
Liasse fiscale 2025 : rappel des obligations
Date limite dépôt liasse fiscale 2025
Calendrier détaillé selon le régime fiscal
Date limite dépôt liasse fiscale exercice décalé
Pénalités de retard et majorations fiscales
Anticiper le dépôt : conseils pour le DAF
Optimisez votre fiscalité d'entreprise
La liasse fiscale désigne l'ensemble des documents comptables et fiscaux qu'une entreprise transmet chaque année à l'administration fiscale. Elle comprend le bilan, le compte de résultat, les annexes comptables et les tableaux fiscaux permettant de calculer le résultat imposable. Toute entreprise soumise à un régime réel d'imposition — qu'il s'agisse de l'impôt sur les sociétés (IS) ou de l'impôt sur le revenu (IR) dans les catégories BIC, BNC ou BA — est tenue de la déposer.
Le dépôt s'effectue obligatoirement par voie dématérialisée, via la procédure EDI-TDFC (Échange de Données Informatisé - Transfert des Données Fiscales et Comptables). Cette obligation concerne l'ensemble des entreprises, quelle que soit leur taille ou leur chiffre d'affaires. Le non-respect de la voie électronique expose à une amende de 15 € par document, avec un minimum de 60 € par déclaration (article 1738 du Code général des impôts).
La liasse fiscale remplit 2 fonctions distinctes. D'une part, elle sert de base au calcul de l'impôt dû par l'entreprise. D'autre part, elle constitue le support principal des contrôles fiscaux ultérieurs. Sa fiabilité conditionne donc la sécurité fiscale de l'entreprise sur toute la durée du délai de reprise, soit 3 ans en règle générale.
Pour l'exercice clos au 31 décembre 2025, la date limite de dépôt de la liasse fiscale intervient au printemps 2026. Les échéances varient selon le régime fiscal de l'entreprise et la date de clôture de son exercice comptable.
Pour les entreprises dont l'exercice comptable coïncide avec l'année civile (clôture au 31 décembre 2025), la date limite de dépôt de la liasse fiscale est fixée au 2e jour ouvré suivant le 1er mai 2026. En pratique, cette échéance tombe le 5 mai 2026 (le 1er mai étant un vendredi férié, le 2e jour ouvré est le mardi 5 mai).
Cette règle s'applique aux entreprises soumises à l'IS comme à celles relevant de l'IR au régime réel. Toutefois, les entreprises à l'IR bénéficient parfois d'un délai supplémentaire lié au calendrier de la déclaration de revenus des particuliers, qui varie selon le département de résidence du dirigeant.
Le délai légal de référence est de 3 mois après la clôture de l'exercice. Pour un exercice clos au 31 décembre, ce délai aboutirait au 31 mars. Or, l'administration accorde systématiquement un délai supplémentaire jusqu'au 2e jour ouvré suivant le 1er mai, ce qui constitue une tolérance administrative reconduite chaque année. Ce report n'est pas automatique pour les exercices décalés.
| Élément | Détail |
|---|---|
| Exercice concerné | 1er janvier – 31 décembre 2025 |
| Délai légal théorique | 31 mars 2026 |
| Délai effectif (tolérance) | 5 mai 2026 |
| Mode de dépôt | EDI-TDFC obligatoire |
| Formulaire IS | N° 2065 et annexes (2050 à 2059) |
| Formulaire IR-BIC | N° 2031 et annexes |
Les échéances de dépôt diffèrent selon le régime d'imposition de l'entreprise. Voici le calendrier applicable pour un exercice clos au 31 décembre 2025.
Les sociétés soumises à l'impôt sur les sociétés (SA, SAS, SARL, SCI à l'IS) déposent la déclaration n° 2065 accompagnée des tableaux annexes. L'échéance est le 5 mai 2026. Le solde de l'IS doit être réglé à la même date, déduction faite des acomptes versés au cours de l'exercice.
Les entreprises individuelles et sociétés de personnes relevant des bénéfices industriels et commerciaux déposent la déclaration n° 2031. L'échéance de dépôt de la liasse est identique : 5 mai 2026. Le résultat est ensuite reporté sur la déclaration personnelle de revenus n° 2042.
