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Quelle durée de préavis s'applique en cas de licenciement ?
Comment calculer le délai de préavis ?
Obligations de l'employeur pendant le préavis
Dispenser le salarié de préavis : mode d'emploi
Indemnité compensatrice : calcul et règles de cumul
Erreurs fréquentes et risques pour l'employeur
Le préavis de licenciement CDI est la période qui sépare la notification du licenciement de la fin effective du contrat de travail. Sa durée varie selon l'ancienneté du salarié dans l'entreprise, la convention collective applicable et, le cas échéant, les stipulations du contrat individuel.
L'article L. 1234-1 du Code du travail fixe 3 paliers de durée minimale pour le préavis employé :
| Ancienneté du salarié | Durée minimale du préavis |
|---|---|
| Moins de 6 mois | Fixée par la convention collective ou l'usage |
| De 6 mois à moins de 2 ans | 1 mois |
| 2 ans et plus | 2 mois |
Ces durées constituent un plancher. Elles ne s'appliquent que si aucune source plus favorable n'existe.
Le directeur juridique doit systématiquement comparer 3 sources avant de notifier un licenciement : le Code du travail, la convention collective de branche ou l'accord d'entreprise, et le contrat de travail du salarié. La règle est celle du principe de faveur : la durée la plus longue pour le salarié s'applique.
Par exemple, la convention collective nationale de la métallurgie prévoit un préavis de 3 mois pour les cadres, quelle que soit leur ancienneté. Un cadre avec 18 mois d'ancienneté dans ce secteur bénéficie donc de 3 mois de préavis, et non du mois prévu par la loi.
Certaines conventions collectives prévoient également des durées spécifiques pour les salariés de moins de 6 mois d'ancienneté, là où le Code du travail renvoie à l'usage. Vérifier la convention applicable est donc un préalable non négociable.
Le salarié reconnu travailleur handicapé (RQTH) bénéficie d'un doublement de la durée légale du préavis, dans la limite de 3 mois (article L. 5213-9 du Code du travail). Un salarié RQTH avec 2 ans d'ancienneté a donc droit à 3 mois de préavis, et non 2.
En revanche, le licenciement pour faute grave ou faute lourde supprime le préavis. Le salarié quitte l'entreprise immédiatement, sans indemnité compensatrice de préavis. Cette qualification doit être solidement étayée : en cas de requalification par le conseil de prud'hommes, l'employeur devra verser l'indemnité correspondante.
Déterminer la durée exacte du préavis suppose de croiser plusieurs sources juridiques. Un accompagnement spécialisé évite les erreurs de qualification.
Consulter un avocat en relations individuelles
Le préavis commence à courir le jour de la première présentation de la lettre de licenciement par voie recommandée, et non le jour de sa réception effective ni celui de l'entretien préalable. Si le salarié ne retire pas le courrier, le point de départ reste la date de première présentation par La Poste.
Cette règle, posée par la jurisprudence constante de la Cour de cassation (Cass. soc., 11 mai 2005, n° 03-40.650), a une conséquence pratique directe : tout retard dans l'envoi de la lettre décale d'autant la date de fin du contrat.
Le préavis se décompte en jours calendaires, week-ends et jours fériés inclus. Un préavis de 2 mois notifié le 5 mars expire le 5 mai à minuit. Il n'existe pas de prorogation au jour ouvrable suivant, sauf disposition conventionnelle contraire.
Certains événements suspendent le cours du préavis :
En revanche, un arrêt maladie d'origine non professionnelle ne suspend pas le préavis. Celui-ci continue de courir normalement, et le contrat prend fin à la date prévue.
| Événement | Effet sur le préavis |
|---|---|
| Arrêt maladie professionnelle / AT | Suspension |
| Congés payés posés avant notification | Suspension |
| Arrêt maladie non professionnelle | Pas de suspension |
| Congés payés posés après notification | Pas de suspension (sauf accord) |
Pendant toute la durée du préavis, le contrat de travail continue de produire ses effets. L'employeur doit maintenir l'intégralité de la rémunération, y compris les primes, la part variable et les avantages en nature (véhicule de fonction, logement, titres-restaurant).
Le salarié conserve ses fonctions habituelles. L'employeur ne peut ni modifier unilatéralement ses missions, ni réduire sa rémunération, ni le priver de ses outils de travail. Toute modification substantielle des conditions de travail pendant le préavis constitue une faute de l'employeur et peut donner lieu à des dommages-intérêts.
De nombreuses conventions collectives prévoient un droit à des heures d'absence pour recherche d'emploi pendant le préavis, généralement 2 heures par jour. Ces heures sont rémunérées. Le Code du travail ne les impose pas directement : il faut vérifier la convention collective applicable ou les usages de l'entreprise.
L'employeur et le salarié peuvent convenir de regrouper ces heures en fin de préavis. À défaut d'accord, les modalités prévues par la convention collective s'appliquent.
Le respect des obligations patronales pendant le préavis conditionne la sécurité juridique de la rupture. Un cadrage en amont limite les litiges post-licenciement.
