CDI à temps plein : définition, durée légale et obligations pour l'employeur

Guides & Ressources pratiques
14 Apr 2026
-
9
min
Points clés de l'article
  1. Le CDI à temps plein est la forme normale et générale de la relation de travail en droit français (article L.1221-2 du Code du travail).
  2. La durée légale du travail à temps plein est fixée à 35 heures par semaine, seuil au-delà duquel les heures supplémentaires s'appliquent.
  3. CDI et temps plein sont deux notions juridiques distinctes : un CDI peut être à temps partiel, et un temps plein peut être conclu en CDD.
  4. Le contrat doit comporter des mentions obligatoires précises (qualification, rémunération, lieu de travail, convention collective applicable) pour éviter tout risque de requalification.
  5. Le DRH doit distinguer clairement CDI temps plein et CDI temps partiel dans la rédaction contractuelle, car les erreurs de formalisme exposent l'entreprise à des contentieux prud'homaux.

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Sommaire

CDI à temps plein : définition juridique

Durée légale du travail à temps plein : 35 heures hebdomadaires

Différence entre CDI et temps plein : deux notions distinctes

Mentions obligatoires du contrat de travail CDI à temps plein

Heures supplémentaires et dépassement de la durée légale

Période d'essai et rupture du CDI à temps plein

CDI temps plein vs CDI temps partiel : comparatif pour le DRH

Erreurs à éviter et bonnes pratiques RH

FAQ

Pour aller plus loin

CDI à temps plein : définition juridique

Le CDI à temps plein désigne un contrat de travail à durée indéterminée dans lequel le salarié effectue la totalité de la durée légale ou conventionnelle du travail. L'article L.1221-2 du Code du travail pose un principe clair : le contrat de travail à durée indéterminée constitue la forme normale et générale de la relation de travail. Toute autre forme — CDD, intérim, temps partiel — est dérogatoire et soumise à des conditions spécifiques.

En pratique, cela signifie qu'un employeur qui recrute sans préciser la nature du contrat est réputé avoir conclu un CDI. De la même manière, l'absence de mention d'une durée de travail réduite fait présumer un emploi à temps plein. Cette double présomption protège le salarié, mais elle crée aussi un risque pour l'entreprise : toute imprécision contractuelle peut entraîner une requalification devant le conseil de prud'hommes.

Pour le DRH, la conséquence est directe. Chaque embauche doit reposer sur un contrat écrit, formalisé, qui identifie sans ambiguïté la nature du lien contractuel et le volume horaire convenu.

Durée légale du travail à temps plein : 35 heures hebdomadaires

La durée légale du travail est fixée à 35 heures par semaine depuis la loi Aubry II du 19 janvier 2000, codifiée à l'article L.3121-27 du Code du travail. Ce seuil ne constitue ni un minimum ni un maximum : il s'agit du seuil de déclenchement des heures supplémentaires.

Un salarié en CDI à temps plein travaille donc au moins 35 heures hebdomadaires, sauf disposition conventionnelle plus favorable. Certaines conventions collectives prévoient une durée inférieure (par exemple 32 heures dans certains accords de branche), qui devient alors la référence pour le temps plein dans le secteur concerné.

La durée légale se calcule en principe sur la semaine civile, du lundi 0 heure au dimanche 24 heures. Toutefois, un accord d'entreprise ou de branche peut aménager le temps de travail sur une période supérieure, allant jusqu'à 3 ans (article L.3121-44 du Code du travail). Dans ce cas, la durée de 35 heures s'apprécie en moyenne sur la période de référence retenue.

ÉlémentRègle applicable
Durée légale hebdomadaire35 heures (art. L.3121-27)
Durée maximale quotidienne10 heures (art. L.3121-18)
Durée maximale hebdomadaire absolue48 heures (art. L.3121-20)
Durée maximale hebdomadaire moyenne sur 12 semaines44 heures (art. L.3121-22)
Repos quotidien minimum11 heures consécutives
Un cadrage précis de la durée du travail dans le contrat protège l'entreprise contre les litiges liés aux heures supplémentaires ou à la requalification en temps partiel.
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Différence entre CDI et temps plein : deux notions distinctes

La confusion entre CDI et temps plein est fréquente, y compris dans les services RH. Ces deux notions relèvent pourtant de registres juridiques différents.

Le CDI désigne la durée du contrat : il est conclu sans terme défini, par opposition au CDD qui fixe une date de fin ou un objet précis. Le temps plein désigne le volume horaire : le salarié effectue la totalité de la durée légale ou conventionnelle.

