Préavis de licenciement CDI : durée, calcul et dispense pour l'employeur

Guides & Ressources pratiques
15 Jan 2026
-
8
min
Points clés de l'article
  1. La durée du préavis employé en CDI dépend de l'ancienneté du salarié et de la source la plus favorable entre le Code du travail, la convention collective et le contrat.
  2. Le point de départ du préavis est la date de première présentation de la lettre de licenciement, et non la date de l'entretien préalable.
  3. L'employeur peut dispenser le salarié d'exécuter son préavis, mais uniquement par écrit et en versant l'indemnité compensatrice correspondante.
  4. L'indemnité compensatrice de préavis se cumule avec l'indemnité de licenciement et inclut l'ensemble de la rémunération brute (fixe, variable, avantages en nature).
  5. Toute erreur sur la durée ou la formalisation de la dispense expose l'entreprise à un contentieux prud'homal et à des dommages-intérêts.

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Sommaire

Quelle durée de préavis s'applique en cas de licenciement ?

Comment calculer le délai de préavis ?

Obligations de l'employeur pendant le préavis

Dispenser le salarié de préavis : mode d'emploi

Indemnité compensatrice : calcul et règles de cumul

Erreurs fréquentes et risques pour l'employeur

FAQ

Pour aller plus loin

Quelle durée de préavis s'applique en cas de licenciement ?

Le préavis de licenciement CDI est la période qui sépare la notification du licenciement de la fin effective du contrat de travail. Sa durée varie selon l'ancienneté du salarié dans l'entreprise, la convention collective applicable et, le cas échéant, les stipulations du contrat individuel.

Durée légale fixée par le Code du travail

L'article L. 1234-1 du Code du travail fixe 3 paliers de durée minimale pour le préavis employé :

Ancienneté du salariéDurée minimale du préavis
Moins de 6 moisFixée par la convention collective ou l'usage
De 6 mois à moins de 2 ans1 mois
2 ans et plus2 mois

Ces durées constituent un plancher. Elles ne s'appliquent que si aucune source plus favorable n'existe.

Articulation entre loi, convention collective et contrat

Le directeur juridique doit systématiquement comparer 3 sources avant de notifier un licenciement : le Code du travail, la convention collective de branche ou l'accord d'entreprise, et le contrat de travail du salarié. La règle est celle du principe de faveur : la durée la plus longue pour le salarié s'applique.

Par exemple, la convention collective nationale de la métallurgie prévoit un préavis de 3 mois pour les cadres, quelle que soit leur ancienneté. Un cadre avec 18 mois d'ancienneté dans ce secteur bénéficie donc de 3 mois de préavis, et non du mois prévu par la loi.

Certaines conventions collectives prévoient également des durées spécifiques pour les salariés de moins de 6 mois d'ancienneté, là où le Code du travail renvoie à l'usage. Vérifier la convention applicable est donc un préalable non négociable.

Cas particuliers : travailleurs handicapés et faute grave

Le salarié reconnu travailleur handicapé (RQTH) bénéficie d'un doublement de la durée légale du préavis, dans la limite de 3 mois (article L. 5213-9 du Code du travail). Un salarié RQTH avec 2 ans d'ancienneté a donc droit à 3 mois de préavis, et non 2.

En revanche, le licenciement pour faute grave ou faute lourde supprime le préavis. Le salarié quitte l'entreprise immédiatement, sans indemnité compensatrice de préavis. Cette qualification doit être solidement étayée : en cas de requalification par le conseil de prud'hommes, l'employeur devra verser l'indemnité correspondante.

Déterminer la durée exacte du préavis suppose de croiser plusieurs sources juridiques. Un accompagnement spécialisé évite les erreurs de qualification.
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Comment calculer le délai de préavis ?

Point de départ : la date de première présentation

Le préavis commence à courir le jour de la première présentation de la lettre de licenciement par voie recommandée, et non le jour de sa réception effective ni celui de l'entretien préalable. Si le salarié ne retire pas le courrier, le point de départ reste la date de première présentation par La Poste.

Cette règle, posée par la jurisprudence constante de la Cour de cassation (Cass. soc., 11 mai 2005, n° 03-40.650), a une conséquence pratique directe : tout retard dans l'envoi de la lettre décale d'autant la date de fin du contrat.

Décompte en jours calendaires

Le préavis se décompte en jours calendaires, week-ends et jours fériés inclus. Un préavis de 2 mois notifié le 5 mars expire le 5 mai à minuit. Il n'existe pas de prorogation au jour ouvrable suivant, sauf disposition conventionnelle contraire.

