Congés d'été : organiser le travail et l'ordre des départs

Guides & Ressources pratiques
25 Aug 2026
-
6 min de lecture
-
Par

Jullian Hoareau

Points clés de l'article
  1. La période de prise du congé principal comprend dans tous les cas le 1er mai au 31 octobre.
  2. L'ordre des départs est fixé par accord collectif, à défaut par l'employeur après consultation du comité social et économique.
  3. Trois critères légaux encadrent l'arbitrage : situation de famille, ancienneté, activité chez d'autres employeurs.
  4. La période de prise se communique 2 mois avant son ouverture, l'ordre des départs 1 mois avant chaque départ.
  5. Sauf circonstances exceptionnelles, les dates ne se modifient plus à moins d'un mois du départ.

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Sommaire

1. Période légale des congés d'été : ce que fixe la loi

2. Ordre des départs : critères et pouvoir de l'employeur

3. Délais de prévenance et modification des dates

4. Congés imposés et fermeture annuelle de l'entreprise

5. Refus de congés : motifs recevables et risques

6. Organiser la continuité d'activité pendant l'été

FAQ

Pour aller plus loin

Chaque printemps, un dirigeant de TPE ou PME arbitre entre les demandes de congés d'été de ses salariés et la continuité de l'activité. Le code du travail encadre ce pouvoir d'organisation : période de prise, ordre des départs et délais de prévenance.

1. Période légale des congés d'été : ce que fixe la loi

Les congés payés en entreprise s'acquièrent à raison de 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif, dans la limite de 30 jours ouvrables par an. Le code du travail n'oblige pas à concentrer ces jours sur l'été, mais il impose une fenêtre : la période de prise du congé principal comprend dans tous les cas le 1er mai au 31 octobre de chaque année (article L3141-13). Chaque salarié doit donc pouvoir poser son congé principal à l'intérieur de cette période. Ce congé principal correspond à 12 jours ouvrables continus au minimum et à 24 jours ouvrables au maximum pris en une seule fois. Un dirigeant ne peut par conséquent pas accorder les 30 jours d'un seul tenant.

RègleRepère chiffré
Acquisition2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif
Plafond annuel30 jours ouvrables
Période du congé principalComprend le 1er mai au 31 octobre
Congé principal en une fois12 jours ouvrables minimum, 24 maximum

Une politique de congés lisible repose sur des règles écrites avant la saison, pas sur des arbitrages improvisés en juin.
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2. Ordre des départs : critères et pouvoir de l'employeur

L'ordre des départs n'est pas laissé à la seule appréciation du dirigeant. Il est fixé par accord d'entreprise ou d'établissement, à défaut par convention ou accord de branche (article L3141-15). À défaut d'accord, l'employeur définit lui-même la période de prise et l'ordre des départs, après consultation, le cas échéant, du comité social et économique.

NiveauQui fixe l'ordre des départs
1Accord d'entreprise ou d'établissement
2À défaut, convention ou accord de branche
3À défaut d'accord, l'employeur, après consultation du comité social et économique

L'article L3141-16 impose alors de tenir compte de trois critères :

  • la situation de famille du salarié, dont les possibilités de congé du conjoint ou du partenaire de PACS, et la présence au foyer d'un enfant, d'un adulte handicapé ou d'une personne âgée en perte d'autonomie ;
  • l'ancienneté chez l'employeur ;
  • l'activité éventuelle du salarié chez un ou plusieurs autres employeurs.

Ces critères ne sont pas hiérarchisés : l'employeur les combine et doit pouvoir justifier son arbitrage.

3. Délais de prévenance et modification des dates

Deux délais structurent le calendrier. D'une part, la période de prise des congés est portée à la connaissance des salariés au moins 2 mois avant son ouverture. D'autre part, l'ordre des départs est communiqué à chaque salarié au moins 1 mois avant son départ. Sauf circonstances exceptionnelles, l'employeur ne peut plus modifier l'ordre et les dates de départ moins d'un mois avant la date prévue (article L3141-16). Un dirigeant qui découvre en juin un surcroît d'activité pour juillet dispose donc d'une marge réduite. Le droit du travail protège ici la prévisibilité du salarié, qui a engagé des dépenses sur la foi du planning diffusé.