Les professionnels libéraux au régime de la déclaration contrôlée déposent la déclaration n° 2035. L'échéance suit le même calendrier, soit le 5 mai 2026 pour un exercice calé sur l'année civile.
Les exploitants agricoles au régime réel déposent la déclaration n° 2143. L'échéance est également fixée au 5 mai 2026 pour un exercice clos au 31 décembre 2025.
| Régime fiscal | Formulaire principal | Date limite (exercice au 31/12/2025) |
|---|---|---|
| IS (toutes formes sociales) | 2065 | 5 mai 2026 |
| IR – BIC réel normal | 2031 | 5 mai 2026 |
| IR – BIC réel simplifié | 2031 | 5 mai 2026 |
| IR – BNC déclaration contrôlée | 2035 | 5 mai 2026 |
| IR – BA réel | 2143 | 5 mai 2026 |
Structurer sa conformité fiscale suppose de maîtriser les échéances et d'anticiper les arbitrages liés à chaque régime d'imposition.
Consultez un avocat en fiscalité des entreprises
Toutes les entreprises ne clôturent pas leur exercice au 31 décembre. Certaines choisissent une date de clôture décalée — au 30 juin, au 30 septembre ou à toute autre date — pour des raisons liées à la saisonnalité de leur activité ou à l'organisation de leur groupe.
En cas d'exercice décalé, la règle est différente : la liasse fiscale doit être déposée dans les 3 mois suivant la date de clôture de l'exercice. La tolérance administrative du 2e jour ouvré suivant le 1er mai ne s'applique pas. Le délai de 3 mois est strict.
Exemples concrets :
Si le dernier jour du délai tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié, l'échéance est reportée au premier jour ouvrable suivant. Cette règle est prévue par l'article 199-0 du Livre des procédures fiscales.
Pour les sociétés nouvelles, un cas particulier existe : lorsque le premier exercice dure plus de 12 mois et se clôture après le 31 décembre de l'année de création, une déclaration provisoire peut être exigée au titre de la période comprise entre la date de création et le 31 décembre. Le délai de dépôt de cette déclaration provisoire est de 3 mois à compter du 31 décembre.
| Date de clôture | Délai de dépôt | Date limite |
|---|---|---|
| 31 décembre 2025 | Tolérance 2e jour ouvré après le 1er mai | 5 mai 2026 |
| 30 juin 2025 | 3 mois | 30 septembre 2025 |
| 30 septembre 2025 | 3 mois | 31 décembre 2025 |
| 31 mars 2026 | 3 mois | 30 juin 2026 |
Le dépôt tardif de la liasse fiscale expose l'entreprise à des sanctions financières progressives, prévues aux articles 1728 et 1729 du Code général des impôts.
Lorsque la liasse est déposée après la date limite de dépôt de la liasse fiscale mais avant toute mise en demeure de l'administration, une majoration de 10 % s'applique sur le montant de l'impôt dû. Cette pénalité est automatique et ne nécessite aucune procédure contradictoire.
Si l'entreprise ne régularise pas dans les 30 jours suivant une mise en demeure adressée par l'administration fiscale, la majoration passe à 40 % de l'impôt dû. Cette sanction traduit le caractère délibéré du manquement aux yeux de l'administration.
En cas de découverte d'une activité occulte (activité non déclarée), la majoration atteint 80 %. Ce cas reste exceptionnel mais illustre la graduation des sanctions.
En complément des majorations, des intérêts de retard de 0,20 % par mois (soit 2,4 % par an) courent à compter du premier jour du mois suivant la date limite de dépôt. Ces intérêts s'ajoutent aux majorations et ne sont pas plafonnés.
Par ailleurs, le défaut de télédéclaration (dépôt papier au lieu d'EDI-TDFC) entraîne une amende spécifique de 15 € par document, avec un plancher de 60 € et un plafond de 150 € par déclaration.
Un retard de dépôt peut générer des coûts fiscaux significatifs. Sécuriser les échéances avec un conseil spécialisé permet de prévenir ces risques.
Échangez avec un avocat fiscaliste
La préparation de la liasse fiscale ne commence pas en avril. Pour un DAF, la maîtrise du calendrier fiscal suppose une organisation en amont, dès la clôture comptable.
Dès janvier, identifiez les échéances applicables à votre entreprise en fonction de la date de clôture et du régime fiscal. Intégrez les délais de production des annexes, de validation par le commissaire aux comptes (le cas échéant) et de transmission par le cabinet comptable ou l'outil EDI.