Ces deux dimensions se combinent librement. Un CDI peut être conclu à temps partiel (par exemple 24 heures par semaine). Inversement, un CDD peut être à temps plein. Le tableau ci-dessous résume les 4 combinaisons possibles :

Temps pleinTemps partiel
CDICDI temps plein (forme normale)CDI temps partiel (mentions spécifiques obligatoires)
CDDCDD temps plein (motif de recours requis)CDD temps partiel (double formalisme)

Pour le DRH, cette distinction a une portée opérationnelle directe. Un contrat qui mentionne « CDI » sans préciser la durée hebdomadaire sera présumé à temps plein. À l'inverse, un contrat à temps partiel qui omet les mentions obligatoires de l'article L.3123-6 du Code du travail peut être requalifié en temps plein par le juge, avec rappel de salaire à la clé.

Mentions obligatoires du contrat de travail CDI à temps plein

Le Code du travail n'impose pas formellement un écrit pour le CDI à temps plein, à la différence du CDD ou du temps partiel. En revanche, la directive européenne 2019/1152 du 20 juin 2019, transposée en droit français, impose à l'employeur de remettre au salarié un document écrit précisant les éléments essentiels de la relation de travail.

En pratique, la quasi-totalité des conventions collectives rendent l'écrit obligatoire. Le contrat doit comporter au minimum les mentions suivantes :

  • Identité des parties : raison sociale de l'employeur, nom et prénom du salarié
  • Date d'embauche et date de début d'exécution si différente
  • Poste occupé et qualification professionnelle
  • Lieu de travail (ou mention de la mobilité géographique le cas échéant)
  • Durée du travail : référence aux 35 heures hebdomadaires ou à la durée conventionnelle
  • Rémunération : salaire de base, primes éventuelles, périodicité de versement
  • Convention collective applicable
  • Durée de la période d'essai, si prévue, et conditions de renouvellement
  • Délai de préavis en cas de rupture

L'omission de l'une de ces mentions n'entraîne pas la nullité du contrat, mais elle peut générer un litige sur l'interprétation des conditions d'emploi. Un salarié dont le contrat ne mentionne pas la durée du travail pourra, par exemple, contester la qualification de temps partiel et obtenir un rappel de salaire sur la base d'un temps plein.

La rédaction rigoureuse du contrat de travail reste le premier levier de sécurisation juridique de l'embauche.
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Heures supplémentaires et dépassement de la durée légale

Toute heure effectuée au-delà de 35 heures par semaine (ou du seuil conventionnel applicable) constitue une heure supplémentaire. Le régime est encadré par les articles L.3121-28 à L.3121-40 du Code du travail.

Les heures supplémentaires ouvrent droit à une majoration de salaire dont le taux est fixé par accord collectif, sans pouvoir être inférieur à 10 %. À défaut d'accord, les taux légaux s'appliquent :

  • 25 % pour les 8 premières heures supplémentaires (de la 36e à la 43e heure)
  • 50 % au-delà (à partir de la 44e heure)

L'employeur peut également remplacer tout ou partie du paiement majoré par un repos compensateur de remplacement, si un accord collectif le prévoit.

Le contingent annuel d'heures supplémentaires est fixé à 220 heures par salarié en l'absence d'accord (article D.3121-24). Au-delà de ce contingent, chaque heure supplémentaire ouvre droit à une contrepartie obligatoire en repos de 100 % dans les entreprises de plus de 20 salariés (50 % en dessous).

Le DRH doit mettre en place un système fiable de décompte du temps de travail. L'article L.3171-4 du Code du travail impose à l'employeur de fournir les éléments de nature à justifier les horaires effectués. En cas de litige, la charge de la preuve est partagée, mais l'absence de tout système de suivi joue systématiquement en défaveur de l'entreprise.

Période d'essai et rupture du CDI à temps plein

La période d'essai permet à l'employeur d'évaluer les compétences du salarié et au salarié d'apprécier les conditions de travail. Elle n'est pas automatique : elle doit être expressément stipulée dans le contrat de travail ou la lettre d'engagement (article L.1221-23).

Les durées maximales de la période d'essai en CDI sont fixées par l'article L.1221-19 :

CatégorieDurée initiale maximaleRenouvellement possible
Ouvriers et employés2 mois2 mois (si accord de branche)
Agents de maîtrise et techniciens3 mois3 mois (si accord de branche)
Cadres4 mois4 mois (si accord de branche)

Le renouvellement n'est licite que si un accord de branche étendu le prévoit et si le contrat de travail mentionne cette possibilité. Le salarié doit donner son accord exprès, de préférence par écrit.

La rupture du CDI à temps plein obéit aux règles de droit commun : démission, licenciement (pour motif personnel ou économique), rupture conventionnelle homologuée, ou prise d'acte. Chaque mode de rupture impose des formalités et des délais de préavis spécifiques, définis par la loi et la convention collective applicable.

La sécurisation de la période d'essai et des modalités de rupture passe par une rédaction contractuelle précise et conforme à la convention collective.
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CDI temps plein vs CDI temps partiel : comparatif pour le DRH

Le passage du CDI temps plein au CDI temps partiel modifie substantiellement les obligations de l'employeur. Le temps partiel est défini par l'article L.3123-1 du Code du travail comme toute durée de travail inférieure à la durée légale ou conventionnelle.