4. Congés imposés et fermeture annuelle de l'entreprise

Beaucoup de TPE et PME ferment plusieurs semaines l'été. Cette fermeture revient à imposer les dates de congés d'été à l'ensemble des salariés. Elle relève de la même mécanique que l'ordre des départs : elle est déterminée par accord collectif, et à défaut par l'employeur après consultation du comité social et économique lorsqu'il existe. Les mêmes délais s'appliquent : information sur la période au moins 2 mois avant son ouverture, communication des dates au moins 1 mois avant le départ. La fermeture doit rester compatible avec la limite de 24 jours ouvrables pris en une seule fois. Un salarié entré récemment dans l'entreprise n'a pas nécessairement acquis assez de jours pour couvrir la fermeture, et ce décalage s'anticipe.

Une fermeture estivale mal formalisée expose l'employeur à des contestations individuelles sur les dates imposées.
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5. Refus de congés : motifs recevables et risques

L'employeur ne refuse pas le droit au congé, il arbitre des dates. Le refus repose sur des motifs liés à l'organisation : commandes à honorer, effectif minimum sur un poste, demandes simultanées incompatibles. Il doit rester cohérent avec les critères de l'article L3141-16 et ne pas priver le salarié de son congé principal à l'intérieur de la période du 1er mai au 31 octobre. Deux risques se cumulent lorsque la pratique n'est pas formalisée. D'abord, le contentieux prud'homal, si le salarié démontre un refus arbitraire ou l'impossibilité de prendre ses congés. Ensuite, la perte de traçabilité : sans écrit, l'employeur ne peut pas prouver qu'il a respecté les délais légaux.

6. Organiser la continuité d'activité pendant l'été

La continuité se prépare au premier trimestre, pas en juin. Une méthode simple limite les arbitrages en urgence :

  1. fixer et diffuser la période de prise des congés au moins 2 mois avant son ouverture ;
  2. recueillir les souhaits des salariés à date fixe et par écrit ;
  3. identifier les postes qui ne peuvent pas rester vacants et le seuil d'effectif nécessaire ;
  4. arbitrer les demandes concurrentes avec les trois critères légaux, en traçant le motif retenu ;
  5. notifier l'ordre des départs au moins 1 mois avant chaque départ.

Cette séquence sécurise les congés payés en entreprise privée et transforme un sujet de tension en décision documentée.

Un cadrage annuel des congés se rédige une fois et se réutilise chaque saison.
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FAQ

Un employeur peut-il refuser des congés d'été ?

Il peut refuser des dates, jamais le droit au congé. Le refus doit reposer sur un motif d'organisation et laisser au salarié la possibilité de prendre son congé principal entre le 1er mai et le 31 octobre.

Quel délai pour prévenir un salarié de ses dates de congés ?

La période de prise est portée à la connaissance des salariés au moins 2 mois avant son ouverture. L'ordre des départs, lui, est communiqué à chaque salarié au moins 1 mois avant son départ.

L'employeur peut-il modifier des dates déjà validées ?

Sauf circonstances exceptionnelles, il ne peut plus modifier l'ordre ni les dates moins d'un mois avant le départ prévu. Au-delà de ce délai, la modification reste possible en respectant les critères légaux.

Combien de jours peut-on prendre en une seule fois ?

Le congé principal représente 12 jours ouvrables continus au minimum et 24 jours ouvrables au maximum pris en une seule fois. Les 30 jours acquis dans l'année ne peuvent donc pas être posés d'un bloc.

Qui fixe l'ordre des départs sans accord collectif ?

À défaut d'accord d'entreprise, d'établissement ou de branche, l'employeur le fixe après consultation du comité social et économique lorsqu'il existe, en tenant compte de la situation de famille, de l'ancienneté et des autres employeurs.

Pour aller plus loin

Article L3141-16 - Code du travail numérique

Article L3141-13 - Code du travail numérique

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