Congé : définition, types et droits du salarié en droit du travail

Guides & Ressources pratiques
12 Feb 2026
-
8
min
Points clés de l'article
  1. Le congé désigne toute période de suspension du contrat de travail pendant laquelle le salarié conserve tout ou partie de ses droits, selon des règles fixées par le Code du travail et les conventions collectives.
  2. Les congés payés représentent 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif, soit 30 jours ouvrables (5 semaines) par an.
  3. Les congés spéciaux (maternité, paternité, adoption, parental) obéissent à des durées et des régimes d'indemnisation distincts, encadrés par des textes spécifiques.
  4. Les congés pour événements familiaux (mariage, décès, naissance) sont rémunérés et ne peuvent pas être refusés par l'employeur.
  5. Le congé de transition professionnelle (ex-CIF) permet au salarié de financer une formation certifiante tout en suspendant son contrat.
  6. L'employeur qui ne respecte pas ses obligations en matière de congés s'expose à des sanctions pénales pouvant atteindre 1 500 € d'amende par salarié concerné.

Besoin d'un juriste freelance ou d'un avocat ?

Accédez en -24h à un avocat d'affaires sélectionné parmi les meilleurs, à des honoraires maîtrisés.

✓ 250+ spécialistes✓ 500+ clients satisfaits✓ -30 à -50% moins cher qu'un cabinet
Incubateur du Barreau de Paris
Réseau Entreprendre
Prix Innovation Barreau de Paris

Sommaire

Congé : définition juridique et principes fondamentaux

Congés payés : acquisition, durée et période de prise

Congés spéciaux : maternité, paternité, adoption et congé parental

Congés pour événements familiaux et congé de deuil

Congés de formation et congé de transition professionnelle

Obligations de l'employeur : décompte, indemnisation et sanctions

Comment SWIM LEGAL accompagne les DRH sur la gestion des congés

FAQ

Pour aller plus loin

Congé : définition juridique et principes fondamentaux

Le congé, en droit du travail, désigne une période pendant laquelle l'exécution du contrat de travail est suspendue à l'initiative du salarié ou en application de la loi. Pendant cette suspension, le lien contractuel entre l'employeur et le salarié subsiste. Le salarié conserve son ancienneté, et dans la plupart des cas, sa rémunération ou une indemnisation.

Le Code du travail distingue plusieurs catégories de congés selon leur objet : repos annuel, événement familial, parentalité, formation ou maladie. Chaque catégorie répond à un régime juridique propre, avec des conditions d'ouverture, une durée et des modalités d'indemnisation spécifiques.

Pour un DRH, la maîtrise de ces régimes est une condition de conformité. Un décompte erroné, un refus injustifié ou un défaut d'information expose l'entreprise à des contentieux prud'homaux et à des sanctions administratives. En 2023, les litiges liés aux congés payés figuraient parmi les 5 motifs les plus fréquents de saisine des conseils de prud'hommes en France.

Le principe fondamental est posé par l'article L. 3141-1 du Code du travail : tout salarié a droit chaque année à un congé payé à la charge de l'employeur. Ce droit est d'ordre public. Aucune clause contractuelle ne peut y déroger dans un sens défavorable au salarié.

Distinction entre congé et absence

Le congé se distingue de l'absence non autorisée par son cadre légal ou conventionnel. Une absence injustifiée constitue une faute disciplinaire. Un congé, même non rémunéré, repose sur un droit reconnu par la loi ou la convention collective applicable.

Congés payés : acquisition, durée et période de prise

Les congés payés constituent le socle du droit au repos du salarié. Le mécanisme d'acquisition est fixé par l'article L. 3141-3 du Code du travail : le salarié acquiert 2,5 jours ouvrables de congé par mois de travail effectif, soit 30 jours ouvrables (5 semaines) pour une année complète.

ÉlémentRègle applicable
Acquisition2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif
Durée annuelle maximale30 jours ouvrables (5 semaines)
Période de référence1er juin – 31 mai (sauf accord d'entreprise)
Congé principal12 jours ouvrables continus minimum entre le 1er mai et le 31 octobre
FractionnementOuvre droit à des jours supplémentaires (1 ou 2 jours selon le nombre de jours pris hors période légale)

Depuis la décision de la Cour de cassation du 13 septembre 2023, alignée sur la jurisprudence européenne, les salariés en arrêt maladie non professionnelle continuent d'acquérir des congés payés pendant leur absence. Cette évolution, codifiée par la loi du 22 avril 2024, impose aux DRH de recalculer les droits acquis des salariés absents pour maladie.

Calcul de l'indemnité de congés payés

L'indemnité se calcule selon la méthode la plus favorable au salarié entre deux options : le maintien du salaire ou la règle du dixième (1/10e de la rémunération brute perçue pendant la période de référence). L'employeur doit comparer les deux résultats et appliquer le montant le plus élevé.