Suspension et report du préavis

Certains événements suspendent le cours du préavis :

  • Arrêt maladie d'origine professionnelle ou accident du travail : le préavis est suspendu pendant toute la durée de l'arrêt.
  • Congés payés posés avant la notification du licenciement : le préavis est suspendu pendant la période de congés.

En revanche, un arrêt maladie d'origine non professionnelle ne suspend pas le préavis. Celui-ci continue de courir normalement, et le contrat prend fin à la date prévue.

ÉvénementEffet sur le préavis
Arrêt maladie professionnelle / ATSuspension
Congés payés posés avant notificationSuspension
Arrêt maladie non professionnellePas de suspension
Congés payés posés après notificationPas de suspension (sauf accord)

Obligations de l'employeur pendant le préavis

Pendant toute la durée du préavis, le contrat de travail continue de produire ses effets. L'employeur doit maintenir l'intégralité de la rémunération, y compris les primes, la part variable et les avantages en nature (véhicule de fonction, logement, titres-restaurant).

Le salarié conserve ses fonctions habituelles. L'employeur ne peut ni modifier unilatéralement ses missions, ni réduire sa rémunération, ni le priver de ses outils de travail. Toute modification substantielle des conditions de travail pendant le préavis constitue une faute de l'employeur et peut donner lieu à des dommages-intérêts.

Heures de recherche d'emploi

De nombreuses conventions collectives prévoient un droit à des heures d'absence pour recherche d'emploi pendant le préavis, généralement 2 heures par jour. Ces heures sont rémunérées. Le Code du travail ne les impose pas directement : il faut vérifier la convention collective applicable ou les usages de l'entreprise.

L'employeur et le salarié peuvent convenir de regrouper ces heures en fin de préavis. À défaut d'accord, les modalités prévues par la convention collective s'appliquent.

Le respect des obligations patronales pendant le préavis conditionne la sécurité juridique de la rupture. Un cadrage en amont limite les litiges post-licenciement.
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Dispenser le salarié de préavis : mode d'emploi

Initiative de la dispense

La dispense de préavis peut être accordée à l'initiative de l'employeur ou demandée par le salarié. Les conséquences financières diffèrent selon le cas :

  • Dispense à l'initiative de l'employeur : l'indemnité compensatrice de préavis est due intégralement.
  • Dispense à la demande du salarié, acceptée par l'employeur : aucune indemnité compensatrice n'est due. Le contrat prend fin à la date convenue.

Si le salarié demande une dispense et que l'employeur refuse, le salarié doit exécuter son préavis. Un départ anticipé sans accord constitue un abandon de poste.

Formalisation écrite obligatoire

La dispense de préavis doit être formalisée par écrit. La Cour de cassation exige une manifestation claire et non équivoque de la volonté de l'employeur (Cass. soc., 28 janvier 2005, n° 02-45.601). En pratique, la dispense figure dans la lettre de licenciement elle-même ou dans un courrier séparé remis au salarié.

L'absence d'écrit expose l'employeur à un risque de contestation. Le salarié pourrait soutenir qu'il a été empêché d'exécuter son préavis et réclamer l'indemnité compensatrice correspondante.

Date de fin du contrat

La dispense de préavis ne modifie pas la date de rupture du contrat. Le contrat prend fin à l'expiration du préavis théorique, même si le salarié cesse de travailler avant. Cette règle a des incidences sur le calcul de l'ancienneté, les droits à congés payés et la portabilité des garanties de prévoyance.

Indemnité compensatrice : calcul et règles de cumul

Assiette de calcul

L'indemnité compensatrice de préavis correspond à la rémunération brute que le salarié aurait perçue s'il avait travaillé pendant la totalité du préavis. Elle inclut :

  • Le salaire de base
  • Les primes récurrentes (13e mois, prime d'ancienneté)
  • La part variable calculée sur la moyenne des derniers mois
  • Les avantages en nature évalués selon leur valeur contractuelle

Les primes exceptionnelles ou ponctuelles (prime de résultat annuelle versée une seule fois) ne sont intégrées que si elles auraient été acquises pendant la période de préavis.

Régime social et fiscal

L'indemnité compensatrice de préavis est soumise aux cotisations sociales et à l'impôt sur le revenu dans les mêmes conditions que le salaire. Elle figure sur le bulletin de paie et entre dans l'assiette de calcul des congés payés. Le salarié acquiert donc des droits à congés payés sur la période de préavis non exécutée.

