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CE ou CSE : ce que la réforme de 2017 a changé pour votre entreprise
Seuils d'effectifs déclenchant l'obligation : 11, 50 et 300 salariés
Calcul des effectifs : règles ETP, contrats inclus/exclus et période de référence
Étapes chronologiques de la création : information, négociation du PAP, élections
Rôle, attributions et moyens du CSE selon la taille de l'entreprise
Carence d'élections, PV et déclarations obligatoires à la DREETS
Sanctions du défaut de mise en place : délit d'entrave et risque contentieux
La création du CE telle qu'elle existait avant 2017 n'a plus cours. L'ordonnance n° 2017-1386 du 22 septembre 2017, dite ordonnance Macron, a fusionné trois instances représentatives du personnel — le comité d'entreprise (CE), les délégués du personnel (DP) et le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) — en une instance unique : le comité social et économique (CSE).
Cette fusion est devenue effective pour toutes les entreprises au 1er janvier 2020. Depuis cette date, aucun CE, DP ou CHSCT ne peut plus être constitué ou renouvelé. Toute entreprise qui atteint le seuil d'effectif requis doit mettre en place un CSE, et non un CE.
Pour le DRH, le changement ne se limite pas à une question de terminologie. Le CSE concentre l'ensemble des prérogatives des anciennes instances, mais ses attributions varient selon l'effectif de l'entreprise. La procédure électorale, les obligations de consultation et les moyens alloués aux élus diffèrent sensiblement entre une structure de 15 salariés et une entreprise de 200 personnes. C'est cette graduation que le présent guide détaille, étape par étape.
Le Code du travail distingue 3 paliers d'effectifs qui déterminent à la fois l'obligation de créer un CSE et l'étendue de ses missions.
| Seuil d'effectif | Obligation | Attributions principales |
|---|---|---|
| 11 salariés (pendant 12 mois consécutifs) | Mise en place obligatoire du CSE | Réclamations individuelles et collectives, santé et sécurité (attributions réduites) |
| 50 salariés (pendant 12 mois consécutifs) | Attributions élargies du CSE | Consultations économiques et sociales, budget de fonctionnement (0,20 % de la masse salariale brute), activités sociales et culturelles |
| 300 salariés | Commission santé, sécurité et conditions de travail (CSSCT) obligatoire | Missions déléguées en matière de prévention des risques, enquêtes après accident du travail |
Le seuil de 11 salariés constitue le déclencheur. En dessous, l'employeur n'a aucune obligation de mettre en place une représentation élue du personnel. Au-delà de 50 salariés, le CSE acquiert une personnalité civile, dispose de budgets propres et doit être consulté sur les orientations stratégiques, la situation économique et financière, ainsi que la politique sociale de l'entreprise. Le seuil de 300 salariés impose la création d'une CSSCT au sein du CSE, là où elle reste facultative en dessous.
Chaque franchissement de seuil modifie les obligations de l'employeur en matière de dialogue social et de structuration juridique des relations collectives.
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Le calcul de l'effectif obéit aux règles fixées par les articles L. 1111-2 et L. 1111-3 du Code du travail. Ce calcul s'effectue en équivalent temps plein (ETP), et non en nombre de contrats.
Contrats pris en compte :
Contrats exclus du calcul :
La période de référence est celle des 12 mois consécutifs précédant la date à laquelle l'effectif est apprécié. L'obligation naît lorsque le seuil de 11 ETP est atteint pendant 12 mois consécutifs, ce qui signifie concrètement que l'effectif doit rester au-dessus du seuil sans interruption sur cette période.
Pour le DRH, ce calcul exige un suivi mensuel rigoureux des effectifs, notamment dans les entreprises recourant à l'intérim ou aux CDD saisonniers.
La mise en place du CSE suit une procédure encadrée par le Code du travail. Le non-respect de l'une de ces étapes peut entraîner l'annulation des élections.
L'employeur informe les salariés, par tout moyen permettant de conférer une date certaine, de l'organisation des élections. Ce document précise la date envisagée pour le 1er tour, qui doit se tenir dans un délai de 90 jours suivant l'information.
Dans le même temps, l'employeur invite les organisations syndicales représentatives à négocier le protocole d'accord préélectoral (PAP). Cette invitation doit être adressée au moins 15 jours avant la 1re réunion de négociation. Sont invitées :
Le PAP fixe les modalités pratiques du scrutin : nombre et composition des collèges électoraux, répartition des sièges, date et horaires du vote, recours éventuel au vote électronique. Sa validité requiert la double majorité : signature par la majorité des organisations syndicales ayant participé à la négociation, dont les organisations représentatives ayant recueilli la majorité des suffrages aux dernières élections.
Le vote se déroule au scrutin de liste à 2 tours, avec représentation proportionnelle à la plus forte moyenne. Le 1er tour est réservé aux candidats présentés par les organisations syndicales. Si le quorum n'est pas atteint (moins de 50 % des électeurs inscrits ont voté), ou si tous les sièges ne sont pas pourvus, un 2nd tour est organisé dans les 15 jours. Au 2nd tour, les candidatures sont libres.
| Phase | Délai indicatif | Action clé |
|---|---|---|
| Information du personnel | J | Affichage ou diffusion de la note d'information |
| Invitation des syndicats | J + 2 jours | Envoi des courriers aux organisations syndicales |
| 1re réunion PAP | J + 17 jours minimum | Négociation des modalités électorales |
| 1er tour du scrutin | J + 90 jours maximum | Vote réservé aux listes syndicales |
| 2nd tour (si nécessaire) | 1er tour + 15 jours | Candidatures libres |
La rédaction du protocole d'accord préélectoral et l'organisation des élections mobilisent des compétences juridiques précises en droit des relations collectives.