Calculer les droits à congés payés après un arrêt maladie ou un temps partiel nécessite une analyse précise du cadre conventionnel applicable.
Consultez un avocat en droit du travail sur SWIM LEGAL

Congés spéciaux : maternité, paternité, adoption et congé parental

Les congés liés à la parentalité répondent à des régimes distincts, financés en tout ou partie par la Sécurité sociale.

Type de congéDurée légaleIndemnisation
Maternité (1er ou 2e enfant)16 semaines (6 avant + 10 après)Indemnités journalières de la Sécurité sociale
Maternité (3e enfant et plus)26 semainesIndemnités journalières de la Sécurité sociale
Paternité et accueil de l'enfant25 jours calendaires (+ 3 jours naissance)Indemnités journalières de la Sécurité sociale
Adoption16 semaines (ou 22 si 3e enfant)Indemnités journalières de la Sécurité sociale
Congé parental d'éducationJusqu'aux 3 ans de l'enfantNon rémunéré (prestation CAF possible)

Le congé de maternité est d'ordre public : l'employeur ne peut ni le réduire, ni le reporter. Le congé de paternité, porté à 25 jours depuis le 1er juillet 2021, comprend une période obligatoire de 4 jours calendaires immédiatement après le congé de naissance de 3 jours.

Le congé parental d'éducation est ouvert à tout salarié justifiant d'au moins 1 an d'ancienneté à la date de naissance ou d'arrivée de l'enfant. Pendant ce congé, le contrat est suspendu. Le salarié conserve son droit à réintégration dans son emploi ou un emploi similaire.

Congés pour événements familiaux et congé de deuil

Les congés pour événements familiaux sont prévus par l'article L. 3142-1 du Code du travail. Ils sont rémunérés et ne peuvent pas être refusés par l'employeur. Le salarié n'a pas besoin de justifier d'une ancienneté minimale.

  • Mariage ou PACS du salarié : 4 jours
  • Mariage d'un enfant : 1 jour
  • Naissance ou adoption : 3 jours
  • Décès d'un enfant : 12 jours (si l'enfant avait moins de 25 ans) ou 5 jours
  • Décès du conjoint, partenaire de PACS ou concubin : 3 jours
  • Décès du père, de la mère : 3 jours
  • Décès d'un frère ou d'une sœur : 3 jours
  • Annonce de la survenue d'un handicap chez un enfant : 5 jours

Le congé de deuil, créé par la loi du 8 juin 2020, accorde 8 jours supplémentaires en cas de décès d'un enfant de moins de 25 ans. Ce congé se cumule avec le congé pour décès. Il peut être fractionné, avec l'accord de l'employeur, dans un délai d'un an suivant le décès.

Les conventions collectives prévoient fréquemment des durées supérieures aux minima légaux. Le DRH doit systématiquement vérifier la convention applicable avant de valider la durée du congé accordé.

La gestion des congés pour événements familiaux implique de croiser dispositions légales et conventionnelles pour chaque situation individuelle.
Faites le point avec un avocat en droit du travail

Congés de formation et congé de transition professionnelle

Le droit à la formation professionnelle ouvre plusieurs types de congés permettant au salarié de se former tout en suspendant son contrat de travail.

Congé de transition professionnelle (CTP)

Le congé de transition professionnelle, qui a remplacé le congé individuel de formation (CIF) depuis le 1er janvier 2019, permet à un salarié de suivre une formation certifiante en vue d'un changement de métier. Les conditions d'accès sont les suivantes :

  • CDI : 24 mois d'ancienneté (dont 12 dans l'entreprise)
  • CDD : 24 mois d'activité salariée au cours des 5 dernières années, dont 4 mois en CDD au cours des 12 derniers mois

Le financement est assuré par les associations Transitions Pro (ATpro), qui prennent en charge la rémunération du salarié et les coûts pédagogiques. L'employeur ne supporte pas le coût de la formation, mais doit autoriser l'absence dès lors que les conditions sont remplies.

Congé pour bilan de compétences et VAE

Le salarié peut également demander un congé pour bilan de compétences (24 heures maximum) ou un congé pour validation des acquis de l'expérience (24 heures maximum). Ces congés sont distincts du CTP et mobilisent le compte personnel de formation (CPF) du salarié.

Obligations de l'employeur : décompte, indemnisation et sanctions

L'employeur est tenu à plusieurs obligations en matière de congés, dont le non-respect constitue une infraction pénale.

