CDI préavis démission : durée, calcul et obligations employeur

Guides & Ressources pratiques
20 May 2026
-
8 min de lecture
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Points clés de l'article
  1. Le CDI préavis démission n'est pas fixé par le Code du travail : sa durée résulte de la convention collective, d'un accord collectif ou du contrat de travail.
  2. La durée varie selon le statut (ouvrier, ETAM, cadre) et l'ancienneté : de 1 semaine à 3 mois selon les branches.
  3. Le point de départ court dès la notification de la démission à l'employeur, en jours calendaires sauf disposition contraire.
  4. L'employeur peut dispenser le salarié de préavis, mais doit alors verser l'indemnité compensatrice correspondante.
  5. Pendant le préavis, le salarié conserve sa rémunération, ses avantages et ses droits à congés payés.
  6. Un mauvais paramétrage du préavis expose l'entreprise à un contentieux prud'homal sur l'indemnité compensatrice.

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Sommaire

CDI et préavis démission : cadre juridique

Durée du préavis selon convention et statut salarié

Point de départ et calcul en jours calendaires

Dispense de préavis : accord, demande, refus

Rémunération et droits pendant le préavis

Litiges fréquents et bonnes pratiques RH

FAQ

Pour aller plus loin

CDI et préavis démission : cadre juridique

Lorsqu'un salarié décide de démissionner d'un CDI, il doit en principe respecter un délai de préavis avant de quitter l'entreprise. Ce CDI préavis démission constitue une obligation réciproque : le salarié continue de travailler, l'employeur continue de rémunérer. Pourtant, le Code du travail ne fixe aucune durée légale de préavis en cas de démission, à l'exception de quelques cas particuliers (journalistes, VRP).

La source juridique du préavis se trouve dans la convention collective applicable, un accord de branche, un usage professionnel ou le contrat de travail lui-même. L'article L. 1237-1 du Code du travail renvoie explicitement à ces sources. En pratique, c'est la convention collective qui s'applique dans la grande majorité des cas.

En l'absence de toute source, la Cour de cassation considère que le salarié n'est tenu à aucun préavis. Ce vide normatif reste rare : plus de 95 % des salariés du secteur privé sont couverts par une convention collective comportant des dispositions sur le préavis.

Hiérarchie des normes applicable

Source juridiqueRôleExemple
Convention collectiveFixe la durée standard par catégorieSyntec : 3 mois pour les cadres
Accord d'entreprisePeut adapter la durée (dans les limites légales)Accord réduisant le préavis à 2 mois
Contrat de travailPeut prévoir une durée plus favorable au salariéClause contractuelle de 1 mois au lieu de 2
Usage professionnelS'applique à défaut de texteUsage local dans le BTP

Le principe de faveur s'applique : si le contrat prévoit un préavis plus court que la convention, c'est la durée la plus favorable au salarié qui prime.

Durée du préavis selon convention et statut salarié

La durée du préavis pour un CDI dépend de 2 critères principaux : la catégorie professionnelle du salarié et son ancienneté dans l'entreprise.

Durées types par catégorie

CatégorieAncienneté < 6 moisAncienneté 6 mois – 2 ansAncienneté > 2 ans
Ouvriers / Employés1 semaine à 1 mois1 mois1 à 2 mois
ETAM (techniciens, agents de maîtrise)1 mois1 à 2 mois2 mois
Cadres1 à 2 mois3 mois3 mois

Ces durées varient selon les branches. Dans la convention Syntec, un cadre doit respecter 3 mois de préavis quelle que soit son ancienneté. Dans la métallurgie (nouvelle convention nationale 2024), la durée est modulée selon le groupe d'emploi.

Le DRH doit vérifier la convention collective étendue applicable à l'entreprise et croiser cette information avec la fiche de poste du salarié. Une erreur de classification peut entraîner un calcul erroné du préavis et, par conséquent, un litige sur l'indemnité compensatrice.

Point de départ et calcul en jours calendaires

Le préavis commence à courir le jour où l'employeur reçoit la notification de la démission avec préavis. Concrètement, si le salarié envoie sa lettre de démission par courrier recommandé, le point de départ est la date de première présentation du recommandé, et non la date de rédaction.

En cas de remise en main propre, le préavis court dès la date de remise effective, à condition que l'employeur en accuse réception. Un courriel peut suffire si l'entreprise accepte ce mode de notification, mais la preuve de réception reste à la charge du salarié.

Règles de décompte

  • Le préavis se calcule en jours calendaires (tous les jours du calendrier, y compris samedis, dimanches et jours fériés), sauf disposition conventionnelle contraire.
  • Un préavis de 3 mois expirant un 15 mars commencera le 15 décembre.
  • Les périodes de congés payés posés avant la notification de la démission ne suspendent pas le préavis. En revanche, un arrêt maladie d'origine professionnelle suspend le préavis.
  • Les congés payés posés après la notification ne reportent pas la date de fin, sauf accord entre les parties.
Identifier le point de départ exact du préavis permet d'éviter les erreurs de solde de tout compte et les réclamations ultérieures.
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Dispense de préavis : accord, demande, refus

La dispense de préavis peut intervenir dans 3 situations distinctes, chacune avec des conséquences financières différentes pour l'employeur.