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Les missions du CSE ne sont pas uniformes. Elles dépendent directement du seuil d'effectif franchi par l'entreprise.
Le CSE exerce les anciennes attributions des délégués du personnel. Ses membres présentent à l'employeur les réclamations individuelles et collectives relatives aux salaires, à l'application du Code du travail et des conventions collectives. Ils disposent d'un droit d'alerte en cas d'atteinte aux droits des personnes ou aux libertés individuelles.
Chaque membre titulaire bénéficie de 10 heures de délégation mensuelles. Le CSE ne dispose pas de budget propre à ce seuil.
Le CSE acquiert la personnalité civile et des prérogatives étendues :
Les membres titulaires disposent de 24 heures de délégation mensuelles dans les entreprises de 50 à 74 salariés, ce volume augmentant avec l'effectif.
Lorsqu'aucun candidat ne se présente aux 2 tours du scrutin, l'employeur établit un procès-verbal de carence. Ce document constate l'absence de représentation élue du personnel.
Le PV de carence doit être :
La carence ne dispense pas l'employeur de ses obligations. Il devra relancer le processus électoral à l'expiration du mandat de 4 ans, ou à la demande d'un salarié ou d'une organisation syndicale, dans un délai de 6 mois suivant cette demande.
En l'absence de PV de carence, l'employeur ne peut pas se prévaloir de l'absence de CSE pour justifier le non-respect d'une obligation de consultation. Concrètement, un licenciement économique collectif ou une modification du règlement intérieur réalisés sans consultation du CSE — et sans PV de carence — s'exposent à une contestation judiciaire.
L'établissement du PV de carence et les déclarations à la DREETS obéissent à un formalisme précis dont le non-respect fragilise la sécurité juridique de l'entreprise.
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Le défaut de mise en place du CSE lorsque l'obligation existe constitue un délit d'entrave, prévu par l'article L. 2317-1 du Code du travail.
Les sanctions encourues par l'employeur sont les suivantes :
Ces peines visent le dirigeant personne physique. La personne morale peut également être poursuivie, avec une amende quintuplée (37 500 €).
Au-delà du volet pénal, l'absence de CSE génère un risque contentieux civil :
Le délit d'entrave peut être caractérisé non seulement par l'absence totale d'élections, mais aussi par l'organisation d'élections irrégulières (non-respect du PAP, omission de l'invitation des syndicats, manipulation des listes électorales). La jurisprudence de la Cour de cassation retient une appréciation stricte : l'intention de l'employeur n'a pas à être démontrée, le seul constat du manquement suffit à caractériser l'infraction (Cass. crim., 25 septembre 2007, n° 06-84.599).
Pour le DRH, la mise en place du CSE dans les délais et selon la procédure légale n'est pas une option. C'est une obligation dont le non-respect expose l'entreprise à des sanctions pénales, à la fragilisation de l'ensemble de ses décisions sociales et à un risque réputationnel auprès des salariés et des partenaires sociaux.
Le CSE doit être mis en place dès que l'entreprise emploie 11 salariés pendant 12 mois consécutifs. Ce seuil est calculé en équivalent temps plein selon les règles des articles L. 1111-2 et L. 1111-3 du Code du travail.
En dessous de 50 salariés, le CSE se limite aux réclamations individuelles et collectives. À partir de 50 salariés, il acquiert la personnalité civile, dispose de budgets propres (fonctionnement et activités sociales) et doit être consulté sur les orientations stratégiques, la situation économique et la politique sociale.
L'employeur doit établir un procès-verbal de carence et le transmettre à la DREETS dans les 15 jours suivant le 2nd tour. Ce PV doit également être affiché dans l'entreprise. Le processus électoral devra être relancé à l'issue du cycle de 4 ans ou à la demande d'un salarié ou d'un syndicat.
Le défaut de mise en place du CSE constitue un délit d'entrave passible de 1 an d'emprisonnement et 7 500 € d'amende pour le dirigeant. La personne morale encourt une amende de 37 500 €. Sur le plan civil, les décisions prises sans consultation du CSE (licenciements économiques, PSE) peuvent être annulées.
Oui, le recours au vote électronique est possible, à condition qu'il soit prévu par un accord d'entreprise ou, à défaut, par une décision unilatérale de l'employeur après consultation du CSE existant. Les modalités doivent figurer dans le protocole d'accord préélectoral et respecter le cahier des charges réglementaire (décret n° 2017-1819 du 29 décembre 2017).
Code du travail - Comité social et économique (Articles L2311-1 à L2317-2) - Légifrance
Comité social et économique (CSE) - Service-Public Entreprendre
Le CSE dans les entreprises de 11 à 49 salariés - Ministère du Travail
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