Obligations principales

  • Informer chaque salarié de ses droits à congés et de la période de prise, au moins 2 mois avant l'ouverture de celle-ci (article D. 3141-5 du Code du travail).
  • Organiser la prise effective des congés payés. L'employeur ne peut pas remplacer les congés par une indemnité compensatrice, sauf en cas de rupture du contrat.
  • Décompter les jours de congé selon les règles légales ou conventionnelles (jours ouvrables ou jours ouvrés selon l'accord applicable).
  • Indemniser le salarié pendant ses congés payés selon la méthode la plus favorable (maintien de salaire ou règle du dixième).

Sanctions encourues

Le refus d'accorder les congés payés ou le non-respect des règles de décompte expose l'employeur à une amende de 1 500 € par salarié concerné (contravention de 5e classe). En cas de récidive, l'amende est portée à 3 000 €.

Sur le plan civil, le salarié peut obtenir des dommages et intérêts devant le conseil de prud'hommes pour le préjudice subi. La Cour de cassation considère que le défaut de prise de congés imputable à l'employeur ouvre droit à réparation, même en l'absence de demande expresse du salarié.

Le non-respect des obligations légales en matière de congés génère un risque contentieux direct. Une revue des pratiques internes permet de l'anticiper.
Échangez avec un avocat spécialisé en droit du travail

La gestion des congés mobilise simultanément le Code du travail, la convention collective applicable, les accords d'entreprise et la jurisprudence récente. Pour un DRH, chaque situation individuelle — arrêt maladie suivi d'un retour, temps partiel, cumul de congés spéciaux — peut soulever des questions d'interprétation.

SWIM LEGAL est une plateforme d'avocats d'affaires indépendants spécialisés qui permet aux DRH d'accéder à un conseil juridique ciblé en droit du travail. Les avocats référencés interviennent sur :

  • L'audit des pratiques de décompte et d'indemnisation des congés
  • La conformité des accords d'entreprise relatifs aux congés
  • La gestion des situations individuelles complexes (cumul de congés, report, maladie)
  • La prévention des contentieux liés au refus ou au calcul erroné des droits à congés

FAQ

Un salarié en arrêt maladie acquiert-il des congés payés ?

Oui. Depuis la loi du 22 avril 2024, les salariés en arrêt maladie non professionnelle acquièrent des congés payés pendant leur absence, à hauteur de 2 jours ouvrables par mois. Pour les arrêts d'origine professionnelle, l'acquisition reste de 2,5 jours ouvrables par mois.

L'employeur peut-il refuser un congé pour événement familial ?

Non. Les congés pour événements familiaux prévus par l'article L. 3142-1 du Code du travail sont de droit. Le salarié doit simplement fournir un justificatif (acte de naissance, certificat de décès, etc.). L'employeur ne peut ni les refuser, ni les reporter.

Quelle est la différence entre jours ouvrables et jours ouvrés pour le décompte des congés ?

Les jours ouvrables incluent tous les jours de la semaine sauf le dimanche et les jours fériés (soit 6 jours par semaine). Les jours ouvrés correspondent aux jours habituellement travaillés dans l'entreprise (en général 5 jours). Le mode de décompte dépend de la convention collective ou de l'accord d'entreprise applicable.

Le congé parental d'éducation est-il rémunéré ?

Non. Le congé parental d'éducation suspend le contrat de travail sans maintien de salaire. Le salarié peut toutefois percevoir la prestation partagée d'éducation de l'enfant (PreParE) versée par la CAF, sous conditions de ressources et d'activité antérieure.

Un employeur peut-il imposer les dates de congés payés ?

Oui, dans un cadre défini. L'employeur fixe la période de prise des congés et l'ordre des départs, après consultation du comité social et économique (CSE). Il doit respecter un délai de prévenance d'au moins 1 mois avant la date de départ. Une fois les dates fixées, elles ne peuvent être modifiées moins d'un mois avant le départ, sauf circonstances exceptionnelles.

Pour aller plus loin

Congés payés - Articles L3141-1 à L3141-33 du Code du travail - Légifrance

Les congés payés - Ministère du Travail et de l'Emploi

Congés payés et autres congés - Articles L3141-1 à L3142-131 du Code du travail - Légifrance

SWIM LEGAL est une alternative au cabinet d'avocats traditionnel pour les besoins juridiques des entreprises. Incubé par le Barreau de Paris, SWIM a reçu le Prix de l'Innovation pour sa solution permettant à toute entreprise, quelle que soit sa taille ou sa localisation, d'accéder rapidement via la plateforme à des avocats d'affaires expérimentés. Les entreprises peuvent déposer leur besoin — qu'il s'agisse d'un dossier, d'une consultation ou d'un renfort temporaire — de manière confidentielle et recevoir des propositions d'avocats pour répondre rapidement à leur demande.
Télécharger la ressource

Plateforme de mise en relation d’avocats d’affaires