
| Agrément | Contrôle de l'entrée de tiers | Cession libre à n'importe quel acquéreur |
| Préemption | Priorité de rachat | Dilution subie |
| Exclusion | Sortie forcée d'un associé défaillant | Blocage de la société |
| Bad leaver / good leaver | Valorisation différenciée selon le motif de départ | Conflit sur le prix de rachat |
Le capital social correspond à la somme des apports réalisés par les associés. Il existe 3 types d'apports :
Le piège fréquent : sous-évaluer un apport en nature pour éviter le coût du commissaire aux apports (environ 1 500 à 3 000 €). En cas de surévaluation avérée, les associés sont solidairement responsables envers les créanciers pendant 5 ans.
La structuration des apports et du capital conditionne la crédibilité de la société auprès des partenaires financiers.
Consultez un avocat en création de sociétés pour sécuriser vos apports
Entre la signature des statuts et l'immatriculation, la société n'a pas encore la personnalité morale. Or les fondateurs doivent souvent signer des actes : bail commercial, contrat de prestation, ouverture de compte bancaire.
Ces actes passés pour le compte de la société en formation engagent personnellement et solidairement les signataires. L'article L. 210-6 du Code de commerce prévoit un mécanisme de reprise : la société, une fois immatriculée, peut reprendre ces engagements à son compte. La reprise s'effectue de 3 manières :
Sans reprise formelle, le fondateur signataire reste personnellement débiteur. Ce risque est souvent sous-estimé : un bail commercial de 9 ans signé avant immatriculation et non repris engage le fondateur sur la totalité du loyer.
Depuis le 1er janvier 2023, toutes les formalités de création passent par le guichet unique géré par l'INPI. Le dossier comprend :
Le délai moyen de traitement est de 3 à 7 jours ouvrés pour un dossier complet. En cas de pièce manquante, le greffe demande un complément, ce qui ajoute 5 à 10 jours.
Une fois immatriculée, la société reçoit son extrait Kbis, document officiel attestant de son existence juridique. Ce document est indispensable pour ouvrir un compte bancaire professionnel, signer des contrats et facturer.
La constitution d'une société engage les fondateurs sur des choix structurants. Un accompagnement juridique dès le départ réduit le risque d'erreurs coûteuses.
Trouvez un avocat d'affaires pour votre création de société
Pour une SAS ou une SARL, les frais incompressibles se situent entre 250 et 400 € (greffe, annonce légale, déclaration des bénéficiaires effectifs). Les honoraires d'un avocat pour la rédaction des statuts varient de 800 à 3 000 € selon la complexité du projet.
Oui. Le capital minimum est de 1 € en SAS et en SARL. Toutefois, un capital trop faible fragilise la crédibilité auprès des banques et des partenaires commerciaux. Il peut aussi engager la responsabilité des dirigeants en cas d'insuffisance d'actif.
Les statuts sont le contrat constitutif de la société, opposable aux tiers et déposé au greffe. Le pacte d'associés est un accord confidentiel entre tout ou partie des associés, qui complète les statuts sur des sujets comme les droits de sortie, la valorisation ou la non-concurrence.
Le fondateur signataire reste personnellement et solidairement responsable de l'engagement. La société immatriculée n'est pas tenue par cet acte. La reprise doit être formalisée par annexe aux statuts, mandat ou délibération.
Le délai moyen est de 3 à 7 jours ouvrés via le guichet unique de l'INPI, à condition que le dossier soit complet. En pratique, la préparation des documents (statuts, dépôt des fonds, annonce légale) prend 1 à 3 semaines supplémentaires.
Création d'une société : rédaction et enregistrement des statuts - Entreprendre.Service-Public.fr
Création d'entreprise : formalités d'immatriculation d'une société - Entreprendre.Service-Public.fr
Société en formation - Bpifrance Création
SWIM LEGAL est une alternative au cabinet d'avocats traditionnel pour les besoins juridiques des entreprises. Incubé par le Barreau de Paris, SWIM a reçu le Prix de l'Innovation pour sa solution permettant à toute entreprise, quelle que soit sa taille ou sa localisation, d'accéder rapidement via la plateforme à des avocats d'affaires expérimentés. Les entreprises peuvent déposer leur besoin — qu'il s'agisse d'un dossier, d'une consultation ou d'un renfort temporaire — de manière confidentielle et recevoir des propositions d'avocats pour répondre rapidement à leur demande.
Avocat au Barreau de Paris (Toque L086), fondateur de SWIM LEGAL
Besoin d'un juriste freelance, d'un conseil ou d'aide sur un litige ?