Cumul avec les autres indemnités

IndemnitéCumul avec l'indemnité compensatrice de préavis
Indemnité légale ou conventionnelle de licenciementOui
Indemnité compensatrice de congés payésOui
Dommages-intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuseOui
Indemnité de non-concurrenceOui

L'indemnité compensatrice de préavis se cumule avec l'ensemble des indemnités de rupture. Elle ne peut en aucun cas être déduite de l'indemnité de licenciement.

Le calcul de l'indemnité compensatrice intègre des composantes variables qui nécessitent une analyse précise de la rémunération globale du salarié.
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Erreurs fréquentes et risques pour l'employeur

Erreur n° 1 : appliquer la durée légale sans vérifier la convention collective

C'est l'erreur la plus courante. Un employeur qui notifie un préavis de 2 mois à un cadre relevant d'une convention prévoyant 3 mois s'expose à un rappel d'indemnité compensatrice pour le mois manquant, majoré d'éventuels dommages-intérêts.

Erreur n° 2 : dispenser oralement le salarié

Une dispense verbale est juridiquement inexistante. Le salarié peut exiger l'indemnité compensatrice en soutenant qu'il n'a jamais été dispensé. Le conseil de prud'hommes tranchera en faveur du salarié en l'absence de preuve écrite.

Erreur n° 3 : modifier les conditions de travail pendant le préavis

Retirer au salarié l'accès à ses outils, le priver de ses fonctions ou lui imposer un changement de poste pendant le préavis constitue une inexécution fautive. Le salarié peut alors cesser de travailler et réclamer l'indemnité compensatrice, comme si l'employeur l'avait dispensé.

Erreur n° 4 : oublier le doublement pour les travailleurs handicapés

Le non-respect du doublement prévu par l'article L. 5213-9 entraîne automatiquement le versement d'un complément d'indemnité compensatrice. Cette omission est fréquente lorsque le statut RQTH du salarié n'est pas correctement tracé dans le SIRH.

Erreur n° 5 : confondre date de notification et date de réception

Fixer la date de fin de préavis à partir de la date à laquelle le salarié a effectivement lu la lettre, plutôt qu'à partir de la première présentation, décale le calcul et peut générer un trop-versé ou un défaut de paiement.

  • Conséquence commune : chacune de ces erreurs ouvre droit à une action devant le conseil de prud'hommes. Le barème Macron (article L. 1235-3 du Code du travail) encadre les dommages-intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse, mais les rappels d'indemnité compensatrice et les dommages-intérêts pour exécution fautive du préavis s'y ajoutent.

FAQ

Le salarié peut-il refuser d'exécuter son préavis ?

Non. Le salarié est tenu d'exécuter son préavis sauf dispense écrite de l'employeur ou accord mutuel. Un départ anticipé sans autorisation constitue une inexécution contractuelle. L'employeur peut alors déduire du solde de tout compte le montant correspondant aux jours non travaillés.

La maladie prolonge-t-elle automatiquement le préavis ?

Seul un arrêt maladie d'origine professionnelle ou un accident du travail suspend le préavis. Un arrêt maladie ordinaire ne le prolonge pas : le contrat prend fin à la date initialement prévue, même si le salarié est encore en arrêt.

L'employeur peut-il imposer au salarié de prendre ses congés pendant le préavis ?

L'employeur ne peut pas imposer unilatéralement la prise de congés payés pendant le préavis, sauf si ces congés avaient été fixés avant la notification du licenciement. Dans ce cas, le préavis est suspendu pendant la durée des congés.

Comment formaliser une dispense de préavis pour éviter tout litige ?

La dispense doit figurer dans un écrit clair, daté et signé. Elle peut être intégrée directement dans la lettre de licenciement ou faire l'objet d'un courrier distinct remis en main propre contre décharge ou envoyé en recommandé. L'écrit doit préciser que l'indemnité compensatrice sera versée.

Le préavis est-il dû en cas de rupture conventionnelle ?

Non. La rupture conventionnelle homologuée ne comporte pas de préavis. Les parties fixent librement la date de rupture du contrat, qui ne peut intervenir avant le lendemain de l'homologation par la DREETS. L'indemnité compensatrice de préavis n'est donc pas applicable dans ce cadre.

Pour aller plus loin

Articles L1234-1 à L1234-8 : Préavis et indemnité compensatrice de préavis - Légifrance

Préavis de licenciement d'un salarié - Code du travail numérique

Les licenciements - DARES - Ministère du Travail

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