CritèreCDI temps pleinCDI temps partiel
Durée hebdomadaire35 h (ou durée conventionnelle)Inférieure à 35 h (minimum 24 h sauf dérogation)
Écrit obligatoireNon imposé par la loi (mais recommandé)Obligatoire (art. L.3123-6)
Mentions spécifiquesStandardDurée, répartition, heures complémentaires, modalités de modification
Heures au-delà du contratHeures supplémentaires (majoration 25 % puis 50 %)Heures complémentaires (majoration 10 % puis 25 %)
Risque de requalificationFaible si le contrat est formaliséRequalification en temps plein si mentions absentes ou horaires dépassés
Durée minimaleAucune24 h/semaine sauf dérogation (art. L.3123-7)

Le principal risque pour le DRH réside dans la requalification du temps partiel en temps plein. La Cour de cassation juge de manière constante que l'absence de mention de la répartition des horaires dans le contrat à temps partiel fait présumer un emploi à temps plein (Cass. soc., 12 mars 2014, n° 12-15.014). Le rappel de salaire peut alors porter sur plusieurs années.

Erreurs à éviter et bonnes pratiques RH

Plusieurs erreurs récurrentes exposent les entreprises à des contentieux prud'homaux liés au CDI à temps plein :

  • Absence de contrat écrit : même si la loi ne l'impose pas pour le CDI temps plein, l'absence d'écrit empêche l'employeur de prouver les conditions convenues (horaires, rémunération, clause de mobilité).
  • Confusion entre temps plein et forfait jours : le forfait en jours (article L.3121-58) ne dispense pas de respecter les durées maximales de travail et les repos obligatoires. Un forfait jours sans accord collectif valide est nul.
  • Omission de la convention collective dans le contrat : le salarié peut revendiquer les dispositions les plus favorables de la convention applicable à l'entreprise.
  • Défaut de suivi du temps de travail : l'employeur qui ne peut justifier des horaires effectués s'expose à des condamnations pour heures supplémentaires non payées.
  • Période d'essai non conforme : une durée supérieure au maximum légal ou un renouvellement sans base conventionnelle rend la période d'essai nulle.

Les bonnes pratiques à mettre en place :

  1. Rédiger systématiquement un contrat écrit pour chaque embauche en CDI temps plein, même en l'absence d'obligation légale stricte.
  2. Vérifier la conformité du contrat avec la convention collective de branche applicable.
  3. Mettre en place un outil de décompte du temps de travail fiable et accessible.
  4. Former les managers aux règles de gestion des heures supplémentaires et du repos compensateur.
  5. Auditer périodiquement les contrats en cours pour détecter les clauses obsolètes ou non conformes.

FAQ

Le CDI à temps plein doit-il obligatoirement être écrit ?

La loi française n'impose pas d'écrit pour le CDI à temps plein, contrairement au CDD ou au temps partiel. Toutefois, la directive européenne 2019/1152 et la plupart des conventions collectives rendent l'écrit obligatoire en pratique. L'absence de contrat écrit prive l'employeur de tout moyen de preuve sur les conditions convenues.

Quelle est la durée légale du travail à temps plein en France ?

La durée légale est fixée à 35 heures par semaine par l'article L.3121-27 du Code du travail. Ce seuil déclenche le régime des heures supplémentaires. Une convention collective peut prévoir une durée inférieure, qui devient alors la référence du temps plein dans le secteur concerné.

Un CDI peut-il être à temps partiel ?

Oui. Le CDI désigne la durée indéterminée du contrat, le temps partiel désigne le volume horaire. Un salarié peut être embauché en CDI à temps partiel, sous réserve du respect des mentions obligatoires prévues à l'article L.3123-6 du Code du travail et de la durée minimale de 24 heures hebdomadaires (sauf dérogation).

Quels sont les risques en cas de contrat mal rédigé ?

Un contrat à temps partiel qui omet la répartition des horaires peut être requalifié en temps plein par le juge, avec rappel de salaire rétroactif. Pour le CDI temps plein, l'absence de mentions sur la rémunération ou la qualification peut générer des litiges sur les conditions d'emploi et affaiblir la position de l'employeur en cas de contentieux.

Combien d'heures supplémentaires un salarié en CDI temps plein peut-il effectuer ?

Le contingent annuel est fixé à 220 heures par salarié en l'absence d'accord collectif. Au-delà, chaque heure supplémentaire ouvre droit à une contrepartie obligatoire en repos. Les durées maximales de travail (48 heures par semaine, 44 heures en moyenne sur 12 semaines) doivent être respectées dans tous les cas.

Pour aller plus loin

Durée du travail d'un salarié à temps plein - Service-Public.fr

La durée légale du travail - Travail-Emploi.gouv.fr

Le contrat de travail à durée indéterminée (CDI) - Travail-Emploi.gouv.fr

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