
Accédez en -24h à un avocat d'affaires sélectionné parmi les meilleurs, à des honoraires maîtrisés.
1. Loyer ou redevance : ce que recouvre le terme
2. Principe de libre fixation de la redevance
3. Méthodes de calcul : forfait, pourcentage, EBE
4. Fixer une assiette : chiffre d'affaires ou bénéfices
5. Seuil de viabilité économique pour le locataire-gérant
6. Indexation et clause d'échelle mobile
7. Charges, bail commercial et redevance globale
8. Sécuriser la redevance dans votre contrat
En location-gérance, le terme « loyer » est trompeur. Le propriétaire du fonds de commerce ne loue pas un local : il confie l'exploitation d'un actif incorporel (clientèle, enseigne, droit au bail, licences) à un tiers, le locataire-gérant. La somme versée en contrepartie s'appelle la redevance de location-gérance.
Cette distinction n'est pas seulement sémantique. Le loyer du bail commercial rémunère la jouissance des murs et relève du statut des baux commerciaux (articles L. 145-1 et suivants du Code de commerce). La redevance, elle, rémunère le droit d'exploiter le fonds. Les deux flux coexistent souvent : le bailleur du fonds paie un loyer au propriétaire des murs, puis refacture une partie de ce coût au locataire-gérant, en plus de la redevance proprement dite.
Confondre les deux expose à des erreurs de calcul et à des requalifications fiscales. L'administration fiscale peut contester une redevance anormalement basse si elle masque une cession déguisée, ou anormalement haute si elle dissimule un loyer non déclaré.
Aucun texte n'impose de barème, de plafond ni de mode de calcul pour la redevance de location-gérance. L'article L. 144-1 du Code de commerce encadre les conditions de mise en location-gérance (durée d'exploitation préalable, publication, solidarité fiscale pendant 6 mois), mais reste muet sur le montant.
Les parties fixent donc librement le prix. Cette liberté contractuelle implique toutefois une obligation de cohérence économique. Un juge peut requalifier un contrat si la redevance est dérisoire (donation déguisée) ou si elle prive le locataire-gérant de toute marge (contrat léonin). En pratique, la jurisprudence sanctionne les déséquilibres manifestes, sans fixer de seuil chiffré.
Fixer une redevance équilibrée suppose de maîtriser les données financières du fonds et les règles contractuelles applicables.
Faites-vous accompagner par un avocat spécialisé en baux commerciaux
Trois méthodes structurent la négociation. Elles peuvent être combinées.
Le locataire-gérant verse un montant mensuel constant, indépendant des résultats. Cette formule offre de la visibilité au bailleur du fonds. Elle convient aux activités à chiffre d'affaires stable (pharmacies, tabacs-presse). Le risque repose sur le locataire-gérant : si l'activité baisse, la redevance reste due.
La redevance est indexée sur le chiffre d'affaires HT réalisé par le locataire-gérant. Les taux constatés varient selon le secteur :
| Secteur d'activité | Fourchette courante (% du CA HT) |
|---|---|
| Restauration | 5 % à 12 % |
| Commerce de détail | 4 % à 8 % |
| Hôtellerie | 8 % à 15 % |
| Boulangerie-pâtisserie | 5 % à 10 % |
| Services (pressing, coiffure) | 6 % à 12 % |
Ce mode aligne les intérêts : le bailleur profite de la croissance, le locataire-gérant est protégé en cas de baisse. Il nécessite cependant un accès fiable aux données comptables du locataire-gérant.
Certains contrats retiennent un pourcentage de l'excédent brut d'exploitation (EBE), c'est-à-dire le résultat avant charges financières, impôts et amortissements. Ce calcul reflète la capacité réelle du fonds à générer du profit. Il est plus précis, mais plus complexe à auditer.
La pratique la plus courante combine un minimum garanti (forfait plancher) et un complément variable (pourcentage du CA ou de l'EBE au-delà d'un seuil). Le bailleur sécurise un revenu de base ; le locataire-gérant limite son risque en période creuse.
Le choix de l'assiette conditionne le niveau de la redevance et la répartition du risque.
| Critère | Assiette CA HT | Assiette EBE / bénéfice |
|---|---|---|
| Simplicité de contrôle | Élevée (données de caisse) | Moyenne (comptabilité analytique) |
| Sensibilité aux charges | Nulle | Forte |
| Protection du bailleur | Forte (CA indépendant des charges) | Modérée |
| Protection du locataire-gérant | Modérée | Forte (redevance liée à la marge réelle) |
| Risque de litige | Faible | Plus élevé (contestation des charges déductibles) |
Lorsque l'assiette retenue est l'EBE, le contrat doit préciser les charges incluses et exclues du calcul. À défaut, chaque partie peut interpréter l'EBE différemment, ce qui génère des contentieux récurrents.