Être accompagné sur les relations individuelles
La dispense de préavis peut être accordée à l'initiative de l'employeur ou demandée par le salarié. Les conséquences financières diffèrent selon le cas :
Si le salarié demande une dispense et que l'employeur refuse, le salarié doit exécuter son préavis. Un départ anticipé sans accord constitue un abandon de poste.
La dispense de préavis doit être formalisée par écrit. La Cour de cassation exige une manifestation claire et non équivoque de la volonté de l'employeur (Cass. soc., 28 janvier 2005, n° 02-45.601). En pratique, la dispense figure dans la lettre de licenciement elle-même ou dans un courrier séparé remis au salarié.
L'absence d'écrit expose l'employeur à un risque de contestation. Le salarié pourrait soutenir qu'il a été empêché d'exécuter son préavis et réclamer l'indemnité compensatrice correspondante.
La dispense de préavis ne modifie pas la date de rupture du contrat. Le contrat prend fin à l'expiration du préavis théorique, même si le salarié cesse de travailler avant. Cette règle a des incidences sur le calcul de l'ancienneté, les droits à congés payés et la portabilité des garanties de prévoyance.
L'indemnité compensatrice de préavis correspond à la rémunération brute que le salarié aurait perçue s'il avait travaillé pendant la totalité du préavis. Elle inclut :
Les primes exceptionnelles ou ponctuelles (prime de résultat annuelle versée une seule fois) ne sont intégrées que si elles auraient été acquises pendant la période de préavis.
L'indemnité compensatrice de préavis est soumise aux cotisations sociales et à l'impôt sur le revenu dans les mêmes conditions que le salaire. Elle figure sur le bulletin de paie et entre dans l'assiette de calcul des congés payés. Le salarié acquiert donc des droits à congés payés sur la période de préavis non exécutée.
| Indemnité | Cumul avec l'indemnité compensatrice de préavis |
|---|---|
| Indemnité légale ou conventionnelle de licenciement | Oui |
| Indemnité compensatrice de congés payés | Oui |
| Dommages-intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse | Oui |
| Indemnité de non-concurrence | Oui |
L'indemnité compensatrice de préavis se cumule avec l'ensemble des indemnités de rupture. Elle ne peut en aucun cas être déduite de l'indemnité de licenciement.
Le calcul de l'indemnité compensatrice intègre des composantes variables qui nécessitent une analyse précise de la rémunération globale du salarié.
Sécuriser le calcul avec un avocat spécialisé
C'est l'erreur la plus courante. Un employeur qui notifie un préavis de 2 mois à un cadre relevant d'une convention prévoyant 3 mois s'expose à un rappel d'indemnité compensatrice pour le mois manquant, majoré d'éventuels dommages-intérêts.
Une dispense verbale est juridiquement inexistante. Le salarié peut exiger l'indemnité compensatrice en soutenant qu'il n'a jamais été dispensé. Le conseil de prud'hommes tranchera en faveur du salarié en l'absence de preuve écrite.
Retirer au salarié l'accès à ses outils, le priver de ses fonctions ou lui imposer un changement de poste pendant le préavis constitue une inexécution fautive. Le salarié peut alors cesser de travailler et réclamer l'indemnité compensatrice, comme si l'employeur l'avait dispensé.
Le non-respect du doublement prévu par l'article L. 5213-9 entraîne automatiquement le versement d'un complément d'indemnité compensatrice. Cette omission est fréquente lorsque le statut RQTH du salarié n'est pas correctement tracé dans le SIRH.
Fixer la date de fin de préavis à partir de la date à laquelle le salarié a effectivement lu la lettre, plutôt qu'à partir de la première présentation, décale le calcul et peut générer un trop-versé ou un défaut de paiement.
Non. Le salarié est tenu d'exécuter son préavis sauf dispense écrite de l'employeur ou accord mutuel. Un départ anticipé sans autorisation constitue une inexécution contractuelle. L'employeur peut alors déduire du solde de tout compte le montant correspondant aux jours non travaillés.
Seul un arrêt maladie d'origine professionnelle ou un accident du travail suspend le préavis. Un arrêt maladie ordinaire ne le prolonge pas : le contrat prend fin à la date initialement prévue, même si le salarié est encore en arrêt.
L'employeur ne peut pas imposer unilatéralement la prise de congés payés pendant le préavis, sauf si ces congés avaient été fixés avant la notification du licenciement. Dans ce cas, le préavis est suspendu pendant la durée des congés.
La dispense doit figurer dans un écrit clair, daté et signé. Elle peut être intégrée directement dans la lettre de licenciement ou faire l'objet d'un courrier distinct remis en main propre contre décharge ou envoyé en recommandé. L'écrit doit préciser que l'indemnité compensatrice sera versée.
Non. La rupture conventionnelle homologuée ne comporte pas de préavis. Les parties fixent librement la date de rupture du contrat, qui ne peut intervenir avant le lendemain de l'homologation par la DREETS. L'indemnité compensatrice de préavis n'est donc pas applicable dans ce cadre.
Articles L1234-1 à L1234-8 : Préavis et indemnité compensatrice de préavis - Légifrance
Préavis de licenciement d'un salarié - Code du travail numérique
Les licenciements - DARES - Ministère du Travail
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