Les erreurs de liasse proviennent le plus souvent de données comptables incomplètes ou non réconciliées. Vérifiez la cohérence entre le fichier des écritures comptables (FEC), le bilan et les tableaux fiscaux avant toute transmission. Un écart entre le résultat comptable et le résultat fiscal non justifié constitue un signal d'alerte en cas de contrôle.
La production de la liasse implique le service comptable, l'expert-comptable, le commissaire aux comptes et parfois un avocat fiscaliste. Définissez un calendrier partagé avec des jalons précis :
Chaque option fiscale exercée dans la liasse (amortissements dérogatoires, provisions réglementées, régime mère-fille, intégration fiscale) doit être documentée et justifiable. En cas de contrôle, l'administration vérifie la cohérence des options sur plusieurs exercices. Un dossier fiscal permanent, mis à jour chaque année, réduit le risque de redressement.
La liasse fiscale n'est pas un simple exercice de conformité. Elle reflète les choix fiscaux de l'entreprise et conditionne le montant de l'impôt effectivement payé. Plusieurs leviers d'optimisation peuvent être actionnés au moment de sa préparation.
Le résultat fiscal diffère du résultat comptable. Les réintégrations (charges non déductibles) et les déductions (produits non imposables, déficits reportables) modifient le montant imposable. Identifier ces retraitements avec précision permet d'éviter de payer un impôt supérieur à ce qui est légalement dû.
Parmi les points de vigilance fréquents :
L'intervention d'un avocat fiscaliste en amont de la clôture permet de sécuriser ces arbitrages. Contrairement à l'expert-comptable, dont la mission porte sur la production des comptes, l'avocat fiscaliste analyse la stratégie fiscale globale et anticipe les risques de redressement.
Optimiser sa liasse fiscale nécessite une analyse juridique et fiscale adaptée à la situation de chaque entreprise.
Trouvez un avocat en fiscalité des entreprises
Pour un exercice clos au 31 décembre 2025, la date limite de dépôt de la liasse fiscale est le 5 mai 2026. Cette date correspond au 2e jour ouvré suivant le 1er mai, conformément à la tolérance administrative reconduite chaque année par la DGFiP.
En cas d'exercice décalé (clôture à une date autre que le 31 décembre), la liasse doit être déposée dans les 3 mois suivant la date de clôture. La tolérance du 2e jour ouvré après le 1er mai ne s'applique pas. Par exemple, un exercice clos au 30 juin 2025 impose un dépôt au plus tard le 30 septembre 2025.
Le retard entraîne une majoration automatique de 10 % de l'impôt dû. Si l'entreprise ne régularise pas dans les 30 jours suivant une mise en demeure, la majoration passe à 40 %. Des intérêts de retard de 0,20 % par mois s'ajoutent dans tous les cas.
Non. Le dépôt par voie électronique via la procédure EDI-TDFC est obligatoire pour toutes les entreprises soumises à un régime réel. Le non-respect de cette obligation expose à une amende de 15 € par document, avec un minimum de 60 € par déclaration.
La déclaration de résultats (formulaire 2065 pour l'IS, 2031 pour les BIC, 2035 pour les BNC) constitue le document principal de la liasse. La liasse fiscale englobe cette déclaration ainsi que l'ensemble des tableaux annexes (bilan, compte de résultat, immobilisations, provisions, détail des charges). Les 2 termes sont souvent utilisés de manière interchangeable, mais la liasse désigne le dossier complet.
Article 223 du Code général des impôts - Déclaration de résultat et délais de dépôt - Légifrance
SWIM LEGAL est une alternative au cabinet d’avocats traditionnel pour les besoins juridiques des entreprises. Incubé par le Barreau de Paris, SWIM a reçu le Prix de l’Innovation pour sa solution permettant à toute entreprise, quelle que soit sa taille ou sa localisation, d’accéder rapidement via la plateforme à des avocats d’affaires expérimentés. Les entreprises peuvent déposer leur besoin — qu’il s’agisse d’un dossier, d’une consultation ou d’un renfort temporaire — de manière confidentielle et recevoir des propositions d’avocats pour répondre rapidement à leur demande.