Une redevance trop élevée asphyxie le locataire-gérant et met en péril le fonds lui-même. Un fonds mal exploité perd sa clientèle, ce qui déprécie l'actif du bailleur.
En pratique, les professionnels du chiffre considèrent qu'une redevance viable ne dépasse pas 30 % à 40 % de l'EBE du fonds, charges de bail commercial incluses. Au-delà, le locataire-gérant ne dispose plus d'une marge suffisante pour couvrir ses charges sociales, sa rémunération et ses investissements courants.
Pour vérifier la viabilité, un test simple consiste à projeter le compte de résultat prévisionnel du locataire-gérant :
Si le résultat net après redevance est négatif ou inférieur au SMIC annuel brut (21 203 € en 2024), la redevance est économiquement insoutenable.
Un avocat spécialisé peut valider la cohérence économique de votre redevance et anticiper les risques de requalification.
Consultez un avocat en baux commerciaux
Sans indexation, la redevance perd de sa valeur réelle au fil des années. La clause d'échelle mobile permet de réviser automatiquement le montant en fonction d'un indice de référence.
Les indices les plus utilisés sont :
La clause doit préciser l'indice de référence, la périodicité de révision (annuelle dans la plupart des cas) et le trimestre de référence. L'article L. 145-39 du Code de commerce prévoit qu'en cas de variation de plus de 25 % par rapport au prix initial, une révision judiciaire peut être demandée. Cette règle, applicable aux baux commerciaux, est souvent étendue par analogie aux contrats de location-gérance.
Le locataire-gérant supporte en général 3 catégories de coûts liés au fonds :
Le contrat doit ventiler ces postes de façon explicite. Une redevance « tout compris » qui englobe loyer et charges sans distinction crée un risque fiscal : l'administration peut requalifier une partie de la redevance en loyer, avec des conséquences sur le régime TVA applicable.
En matière de TVA, la redevance de location-gérance est soumise au taux normal de 20 %. Le loyer du bail commercial peut, sous conditions, bénéficier d'une option pour la TVA. La confusion des flux complique les déclarations et augmente le risque de redressement.
Un contrat de location-gérance bien rédigé neutralise les sources de litige les plus fréquentes. Les clauses à intégrer sont les suivantes :
Le contrat doit également rappeler la solidarité fiscale du bailleur du fonds pendant les 6 premiers mois (article L. 144-7 du Code de commerce) et prévoir les modalités de restitution du fonds en fin de contrat.
La rédaction du contrat de location-gérance engage la valeur de votre fonds sur plusieurs années.
Sécurisez vos clauses avec un avocat en baux commerciaux
Trois méthodes existent : le forfait fixe, le pourcentage du chiffre d'affaires HT (entre 4 % et 15 % selon le secteur) ou le pourcentage de l'EBE. La formule mixte, combinant un minimum garanti et un complément variable, est la plus répandue car elle équilibre les intérêts des deux parties.
Oui. La redevance de location-gérance est soumise à la TVA au taux normal de 20 %. Le bailleur du fonds facture la TVA au locataire-gérant, qui la déduit s'il est lui-même assujetti.
La révision est possible si le contrat prévoit une clause d'échelle mobile ou une clause de révision. Sans clause, les parties doivent négocier un avenant. En cas de variation de plus de 25 % par rapport au prix initial, une révision judiciaire peut être sollicitée par analogie avec l'article L. 145-39 du Code de commerce.
La redevance rémunère l'exploitation du fonds de commerce (clientèle, enseigne, droit au bail). Le loyer du bail commercial rémunère la jouissance des locaux. Les deux coexistent souvent et doivent être distingués dans le contrat pour éviter les requalifications fiscales.
Il n'existe pas de plafond légal. En pratique, la redevance cumulée au loyer du bail ne doit pas dépasser 30 % à 40 % de l'EBE du fonds pour laisser au locataire-gérant une marge suffisante pour ses charges, sa rémunération et ses investissements courants.
Chapitre IV : De la location-gérance, articles L144-1 à L144-13 - Légifrance
Règles de la location-gérance d'un fonds de commerce - Service-Public Entreprendre
Tout savoir sur la location d'un fonds de commerce - economie.gouv.fr
SWIM LEGAL est une alternative au cabinet d'avocats traditionnel pour les besoins juridiques des entreprises. Incubé par le Barreau de Paris, SWIM a reçu le Prix de l'Innovation pour sa solution permettant à toute entreprise, quelle que soit sa taille ou sa localisation, d'accéder rapidement via la plateforme à des avocats d'affaires expérimentés. Les entreprises peuvent déposer leur besoin — qu'il s'agisse d'un dossier, d'une consultation ou d'un renfort temporaire — de manière confidentielle et recevoir des propositions d'avocats pour répondre rapidement à leur demande.