Les 3 scénarios de dispense

  1. Le salarié demande une dispense, l'employeur accepte : le contrat prend fin à la date convenue. Aucune indemnité compensatrice n'est due par l'employeur, car la dispense résulte d'une demande du salarié.

  2. L'employeur dispense le salarié de son propre chef : il doit verser une indemnité compensatrice de préavis égale à la rémunération brute que le salarié aurait perçue s'il avait travaillé. Cette indemnité est soumise à cotisations sociales.

  3. Le salarié demande une dispense, l'employeur refuse : le salarié doit exécuter son préavis. S'il ne le fait pas, l'employeur peut réclamer des dommages-intérêts équivalents au montant du préavis non effectué.

SituationIndemnité compensatrice due ?Par qui ?
Dispense à l'initiative de l'employeurOuiEmployeur
Dispense à la demande du salarié, acceptéeNon
Salarié absent sans accordDommages-intérêts possiblesSalarié

La formalisation écrite de la dispense est indispensable. Un simple échange oral ne protège pas l'employeur en cas de contentieux.

Rémunération et droits pendant le préavis

Pendant toute la durée du préavis, le salarié qui démissionne d'un CDI conserve l'intégralité de ses droits contractuels. Sa rémunération reste identique : salaire de base, primes récurrentes, avantages en nature.

Droits maintenus pendant le préavis

  • Rémunération : salaire brut habituel, y compris la part variable si elle est contractuellement prévue
  • Congés payés : le salarié continue d'acquérir des droits à congés
  • Mutuelle et prévoyance : couverture maintenue jusqu'au dernier jour du contrat
  • Heures de recherche d'emploi : certaines conventions collectives accordent 2 heures par jour pour rechercher un emploi pendant le préavis (non rémunérées dans certaines branches, rémunérées dans d'autres)

Le salarié reste soumis au pouvoir de direction de l'employeur. Il doit respecter ses horaires, ses obligations de loyauté et de confidentialité. Un manquement grave pendant le préavis peut justifier un licenciement pour faute, distinct de la démission initiale.

La gestion des droits pendant le préavis nécessite une lecture précise de la convention collective applicable à chaque salarié.
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Litiges fréquents et bonnes pratiques RH

Les contentieux liés au CDI préavis démission portent principalement sur 3 points : la durée applicable, le versement de l'indemnité compensatrice et la requalification de la démission.

Erreurs récurrentes côté employeur

  • Appliquer une durée de préavis erronée : confusion entre la convention collective de branche et un accord d'entreprise obsolète. Conséquence : obligation de verser la différence sous forme d'indemnité compensatrice.
  • Ne pas formaliser la dispense : en l'absence d'écrit, le conseil de prud'hommes présume que la dispense émane de l'employeur, ce qui déclenche le versement de l'indemnité.
  • Retenir des jours sur le solde de tout compte : déduire des jours de préavis non effectués sans base juridique expose à une condamnation.

Bonnes pratiques à mettre en place

  • Vérifier systématiquement la convention collective applicable au salarié démissionnaire avant de confirmer la durée du préavis
  • Formaliser toute dispense par un courrier signé précisant l'initiative (employeur ou salarié) et les conséquences financières
  • Paramétrer le logiciel de paie avec les durées de préavis par catégorie et par ancienneté
  • Archiver la lettre de démission avec sa date de réception pour sécuriser le point de départ du préavis
  • Remettre le solde de tout compte, le certificat de travail et l'attestation France Travail au dernier jour du préavis

Un audit annuel des pratiques de gestion des départs permet de détecter les écarts entre les procédures internes et les obligations conventionnelles.

FAQ

Quelle est la durée du préavis de démission en CDI ?

La durée n'est pas fixée par le Code du travail. Elle dépend de la convention collective, de l'accord d'entreprise ou du contrat de travail. Pour un cadre, elle est souvent de 3 mois. Pour un employé, elle varie de 1 semaine à 2 mois selon la branche et l'ancienneté.

Le salarié peut-il partir sans effectuer son préavis ?

Oui, si l'employeur accepte de le dispenser. Dans ce cas, aucune indemnité n'est due si la demande vient du salarié. Si l'employeur impose la dispense, il doit verser une indemnité compensatrice de préavis égale au salaire brut correspondant.

Le préavis est-il suspendu pendant un arrêt maladie ?

Un arrêt maladie d'origine non professionnelle ne suspend pas le préavis : il continue de courir. En revanche, un arrêt consécutif à un accident du travail ou une maladie professionnelle suspend le préavis jusqu'à la fin de l'arrêt.

Comment se calcule l'indemnité compensatrice de préavis ?

Elle correspond à la rémunération brute (salaire, primes, avantages) que le salarié aurait perçue s'il avait travaillé pendant la totalité du préavis. Elle est soumise aux cotisations sociales et à l'impôt sur le revenu.

Un salarié en période d'essai doit-il respecter un préavis de démission ?

Oui, mais le délai est beaucoup plus court. Pendant la période d'essai, le préavis est de 48 heures (ramené à 24 heures si la présence du salarié est inférieure à 8 jours). Ce délai est fixé par le Code du travail, et non par la convention collective.

Pour aller plus loin

Démission d'un salarié - Service-Public.fr

La démission - Code du travail numérique

Simulateur calcul du préavis de démission - Code du travail numérique

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