Congés payés en CDD, calcul et indemnité compensatrice

Guides & Ressources pratiques
24 May 2026
-
8 min de lecture
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Points clés de l'article
  1. Un salarié en CDD acquiert des congés payés selon les mêmes règles qu'un CDI : 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif.
  2. Le calcul de l'indemnité compensatrice de congés payés en fin de CDD est fixé à 10 % minimum de la rémunération brute totale perçue.
  3. L'employeur doit proposer la prise effective des congés si la durée du CDD le permet, sous peine de contentieux.
  4. En cas de rupture anticipée ou de requalification en CDI, les règles de calcul changent et exposent l'entreprise à des rappels de salaire.
  5. Le DRH doit documenter chaque étape — acquisition, prise, solde — pour limiter le risque prud'homal.

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Sommaire

Droits aux congés payés en CDD : règles applicables

Acquisition et calcul des jours de congés payés

Prise des congés payés pendant le CDD

Indemnité compensatrice de congés payés en fin de CDD

Cas particuliers : rupture anticipée et passage en CDI

Risques contentieux et bonnes pratiques pour le DRH

FAQ

Pour aller plus loin

Droits aux congés payés en CDD : règles applicables

Le Code du travail ne distingue pas le CDD du CDI en matière de congés payés. L'article L. 3141-1 pose un principe clair : tout salarié a droit à un congé annuel payé, quelle que soit la nature de son contrat. Un salarié recruté en CDD de 3 mois bénéficie donc des mêmes droits qu'un collaborateur permanent.

En pratique, cette égalité de traitement implique que le salarié en CDD acquiert 2,5 jours ouvrables de congés par mois de travail effectif, soit 30 jours ouvrables pour une année complète. Cette règle s'applique dès le premier jour de contrat, sans condition d'ancienneté depuis la loi du 22 avril 2024 transposant la jurisprudence européenne.

Le DRH doit intégrer cette donnée dès la rédaction du contrat. Omettre la mention des droits à congés dans le CDD ne supprime pas l'obligation : elle crée un risque de litige en fin de contrat. Selon les données du ministère du Travail, plus de 87 % des CDD conclus en France en 2023 avaient une durée inférieure à 1 mois, ce qui rend le sujet de l'indemnité compensatrice particulièrement fréquent.

Périodes assimilées à du travail effectif

Certaines absences n'interrompent pas l'acquisition des congés. Les arrêts pour accident du travail (dans la limite d'1 an), les congés maternité et paternité, ainsi que les périodes de formation obligatoire sont assimilés à du travail effectif. Depuis l'arrêt de la Cour de cassation du 13 septembre 2023, les arrêts maladie non professionnels ouvrent également droit à acquisition de congés, conformément à la directive européenne 2003/88/CE.

PériodeAcquisition de congés ?
Travail effectifOui
Congé maternité / paternitéOui
Arrêt maladie professionnelle (≤ 1 an)Oui
Arrêt maladie non professionnelleOui (depuis 2024)
Congé sans soldeNon
GrèveNon

Acquisition et calcul des jours de congés payés

Le calcul repose sur une mécanique simple : 2,5 jours ouvrables par mois complet de travail effectif. Lorsque le salarié n'a pas travaillé un mois complet, le décompte se fait au prorata. Un CDD de 15 jours ouvre droit à 1,25 jour de congé.

Deux méthodes de calcul coexistent pour valoriser ces jours :

  • Méthode du dixième : l'indemnité de congé correspond à 10 % de la rémunération brute totale perçue pendant le contrat.
  • Méthode du maintien de salaire : l'indemnité correspond au salaire que le salarié aurait perçu s'il avait travaillé pendant ses congés.

L'employeur doit appliquer la méthode la plus favorable au salarié (article L. 3141-24 du Code du travail). En CDD court, la méthode du dixième est quasi systématiquement retenue car elle produit un résultat supérieur ou égal au maintien de salaire.

Exemple chiffré

Un salarié en CDD de 6 mois perçoit une rémunération brute totale de 15 000 €. Il acquiert 15 jours ouvrables de congés (6 × 2,5). L'indemnité compensatrice selon la méthode du dixième s'élève à 1 500 € (15 000 × 10 %). Si le maintien de salaire donne un montant inférieur, c'est le dixième qui s'applique.

Prise des congés payés pendant le CDD

Lorsque la durée du CDD le permet, le salarié peut prendre ses congés pendant l'exécution du contrat. L'employeur ne peut pas s'y opposer sans motif légitime lié à l'organisation de l'entreprise. En revanche, il conserve le pouvoir de fixer les dates de départ en congé, comme pour tout salarié.

Pour un CDD de 6 mois ou plus, la question se pose concrètement. Le salarié acquiert suffisamment de jours pour formuler une demande. Le refus systématique de congés expose l'employeur à un risque de condamnation pour manquement à l'obligation de santé et de sécurité, la Cour de cassation ayant rappelé que le repos est un droit fondamental (Cass. soc., 13 juin 2012, n° 11-10.929).

Pour les CDD courts (moins de 1 mois), la prise effective de congés est rare. L'indemnité compensatrice de fin de contrat prend alors le relais.

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Indemnité compensatrice de congés payés en fin de CDD

L'indemnité compensatrice de congés payés est due au salarié en fin de CDD pour chaque jour de congé acquis et non pris. Elle figure obligatoirement sur le dernier bulletin de paie et dans le solde de tout compte.

Plancher légal de 10 %

L'article L. 1242-16 du Code du travail fixe un plancher de 10 % de la rémunération brute totale versée au salarié pendant le CDD. Ce plancher s'applique quelles que soient la durée du contrat et la convention collective applicable. Il inclut le salaire de base, les primes liées à l'exécution du travail, les heures supplémentaires et la prime de précarité.

Élément de rémunérationInclus dans la base de calcul ?
Salaire de baseOui
Heures supplémentairesOui
Prime de précarité (10 %)Oui
Primes liées au travail (13e mois proratisé, prime d'objectif)Oui
Remboursement de frais professionnelsNon
Indemnité de rupture anticipéeNon

Point de vigilance : la prime de précarité entre dans l'assiette

La Cour de cassation a confirmé que la prime de précarité de 10 % doit être intégrée dans l'assiette de calcul de l'indemnité compensatrice (Cass. soc., 20 février 2013, n° 11-25.535). Concrètement, pour un CDD ayant généré 20 000 € de rémunération brute et 2 000 € de prime de précarité, l'indemnité compensatrice se calcule sur 22 000 €, soit 2 200 €.

Cas particuliers : rupture anticipée et passage en CDI

Rupture anticipée du CDD

En cas de rupture anticipée à l'initiative de l'employeur (hors faute grave, force majeure ou inaptitude), le salarié perçoit l'indemnité compensatrice de congés payés calculée sur la rémunération effectivement perçue. En cas de faute grave du salarié, l'indemnité reste due : les congés payés constituent un droit acquis que la faute ne peut supprimer.

Transformation du CDD en CDI

Lorsqu'un CDD est immédiatement suivi d'un CDI chez le même employeur, l'indemnité compensatrice de congés payés n'est pas versée. Les droits à congés acquis pendant le CDD sont reportés sur le CDI. Le salarié conserve son solde de jours. En revanche, la prime de précarité n'est pas due dans ce cas (article L. 1243-10 du Code du travail).

Le DRH doit formaliser ce transfert par écrit pour éviter toute contestation ultérieure sur le nombre de jours reportés.

La transformation d'un CDD en CDI modifie les obligations de l'employeur sur les congés et la prime de précarité.
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Risques contentieux et bonnes pratiques pour le DRH

Les 3 sources de contentieux les plus fréquentes

  1. Erreur d'assiette : oublier d'intégrer la prime de précarité ou les heures supplémentaires dans le calcul de l'indemnité compensatrice. Le conseil de prud'hommes condamne alors l'employeur à un rappel de salaire, majoré d'intérêts au taux légal.
  2. Absence de mention sur le bulletin de paie : l'indemnité compensatrice doit apparaître distinctement. Son omission constitue un manquement sanctionnable.
  3. Non-proposition de congés sur CDD longs : pour un CDD de 12 mois ou plus, ne jamais proposer de congés expose à une condamnation pour manquement à l'obligation de sécurité.

Bonnes pratiques opérationnelles

  • Intégrer systématiquement le calcul des congés payés dans le process de fin de CDD, avec une fiche de contrôle dédiée.
  • Vérifier l'assiette de calcul en incluant toutes les composantes de rémunération soumises à cotisations.
  • Documenter par écrit toute proposition de prise de congés faite au salarié en CDD long.
  • Former les gestionnaires de paie aux spécificités du CDD (prime de précarité dans l'assiette, report en cas de CDI).
  • Auditer annuellement les soldes de tout compte des CDD pour détecter les écarts récurrents.

Le délai de prescription pour une action en rappel d'indemnité compensatrice de congés payés est de 3 ans à compter de la fin du contrat (article L. 3245-1 du Code du travail). Un CDD mal soldé en 2022 peut donc faire l'objet d'une saisine prud'homale jusqu'en 2025.

FAQ

Un salarié en CDD de 2 semaines a-t-il droit à des congés payés ?

Oui. Dès le premier jour de travail, le salarié acquiert des droits à congés payés. Pour un CDD de 2 semaines, la prise effective de congés est peu probable, mais l'indemnité compensatrice de 10 % de la rémunération brute est due en fin de contrat.

L'indemnité compensatrice de congés payés se cumule-t-elle avec la prime de précarité ?

Oui. Les 2 indemnités sont distinctes et se cumulent. La prime de précarité (10 % de la rémunération brute) est versée en plus de l'indemnité compensatrice de congés payés (10 % de la rémunération brute incluant la prime de précarité).

Que se passe-t-il si le salarié en CDD a pris tous ses congés avant la fin du contrat ?

Si tous les congés acquis ont été pris, aucune indemnité compensatrice n'est due. Le bulletin de paie final doit mentionner un solde de congés à zéro. L'employeur doit conserver la preuve des jours pris (demandes signées, planning).

La convention collective peut-elle prévoir des règles différentes pour les congés en CDD ?

La convention collective peut prévoir des dispositions plus favorables que le Code du travail, par exemple des jours de congés supplémentaires liés à l'ancienneté ou des majorations. Elle ne peut en revanche pas réduire le plancher légal de 10 % pour l'indemnité compensatrice.

Comment calculer l'indemnité compensatrice en cas de CDD à temps partiel ?

Le calcul reste identique : 10 % de la rémunération brute totale perçue pendant le contrat. Le temps partiel réduit mécaniquement l'assiette de calcul, mais le taux de 10 % s'applique sans modification.

Pour aller plus loin

Article L1242-16 du Code du travail - Légifrance

Le salarié a-t-il droit à des congés payés pendant un CDD ? - Service-Public.fr

Indemnité compensatrice de congés payés CDD - URSSAF

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